Sur la route des rêves embrumés (Recueil de nouvelles)

C'est ici que les artistes (en herbe ou confirmés) peuvent présenter leurs compositions personnelles : images, musiques, figurines, etc.
Répondre
Avatar du membre
Raang
Vénérable Inca
Vénérable Inca
Messages : 995
Enregistré le : 27 oct. 2016, 17:57
Localisation : Dans le Grand Condor
Âge : 22
Contact :

Sur la route des rêves embrumés (Recueil de nouvelles)

Message par Raang »

Eh bien eh bien, bonsoir à tous !
Cela faisait extrêmement longtemps que je n'avais rien posté par ici. Eh bien, il est temps pour moi de rattraper ce retard. Ce topic n'est pas une fiction, plutôt un recueil de one-shots (ou de nouvelles, pour nos bons adeptes de l'anti-franglais :) ) autour des cités d'or qui me passent par l'esprit. Ces textes varieront les styles, seront soit canon soit totalement en univers alternatif, dans le passé, dans le futur, romantiques, dramatiques, comiques...il y en aura pour tous les goûts ! Ils vous seront ici proposés sur le forum, mais également sur Fanfiction.net et Archive of Our Own, pour le confort de lecture de chacun.
Le rythme de publication sera aléatoire, je préviens, un projet bien plus gros prend la majorité de mon temps et de mon investissement. Néanmoins le premier OS sort dans la foulée de ce message, le temps de mettre en forme. Il s'agira d'un "remake" d'une scène que certains ici, s'ils ont suivi la grande période la fanfic co, reconnaîtront :)

à tout de suite !
"Notre monde a été bâti dans l'or et dans le sang"-Raang alias Rayan, 2017
Mes fanfictions (hors MCO)https://www.fanfiction.net/u/7150764/Raang
Mon compte Wattpad (histoires originales) : https://www.wattpad.com/user/Raang7
Avatar du membre
Raang
Vénérable Inca
Vénérable Inca
Messages : 995
Enregistré le : 27 oct. 2016, 17:57
Localisation : Dans le Grand Condor
Âge : 22
Contact :

Re: Sur la route des rêves embrumés (Recueil de nouvelles)

Message par Raang »

Eh bien nous revoilà ! Bienvenue dans le premier one-shot de ce sujet :)
Le texte qui se présente devant vous date de 2016 et montre ma version de la déclaration d'amour entre Esteban et Zia, et a été écrit à l'occasion du Tome 1 de la Fanfiction Collective. Ce que vous allez lire est la version réécrite en 2019 et jamais publiée jusque-là (il y a quelques petits défauts que je remarque depuis le temps, mais que j'ai choisi de laisser intact). Donc évidemment, cela diffère du canon de la série, mais j'espère que cela vous plaira.
C'est un de mes rares textes où il n'y a pas de drame, donc lisez le avec un petit chocolat chaud avec de la chantilly et de la cannelle :)
Bonne lecture !
Lien AO3 https://archiveofourown.org/works/30426 ... s/75018294
Lien Fanfiction.net : https://www.fanfiction.net/s/13853569/1 ... BBm%C3%A9s

Le Spectacle aux cent mille étoiles

Notre récit commence en une douce fin d'après-midi de Décembre, année 1537. Le Grand Condor survolait les Amériques depuis des heures déjà, la quête des cités d'or s'étant achevée depuis bien longtemps. A son bord, Esteban était aux commandes de l'appareil, Zia ayant déjà eu l'occasion de le faire bien plus tôt et ayant besoin de repos en cette fin de mois. Elle somnolait à l'arrière du poste de pilotage, tandis que Tao s'était réfugié à l'intérieur du ventre de l'oiseau pour continuer quelques expérimentations. Les trois jeunes amis étaient heureux, ça ils ne pourraient le contredire, malgré la routine qui s'installait de temps en temps. Le voyage était leur quotidien, et malgré toutes les personnes qu'ils connaissaient dans le monde, la nouveauté commençait à s'essouffler après autant de temps. Ils avaient, heureusement, bien des occasions de se distraire pour ne pas y penser.

Regardant le soleil, Esteban décida qu'il fallait se poser. Durant quelques minutes il chercha un endroit libre, et repéra une petite clairière avec un endroit plane où l'appareil pouvait se poser. Après un atterrissage parfait, Esteban lança un regard à la jeune femme endormie. Son visage encore jeune était reluisant de candeur et de beauté. Elle venait d'enchaîner les journées intenses de vol autour du monde pour trouver un remède à une maladie qu'Esteban avait contracté soudainement, nul ne savait comment. Bien évidemment, elle s'en était sortie comme personne, et après les quelques jours de repos nécessaires pour le jeune homme, ce dernier avait tenu à ce que son amie se repose autant que possible. Il rejoignit Tao, laissant Zia assoupie, et les deux décidèrent de dormir à la belle étoile. En une ou deux heures, alors que le Soleil trainait visiblement la patte pour aller dormir, le campement provisoire était monté avec feu allumé et chasse terminée. Ils firent un repas pour deux, Zia étant toujours assoupie et cette dernière n'aimant pas gâcher de la nourriture, et rirent autour de quelques échecs d'expérimentations du jeune nacal. Alors que le jeune atlante sortait à peine sa part du feu, Tao, qui avait déjà mangé, se leva en faisant craquer son dos.

