[FANFIC - SPOILERS SAISON 4] : UNE SUITE POTENTIELLE (Marcowinch)

C'est ici que les artistes (en herbe ou confirmés) peuvent présenter leurs compositions personnelles : images, musiques, figurines, etc.
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Re: [FANFIC - SPOILERS SAISON 4] : UNE SUITE POTENTIELLE (Marcowinch)

Message par Marcowinch »

Chenille99 a écrit : 07 mai 2021, 10:36 Une course poursuite pour nos héros, j'espère qu'ils ne sont pas trop essouflés ☺
Ahah ! Je crois que ça ira : ils commencent à être habitués à courir un peu partout durant leurs aventures :)
Qu'est-ce qui a pu à ce point attirer l'attention de la shintashta dans les scans de nos héros ? Je me pose bien la question🤔
Hum...Tout cela est bien mystérieux ! 8-x
Mais où est-elle cette huitième cité d'or ?
Sûrement encore dans un endroit inaccessible.... :lol:
En tout cas, c'est toujours un plaisir de lire tes chapitres !
Merci Chenille99. Je suis content que l'histoire te plaise :D
*** Ma fanfic MCO :)***
J'espère qu'elle vous plaira :D

:Esteban: Bah voyons, Pattala ! C'est pas dans ce coin-là que vit la jolie Indali ? :tongue:
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Re: [FANFIC - SPOILERS SAISON 4] : UNE SUITE POTENTIELLE (Marcowinch)

Message par Marcowinch »

Le chapitre 16 sera en ligne lundi en fin de journée ou, au pire, mardi matin. :)
*** Ma fanfic MCO :)***
J'espère qu'elle vous plaira :D

:Esteban: Bah voyons, Pattala ! C'est pas dans ce coin-là que vit la jolie Indali ? :tongue:
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Re: [FANFIC - SPOILERS SAISON 4] : UNE SUITE POTENTIELLE (Marcowinch)

Message par Marcowinch »

La 8e Cité

Chapitre XVI : La Maison qui Marche

Salle de Recombinaison Moléculaire. Base Sintashta. Île d'Ol-Honn. Fin d'après midi.

Yesubaha, qui était restée dans la pièce, a ressenti des vibrations suite aux premières explosions. Elle vient de demander un point de situation à l'un des siens.

« La salle des régulateurs est atteinte, Matrone, lui répond-il...Le feu risque de se répandre sous peu. Toutes nos installations vont, au mieux, être gravement endommagées ou au pire exploser dans un bref délai.
- Pouvez-vous éviter cela et réparer ? demande la vieille femme.
- Cela va être difficile, Matrone: la quantité d'énergie solaire engrangée par les appareils a de loin dépassé les seuils prévus et admis. Quoi qu'il se soit passé qui ait déclenché cela, ça dépasse l'entendement...
- L'explication attendra... Intime-t-elle. Verrouillez immédiatement les cloisons intermédiaires : cela contiendra le souffle des explosions et limitera l'embrasement. Evitez toutefois d'emmurer nos soldats : ils se battent encore contre les intrus. Ces derniers doivent être capturés, si possible, ou sinon éliminés, mais les nôtres doivent pouvoir se replier dans des zones sûres...
- Bien, Matrone », acquiesce le sintashta en s'inclinant et retournant à son pupitre de commandes.
Deux formes surgissent alors dans la salle : les doubles d'Esteban et de Tao.
«Ah, enfin, vous voilà ! Leur dit-elle. Faites-moi votre rapport, mais soyez brefs : nous avons une urgence à gérer...
- Nous savons, Matrone, ajoute la pâle copie du Fils du Soleil : ce sont Esteban, Tao et une inconnue qui en sont la cause. Ils ont déclenché la surcharge...
- Je ne sais pas comment c'est possible, admet le double de Tao en écartant les mains, mais leur Esteban paraît être capable de se faire obéir du Soleil !
- Ridicule ! Doute Yesubaha. Vous ne les avez pas empêché de nuire ? Je pensais que vous étiez parmi mes meilleurs agents...
- Nous les avons sous-estimés, Matrone, confesse Esteban en massant encore son dos douloureux, contrecoup de la technique employée plus tôt par le vrai Fils du Soleil. Cela ne se reproduira plus !
- Nous verrons, répond-elle...Car vous allez retourner combattre ces gêneurs et ne revenir qu'avec les captifs ou leurs cadavres... 
- Bien, Matrone. Une dernière chose, si vous me le permettez, ajoute le sosie du dernier des atlantes. L'autre fille que nous avions capturée, Zia...Elle a des pouvoirs ! Je n'avais pas vu telle chose depuis des millénaires et même à l'époque, c'était très rare chez les muens...
- Nous éluciderons aussi cela plus tard, tranche Yesubaha. Maintenant, déguerpissez et allez régler cela ! »
Les deux copies s'inclinent et s'exécutent non sans avoir pris avec elles, cette fois, deux lances crépitantes d'énergie...La matriarche sintashta les regarde partir, dépitée, puis son attention revient sur deux cylindres : elle voit que ceux-ci se sont arrêtés de palpiter et s'ouvrent, révélant un sosie de Mendoza et un de Zia.

EvilMendoza.jpg
EvilZia.jpg

Base Sintashta. Île d'Ol-Honn. Fin d'après midi.
Esteban, Tao et Indali détalent dans les couloirs de la base, l'hindoue en tête de plusieurs pas sur les jeunes hommes. Ils entendent les détonations provenant de leurs arrières et très vite, des flammes les pourchassent. Motivés, ils forcent encore leur allure et parviennent heureusement à les distancer. Quelques instants plus tard les flammes refluent, arrachant un soupir de soulagement au trio.
Tout en maintenant sa course, Indali lance au Fils du Soleil : «Tao m'avait dit que tu étais capable de commander au soleil mais, honnêtement, je n'y croyais pas : je pensais qu'il plaisantait pour m'impressionner, Hihi ! C'était remarquable, Esteban ».
- Indali, avoue Tao, un peu jaloux : les moments où je voulais t'impressionner étaient plutôt ceux durant lesquels j'évoquais mes propres exploits...
- Merci Indali, dit Esteban, mais vous deux, ce n'est pas le moment de roucouler ! Gardez cela pour plus tard, s'il vous plaît : nous devons retrouver les autres... 
- Oui, Chef ! Disent en choeur la jeune hindoue et l'ancien naacal.
- Nous y serons bientôt, prédit Indali. Encore un dernier couloir à traverser... »
En effet, ils entendent des bruits : le fracas des armes...
Ils tournent à droite et aperçoivent au loin leurs compagnons. Ceux-ci luttent toujours contre les guerriers sintashtas. De là où ils sont Esteban, Tao et Indali ne voient pas l'action ni ne déterminent qui a l'avantage... Esteban distingue toutefois Zia, utilisant manifestement ses pouvoirs et très concentrée. Il ne l'appelle donc pas pour ne pas la distraire. Malheureusement, Sancho et Pedro y pourvoient en hélant les garçons. L'attention de la jeune inca se dissipe et elle voit à son tour ses trois amis arriver.
Ces derniers ne sont plus qu'à quelques dizaines de mètres quand, soudain, un pan de mur descend du plafond, sur le point de leur couper le passage. Analysant rapidement la situation, Indali se jette en avant et parvient à se glisser dessous avant qu'il ne bloque l'accès, mais le dernier des atlantes et le prince de mû, trop éloignés, n'y arrivent pas ! Ils se heurtent à l'obstacle...
« Nooon ! » se lamente Esteban, tapant des poings sur la paroi l'empêchant de rejoindre sa bien-aimée.
« Peut être y a t-il un mécanisme ? » Dit Tao, redonnant espoir au dernier des atlantes.
Tous deux en cherchent un, mais hélas leurs efforts restent infructueux.
Soudain, le mur commence à se relever... Les deux garçons s'allongent immédiatement sur le sol pour essayer de passer en dessous, mais l'espace n'est pas suffisant pour qu'ils y parviennent. Tout juste voient-ils Zia. C'est elle qui, avec ses pouvoirs, entreprend de soulever la barrière Mais la jeune fille, déjà fatiguée par les usages répétés de ses facultés, n'en peut plus et gaspille là ses dernières forces. Elle échoue à en faire davantage. Elle tombe même sur le sol, inconsciente. Elle ne se blesse pas en chutant car Pedro la retient à temps, mais le mur reste bloqué, à quinze centimètres du plancher.
Esteban ne peut que passer un bras en dessous et, très inquiet, pousse un cri déchirant : « Zia ! Zia ! »
Tao pose alors une main rassurante sur l'épaule de son frère de cœur et lui dit : « Esteban, je suis sûr qu'elle va s'en remettre. Ca s'est déjà produit. Mais viens, nous n'avons pas le choix : nous allons devoir revenir en arrière et passer par l'autre issue qui se trouvait dans la salle des collecteurs d'énergie... Par où nos doubles nous avaient rejoints...
- Soyez prudents, leur conseille Indali : ils sont peut-être encore dans les parages... »
Les deux jeunes hommes acquiescent, se relèvent et rebroussent chemin...Très vite, ils atteignent la pièce en question. Celle-ci est enflammée par endroits et une épaisse fumée noire leur obscurcit la vue.. Rassemblant leur courage et retenant leur respiration, les garçons se lancent dans la salle, tout en se tenant par la main et tâchent d'éviter les flammes. Heureusement, ce n'est pas la première fois qu'ils se trouvent là : ils savent dans quelle direction se rendre. Arrivant à traverser la fournaise, ils rejoignent l'autre passage et l'empruntent...

Machine Olmèque d'Ambrosius. Île d'Ol-Honn. Fin d'après midi.
Après avoir fait décoller la machine en toute hâte, Ambrosius l'a dirigée aussi vite que possible vers l'île et l'endroit d'où s'échappent encore des volutes de fumées. L'alchimiste, toujours vêtu de sa formidable armure, est nerveux et cela s'est traduit dans son pilotage, assez brusque : les autres passagers ont dû s'accrocher à leurs sièges ou à ce qu'ils pouvaient pour ne pas chuter. Dans l'atelier, c'est même le bazar désormais : les outils se sont détachés de leurs supports, des ouvrages se sont éparpillés un peu partout, libérant parfois quelques feuillets. Plus ennuyeux, des fioles se sont brisées, répandant leurs contenus colorés sur le sol ou des effluves plus ou moins agréables dans toute la pièce. Mercator, commençant à suffoquer et craignant les effets néfastes possibles des potions, a du quitter l'endroit à quatre pattes.
Lorsqu'il atteint enfin la salle des commandes, il entend son maître s'adresser à Ivan et ses soldats : « Nous arrivons, tenez-vous prêts ! N'oubliez pas : ils doivent me dire où sont les objets que je recherche et ce qu'ils font ici. Ne les tuez pas avant !
- Même les quatre enfants ? Demande le Prince, d'un air un peu trop innocent pour être honnête.
- Surtout eux, Altesse ! Grogne Zarès. Le sort des adultes m'importe peu. Mais les enfants doivent être saufs... »
Le moscovite bougonne, mais acquiesce.
« Regardez, Maître, dit Mercator posant un doigt sur le hublot, j'aperçois Donato, en bas... »
L'alchimiste voit en effet le tueur émergeant d'une grotte située a proximité. Il pose la machine et ouvre la porte, ce qui permet aux moscovites de mettre pied à terre. Ils commencent à se déployer...
Zarès descend également et en quelques pas, se trouve près de l'assassin.
« Que fais-tu là, Donato ? Lui demande t-il, curieux.
- J'ai suivi Gaspard, Maître Ambrosius, répond l'asesino. Il nous a trahi et a rejoint le groupe de Laguerra. Je l'ai pourchassée. Vous serez ravi d'apprendre que la Señorita est morte ! J'y ai veillé !
- Bien, Donato ! Se rejouit Zarès de sa voix sinistre. Excellent, même, Ahahah! Enfin une bonne nouvelle ! Soyez sûr que je ferai vos éloges à Charles Quint ! A présent, j'aimerai voir la tête de Mendoza ! Ahahah ! Puis, il poursuit : les autres membres du groupe sont-ils toujours à l'intérieur ?
- Oui, je le crois, indique Donato. Je n'ai vu que deux issues : celle-ci et une au sommet par laquelle ils sont entrés... » Il lui montre du doigt l'emplacement du puits d'où s'échappent encore de gros nuages de fumée. « Il y a une espèce de forteresse à l'intérieur, ajoute-t-il. Je n'ai jamais rien vu de tel dans toutes mes missions». Intrigué, l'alchimiste réfléchit un instant, puis s'adresse à Ivan : « Prince, je vais m'assurer qu'ils ne ressortent pas par le sommet. Je ne crains pas ces vapeurs que nous voyons...Votre troupe peut-elle surveiller cette grotte ? »
Le souverain réfléchit un instant puis donne son accord. Il charge son capitaine de faire exécuter la consigne.
« Maître Ambrosius, reprend Donato : pour ma part et si vous n'y voyez pas d'objection, je vais retourner à la machine : je dois prendre du repos...Cette longue traque m'a exténué....
- Accordé ! approuve l'alchimiste, d'un ton inhabituellement chaleureux. Vous l'avez bien mérité !»
Le tueur se dirige vers l'engin, tandis que Zarès entreprend, à grandes enjambées, son ascension du Bourkhan...

ZaresBourkhan.jpg
ZaresBourkhan.jpg (7.57 Kio) Consulté 1458 fois

Ivan regarde l'homme en noir s'éloigner et remarque par la même occasion que le soleil commence déjà à décliner. Ne pouvant tolèrer une nouvelle journée d'inaction, le Prince s'adresse à nouveau à son capitaine : « venez avec moi Aleksei, ordonne-t-il, vous et la moitié de vos hommes...Explorons cette grotte...
- Prince, tente le capitaine pour le raisonner, cela peut être dangereux...
- Ah, mais quand cessera t-on donc de me contredire ! C'est un ordre ! Je suis sûr que nous trouverons Esteban et les siens avant Zarès...Auriez-vous peur, capitaine ?
- Non, bien sûr, Altesse. C'est entendu... » obéit le capitaine, parvenant difficilement à réprimer un soupçon de lassitude. Il somme une vingtaine de ses soldats de les accompagner, les autres demeurant là pour surveiller les environs.
Le Prince jubile. « Avec Zarès qui bloque l'autre issue, dit-il, ces enfants sont faits comme des rats ! »
Puis, Ivan s'enfonce dans les entrailles du rocher...Impatient, marchant trop vite et ne regardant pas où il met les pieds, il trébuche sur les fausses offrandes disposées par les sintashtas et s'écroule par terre. Couvert de terre et de saletés diverses, il jure tout en se relevant, s'époussette, puis atteint la porte du fond de la grotte. Donato l'a laissée dans l'état dans lequel il l'a trouvée : ouverte. Le prince pénètre dans la pièce et émerveillé, découvre l'étrange architecture de la base...

Base Sintashta. Île d'Ol-Honn. Fin d'après midi.
Esteban et Tao courent depuis un moment dans les couloirs de la forteresse mais n'arrivent pas, malgré leurs efforts, à se repérer et trouver leurs compagnons. En outre, ils entendent ici ou là de nouvelles détonations ne les aidant pas vraiment à avancer sereinement.

« Nous avons pris un mauvais embranchement, déplore Esteban.
- Oui, admet Tao. Cette base a un plan compliqué...Au moins, nous n'avons pas rencontré d'ennemis...Mais je suis inquiet pour Indali, Zia et les autres...
- Moi aussi, dit le Fils du Soleil. Allons par là, ajoute-t-il en désignant du doigt une pièce toute proche. Cela me dit vaguement quelque chose... »
Les jeunes hommes s'y rendent. Arrivés à l'entrée de la salle, ils s'arrêtent.
« Ce n'est pas par là, Esteban, l'informe Tao. Regarde : c'est là où nous avons été assommés...
- Tu es sûr, Tao ?
- Oui, d'ailleurs, ajoute t-il en désignant un clavier sur le côté droit du mur, il y a ici un panneau de commandes. Ca doit sans doute servir à déclencher ou arrêter les rayons lumineux...
- Sais-tu s'ils sont toujours actifs ? demande Esteban. L'autre issue se trouvant dans les flammes, nous devrons tous forcément ressortir par là... » 
L'ancien naacal se penche pour mieux observer le dispositif, réfléchit intensément, puis reprend la parole au bout de quelques instants.
« Ce bouton-là n'est pas enfoncé, montre t-il à Esteban, je crois que nous risquons plus rien. Mais rebroussons chemin pour rejoindre Mendoza et les autres...
- Chut ! Lui intime subitement le Fils du Soleil, son index sur la bouche. Attends, Tao, ajoute t-il en murmurant : j'entends du bruit, de l'autre côté... »
A pas de loups, le Dernier des Atlantes et le Prince de Mû traversent la pièce et arrivent au niveau de l'autre porte. Leurs têtes dépassent à peine de l'embrasure que soudain, une voix juvénile s'exclame : « Ils sont là ! Je les vois ! Attrapez-les ! »
« Ivan !!! » s'exclament en choeur les deux amis, horrifiés, voyant le Prince. Celui-ci les montre du doigt à ses hommes qui, heureusement pour les frères de cœur, mettent un temps à réagir. Esteban et Tao, eux, tournent immédiatement les talons et détalent. Le seigneur et ses soldats se mettent à leur poursuite ! Les enfants ont une bonne longueur d'avance mais les moscovites, plus grands, courent plus vite ! La distance les séparant se réduit dangereusement de seconde en seconde ! Très motivé, Tao devance Esteban à la course. Le Fils du Soleil et le Prince de Mû regagnent l'autre extrémité de la salle, Tao la dépassant même, tandis que les soldats s'engouffrent dans celle-ci, Ivan à leur suite. Le Prince arbore un sourire mauvais et prédit :  « Esteban ! Tao ! C'est fini ! Vous êtes à moi ! Ahah ! »
« Que fais-tu, Esteban ? s'inquiète Tao, voyant que son frère est resté sur place. Viens, enfin ! »
Mais le Fils du Soleil demeure immobile et il s'assure que leurs ennemis sont tous dans la pièce. Puis sans hésiter, il enfonce le bouton que Tao lui a désigné précédemment et un sourire aux lèvres, répond simplement à Ivan : « Bonne nuit, petit Prince ! » Des rayons jaunes bombardent alors la zone et les moscovites. Tous se prennent la tête entre les mains, suppliant que cela s'arrête puis, l'un après l'autre, ils s'effondrent, inconscients.
« Ahah ! Bien joué, Esteban ! Le félicite Tao. Ivan va dormir un bon moment ! 
- Pour une fois que ces maudits rayons ne sont pas pour nous ! Ajoute le dernier des atlantes tout sourire....
- Mais, tu sais, ajoute Tao. J'aurai pu me tromper et t'indiquer le mauvais bouton ! » A ces mots, Esteban déglutit, mais il se ressaisit rapidement et se met à sourire.
« Une erreur du meilleur Naacal de tous les temps ? Dit-il d'un air malicieux en s'approchant de son ami et posant son bras droit autour de son cou. Ca n'arrivera jamais ! Mais viens, Tao : allons retrouver les autres... »
Les deux garçons s'enfoncent à nouveau dans les entrailles de la base...

Salle des régulateurs. Base Sintashta. Île d'Ol-Honn. Fin d'après midi.
Grâce à ses bonds prodigieux, Zarès a rapidement atteint le sommet du Bourkhan. Pour arriver très vite en bas du puits, il s'est laissé tomber le long de l'échelle, ralentissant sa chute à intervalles réguliers en attrapant un barreau puis le relâchant. Retenant sa respiration et bien que sa robe noire soit ignifugée, l'alchimiste prend soin d'éviter les flammes qui lèchent les murs ici ou là. Distinguant les deux issues, il s'engage dans la plus proche. Là, l'air devient plus respirable et il en reprend une bonne bouffée avant de poursuivre son trajet. Sa vitesse de déplacement toujours très supérieure à celle d'un homme ordinaire, il atteint bientôt un obstacle : le mur que Zia n'a réussi à lever que très partiellement. Il entend des bruits de combat derrière et voudrait bien se baisser pour observer par l'interstice ce qu'il se passe exactement. Mais, pour une fois, son armure le gêne : son volume rend la chose impossible. Curieux, l'alchimiste ayant en outre horreur que quelque chose se mette sur son chemin, il passe ses deux mains sous le mur et entreprend de le soulever. Sa force hors norme aidant, il y parvient au bout de quelques efforts...
L'alchimiste reste alors interdit, la scène se déroulant sous ses yeux le surprenant au plus haut point : tandis que Sancho, Pedro et une jeune hindoue, qu'il a déjà vu veillent sur Zia, inconsciente et essaient de la ranimer, Mendoza, Athanaos, Gaspard et une inconnue bataillent côte à côte contre d'étranges individus équipés de piques lançant des éclairs. Le combat a l'air rude mais les amis d'Esteban semblent très bien se débrouiller. Plus étonnant, Laguerra se tient, en parfaite santé, à côté des compagnons ! Donato avait pourtant juré à Ambrosius que la bretteuse était morte ! Mais ce n'est pas tout ! L'alchimiste voit arriver Esteban et Tao, munis de piques et renforcer les effectifs des ennemis de Mendoza ! Et cela ne surprend pas outre mesure le navigateur et les autres... Qui plus est, les deux enfants paraissent maîtriser l'art du combat comme de vrais vétérans ! Zarès n'en croit pas ses yeux... Il voudrait pouvoir se pincer pour être sûr de ne pas nager en plein délire...Mais s'il faisait cela en portant son armure, il se ferait probablement très mal...Ces quelques secondes d'hébètement, en tous cas, manquent de lui coûter cher : sa venue n'est pas passée inaperçue de plusieurs des adversaires de la petite troupe à laquelle il est d'ordinaire habitué...Plusieurs guerriers avancent vers lui. Ambrosius reprend donc ses esprits et sa priorité devient de gérer cette menace imminente: il entre à son tour dans le combat !
Mendoza, Laguerra, Athanaos et Gaspard, de leur côté, ne sont pas plus surpris que cela de voir arriver l'alchimiste : ils savaient qu'il les suivait depuis Pattala et se doutent bien que les détonations qu'ils ont entendu sont probablement la cause de sa présence. Kushi n'a pas la chance, si l'on peut dire, de connaître Zarès. Circonspecte, la chasseresse se demande un temps de quel côté il est : le leur ou celui de leurs ennemis. Mais elle voit que les sintashtas l'attaquent également et que Mendoza et les siens ne sont pas spécialement chaleureux avec la silhouette noire. Elle en déduit donc que le nouvel arrivant n'est pas avec eux et qu'il sert donc ses propres intérêts. Sancho, Pedro et Indali reculent, tirant Zia vers eux. La jeune inca n'a pas encore repris conscience.
Entouré de sintashtas, Zarès fait de la place : il écarte ses bras avec force et donne de grands coups d'épaules. Plusieurs ennemis parviennent bien à le toucher de leurs armes à énergie, mais la robe et l'armure de l'alchimiste le protègent. Tout juste recule t-il parfois en raison des impacts, mais à peine. D'une main, il plaque un nouvel assaillant à terre, puis le relève et le projette vers trois autres, les faisant tous quatre chuter. Voyant que les cinq combattants de l'autre groupe forment une ligne de défense efficace, il s'approche d'eux. Cela n'échappe pas à Mendoza et aux siens, qui le surveillent du coin de l'oeil depuis son arrivée. Mais Ambrosius n'en a pas après eux...pas encore, du moins. Sa préoccupation est d'éviter de prendre un mauvais coup, car les ennemis munis de piques sont vraiment nombreux et ont presque réussi à les encercler. Tandis que la bretteuse neutralise avec sa rapière un adversaire et le navigateur un second de son épée, l'impensable se produit : Zarès se place dos à dos avec Mendoza et tous deux combattent ensemble, tels deux frères d'armes !