— Bon, c'est pas que je t'aime pas, vieux frère, mais j'ai des choses à faire ! Tu restes là ?

— Ouais. Je préfère ne pas laisser Zia seule, si elle se réveille.

— Je ne dors pas, tu sais ? dit soudainement une voix féminine derrière eux.

Les deux jeunes (bientôt) adultes se tournèrent vers Zia, toujours pendue aux ficelles du bout des doigts de Morphée, souriante. Ses cheveux longs étaient un peu en pagaille, causant un éclat de rire parmi les deux garçons. Zia mit sa part à cuire, toujours un peu dans les vapes, tandis que Tao saluait les deux amis d'un signe de la main. Il s'endormira bien d'heures plus tard, sur sa table d'expériences, les mains remplies d'outils. Le Soleil avait les pieds dans ses draps de nuit, bien caché derrière les arbres au loin. Zia sortit sa part du feu, alla s'asseoir aux côtés d'Esteban, et les deux se mirent à manger tranquillement. Ils se contentaient de regarder le paysage, d'écouter le vent et de savourer leur viande. Rares sont les personnes avec qui le silence était aussi parlant que le regard, se disait un Esteban conscient de sa chance. Et pourtant, Zia fut la première à le rompre, observant l'air pensif de son ami.

— Eh bien, tu en fais, une drôle de tête !

Esteban, revenant sur Terre, pouffa de rire.

— J'ai l'air si fatigué que cela ? demanda-t-il avec un sourire au coin des lèvres.

— On dirait que tu as volé toute la journée, répondit la jeune femme en lui pinçant le bout du nez.

— Eh, arrête ça ! feignit-il de se plaindre. Et puis, techniquement, c'est ce que j'ai fait !

Un franc rire s'échappa de la jeune Zia, à la fois attendrie et amusée. Penchant sa tête, elle esquissa un sourire.

— Comme tu veux, Esteban. Mais, fais attention, tu ne pourras pas tenir ainsi toute la nuit !

— Au moins je m'endormirai en bonne compagnie, s'amusa le jeune atlante.

— Oh ! Veux-tu donc dire que Tao n'est pas d'assez bonne compagnie pour toi ? Je suis outrée !

Zia tourna soudainement le dos à Esteban avec une grimace colérique, bien évidemment exagérée. Esteban leva les yeux au ciel, et glissa sa tête dans le creux du cou de son amie. Ses bras s'enroulèrent autour de la taille de la jeune nacale, qui fit rejoindre leurs mains. Ils s'échangèrent quelques regards complices et explosèrent de rire sans même savoir pourquoi.

— Tu dis rien à Tao, hein ?

— Hum, et pourquoi pas ? Je pourrais, après-tout lançait-elle avec un sourire amusé et faussement vicieux.

Passons l'enchaînement des « S'teu plaît ! » et des « Non ! », et revenons au silence. Les deux s'étaient étouffés à force de rire, et leur repas était devenu froid. Le Soleil était toujours récalcitrant à aller dormir, préférant déverser son être sur les corps animés ou non de la nature. La verdure se mélangeait à l'orangé, et du violacé apparaissait en dégradé dans le ciel presque plus du tout bleuté. Les deux amis laissaient leurs émotions les guider dans une étrange harmonie, à écouter le chant du vent et à admirer le ballet des bois qui s'étendaient à perte de vue. La respiration calme et le rythme cardiaque apaisé, le jeune duo laissait leurs mains glisser les unes contre les autres sans se soucier de rien. Savourer le temps qui passe était un peu dans leurs habitudes, mais une part de la nature était trop mystique pour rendre ces instants obsolètes. Au fond d'eux, en regardant le Soleil se coucher, ils avaient l'impression de sentir le futur venir se glisser entre leurs corps et embrasser leurs consciences.

— On pourrait rester là, hein ? Profiter de cet instant éternellement…

— Pour très longtemps…mais ça ne serait plus un instant.

— Sans doute. Dis, tu aimes toujours autant voyager, Esteban ?

— Quelle question ! dit-il d'un air surpris. Toi, tu n'aimes plus ?

— Si, si ! Bien sûr ! C'est juste que…tu sais, ça m'arrive de penser à tout un tas de choses.

— En ce moment, on dirait même que tu as la tête ailleurs.

— Peut-être, répondit-elle en haussant des épaules. J'ai juste cette impression assez étrange au fond de moi. Comme s'il me manquait quelque chose.

— Comment ça ?

— Je ne sais même pas si tu peux voir de quoi je parle. Quand j'étais petite, ma vie avait basculé du jour au lendemain alors que j'avais un équilibre. Et j'ai beau vous adorer, toi et Tao, ainsi que nos voyages…ça m'arrive, parfois, de ressentir ce manque. Comme si une partie de moi voulait un équilibre, au moins un temps, loin de tout. C'est à ça que me fait penser cet instant, Esteban, juste la tranquillité, la beauté, et...

Elle finit sur un soupir, trouvant sans doute sa phrase trop idiote. C'en était trop pour la curiosité d'Esteban, bien piquée à vif à ce moment-là. Zia semblait pensive, propulsée dans un autre monde aux traits similaires mais si flous. Il quitta le cou de la jeune (presque) femme. Les deux ne parlèrent pas durant une poignée de secondes, dans un silence un peu plus lourd que le précédent.

— J'y ai pensé aussi, tu sais ? Parfois, je pensais à ce qu'on deviendrait sans le voyage. J'y pense encore, même. Le vol, les paysages, les instants, les rencontres tout ça c'est un bonheur, mais j'ai l'impression de tourner en rond, ces derniers temps.

— Tu penses qu'on a tout fait ?

— Non, non ! Mais il n'y a rien qui, vraiment, m'anime pour voyager. Peut-être ai-je envie de simplement plus. Je me suis demandé, une fois, si notre Condor pouvait percer le ciel, nous emmener vers les étoiles. J'avais volé plus haut que d'habitude, ce jour-là, et une sensation bizarre de frustration était venue me prendre. Comme si j'avais tous mes désirs du bout des doigts, que je pouvais les caresser, mais sans pouvoir aller jusqu'au bout.

Cette même sensation qu'il ressentait, parfois, en regardant Zia. Ce n'étaient ni la couardise, ni l'hésitation qui ne lui faisaient sauter le fameux pas de Vénus. Cela ne venait juste pas, étrangement. Zia ne pouvait que regarder Esteban par compassion, face à cette sensation familière qui parfois l'exaspérait. Le vent commençait à se rafraîchir, le Soleil était cette fois à moitié couché.

— Il nous manque peut-être, juste…quelque chose ?

— Comment ça ?

— Je ne sais pas comment dire. J'ai, hum, cette impression. On manque peut-être de nouveauté.

Le jeune atlante ne répondit pas, aucune réponse ne venait à son esprit. Une stimulation ? De la nouveauté ? Pendant quelques instants, il pensa que Zia voulait amener le sujet vers quelque chose d'autre. Quelque chose de plus…intime ? Soudainement, Esteban pouffa de rire.

— Tu vas bien ?

— Oui, ça va, t'en fais pas. Juste…j'étais en train de me dire qu'on parlait de ça sans penser à Tao. Le pauvre !

Zia la joignit dans le rire. Néanmoins, Esteban soulevait une vraie question : qu'en penserait Tao ? Zia se dit qu'il serait outré, que les voyages étaient dans leur sang comme la sève dans les arbres, et que rester à un même endroit tout le temps serait un enfer pur et dur. Elle ne s'était même pas surprise à penser à une telle théorie sans penser à lui. C'était son frère, quand même ! Il ne valait pas moins qu'Esteban ! Ils étaient inséparables, mais Zia savait, au fond d'elle, que rien n'était semblable entre ses sentiments envers le nacal et envers l'atlante.

— C'est vrai ! On l'a souvent mis à part, notre nacal préféré.

Le jeune homme eut envie de répondre que c'était elle, sa nacale favorite, mais se retint. Il connaissait ses maladresses, et l'idée de la mettre en colère maintenant ne lui plaisait que peu. Se contentant de rire, il abrogea ainsi la digression autour de Tao. Par pur instinct, les deux amis se prirent dans leurs bras, encore une fois sans raison. Esteban eut une nouvelle fois cette sensation d'envol, et de caresse des impossibles. L'humain était une espèce fascinante, quand même : la plus avancée, certes, mais surtout celle qui n'osait juste pas, parfois. Il observa le paysage encore une fois, et remarqua quelque chose. Un papillon, assez grand, aux ailes dorées, se posa à quelques centimètres d'eux. C'était quasiment insignifiant. Quasiment rien et anecdotique, et pourtant il eut l'impression que le papillon ne bougerait pas de sitôt. Ses antennes gigotèrent, et ses ailes firent un ou deux battements. Il hésita un instant, et chuchota :

— Zia, regarde-moi.