CombatZaresMendoza.jpg
CombatZaresMendoza.jpg (11.96 Kio) Consulté 1458 fois

Tout en distribuant de formidables coups de poings, de pieds ou de tête, qui à chaque fois mettent hors combat un assaillant, l'alchimiste ne peut s'empêcher de lancer à l'ancienne espionne : « tu es un vrai chat, Laguerra ! Il semblerait bien que tu aies neuf vies... »
Isabella, bien qu'occupée à jouer de sa rapière, entend la remarque de l'alchimiste mais elle ne la comprend pas : son bien-aimé n'a pas eu le temps de lui révéler que Donato pense l'avoir tuée. Mais, comme de toutes façons, la bretteuse n'a cure de ce que Zarès peut dire, elle hausse simplement les épaules.
« Très cher Ambrosius, rit Mendoza tout en parant une attaque, pour une fois, je suis presque content de te voir ! Qu'est-ce qui t'amène dans les parages ? L'ennui ? La frustration ? Le besoin d'air frais pour chasser la puanteur de tes ambitions ? En tous cas, je te remercie pour ton aide, c'est délicat de ta part...
- Ris donc, Mendoza ! Mais ne te fais pas d'illusion ! prévient Zarès de sa voix caverneuse. Je t'ai promis que je ne vous oublierai jamais ! Dès que nous en aurons fini avec ces bonshommes, je tiendrai parole et m'occuperai de vous tous ! Je te garantis que ce ne sont que des amuse-gueule avant mon plat de résistance !»
Mais le navigateur ne se préoccupe pas des menaces de l'alchimiste, d'autant qu'Athanaos ajoute, pour agacer encore davantage son ancien condisciple : «  Ambrosius qui nous aide à sauver le monde ! Ca nous change, hein, Mendoza ! Il y a encore du bon en lui, ahahah! »
Ils luttent ainsi encore un instant, groupés, puis Indali voit arriver, derrière les assaillants, un autre Esteban et un autre Tao. Au contraire de leurs sosies, qui heureusement ne les ont pas remarqué, ces deux arrivants ne sont pas armés.
Le Fils du Soleil prend l'une des piques d'énergie qui traînent sur le sol et commence à la tenir fermement. Il regarde Tao, qui ne comprend pas...
« Eh bien, qu'est ce que tu attends, Tao ? Dit-il. Prends-en une !
- Je ne suis pas un guerrier... lui rétorque Tao.
- Moi non plus, confirme Esteban, mais nos amis sont en danger ! Nous devons les aider...»
L'ancien naacal hésite un instant et à contrecoeur, en prend finalement une.
Ambrosius, venant juste d'esquiver une attaque et se déportant légèrement, voit soudain deux Esteban et deux Tao. Stupéfait, il voit les nouveaux venus poser maladroitement leurs piques sur le dos de leurs copies, ce qui suffit, toutefois : elles n'ont pas le temps de réaliser ce qui leur arrive qu'elles s'effondrent, paralysées.
« Zarès !? s'écrie le vrai Tao, en voyant l'alter égo de son ancien mentor...
- Ambrosius ! s'exclame Esteban. Comment nous a-t-il retrouvés ?
- Il a du entendre les explosions, déduit l'ancien naacal. C'est logique en fait qu'il soit là : Ivan était dans le coin. » Très vif d'esprit, le garçon poursuit : « en tous cas, les sintashtas l'attaquent également. Il ne nous fera donc rien pour le moment. »
Profitant de la confusion régnant en raison du combat, les deux jeunes hommes se font passer pour les deux sintashtas. Pichu, volant autour des ennemis, fait mine de les agresser. Sa diversion permet au Fils du Soleil et à l'ancien naacal de les contourner. Ils rejoignent leur groupe, qui les laisse passer et reforme immédiatement une ligne devant eux pour les protéger. Esteban se presse aux côtés de Zia. Indali le rassure : la jeune fille respire et est dans un état stable. Le Fils du Soleil demande à Pedro de porter sa bien-aimée. Le loup de mer opine du chef. « Nous devons fuir, dit Esteban à Isabella, qui est plus proche de lui. Le passage par la grotte est dégagé : Ivan et ses hommes sont là-bas et hors course pour le moment. Mais s'ils reviennent à eux, nous serons perdus... »
Laguerra acquiesce et relaie la consigne aux autres. Les compagnons entament alors un mouvement de repli, donnant encore quelques attaques pour forcer leurs adversaires à reculer, puis ils se retournent et commencent à courir, laissant l'ensemble des ennemis restants encercler Zarès et les remettant à ses bons soins...
« Mendozaaa ! » hurle l'alchimiste, en apparence submergé sous les adversaires et une nouvelle fois frustré de sa vengeance... « Je vous retrouverai, où que vous alliez ! » s'égosille t-il, en vain.

Base Sintashta. Île d'Ol-Honn. Fin d'après midi.
Dans le poste de commande, l'agitation règne...Les recombinés de Zia et Mendoza se tiennent à côté de Yesubaha.
Un garde arrive au niveau de la vieille femme : « Matrone, dit-il. On vient de me signaler que nos troupes ont essuyé de lourdes pertes. Les intrus savent se défendre et ont reçu un renfort inattendu : un homme avec une force et une résistance tout simplement colossales...Nos armes ne lui font rien ! Entre ses attaques et celles des autres combattants, les notres sont dépassés.
- En outre, Matrone, indique un savant, nous n'allons pas pouvoir contenir beaucoup plus longtemps les effets de la surcharge...Tout risque d'être hors service sous peu. Nos installations sont compromises...si nous voulons partir, il ne faut pas tarder...
- Bande d'incapables ! Maudit-elle ses soldats...Soit ! Nos ennemis ont gagné la partie, pour le moment, soupire l'aînée, posant de lassitude ses mains sur un pupitre de commandes. Replions-nous à la Cité d'Or : rassemblez les hommes restants puis déclenchez la procédure de séparation. Mais débarrassons-nous aussi des importuns : une fois que nous serons dans le véhicule, activez l'autodestruction ...
- Bien, Matrone. » Les sintashtas présents relaient ses ordres...

Base Sintashta. Île d'Ol-Honn. Soirée.
Les compagnons désactivent les rayons de la salle qu'ils commencent à bien connaître... Zia vient juste de reprendre connaissance. Bien qu'encore faible, elle est capable de marcher.

« Tu vas mieux ? » s'inquiète le Fils du Soleil. Tao et Indali s'approchent également de la jeune fille.
« Oui, Esteban, répond la jeune fille de sa douce voix, puis l'embrassant sur la joue. J'ai encore mal à la tête, mais ça va passer... »
Elle voit Ivan ainsi qu'une bonne vingtaine de ses soldats, sur le sol, encore inconscients.
« C'est vous qui avez fait cela ? Demande t-elle. Esteban et Tao acquiescent, souriants.
« Bravo ! les félicite Laguerra, c'est bien joué !»
Ils traversent à nouveau le pont. Le vertige reprend le Fils du Soleil, mais en fixant son attention sur l'autre bord, il avance. C'est alors que des explosions retentissent, causant des vibrations et manquant de projeter les amis hors de la structure ! Heureusement, grâce à leurs réflexes, ils parviennent à se rattraper à temps. Gaspard rattrape Laguerra et Mendoza, Kushi.
« Par ici, Señorita  ! dit simplement l'ancien ennemi du navigateur. Une fois relevés, ils reprennent leur course. Arrivés à la sortie de la grotte, ils remarquent que la nuit est déjà tombée. L'air est également froid et de petits nuages sortent de leurs bouches. Mais ils ne sont pas seuls : d'autres soldats du Prince sont là, qui viennent tout juste d'allumer un feu pour se réchauffer.