Esteban recula sa tête, et mit tendrement la main sur la joue de Zia. Son visage était décoré d'un sourire incroyablement tendre et ravissant, agrémenté des rayons du couchant. Ils restaient silencieux. La nuit en était à son aube, le Soleil lui-même jugeant que sa présence était de trop. Il intima à la Lune de ne pas venir, mais quelques étoiles venaient déjà être témoins du moment. Toujours enlacés, les deux amants se lancèrent des regards chargés de tout. Leurs doutes, leur surprise, leur compréhension et leur connexion. Ils souriaient, un peu bêtement, un peu aveuglément. Leurs têtes se rapprochèrent, et tout naturellement, leurs lèvres se collèrent entre elles. Un soupçon de timidité traversait leur esprit, avant que leur cœur ne guide le mouvement. C'était une première sans concession, sans grand discours ni artifices, aux lumières des mille soleils constellant le ciel d'ardoise. Ils n'avaient pas besoin de dire la phrase évidente, pas maintenant, ils pourraient se le dire encore des centaines de fois dès maintenant.

Le baiser se rompît par la faute de l'oxygène, qui venait à manquer dans le poumon du tout nouveau couple. Cette fois, il eut l'impression de percer le ciel à la force de ses quatre bras. Les heures suivantes, les questions étaient mises de côté, les spectateurs du ciel étaient venus simplement assister à cette belle romance qui débutait, et le couple embrassait ses sentiments. Le papillon, à défaut de pouvoir boire l'eau de rose qui se profilait devant lui, s'envola dans la clarté mouchetée de la nuit. Le jour se levait sur le corps enlacé de cette belle jeunesse, qui n'avait qu'un regard empli d'espoir à se dire.

Et ce regard tendre, rempli de joie et d'espoir disait : tant que le Soleil guidera leurs pas, jamais leur lumière ne s'éteindra.
Modifié en dernier par Raang le 02 avr. 2021, 21:10, modifié 1 fois.
"Notre monde a été bâti dans l'or et dans le sang"-Raang alias Rayan, 2017
Mes fanfictions (hors MCO)https://www.fanfiction.net/u/7150764/Raang
Mon compte Wattpad (histoires originales) : https://www.wattpad.com/user/Raang7
Avatar du membre
Le Flamand
Guerrier Maya
Guerrier Maya
Messages : 171
Enregistré le : 23 févr. 2017, 01:11
Localisation : Flandre / Vlaanderen
Âge : 25
Contact :

Re: Sur la route des rêves embrumés (Recueil de nouvelles)

Message par Le Flamand »

Que dire ? Quand bien même ton style d'écriture a très certainement évolué depuis l'écriture de ce texte, je ne peux que saluer la qualité de la narration, la qualité du développement ...
En un seul mot : EXCELLENT ! ;)
Avatar du membre
Marcowinch
Maître Shaolin
Maître Shaolin
Messages : 1445
Enregistré le : 12 nov. 2018, 18:36
Localisation : A bord du Grand Condor
Âge : 51

Re: Sur la route des rêves embrumés (Recueil de nouvelles)

Message par Marcowinch »

Un récit très beau, très vrai et très poétique. :-@
*** :Tao: :Zia: :Esteban: Ma fanfic MCO : La Huitième Cité :) :Esteban: :Zia: :Tao: ***
J'espère qu'elle vous plaira :D

:Esteban: Bah voyons, Pattala ! C'est pas dans ce coin-là que vit la jolie Indali ? :tongue:
Avatar du membre
manonallemende
Vénérable Inca
Vénérable Inca
Messages : 684
Enregistré le : 11 janv. 2017, 21:25
Localisation : En E36 avec ma moitié au milieu de l'Auvergne
Âge : 21

Re: Sur la route des rêves embrumés (Recueil de nouvelles)

Message par manonallemende »

Toujours bien écrit l’amélioration est vraiment présente ! Je suis toujours aussi passionné par tes écrits !
Isabella Laguerra
Croyez moi, j'ai de bonnes raisons de faire ce que je fais...
320i x 325i
Stance Works 🥰
"La propulsion c'est fun" :x-):
Avatar du membre
TEEGER59
Grand Condor
Grand Condor
Messages : 4542
Enregistré le : 02 mai 2016, 14:53
Localisation : Valenciennes
Âge : 46
Contact :

Re: Sur la route des rêves embrumés (Recueil de nouvelles)

Message par TEEGER59 »

Ce qu'il y a de bien avec les fans auteurs, c'est qu'ils perdurent l'histoire de nos héros même si celle-ci est terminée.
Et le talent de Raang s'affirme d'année en année.
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!
Avatar du membre
Raang
Vénérable Inca
Vénérable Inca
Messages : 995
Enregistré le : 27 oct. 2016, 17:57
Localisation : Dans le Grand Condor
Âge : 22
Contact :

Re: Sur la route des rêves embrumés (Recueil de nouvelles)

Message par Raang »

Souffle par ici

Bonjour bonjour !
Aujourd'hui vais pas faire très long, car le texte l'est. Nous sommes le jour de mes 22 ans (ouais, miracle, j'ai réussi à survivre jusque là :lol: ), et cette année j'ai décidé de me faire un petit GROS plaisir.
Le texte que vous allez voir est un gros délire d'un esprit encore enfantin, qui mélange à tout va les personnages préférés de son enfance qui s'en va petit à petit. Alors, pour qu'elle reste, je me fais des piqures de rappel :p
Il y a énormément de références et de fanservice, les gens qui auront tout ne seront pas légion, mais voilà. En espérant que vous puissiez y trouver un peu d'amusement !

Melting Pot

QG de la Raang Corp.,
06 Décembre 2023.

C’est le branle-bas de combat dans les couloirs bleutés de la tour. Une grande tour similaire à celle de la chaîne prétentieuse de Boulogne-Billancourt, où défilent des couleurs et humeurs bien plus variées et amusantes que le triste tuxedo des cadres. Ça courre, ça crie, ça braille, ça virevolte de partout, c’est la pagaille comme pas permis, c’est une cour d’école depuis 22 ans. Vêtu de son chandail blanc, et essoufflé comme jamais, Esteban des Mystérieuses Cités d’Or fait claquer ses chausses sur le sol carrelé du couloir. Il grogne dans sa barbe inexistante.

— Pourquoi ils les font toujours aussi tard, ces réunions ?! J’en ai marre, moi !

Une porte battante de deux fois et demie sa taille lui fait face : c’est ici qu’il doit se rendre. Attrapant les poignées grises de la porte, il tire de toutes ses forces. Il s’épuise, il se déchaine, il en sent ses tendons se distordre douloureusement. Et puis, s’affalant sur la porte, elle s’ouvrit derrière lui. Comprenez-le, difficile pour un atlante-espagnol du XVIe siècle de lire le « Poussez » bien français du XXIe. Il se promit d’aller pester contre le Docteur d’activer le traducteur de sa fichue cabine bleue (la dernière fois, à ses 60 ans, il avait l’air d’avoir pris un coup de jeune…ou de vieux ? ou d’hormones, aussi). Il entra dans la salle de réunion, bien évidemment pleine à craquer et avec un boucan pas possible. Une lame d’eau frôla son crâne.

— Percy ! Du calme ! entendit Esteban.

C’était la voix de Katara, maîtresse de l’eau du Pôle Sud, deuxième personnage le plus classe d’Avatar : Le Dernier Maître de l’Air. Les deux aimaient bien se chamailler, en même temps entre deux maîtres de l’eau les étincelles (haha) arrivaient vite. Percy Jackson, lui, était un demi-dieu fils de Poséidon. Seulement le dire est classe, il en avait bavé tout au long de sa vie. Être considéré comme une erreur ou un manquement de promesse, ça forge un caractère. Ils restent complices et drôle cependant.

— C’est bon, Kat’, je maitrise ! Désolé Esteban, t’inquiète pas, le patron est encore à la bourre, installe toi.

Esteban le remercia d’un sourire et d’un pouce levé, et se faufila entre ses amis aussi fluidement que possible. Il vit au loin Annabeth, fille d’Athéna aussi belle que tactique et à craindre, et Aang, le maître de l’Air avec une flèche sur un crâne bien dégarni, s’amuser ensemble. Vraisemblablement la complicité de leur partenaire avec celui de l’autre les amusait bien. Un des boomerangs de Sokka, frère de Katara, vola au-dessus de sa tête. Un tonitruant « Pardon ! » de sa part retentit. Il entendit Arthur, taille humaine malgré sa forme de Minimoy, rigoler à une blague de Luffy au Chapeau de Paille. Sans faire exprès, il se cogna dans la cuisse disproportionnée de Boom. Un très gentil garçon, un peu maladroit et benêt sur les bords, mais attachant comme tout. Bon, ses griffes de la taille d’un bras et sa peau rouge le rendaient assez effrayant, mais sa personnalité de grand nounours le rendait adorable. Zia adorait quand il tentait de faire quelque chose de tout simple, tout en mettant à l’épreuve la patience de son ami Linus. Ce dernier passa à côté d’Esteban, et lui tapa dans la main avec un sourire.