Streltsy.jpg

« Halte-là, leur ordonne l'un des moscovites, tandis que lui et les autres dégainent leurs sabres. Rendez-vous ! 
- Votre Prince et vos frères d'armes sont à l'intérieur et en danger, lui répond Isabella sans se démonter, le pouce de sa main droite levé et désignant la grotte située derrière elle. Vous avez le choix : nous arrêter et les laisser mourir, ou bien les aider tant que c'est possible. Vous aurez probablement une promotion ou une récompense... A vous de voir... »
N'ayant pas de supérieur hiérarchique pour leur dicter leur conduite, les streltsy se concertent un instant, hésitants. Finalement, ils décident de porter assistance aux leurs, se ruant dans la cavité. Le champ libre, Esteban et les siens s'approchent du feu, prennent chacun une buchette pour s'en servir de torche et s'éclairer, puis courent en direction de l'embarcation conçue par Tao, située loin de là. A la lisière de la forêt, les amis se retournent et jettent un dernier regard au Rocher du Bourkhan. Ils s'arrêtent même un instant, voyant un spectacle stupéfiant : des plaques d'orichalque surgissent l'une après l'autre des profondeurs du lac, brisant sans problème la couche de glace et séparant les eaux. Très vite, ces dalles créent une large ligne sur toute la distance séparant le rocher et l'île des terres situées au nord. Un morceau de la masse rocheuse s'ouvre, à la manière d'une porte colossale, révélant une sorte d'immense carapace métallique, couvrant toute la largeur du passage, longue de plus de vingt mètres et haute de plusieurs. Cette structure est montée sur une sorte de dispositif mécanique articulé, lui même tendu sur une série de roues. L'engin commence à se déplacer.
«C'est fantastique ! dit l'ancien naacal, les yeux écarquillés. On dirait une maison qui bouge...Byzas avait indiqué que la base était capable de se mouvoir en voici l'explication !
- Ouais, Tao. Mais ce qui est moins génial, tempère Esteban, c'est que des sintashtas sont sûrement à bord...Même si nous en savons plus à leur sujet, qui sait ce qu'ils préparent encore ?
- Et nous ignorons, où ils se rendent, déplore la jeune inca.
- Pas tout à fait, Zia, lui indique le Fils du Soleil, affichant un large sourire et lui prenant doucement la main. J'en ai une idée : plus tôt, quand ils nous ont emmenés, Laguerra, Tao et moi et que nous avons tenté de nous enfuir, j'ai pu apercevoir une carte... Elle indiquait un emplacement au nord-est d'ici, le long d'une côte...C'est sûrement l'endroit où se trouve la Cité d'Or !
- Encore plus au nord ?? Râle Pedro. Mais il va y faire encore plus froid qu'ici !!
- On va finir con.con.concon..congelés ! » ajoute Sancho.
Tandis qu'ils restent là, l'immense véhicule continue de se déplacer, d'abord lentement puis il accélère, atteignant une bonne vitesse. Une fois qu'il a atteint l'autre rive, les plaques d'orichalque retombent une à une au fond du lac. L'engin s'éloigne du Bourkhan, abattant sans difficulté les arbres se trouvant sur sa route. Dans la base sintashta, les explosions se multiplient : les compagnons entendent les détonations. Sortant de sa contemplation, Esteban voit que Mendoza examine les étoiles et en déduit la direction à suivre. Le navigateur prend la tête du groupe. Le Dernier des Atlantes et les siens reprennent leur course...

Base Sintashta. Île d'Ol-Honn. Soirée.
Au même moment, Zarès, qui a vu les derniers sintashtas en état se replier et détaler, s'approche de la copie d'Esteban, toujours face contre terre et il la retourne sur le dos.
« La ressemblance est étonnante » se dit-il.  Il s'empare du médaillon du sosie. « Sa surface est bien en orichalque, pense-t-il, mais l'objet est trop léger... ». En grattant, il voit que le reste de l'objet n'est composé que de toc et le broie de sa main. L'alchimiste aimerait savoir d'où sort ce deuxième Esteban, mais il y a plus urgent que résoudre ce mystère : des explosions retentissent et des pans de murs s'écroulent, rendant impraticable le chemin par lequel il est venu. Il se met en quête de l'autre sortie, courant aussi vite que possible. A plusieurs reprises, des pierres, poutres ou morceaux de métal lui tombent dessus. Il est aussi régulièrement projeté contre un mur en raison du souffle d'une explosion. A chaque fois, il ne doit sa survie qu'à son armure, la résistance et les réflexes qu'elle lui procure. Mais elle n'est pas indestructible et l'armature droite a souffert : Zarès commence même à boiter. Au bout d'un moment qui lui semble une éternité, il parvient à sortir par la grotte...Fatigué, frustré, énervé, l'alchimiste voit Ivan et ses troupes, inactifs. Le Prince, qui a repris ses esprits, lui explique que le groupe a réussi à s'enfuir.
« Eh bien, qu'attendez-vous ? Demande l'homme en noir à l'assemblée, sans prendre de gants. Recherchez-les ! Ils sont peut-être encore près d'ici...Il faut également fouiller cette base. Il y a sûrement des informations intéressantes à récolter...»
Ivan n'apprécie pas qu'on lui parle sur ce ton, encore moins en oubliant son titre... Il fronce les sourcils. Mais son désir de se venger du groupe d'amis l'emporte sur sa susceptibilité...
« Alekseï ! Hurle-t-il à l'officier. Exécution ! Traquez-les et envoyez aussi des hommes inspecter ce rocher. »
« Non, Prince... répond le capitaine, provoquant à la fois la stupeur du seigneur et la surprise de l'alchimiste : cela va trop loin... Capturer ces enfants me paraissait chose facile au début. Il est désormais évident que ce ne sera pas le cas. Nous sommes en outre en territoire inconnu. Il fait nuit, nous n'y voyons pas. Il règne également un froid glacial et nous n'avons pas les protections adaptées. En outre, moi ainsi que plusieurs de mes hommes les plus aguerris avons été assommés d'un simple coup d'une arme dont nous ignorons tout ! Et tout cela pour quoi ? Obéir en fait aux désidératas de cet homme, il désigne Zarès, dont nous ne savons rien non plus. Si nous poursuivons dans cette voie, nous courons probablement à notre perte ! Ces enfants ne valent pas que je risque de perdre les bons soldats dont j'ai la charge. Nous devrions rentrer chez nous...
-C'est un ordre ! Rugit Ivan, rouge de colère. Obéissez-moi, ou je nomme un autre capitaine ! » Voyant le refus d'Alekseï, il s'adresse à l'assemblée : « qui parmi vous veut une promotion ? Elle lui sera accordée ! »
Mais un grand silence règne, les subordonnés de l'officier regardant leurs pieds, étant en fait las des caprices du Prince et d'accord avec leur chef.
« Vous êtes tous des traîtres ! S'exclame le seigneur. Comment osez-vous !
- Nous allons revenir à Moskov, reprend le capitaine. A pieds, s'il le faut... Altesse, vous nous ferez juger par la Régente et peut être qu'elle nous exécutera, mais je suis plutôt d'avis qu'elle sera d'accord avec nous... 
- Zarès, faites quelque chose ! implore Ivan se tournant vers son allié.
- Désolé, Altesse, déclare Ambrosius. Si vous n'êtes pas capable de tenir vos troupes et que celles-ci ne servent plus mes intérêts, alors vous ne m'êtes plus d'aucune utilité... Notre collaboration prend fin ici même...Je me débrouillerai seul...Je commence à en avoir l'habitude...
- Vous êtes un traître, vous aussi ! Gronde Ivan. Soldats, tuez-le ! A défaut d'Esteban, Zia, Tao et Indali, nous nous emparerons au moins de cette machine ! Pour la Moscovie ! »
Mais l'alchimiste n'est nullement inquiet de la menace, voyant bien que les hommes du Prince sont peu pressés de l'attaquer. Bien qu'affaibli, l'homme en noir est toujours de stature impressionnante et les soldats n'ont pas oublié ce dont il est capable... Ambrosius leur tourne simplement le dos à tous, les ignorant et remonte péniblement à bord de la machine dont il verrouille tout de même la porte, au cas où.
« Le voyage de retour sera long, Prince, reprend le capitaine. Plusieurs semaines au moins. Mais nous reviendrons peut-être ici plus tard, dans quelques mois, avec une vraie armée... » C'est un mensonge, bien sûr, mais le Prince n'y voit que du feu car ces derniers mots lui redonnent un peu d'espoir. Bien que toujours très déçu et extrêmement contrarié, il n'a d'autre choix que d'accepter...
« Quand je serai grand, bougonne-t-il, ils me paieront tous ça ! Je règnerai sur ces terres !»
Les soldats s'installent près du feu pour la nuit, décidés à partir aux premières lueurs du jour...

Campement des évenques. Près du Lac Lamou. Aube.
Après de longues heures passées en pleine nuit à marche forcée, pour distancer d'éventuels poursuivants, Esteban et les siens, fatigués et puisant dans leurs réserves, ont regagné l'embarcation avec laquelle ils étaient venus sur l'île. Mendoza les guidant toujours grâce aux étoiles, ils retraversent le lac gelé et arrivent finalement au campement des évenques. Leur apparition interpelle les membres du clan, qui s'attroupent autour d'eux. Kushi va a la rencontre de son chaman et de son Zaïssan.

«Temujin, Chef Hulagu... J'ai décidé de suivre Esteban et les siens... leur annonce t-elle. J'ai beaucoup appris grâce à eux : je sais maintenant que la sorcière était une usurpatrice. Sa magie était le fruit de connaissances qui nous sont inconnues, mais non surnaturelles. Cette femme s'est jouée de nos croyances, depuis fort longtemps... Le Bourkhan lui servait de repaire ainsi qu'à des individus hostiles, avec de noirs desseins...Ils n'y sont plus désormais. Je crois que le clan ne risque rien. Mais j'avoue être troublée par ces révélations... Le monde est plus complexe que je ne le croyais...Je souhaite l'explorer davantage...
- Nous te regretterons, Première Chasseresse, confesse Hulagu. Mais c'est ton choix et tu es libre, comme chaque membre de notre clan...
- Pour être honnête avec vous, il y a aussi une autre raison à mon départ, ajoute-t-elle en tournant la tête vers Gaspard, qui soudain est un peu gêné...
- Je vois, répond simplement le chaman en regardant l'homme puis reportant son attention sur elle. Tu suis les élans de ton cœur, il n'y a rien de plus normal. Tu n'as pas à te le reprocher...
- Merci, Temujin. Pour terminer, je suis consciente de l'importance de la mission que mes nouveaux amis accomplissent. Je crois pouvoir les aider. Mais je penserai à vous tous, répond Kushi à l'assemblée. Je ne vous oublierai pas... » Les membres du clan viennent la saluer ainsi que les compagnons.
« Que les Esprits t'accompagnent, Kushi, implore le vieil homme. Toi et votre groupe » termine-t-il en direction de Zia, Esteban et Tao, qui s'inclinent en retour.
« Au revoir ! Au revoir ! » babille Pichu.
Une fois les civilités achevées, les amis reviennent près du Grand Condor. Ils déterrent le coffre aux artefacts et le chargent à bord puis décollent, en direction du nord-est...

Fin du chapitre
Nos héros atteindront-il la huitième Cité d'Or ? Zarès retrouvera-t-il leur trace ?
Vous le saurez en lisant le prochain chapitre des Mystérieuses Cités d'Or !

Documentaire
Le personnage de Yesubaha est un peu inspiré de la légendaire Baba Yaga, sorcière effrayante apparaissant dans les contes russes. Selon les récits, elle a différentes facettes, plusieurs aspects. Elle peut être divinité, gardienne du royaume des morts, combattante...Dans les histoires, elle mêne la vie dure aux héros. Les récits imaginaires indiquent que Baba Yaga habite une maison, une isba, capable de se déplacer car montée sur des pattes de poulet !

Bilibin._Baba_Yaga.jpg
Ivan Bilibin, Public domain, via Wikimedia Commons

Ivan_Bilibin_035.jpeg
Ivan_Bilibin_035.jpeg (69.5 Kio) Consulté 1458 fois
Ivan Bilibin, Public domain, via Wikimedia Commons


https://fr.wikipedia.org/wiki/Baba_Yaga

Le Scoop de Pichu
« Ivan s'en va ! Babille Pichu, content.
- Oui, dit la voix off, c'est la fin de l'histoire le concernant. Mais, une fois plus grand, il tiendra parole...Nommé Tsar en 1547, à l'âge de dix-sept ans, il dirigera la Moscovie, puis mènera des attaques contre les suédois, les polonais et les Tatars. Après 1552, son royaume atteindra aussi la sibérie...C'était un dirigeant violent et cruel. Certaines personnes ne changent pas...
- Bon débarras ! » termine le perroquet.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ivan_le_Terrible

Au revoir...a bientôt !