— Content de te voir ! Je pensais que tu étais occupé !
— J’ai bien failli l’être, s’amusa Esteban ! Sérieusement, comment ils font les gens de ce siècle pour s’en sortir avec leurs métros et leurs bus ?
— M’en parle pas, dans le futur c’est pas mieux. T’as pas hâte des voitures qui volent, crois-moi…

Parfois, Esteban oubliait que les véhicules flottaient dans le monde de Linus. Déjà voir des sortes de Grand Condor sans structure d’oiseau flotter dans le ciel l’épatait toujours, mais que les « voitures » puissent flotter…cela dépassait l’entendement. Derrière eux, Iris, à la fois douce et caractérielle appela Linus. Sa petite amie de longue date, jamais montré à l’écran mais la magie de l’imagination du patron comblait les fins laissées en suspens. Il les laissa s’éloigner en souriant, et se remit à chercher son meilleur ami et sa petite-amie (et ça, c’est canon maintenant, se disait-il tout fier), quand soudain…

DING ! DING ! DING !
7 Décembre 2023.

Une grande holà héla dans la salle de réunion. Un courant d’air, une flamme un peu grande, un volute de terre et un crachat d’eau virevoltèrent durant la holà. La salle entière raqua son regard, blasé et plein de jugement, vers les quatre responsables. Zuko, prince de la Nation du feu, resta digne. La maitresse de la terre Toph tenta de fixer qu’un du regard…malgré sa cécité, il fallait saluer l’intention. Aang se fit tout petit, et Percy subit une nouvelle brimade de Katara. Esteban repéra enfin la chevelure de jais de Zia, côte à côte avec Tao – peu surprenant – et un garçon habillé en noir et aux cheveux blancs – soudainement plus surprenant. Le garçon riait de bon cœur, et malgré le bandeau noir cachant ses yeux, on pouvait sentir sa sympathie comme s’il en était parfumé. 9S, c’était son nom, tourna sa tête vers sa partenaire de combat, une femme plus grande que lui, toute vêtue d’une robe « haute-couture » noire, elle aussi aux cheveux blancs et aux yeux cachés. Elle était assise dans le fond, l’air impassible comme à son habitude.

— Eh, 2B ! Je sais que c’est ton caractère, mais viens rire avec nous, ça te fera du bien ! héla-t-il.
— Je ne vois pas ce qu’il y a d’amusant à manquer de ponctualité. Il ne suit pas les ordres qu’il a donné à tous.

Esteban soupira en entendant 2B lorsqu’il eut rejoint ses amis. Les deux androïdes – terme qu’Esteban a dû apprendre, comprendre et conceptualiser…des humains de métal, vraiment ? – étaient comme le jour et la nuit mais se complétaient bien. Parfois il se demandait comment les deux se supportaient, mais il imaginait que ce genre de relations typiquement humaines pouvaient être vécues par des êtres artificiels, également. Tao et Zia l’appelèrent. Avec joie, il prit Tao dans ses bras, puis glissa un baiser sur la joue de Zia.

— La prochaine fois, mon pote, dit Tao en riant, tu amèneras le Condor à cette époque.
— Tu parles ! répliqua Esteban, y’a aucun endroit où le garer, il n’y a plus de nature dans ce siècle !

Zia lui donna une tape sympathique sur l’épaule.

— Pour plus tard, les remarques écologistes, Esteban ! On avait dit quoi, la dernière fois ?

Esteban se gratta la tête de gêne, se souvenant bien de sa plainte sur le fait qu’il faisait la même température à Paris en 2023 qu’au Sahara en 1535. Ce fut très long de lui expliquer pourquoi les gens prenaient mal le fait qu’on dise que le monde va pas forcément bien. Le déni, c’est quelque chose de trop pervers pour son esprit innocent. Avant que ses pensées ne deviennent déprimantes, deux filets passèrent au-dessus de sa tête. Un filet de yoyo noir, et un filet blanchâtre artificiel. Deux personnes volèrent au-dessus de leurs têtes et se fixèrent au plafond, commençant à se disputer de manière adolescente.

— Marinette ! Miles ! crièrent ensemble deux personnes.

Evidemment que ça devait arriver. Miles Morales et Gwen Stacy, deux versions alternatives du célèbre Spider-Man, avaient débarqué tout récemment dans l’équipe. Et, évidemment dès que Marinette – dit Ladybug – les a rencontrés, une sorte de mini-rivalité s’était filée entre les trois héros se balançant dans les airs. Toile d’araignée face à yoyo magique, le duel était épique. Cette-fois, le concours n’était pas sur la vitesse mais sur la hauteur et les pouvoirs. L’un avait des pouvoirs électriques, l’autre avait son yoyo multifonctions. Le premier se rendait invisible, l’autre invoquait un deus-ex-machina à chaque épisode. Gwen et Adrien/Chat-Noir, les deux plus sages de chaque duo, soupirèrent. Eux aussi, adoraient plus que tout leur compagnon ou compagne, mais la patience s’épuisait bien vite. Esteban en rit, et en rajouta en disant :
— Y’en a un qui a été vachement plus haut !

Les deux compétiteurs n’en avaient pas besoin de plus pour continuer le débat. Un flash attira l’œil d’Esteban, et il tourna sa tête vers la photographe attitrée du groupe : Maxine Caulfield, du jeu Life is Strange. Il la salua en souriant. Elle était sans doute la personne la plus normale du groupe, une simple étudiante de cette époque en photographie, assez discrète mais gentille. Enfin, un petit détail mis à part…

— Décale-toi sur la gauche, Esteban ! dit-elle.

Ce qu’il fit. Le yoyo de Marinette fendit les airs et s’écrasa au sol, pile poil là où Esteban y était. Personne n’en fut surpris, Maxine avait l’habitude d’utiliser son pouvoir de rembobinage pour prévenir ce genre de petites catastrophes. Elle avait dû éviter au moins quatre incendies et cinq inondations de la tour depuis son arrivée.

— C’est magique, le retour dans le temps, soupira Esteban.

Maxine sourit, et prit une photo avec son vieux Polaroid. Elle donna la photo à sa petite-amie, Chloé. Plus tête brûlée, un peu « punk » (si c’était bien le terme), parfois antipathique aux premiers abords mais très sympa aussi. Quand il les vit s’embrasser, il laissa les deux femmes tranquille et prit la main de Zia.

— Il est en retard, mais on devrait quand même s’installer, non ?

Son amie lui sourit et acquiesça. Les trois enfants rejoignirent leur bout de tablée, tandis que Miles et Marinette descendaient. Ils étaient en costumes – bien obligé pour Marinette – tout comme Spider-Gwen et Chat Noir. Les deux compétiteurs avaient l’air tout penauds quand leur moitié leur rappelait quelques règles de bienséance. Ils étaient drôles et adorables, pensa Esteban. Il balaya son regard sur la grande tablée ovale : chaque personne y était réunie par univers et ordre chronologique d’arrivée. Les Minimoys, les futuristes, l’équipage pirate de Luffy, les maîtres des éléments, les demi-dieux, la voyageuse temporelle et sa compagne, les deux androïdes, les héros parisiens et les héros new-yorkais. Ils formaient un groupe extrêmement hétéroclite, complètement barré, mais tous cohabitant avec une certaine bonne humeur. Le vacarme ne s’arrêtait pas, les blagues fusant un peu partout, des tacles bien sentis entre faux rivaux et vrais amis, les rires emplissant l’air.
Au moment où Esteban se demanda quand est-ce que le patron devrait arriver, un bruit sourd retentit au milieu de la salle. Un grincement, faible d’abord, qui s’intensifia de plus en plus. Des courants d’air, pour une fois non causés par Aang, firent voler les cheveux de quasi tout le monde. Par transparence, une cabine de bois bleue apparaissait, ses couleurs s’intensifiant à chaque seconde. Avec un grand BOOM la cabine resta en place. Le grand panneau « POLICE » semblait légèrement abîmé, et de la fumée blanche sortait des fenêtres. Esteban soupira, se demandant ce que le TARDIS – le nom de la machine – avait bien pu subir. La petite porte d’entrée s’ouvrit avec fracas, et le patron, Raang, en sortit. Visage noirci de suie, avec des petits bouts de sa barbe brûlant, les lunettes toutes de travers, il salua tout le monde.

— Désolé ! Y’avait des bouchons !

Une bonne partie des gens ici présents soupirèrent en levant les yeux au ciel. Raang sortit du vaisseau plus petit dehors que dedans, chaussettes dépareillées, portant un sweatshirt bleu marine et un jean noir, et se rua à sa place. Le calme était à peu près venu, « à peu près » étant un bel euphémisme. Devant chaque personne se trouvait deux verres, un à vin et un plus classique. Après avoir repris son souffle, Raang prit la parole.

— Désolé du retard, le Docteur m’a gentiment prêté un TARDIS mais j’ai eu quelques…soucis, à le piloter.

Esteban souffla du nez. Il avait déjà réussi à piloter le TARDIS avant, c’était très drôle. Un peu moins quand il s’est rendu compte qu’il l’avait fait atterrir sur le bord de l’Etna avant une éruption, mais s’en aller fut plus rapide que d’arriver.