Chapitre suivant : Au Bout du Monde viewtopic.php?p=105794#p105794
Dernière modification par Marcowinch le 17 mai 2021, 18:15, modifié 1 fois.
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Re: [FANFIC - SPOILERS SAISON 4] : UNE SUITE POTENTIELLE (Marcowinch)

Message par Eternal Agape »

Je suis passé pour vous remercier de la merveilleuse histoire que vous écrivez et partagez ici, sur notre forum. D'après ce que j'ai lu, je dois vous dire, sincèrement, que non seulement ils ont une excellente qualité littéraire, mais qu'ils capturent également l'esprit et l'évolution de la série et, essentiellement, de ses personnages.

J'ai hâte de voir comment cette histoire se terminera! Comme c'est excitant! Combien d'épisodes reste-t-il à la fin? Quand le prochain chapitre sera-t-il publié!

Un câlin et à bientôt
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Re: [FANFIC - SPOILERS SAISON 4] : UNE SUITE POTENTIELLE (Marcowinch)

Message par Marcowinch »

Eternal Agape a écrit : 14 mai 2021, 21:12 Je suis passé pour vous remercier de la merveilleuse histoire que vous écrivez et partagez ici, sur notre forum. D'après ce que j'ai lu, je dois vous dire, sincèrement, que non seulement ils ont une excellente qualité littéraire, mais qu'ils capturent également l'esprit et l'évolution de la série et, essentiellement, de ses personnages.
Merci beaucoup, c'est très sympa :oops:
J'essaie humblement de rester fidèle à nos amis...
J'ai hâte de voir comment cette histoire se terminera! Comme c'est excitant! Combien d'épisodes reste-t-il à la fin? Quand le prochain chapitre sera-t-il publié!
Le nombre de chapitres n'est pas encore définitivement fixé. Toutefois la conclusion de cette aventure approche tout doucement...
Je pense que je pourrai publier le prochain chapitre en début de semaine prochaine. J'annoncerai le jour exact ici même un peu avant, quand le chapitre sera un peu plus avancé. :D
Un câlin et à bientôt
Merci encore Eternal Agape, pour votre commentaire :)
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Re: [FANFIC - SPOILERS SAISON 4] : UNE SUITE POTENTIELLE (Marcowinch)

Message par Marcowinch »

Le chapitre 17 sera en ligne demain en fin de journée :)
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Re: [FANFIC - SPOILERS SAISON 4] : UNE SUITE POTENTIELLE (Marcowinch)

Message par Thorgul »

Encore une fois bravo Marcowinch, du grand art :-@

J'ai bien aimé la scène avec Mendosa et Zares dos à dos même si on se doute que leur collaboration n'est pas pour demain ;)

Tu a bien géré aussi la limite des pouvoirs de Zia, ça serait trop facile sinon.

Bon débarras pour Ivan même si, sur le coup, j'ai trouvé un peu étrange que le capitaine ose lui tenir tête ainsi. Il fallait bien que cela arrive un jour ceci dit ;)

La 8ème cité d'or approche :-@
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Re: [FANFIC - SPOILERS SAISON 4] : UNE SUITE POTENTIELLE (Marcowinch)

Message par Marcowinch »

Thorgul a écrit : 17 mai 2021, 11:12 Encore une fois bravo Marcowinch, du grand art :-@
Merci beaucoup :oops:
J'ai bien aimé la scène avec Mendosa et Zares dos à dos même si on se doute que leur collaboration n'est pas pour demain ;)
Ahah ! Je pensais que ce serait une situation amusante. En tous cas, cela m'a amusé de l'écrire :lol:
Tu a bien géré aussi la limite des pouvoirs de Zia, ça serait trop facile sinon.
Zia et Zarès sont des personnages que je trouve difficiles à manipuler en termes d'écriture : ils sont tellement puissants...Mais ils ont toujours des limites physiques, fort heureusement ;)
Bon débarras pour Ivan même si, sur le coup, j'ai trouvé un peu étrange que le capitaine ose lui tenir tête ainsi. Il fallait bien que cela arrive un jour ceci dit ;)
Oui : je ne pouvais pas vraiment emmener Ivan plus loin sans que cela ne soit plus du tout crédible au niveau historique :) J'ai donc choisi ce moment pour qu'il tire sa révérence, neutralisé tout de même par notre Esteban ! ;)
La 8ème cité d'or approche :-@
Eh oui, elle arrive à grand pas ! :P

Merci, Thorgul, pour ton commentaire :)
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Re: [FANFIC - SPOILERS SAISON 4] : UNE SUITE POTENTIELLE (Marcowinch)

Message par Marcowinch »

La 8e Cité

Chapitre XVII : Au Bout du Monde

A bord du Grand Condor. Survolant la Sibérie. Matinée.

Esteban et les siens sont épuisés. Les épreuves et les émotions de la veille ainsi que leur longue marche nocturne pour fuir la base et éviter que Zarès ne les poursuive, sont venues à bout de leurs forces... Le grand oiseau d'or vole à présent en direction du nord-est, vers l'emplacement qu'Esteban a entraperçu sur la carte figurant dans la base sintashta. Le Fils du Soleil étant le seul à avoir mémorisé l'endroit et le lieu étant encore éloigné, le jeune homme prend du repos et c'est Tao qui pilote. Lui aussi est fatigué, mais Zia est encore plus faible, après avoir tant utilisé ses pouvoirs. Heureusement, l'ancien naacal maîtrise mieux le pilotage désormais. Sancho, Pedro et Indali veillent tout de même à ce qu'il ne s'endorme pas en dirigeant l'engin : en effet, pour l'instant, le vol est assez monotone et propice à la somnolence. Les deux loups de mer ont insisté pour que Tao fasse tourner le condor sur lui-même à plusieurs reprises, pour s'assurer que l'appareil n'est plus suivi par la machine olmèque. Une fois leurs esprits tranquillisés, Mendoza a confirmé que leur engin plane bien dans la bonne direction, puis lui et les autres sont partis se reposer quelques heures dans la soute. Les compagnons ont de la chance : la journée est radieuse et le Grand Condor, emmagasinant une grande quantité d'énergie, atteint des records de vitesse...La forêt de conifères qui entourait le lac Lamou a rapidement cédé la place à la taïga, puis à la toundra : de vastes étendues d'arbrisseaux, graminées et lichens...

Tao est tout de même un peu inquiet : « j'ai l'impression que les jours raccourcissent de plus en plus, dit-il à sa bien-aimée.
- J'ai la même impression, répond-elle. Mais c'est normal en hiver, non ?
- Oui, Indali, continue le jeune homme, mais là, je trouve que ça passe très vite : le soleil est déjà fort haut alors que nous sommes partis il y a peu...Heureusement qu'il fait beau, sinon nous ne pourrions pas voler longtemps. 
- Ca m'a perturbée, tu sais, reprend Indali changeant de sujet, de t'affronter. Enfin : je veux dire : d'affronter ton double... C'était vraiment déroutant et effrayant aussi...
- J'imagine ce que tu dois ressentir, confesse Tao : j'ai été très surpris moi aussi de voir nos jumeaux». Il aimerait prendre sa petite amie dans ses bras pour la réconforter, mais ne peut abandonner son pilotage. Pour détendre l'atmosphère, il parvient toutefois à plaisanter : « tu sais, cela aurait pu être pire, Indali : imagine qu'ils aient copié Sancho et Pedro ! Déjà que ceux qui sont avec nous causent du soucis...Deux de plus, c'aurait été insurmontable  ! Ahahah ! » La jeune hindoue rit avec lui.
« Non.Non..Non mais, dis donc ! Râle Sancho en croisant les bras. C'est pas très gen..gentil, ça !
- C'est vrai, ajoute Pedro en frottant d'une main la tête du muen : n'oublie pas qui vous a libéré de votre cellule, Esteban et toi ! Sans nous, tu y serais encore, moussaillon ! 
- Oui, Pedro et moi, on est des héros ! Se rengorge Sancho.
- Ahah, c'est vrai, avoue Tao, souriant tout de même. Merci à vous deux ! » S'adressant à Indali, il poursuit : « je crois que nos copies ont péri dans l'explosion de la base. J'espère seulement qu'il n'y en aura pas d'autres... Ces sintashtas ont des méthodes très inhabituelles...» D'un ton plus rassurant, il termine : « tu t'es vraiment bien débrouillée. Je n'en doutais pas, car tu es la meilleure ! » Indali apprécie, lui fait une bise et se presse à ses côtés. Puis, le jeune homme se reconcentre sur sa navigation, le Grand Condor continuant de fendre les cieux...

CondorversEst.jpg

Machine Olmèque d'Ambrosius. Près du Bourkhan. Matinée.
Donato vient seulement d'émerger d'une très longue nuit de sommeil. L'assassin avait bien besoin de ce repos réparateur après ses dernières journées passées dans le froid et ses nuits successives, quasiment blanches, à traquer la Señorita... Rejoignant le poste de commandes, il s'étonne de ne pas y voir l'alchimiste. Se mettant en quête du français, c'est finalement à l'atelier qu'il le déniche : Ambrosius, aidé de Mercator, y finit de réparer son armure, endommagée la veille suite à son combat. Il a pour sa part très peu dormi comme en attestent des cernes sous les yeux et les bâillements qu'il s'efforce de retenir. Il a aussi l'air contrarié. Mais cela, le tueur commence à y être habitué.
Voyant que l'alchimiste ne prend pas la parole en le voyant arriver, Donato s'y attelle : « Buongiorno, Maître Ambrosius... » Ce dernier semblant toujours l'ignorer, il poursuit : « Maintenant que mon contrat est rempli et si cela ne vous ennuie pas, je souhaiterai rentrer à Naples dès que possible, y faire mon rapport à l'Empereur...d'autres ordres m'attendent sûrement là-bas... Pourrez-vous, m'y conduire bientôt ?
- Ah, oui ! Dit soudain sèchement l'alchimiste, agitant un de ses outils devant l'assassin, que ce ton prend au dépourvu, ce qui n'est pas un mince exploit. Parlons-en, de votre mission, Donato ! Figurez-vous qu'elle n'est pas finie... Car contrairement à ce que vous m'aviez annoncé, la Señorita se porte bien, très bien ! Comme un charme, même ! J'ai pu le constater de mes yeux ! Et c'est en partie à cause d'elle et de sa joyeuse bande que mon armure était en piteux état hier soir : ils m'ont laissé aux prises avec leurs ennemis, des gens équipés d'armes étranges... Mais bref : je n'ai du mon salut qu'à la résistance de ma brillante invention ici présente et ma maîtrise de ses capacités.
- Laguerra est vivante ? déclare Donato, très dubitatif. C'est tout simplement impossible...Le coup de dague que je lui ai porté était fatal, j'en suis sûr ! Je suis aussi resté un court instant m'assurer de son décès... Je ne suis pas un débutant !
- Je ne sais pas qui vous avez tué, reprend Ambrosius d'un ton sans appel, mais ce n'était pas la Señorita, je suis formel à ce sujet ! Je l'ai croisée dans le complexe... J'ai même du combattre à ses côtés ! Néanmoins, vous paraissiez très sincère hier, quand vous m'avez garanti l'avoir occise. Je me suis demandé comment cette contradiction était possible. J'y ai beaucoup réfléchi cette nuit, tandis que je rafistolais mon armure et aussi fou que cela me paraisse encore, je crois en connaître l'explication.
- Alors, là, vous m'intriguez, Maître Ambrosius, dit Donato, perplexe et s'adossant à un mur, je suis tout ouïe...
- Je crois que ces individus qu'ils combattaient sont capables de modifier leurs apparences... J'ignore encore comment ils procèdent. Mais à un moment durant l'affrontement, deux des enfants que je pourchasse, Esteban et Tao, étaient présents... en deux exemplaires ! »
Quand il affirme cela, le tueur se demande si l'alchimiste n'a pas tout simplement perdu la raison. Mais celui-ci, ayant fini ses réparations et commençant à se vêtir de son armure, continue : «  sur le moment, j'ai cru être sous l'emprise de quelque substance, drogue ou autre, que j'aurai inhalé sans le savoir : il y avait pas mal de fumées dans la pièce que je venais juste de traverser... Mais en tous cas, les doubles que j'ai vus n'étaient pas amis ! Esteban et Tao, enfin les vrais je suppose, ont neutralisé leurs sosies et ont ensuite fui avec le groupe de Laguerra. Ils ont depuis quitté la base. J'ignore quelle est leur destination, or il est important de les retrouver...Je vais donc aller fouiller ce complexe, dans l'espoir d'éclaircir ces mystères. En tous les cas, votre mission reste d'actualité. Vous pouvez rester ici pour m'aider et la continuer, ou bien rentrer à pieds à Naples ! »
Le tueur pense que l'alchimiste lui ment et envisage de s'en débarrasser, mais il n'est pas sûr de savoir piloter la machine. Il se dit en outre que cela peut attendre de voir si l'explication de son partenaire, aussi folle qu'elle paraisse, ne serait pas exacte.
« Ah et au fait, précise Zarès en revêtant sa capuche, sachez qu'Ivan et sa clique ne seront plus des nôtres, désormais. Ils n'avaient plus d'utilité. »
« Voilà au moins une bonne nouvelle !», pense Donato, mais il se retient de l'énoncer à voix haute : il se contente d'accuser l'information d'un hochement de tête.
« Bref, finit la silhouette noire : je vais explorer les restes de cette forteresse. Restez ici ou accompagnez-moi, comme cela vous chante... »
L'assassin, n'ayant rien de mieux à faire, décide de lui emboîter le pas.

A bord du Grand Condor. Début d'après midi.
Esteban vient de reprendre les commandes du Grand Condor, tandis que Tao, Indali et les deux loups de mer sont allés se reposer à leur tour.
« Ah ! Enfin !Voici la côte ! » Dit-il s'adressant à Zia qui l'a rejoint ainsi que Mendoza et Laguerra. Devant eux les vastes étendues désolées se terminent, longées au nord par une gigantesque mer de glace.
Le dernier atlante braque alors le manche sur sa droite et l'oiseau obéit à son ordre, pivotant puis se dirigeant vers l'est. Par moments, le reflet des rayons du soleil sur la banquise éblouit les compagnons, qui doivent plisser les yeux. Après avoir volé une bonne heure de plus et parcouru plusieurs centaines de kilomètres, Esteban devient nerveux...
« Qu'y a t-il ? s'inquiète Zia, regardant son bien-aimé et voyant qu'il s'agite.
- Je ne reconnais rien de ce que j'ai vu sur la carte, lui répond-il, paniqué. J'espère que je ne me suis pas trompé... Que je n'ai pas mal vu ou que ma mémoire ne me joue pas un mauvais tour !
- Reste calme, Esteban, conseille Mendoza en posant une main rassurante sur l'épaule du jeune homme : ce continent est démesuré. L'endroit que tu as vu peut se trouver encore un peu plus loin. Respire, détends-toi... Décris-moi à nouveau posément ce que tu as aperçu, que Zia, Laguerra et moi t'aidions à le localiser 
- Oui, ajoute Isabella : tu dois rester le maître de tes émotions, ne pas te disperser...
Le jeune homme acquiesce, prend une grande inspiration, expire puis, plus apaisé, leur répond : «  ce que j'ai vu ressemblait à une anse, dont les extrémités sont dirigées vers le nord. Le point brillant qui était dessiné sur la carte et qui d'après moi, signale la Cité d'Or que nous cherchons, était au nord-est de cette forme. »
Laguerra se positionne derrière Esteban, tandis que le navigateur et la jeune fille se dirigent de part et d'autre de la verrière et regardent en bas. Bien que le condor ait perdu en vitesse, le paysage défile toujours sous leurs yeux.
« Mendoza, demande le Fils du Soleil tout en scrutant les environs. Quand nous aurons un peu de temps devant nous, pourrais-tu m'apprendre comment tu fais pour si bien te repérer de jour comme de nuit ? Ca m'intéresse beaucoup...
- C'est d'accord, Esteban », acquiesce le capitaine, un petit sourire aux lèvres.
Zia sourit, se rappelant les mots du Fils du Soleil qui, quelques instants avant leur premier baiser, lui avait confié qu'il rêvait de ressembler un jour au navigateur. « Il lui faudra une cape ! songe t-elle, jetant un coup d'oeil à son bien-aimé. Ca et aussi des bottes, plutôt que les sandales... Cela lui irait bien ! »
Sortant ensuite de ces pensées, elle prend la parole à son tour : «  quand Tao et les autres seront réveillés et que aurons situé le lieu, nous devrons nous préparer et réfléchir à un plan : détruire la Cité d'Or de nos ennemis risque de ne pas être facile...
- Oui, Zia, en effet, confirme le dernier des atlantes.
- Les sono-boites nous ont bien aidées ! ajoute la jeune inca avec un léger sourire. Heureusement que nous les avions ! La prochaine fois, avant d'entrer dans la cité, nous devrions prendre avec nous un des bracelets de transport : il pourrait nous servir d'échappatoire...
- C'est d'accord, répond Esteban, c'est une très bonne idée. Mais nous devrons à tout prix éviter d'être capturés à nouveau : visiblement, les sintashtas ne savaient pas à quoi pouvaient servir les sono-boîtes...S'ils l'avaient su, ils nous les auraient prises... Cela serait aussi valable pour les bracelets...
- Dans ce cas, tâchons de ne pas être arrêtés ! Termine Laguerra. Ce n'est pas une fatalité !
- Ahah, rit le jeune homme. Parfois, je me le demande...
- Esteban ! l'interrompt soudain Zia. Là, en bas, je vois une jeune fille qui court dans la neige, affolée ! Elle est poursuivie par une bête ! Un ours. Mais il n'est pas comme ceux de mon pays : celui-ci est bizarre : il est tout blanc ! J'ai failli ne pas le voir en raison de la neige qui est sur le sol. Il va la rattraper ! Nous devons aider cette fille !
- Oui, approuve le Fils du Soleil. Je vais faire descendre le condor. Peut-être que cela fera fuir l'animal ? »
La jeune fille qui tente de semer l'ours ressemble un peu à Mei Li : elle a une coupe de cheveux similaire à celle de la pékinoise, mais elle est un peu plus âgée et a la peau plus foncée. A sa différence, elle est vêtue d'un bonnet de laine et de fourrures superposées et elle porte aussi des bottines de cuir épais.

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Mendoza se rue du côté de Zia, voit la scène et demande : « Zia, peux-tu utiliser ton pouvoir pour chasser la bête ?
- J'essaie déjà, lui indique la jeune fille, mais je crois que nous sommes encore trop hauts.
- Je vais descendre davantage, reprend Esteban. Accrochez-vous ! »
Les compagnons s'exécutent et se tiennent fermement aux sièges tandis que le Fils du Soleil tourne le manche en forme de serpent vers la droite, faisant pivoter le Grand Condor. L'oiseau d'or perd rapidement de l'altitude en raison du courant aérien et Zia se concentre à nouveau. La situation ne s'améliorant pas en bas, le Dernier des Atlantes pique davantage, l'appareil arrivant très près du sol, presque en rase-motte.
La jeune inca parvient alors à atteindre l'esprit de l'ursidé. Elle le perturbe suffisamment pour que leur appareil ait le temps d'atterrir. Mendoza et Laguerra vont à la rencontre de la fille, Zia s'assurant que l'ours reste sous son contrôle.
« Attendez ! » implore l'adolescente qui était poursuivie, quand Mendoza l'invite à monter à bord de l'oiseau d'orichalque. Elle met deux de ses doigts dans la bouche et se met à siffler. Soudain, un petit tas de neige se met à bouger, à quelques dizaines de pas d'eux...
« Alerte ! Alerte ! » Babille Pichu qui s'était approché, en voyant quelque chose en émerger. Mais cette fois, il s'alarme pour rien : ce n'est qu'une petite boule de poils, qui court rejoindre sa maîtresse.

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Jonathen Pie https://unsplash.com/@r3dmax, CC0, via Wikimedia Commons