— Plus sérieusement, merci à tous d’être là, les gens, reprit Raang. Ça fait plus de quinze ans que j’imagine des dizaines d’histoires, de bêtises, de petites intrigues avec vous tous. Grâce à vous, j’ai traversé des moments compliqués, j’ai eu un refuge dans je me sentais seul, je me réconfortais lors des moments difficiles. C’est grâce à vous que je fais ce que je fais aujourd’hui. Peu importe l’époque à laquelle vous êtes arrivés, peu importe la qualité de vos fictions de base, vous m’avez tous apporté quelque chose. J’ai pas toujours été tendre dans mes fictions avec certains d’entre vous (il regarda les enfants du XVIe siècle, Maxine et les demi-dieux), mais j’ai toujours adoré créer avec vous. On a encore bien des années devant nous encore, et je suis pas prêt d’arrêter d’écrire. Bon, un jour, peut-être que je finirai une deuxième fiction à part celle sur Max et Chloé…

Les concernés rirent, les autres sourirent. Raang attrapa un sac en dessous de sa table, et le mit devant lui. Il en sortit, évidemment, de la nourriture, et plein, plein, plein de bouteilles en tous genres.

— Alors je préviens, dit-il, je bois pas d’alcool, mais j’en ai pris pour les buveurs. Le premier mineur que je vois qui essaye de se siffler un verre ou une bouteille d’alcool alors qu’il n’a pas le droit, je le fais valdinguer en bas de la tour. Sur ce…Champomy !

POP ! Il ouvrit la bouteille, le bouchon de liège sautant au plafond. Tout le monde se servit, festoyant et profitant d’un moment de détente, loin de leurs univers, loin de leur soucis. Au loin, un couple regardait, avec un sourire tendre. Une coupe de champagne à la main, ils trinquèrent. Au-dessus d’eux, un petit bout de leur univers se dévoilait : une île d’allure paradisiaque entourée d’un océan violacé, serti d’une montagne à la neige noire et d’une forêt argentée. Le premier univers vraiment original hébergé par la Corp., sans doute pas le dernier.

— On les rejoindra bientôt, mon cœur, souffla le jeune homme nommé le Voyageur. Encore un peu de patience.
— C’est le défaut des écrivains, titilla la jeune femme appelée la Chanteuse, ils font toujours trop en même temps. T’es bien le premier à le savoir !
— Eh ! répliqua-t-il avec amusement.

Ils finirent leur coupe de champagne, et tandis que de la musique retentissait en contrebas, ils se mirent à joindre leurs mains. Le Voyageur fit tourner sa compagne, qui l’entraîna dans quelques pas de danse charmeurs mais sages. Et ils tournent, dansent, ensemble, tout le long de la nuit, attendant le moment où ils seront mis à la lumière de tous.

Ce qui, espérons-le, ne saura tarder…
Crédits. Contient les personnages de:
Arthur et les Minimoys de Luc Besson, selon une idée originale de Luc Besson et Céline Garcia
Linus et Boom de Hervé Trouillet, Timoon Animation et SAMG Animation
One Piece de Eiichiro Oda, Toei Animation/Shueisha
Avatar : Le Dernier Maître de L'air de Bryan Konietzko et Michael Dante DiMartino, Nickelodeon
Percy Jackson et les Olympiens de Rick Riordan, Disney Hypérion Books
Les Mystérieuses Cités d'Or de Jean Chalopin, Mitsuru Kaneko, Mitsuru Majima et Sōji Yoshikawa, MK Production et DIC
Life is Strange de Raoul Barbet et Michel Koch, développé par DontNod, édité par Square Enix
NieR Automata de Yoko Taro, développé par Platinum Games, édité par Square Enix
Miraculous : les aventures de Ladybug et Chat Noir par Thomas Astruc, TF1, Gloob, Disney Channel, Toei Animation
Spider-Man: New Generation et Spider-Man: Across The SpiderVerse écrit et produit par Phil Lord et Christopher Miller, Sony Animation, selon le concept de Spider-Man créé par Stan Lee et Steve Ditko
Le Voyageur en cours d'écriture par moi-même, un jour chez une maison d'édition on espère
"Notre monde a été bâti dans l'or et dans le sang"-Raang alias Rayan, 2017
Mes fanfictions (hors MCO)https://www.fanfiction.net/u/7150764/Raang
Mon compte Wattpad (histoires originales) : https://www.wattpad.com/user/Raang7
Gian
Jeune Pichu
Jeune Pichu
Messages : 2
Enregistré le : 23 mai 2024, 10:08
Genre : Homme

Re: Sur la route des rêves embrumés (Recueil de nouvelles)

Message par Gian »

Bonjour,

Ton texte est une vraie partie de plaisir, un peu comme découvrir un nouveau jeu vidéo avec plein de quêtes secondaires et de références cachées à chaque coin. L'idée de mélanger des personnages emblématiques de l’enfance, c’est comme revisiter un vieux RPG qu’on adore, où chaque scène nous rappelle un bon souvenir.
Répondre