« Je suis Nuna et voici Oshky, mon renard. Il n'est pas méchant, mais il a souvent tendance à se sauver...C'est à cause de lui si je suis là...
- Enchantée, Nuna, dit Laguerra, mais si tu veux bien, nous discuterons plus tard : l'ours est toujours là... Je ne sais pas si Zia pourra le retenir très longtemps. Remontons à bord !
La jeune fille prend son animal de compagnie dans ses bras et suit le duo, Zia revenant ensuite vers eux, en marchant à reculons pour s'assurer que l'ours ne la pourchasse pas à son tour.
Une fois à bord et en sécurité, ils remarquent que les soubresauts du condor et l'agitation ont réveillé leurs compagnons, qui ont regagné le poste de pilotage voir de quoi il retourne. Le Fils du soleil fait les présentations, puis il s'adresse à la rescapée : « nous allons te ramener chez les tiens. Montre-nous juste où tu habites...
- Merci beaucoup pour votre aide, acquiesce Nuna en indiquant une direction tandis que le condor décolle. Vous m'avez sauvé la vie ! Oshky fait souvent des bêtises, mais d'habitude, je ne le laisse pas m'entrainer si loin de mon camp...
- Il est magnifique, dit Zia. Le canidé paraît comprendre que la jeune inca a un don avec les animaux, car il approche son museau d'elle.
- Je n'ai jamais vu un animal aussi mignon ! s'émerveille Indali. Puis-je le caresser ? demande-t-elle.
- Oui, bien sûr, il est docile » répond sa maîtresse.
La paume de l'hindoue entre en contact avec l'épaisse fourrure blanche, et le renard semble apprécier sa douceur. Une fois qu'Indali finit de le caresser, reconnaissant, il lui lèche la main, puis saute sur le plancher et se met à renifler tour à tour les enfants, puis les adultes. Pichu se montre plus prudent envers Oshky et préfère voler assez haut dans l'habitacle.
Nuna est très étonnée quand elle réalise que l'oiseau d'or monte dans le ciel et elle s'émerveille encore davantage quand elle voit le paysage devenir plus flou sous ses yeux, à mesure que l'engin gagne en vitesse...
« Mon camp n'est pas loin d'ici. Nous y serons bientôt. » Esteban ralentit alors leur progression.
« Comment ton peuple se nomme-t-il ? Demande Kushi à leur nouvelle passagère.
- Nous nous nommons les Lygoravetlat, répond-elle. Mais on nous appelle parfois, plus simplement, les Tchouktches... » Elle n'a pas le temps de développer davantage car elle aperçoit un point de repère et le leur signale : « Mon village est juste ici, un peu à gauche..
- Regarde, Esteban ! Dit la jeune inca. La forme que nous cherchions se trouve ici ! 
- Tu as raison, Zia ! Confirme le Fils du Soleil, se réjouissant. C'est bien cela que j'avais vu !
- Mais je ne vois pas de village ! s'étonne Tao : il n'y a que de petits monticules de glace, en bas de cette grande colline, qui borde la mer gelée...
- C'est bien là, soutient Nuna. Nous habitons à l'intérieur de ces monticules...
- Comment cela ? Lui demande Esteban. Vous vivez dans la glace ?
- C'est creux à l'intérieur, bien sûr ! Rit-elle. Vous verrez ! Il y fait chaud. Venez avec moi, les miens seront ravis de vous recevoir ! Vous m'avez sauvée, après tout... » Oshky glapit joyeusement comme pour approuver les propos de sa maîtresse.
Les compagnons se concertent d'un regard, puis Laguerra prend la parole : « merci, Nuna. Je pense parler au nom de tous en disant que nous acceptons ton offre, si les tiens sont d'accord, bien sûr. Le condor ne pourra pas nous garder au chaud désormais : il fait bien trop froid à l'extérieur... Nous allons avoir besoin d'un hébergement pour quelques jours... 
- Et j'ai déjà dormi dans de pires endroits ! Dit Gaspard. Au mois nous ne serons pas ballotés comme sur un navire !
- Je suis contente, reprend l'adolescente. Vous verrez : vous vous plairez bien chez nous ! »
Personne n'émettant d'objection, Esteban guide le Condor jusqu'à un emplacement dégagé, puis pose l'appareil. Quand ils en descendent, un attroupement d'hommes et de femmes vêtues d'épaisses fourrures s'approche d'eux. D'abord méfiants, les individus voient Nuna descendre de l'engin et celle-ci s'empresse de les rassurer, d'effectuer les présentations et, elle explique aux siens la situation, notamment à son père, un homme grand et robuste, aux cheveux noirs et aux traits acérés, sans doute creusés par les rigueurs du climat local. Il répond au nom de Rytkeou et, comme la jeune fille le prévoyait, il les remercie de l'avoir sauvée et les invite à rester. Le jour déclinant déjà, alors que d'après Mendoza il n'est même pas encore deux heures de l'après midi, les Tchouktches leur font signe de rentrer à l'intérieur d'un des monticules constitués de blocs de glace, plus large que les autres. Ils doivent cependant se pencher pour y entrer.
« C'est une maison commune », leur explique Nuna.
Tandis qu'ils s'installent, Oshky se rapproche de Tao pour jouer avec Pichu, qui vole autour du jeune homme. Mais le volatile est encore un peu méfiant et se réfugie dans la pelisse de ce dernier. Le renard essaie bien de le suivre à l'intérieur, mais Tao s'agite pour l'en dissuader. Une fois qu'ils se sont tous assis en cercle, les autochtones autour d'eux, Esteban prend la parole, s'adressant au père de la jeune fille : « avez-vous remarqué une structure étrange, près d'ici ? En orichal...En or », se reprend-il.
A la grande surprise du Fils du Soleil et des siens, l'homme acquiesce et répond : « oui, à quelques jours de marche d'ici. Il y a une ville entière, qui brille et que l'on voit de loin... Elle est complétement isolée, quasiment entourée par la mer de glace. Le terrain qui s'étend près d'elle est à découvert sur plusieurs lieues. Nous ne savons pas qui l'a construite et elle semblait abandonnée. Nous avons tenté d'y entrer, une fois, il y a longtemps, pensant qu'elle pourrait nous servir de refuge plus confortable que nos igloos. Mais quand nous nous sommes approchés, nous avons été accueillis par des individus équipés d'armes étranges... Ils ont tiré sur nous sans sommation et nous avons du fuir...Nous avons eu peur qu'ils nous pourchassent mais heureusement ils ne l'ont pas fait. Nous n'y sommes plus retournés depuis...
- Pourriez-vous nous y emmener ? demande Mendoza, ou bien nous indiquer quelle direction suivre ? nous saurons nous débrouiller...
- Je veux bien vous donner les indications, répond Rytkeou. Cependant, il est hors de question que nous y retournions: plusieurs des nôtres avaient péri la première fois...
- Nous comprenons, dit Zia. Nous ne voulons pas vous faire courir de risques...
- Mais soyez sûrs, promet Tao, que nous allons résoudre ce problème. Ces gens agressifs ne vous importuneront plus longtemps !
- Merci, répond l'homme. Mais sachez que c'est la période la plus froide de l'année et que les vents qui soufflent par ici sont particulièrement forts en cette saison. Ils peuvent facilement soulever un homme. Sans un bon équipement, vos chances de survie seront très minces...
- Nous y arriverons ! » Garantit Esteban en se relevant. Néanmoins l'éclat de ses paroles résolues est un peu atténué par le fait qu'il se cogne la tête sur le toit de l'habitation de glace, ce qui suscite l'hilarité de l'entourage.
« Vous êtes des gens courageux ! déclare Nuna, admirative. Reposez-vous bien ce soir : demain, nous vous montrerons comment construire des igloos, pour que vous puissiez vous abriter durant votre voyage.
- Merci, lui dit Indali puis, elle s'adresse à l'assemblée : j'ai une dernière question à vous poser : est-il normal que le jour tombe si vite dans cette région ? Il fait déjà nuit...
- Oui, lui répond l'un des tchouktches les plus âgés : la Nuit Eternelle va bientôt venir...
- La Nuit Eternelle ? ! s'étonne Esteban, qui finit de se masser un peu le crâne.
- Le nom est un peu exagéré, mais oui, reprend le vieux sage : durant plusieurs semaines, le jour ne se lèvera plus réellement : il ne fera plus qu'une courte apparition de temps à autre...
- Cela ne va pas faciliter nos déplacements ! redoute Laguerra.
- J'avais entendu parler de tels phénomènes, indique Athanaos à ses amis, mais je n'y croyais pas... Que le soleil disparaisse complétement me paraissait absurde...Il faut croire que j'ai eu tort de ne pas y prêter attention. Nous allons devoir agir vite, sinon nous serons bloqués ici...
- Oui : le condor ne pourra plus voler ! dit Esteban. Mais je pourrai toujours appeler le Soleil !»

Campement des Tchouktches. Fin d'après midi.
Un peu plus tard, tandis que leurs compagnons sont restés dans les igloos, Esteban et Zia sont sortis quelques instants, bravant le froid : ils se sentaient un peu à l'étroit et ce soir, pour une raison qu'ils ne s'expliquent pas, peut être le fait d'être ainsi coupés de toute civilisation d'importance, le jeune atlante et la jeune muenne se sentent particulièrement sereins...Non, mieux que cela : vivants. Esteban a pris la main de sa bien-aimée et tous deux font quelques pas dans la neige, jusqu'à atteindre des rochers bordant la mer de glace, qui leur semble infinie...

« Regarde, Esteban, lui dit Zia, se serrant contre lui et désignant le ciel de sa main. Toutes ces lumières...ces lueurs ! C'est magnifique ! Fabuleux ! »
En effet, au dessus d'eux, serpentent des traits lumineux de toutes les couleurs, déchirant littéralement le ciel ! Ces tracés vont du bleu indigo au violet,en passant par le vert et ondulent lentement, dans un sens, puis l'autre, créant une atmosphère magique et hypnotique. Zia n'avait pas vu pareil spectacle depuis les feux d'artifice de Pékin. Mais elle n'avait pas pu profiter alors de l'ambiance, soucieuse qu'elle était du bien être d'Esteban, en danger au sein de la Cité Interdite... Oubliant cette péripétie lointaine, la jeune inca jouit à nouveau de la scène se déroulant sous ses yeux. La tête penchée contre le cou de son petit ami, elle reprend : « Tao ou Athanaos sauraient sûrement nous expliquer ce phénomène... » Le Dernier des Atlantes, lui aussi ravi par la scène, ne peut qu'aller dans son sens... Mais il n'a, pour l'heure, pas envie d'évoquer les connaissances scientifiques de son frère de cœur ou celles de son père : il a autre chose à l'esprit... Quelque chose qui l'anime, mais aussi le tourmente en secret depuis plusieurs jours... Il se contente d'acquiescer en hochant la tête. Il tourne son visage de celui de son amie, qui devine son intention et y accède bien volontiers. Ils s'embrassent ainsi, sous les couleurs chatoyantes du ciel. Dans ce tendre baiser, le Fils du Soleil finit de trouver l'audace dont il avait besoin...
« Zia, avoue t-il lorsque leurs lèvres se séparent. Il y a une question que je voudrai te poser. Cela fait un moment maintenant... Pour tout t'avouer, c'est Indali qui m'y a fait songer, suite à ce qu'elle nous a dit, quand nous étions à Kolomenskoïe...D'après elle, nous sommes en âge...Et depuis, je n'arrête pas d'y penser...
- Qu'y a t-il, Esteban ? demande Zia, avec une pointe d'appréhension, mais aussi d'espoir dans la voix, se rappelant les paroles de l'hindoue et pensant comprendre où le jeune homme veut en venir...
- Zia, poursuit le Fils du Soleil d'une voix douce en lui prenant la main, craignant que son courage ne l'abandonne... Lorsque je t'ai vue pour la première fois, à Barcelone, j'ai tout de suite compris que tu étais exceptionnelle. Depuis, nos aventures nous ont conduit partout, à travers la planète et même plus loin ! Tous les événements, toutes les épreuves, se sont enchainés et jamais, jamais, je n'ai douté que nous étions faits pour être ensemble : je suis sûr que tu es la femme de ma vie. Et, de mon côté, j'espère être l'homme de la tienne... Zia, nous sommes ici, arrivés au bout du monde, et je voudrai, je voudrai... » Sa voix s'étranglant un peu, il reprend son souffle, s'abaisse et, un peu fébrile, met un genou à terre, celui-ci s'enfonçant dans l'épaisse couche de neige. Le Fils du Soleil demande, enfin : «  Zia, veux tu te marier avec moi ? »

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« Oui, Esteban ! » répond franchement et sans hésiter la jeune inca, tout sourire, se jetant dans ses bras, les faisant par la même occasion tous deux tomber dans la neige. N'en ayant cure, les deux amants s'embrassent alors passionnément, sous la bénédiction des filaments de lumières. Après quelques instants d'étreinte qu'ils voudraient ne jamais terminer, ils ressentent cependant la morsure du froid se rappeler à eux. Ils se relèvent, enlèvent la neige qui s'est insinuée dans leurs cheveux et les recouvre par endroits et se dirigent vers le camp, ragaillardis toutefois par la promesse... Non : la certitude, d'avoir devant eux un bel avenir !
Quand ils rejoignent leurs amis dans un grand igloo qui sert de maison commune, un immense sourire éclairant leurs visages, Tao et Indali s'approchent d'eux.
« Vous allez bien ? S'inquiète Tao en les dévisageant. Vous avez l'air complétement idiots. Enfin, je veux dire, béats... »
La jeune inca prend son frère de cœur par les épaules et lui annonce, d'un ton joyeux : « Oui, nous allons bien : Esteban vient de me faire sa demande ! »
« Sa demande ? » Répète l'ancien naacal, ne comprenant pas. Mais Indali, elle, a très bien saisi, écarquille les yeux et elle devient très heureuse.
« Tao, explique t-elle, il vient de la demander en mariage ! C'est merveilleux !» La jeune hindoue se précipite vers les deux amoureux et les serre dans ses bras. « Félicitations ! » ajoute-t-elle.
Tao, ayant réalisé, se joint au trio, lui aussi fou de joie. «  Oui, c'est fantastique ! s'exclame-t-il. Entre votre mariage et la future naissance, nous allons en avoir des choses à célébrer, à Pattala ! Car vous allez bien attendre que nous soyons revenus, tout de même ? On doit faire ça dignement ! Ce sera la fête du siècle !
- Tu vois, Tao, reprend Zia pour taquiner un peu le Fils du Soleil, déjà tout rouge : je t'avais bien dit que les atlantes étaient de grands romantiques ! Eh bien, Esteban n'est pas le dernier ! Hihi ! 
- Ahahah, rit le Prince de Mû à son tour. C'est vrai ! Je me souviens ! Tu l'avais dit ! C'est un charmeur, notre Esteban !
- Oui, ajoute Indali. Mais lui, au moins, il a su franchir le pas ! »
Le rire du Prince de Mû s'étrangle dans sa gorge et cette fois c'est le Fils du Soleil qui éclate de rire !
« Indali, reprend Tao d'un ton plaintif, j'y ai songé, tu penses bien... mais ces histoires de mariages, je crois que ce n'est pas mon truc... Ce qui ne veut pas dire que je ne prends pas notre relation très au sérieux ! Se rattrape-t-il. Tu sais que je t'aimerai toujours. » termine-t-il enfin, en lui faisant une bise.
« Zia et moi allons avoir besoin de témoins ! affirme Esteban, qui a repris un peu d'assurance. Et je pense que nous n'avons pas à aller les chercher très loin, n'est ce pas ? Vous êtes d'accord ?
- Oui ! Répondent Indali et Tao en choeur. Bien sûr ! C'est d'accord ! 
- Merci, les amis !  dit chaleureusement Zia.
- Euh, mais qu'est ce que ça doit faire, au juste, un témoin ? murmure Tao à Esteban.

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- Euh, je ne sais pas vraiment, en fait, répond le dernier des atlantes. Quand j'étais au monastère, j'ai bien assisté à des mariages parfois, en tant qu'enfant de choeur. Mais à vrai dire, je n'ai jamais trop suivi ce qu'il s'y passait...
- Ahah ! Rit Zia. Ce n'est pas grave, Esteban. Je suis sûre qu'un des adultes nous éclairera !
- Dans ce cas, termine le Fils du Soleil, il ne nous reste plus qu'une dernière formalité à remplir : détruire cette Cité d'Or ennemie ! 
- D'habitude, rappelle Tao, les Cités d'Or, nous les cherchons ou à la limite, les construisons... En démolir une, ce sera nouveau ! Ahah ! Mais celle-ci vit ses dernières heures : après ce que vous venez de nous annoncer, vous deux, j'ai hâte de finir cette tâche et que nous retournions à Pattala ! »
Le quatuor retourne près des autres, leur communiquant à la fois la nouvelle et sa joie...Puis, tous restent à l'intérieur pour la nuit, écoutant les histoires que racontent leurs hôtes. Celles-ci mentionnent souvent l'intervention d'esprits et Kushi se rend compte que sa culture et la leur ont beaucoup de similitudes. Parfois, seuls les noms des entités mentionnées sont différents.
Puis tous s'allongent pour la nuit...

Campement des Tchouktches. Matinée.
Les compagnons ont tous très bien dormi et à vrai dire, ils en sont étonnés. Nuna ne leur avait pas menti : une chaleur inattendue, très agréable et propice à la somnolence, régnait dans la grande habitation commune.
Après avoir pris un bon petit déjeuner, composé essentiellement de poissons consommés crus, mais aussi de baies très nutritives, les amis sortent de l'igloo. A l'extérieur, la luminosité est très faible et le froid est très vif. Pedro et Sancho n'arrêtent pas de se plaindre d'être frigorifiés. La différence de température est en effet très importante et fait frissonner tout le monde. Le ciel est parsemé de petits nuages mais heureusement, pense le Fils du Soleil, il n'y a pas de vent qui accentuerait encore la rigueur de l'hiver. Comme promis la veille, Rytkeou montre au groupe comment construire un abri de glace. Ainsi, durant quelques heures, les adolescents effectuent des allers-retours pour chercher des blocs de qualité suffisante, tandis que les adultes apprennent à les tailler et à les disposer comme il se doit pour rendre un refuge vivable...

Tout se passe très bien quand, soudain, ils sentent un grand souffle d'air... Le père de Nuna, par habitude, regarde immédiatement le ciel. « Je n'aime pas cela, dit-il : le vent se lève, mais les nuages sont encore immobiles... Nuna, peux-tu demander aux autres d'être vigilants ?»
La jeune fille tourne les talons et, Oshky à sa suite, s'en va prévenir les villageois. Elle a à peine commencé à le faire que le vent gagne encore en ampleur, commençant à projeter des morceaux de glace ! Connaissant le phénomène et n'ayant plus de doute, Rytkeou met ses mains en porte-voix et hurle à tue-tête : « le Ioujak ! C'est le Ioujak ! Mettez-vous tous à l'abri ! » Les compagnons voient les habitants se ruer dans leurs igloos comme si leur vie en dépendait.
« Faisons comme eux ! Leur conseille Laguerra : ces gens savent de quoi il retourne ! »
Les adultes se pressent à leur tour dans l'igloo le plus proche. Ils voient Zia, Indali et Pichu se ruer également dans un autre situé à proximité d'elles. Ils en sont rassurés, mais Athanaos reste inquiet, ne voyant ni son fils, ni Tao avec elles.
« Où sont les autres ? » hurle-t-il aux deux jeunes filles, le bruit du vent couvrant en partie sa voix.
« Ils étaient derrière nous ! », clame Zia. L'inca prend peur et elle porte la main à sa bouche. Elle et Indali laissent leurs têtes hors de l'igloo, leurs cheveux se détachant immédiatement et volant au vent. Elles voient les deux garçons arriver, si proches mais encore si éloignés ! En effet, ils n'avancent que très péniblement car ils luttent contre le blizzard ! Celui-ci a encore gagné en puissance et souffle désormais en rafales imprévisibles ! Les jeunes hommes peinent à tenir debout, se mettant même à quatre pattes ! Soudain, une bourrasque encore plus violente que les précédentes les soulève de terre et les propulse en arrière ! De très nombreux morceaux de glace se détachent aussi du sol, se désagrégeant dans les airs et obscurcissant très vite la vue.
« Ziaaaa, Indaliii ! » les entendent-elles crier, tandis que le Fils du Soleil et le Prince de Mû disparaissent de leur champ de vision .
« Nooooon ! Estebaaan ! Taoooo ! » crient, horrifiées, les deux jeunes filles, impuissantes, tendant la main vers leurs bien-aimés !

Fin du chapitre
Esteban et Tao vont-ils survivre au Ioujak et à ce froid polaire ? Zia et Indali les retrouveront-elles à temps ? Vous le saurez en lisant le prochain chapitre des Mystérieuses Cités d'Or !

Documentaire
Il y a peu, la réserve la plus importante d'or au monde a été identifiée. Elle réside en Russie. Il s'agit de la mine de Sukhoi Log, située au nord-est du Lac Baïkal, l'endroit d'où viennent nos amis. Cette mine pourrait contenir plus de mille tonnes d'or. De quoi, peut-être, bâtir une nouvelle Cité d'Or ? La mine avait été découverte en 1961 mais l'or n'a été trouvé qu'en 2020.
https://en.wikipedia.org/wiki/Sukhoi_Log_mine

Le Scoop de Pichu
« D'où viennent toutes ces couleurs bizarres dans le ciel ? Babille Pichu en observant Esteban faire sa demande à Zia.
- C'est une aurore polaire, dit la voix off. Comme nos héros sont dans la moitié nord de la planète, on appellera cela une aurore boréale, tandis que dans l'hémisphère sud, cela se nomme une aurore australe. Ce phénomène apparaît dans les régions proches du pôle nord ou du pôle sud. La cause en est l'interférence entre des particules provenant des vents solaires et de la haute atmosphère.
- Je n'ai rien compris ! Se plaint Pichu.
- En gros, cela dépend de l'activité solaire... Si elle est importante, on peut parfois même voir ces aurores beaucoup plus près de chez nous. Par exemple, en 2014, une aurore boréale a été visible en Europe du nord. Par contre les aurores boréales apparaissent généralement entre 17h et 2h du matin. Ce ne sont donc pas des aurores qui précédent l'apparition du soleil. Dans les temps anciens, les gens croyaient que ces phénomènes étaient des serpents ou des dragons qui venaient du ciel... Au moyen âge, en Europe, selon leurs couleurs, on pensait qu'elles annonçaient des catastrophes ou des guerres.
- Pourtant, c'est joli à regarder ! » Dit Pichu, émerveillé.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Aurore_polaire

Au revoir...A bientôt !

Chapitre suivant : Ioujak viewtopic.php?p=105847#p105847
Dernière modification par Marcowinch le 25 mai 2021, 19:23, modifié 3 fois.
*** Ma fanfic MCO :)***
J'espère qu'elle vous plaira :D

:Esteban: Bah voyons, Pattala ! C'est pas dans ce coin-là que vit la jolie Indali ? :tongue:
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Aurélien
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Re: [FANFIC - SPOILERS SAISON 4] : UNE SUITE POTENTIELLE (Marcowinch)

Message par Aurélien »

Wouhahou ! Quel chapitre dis donc ! Je sens qu'il va y avoir de sacrés rebondissement !
J'ai hate de voir le mariage d'Esteban et de Zia ! J'imagine nos deux tourtereaux en costûme ! Sans parlé de Tao et d'Indali en enfants d'honneurs.

Par la même occasion j'ai aussi hate pour la naissance du bébé de Mendoza et d'Isabella ! J'imagine la scène ou Isabella ou elle forces de ses muscles jusqu'à ce que Mendoza prenne le bébé ! Sancho, Pédro et Pichu vont être retourné à la vue du Cordon ombilical ! :| :oops:
Les Mystérieuses Cités d'or

Die geheimnisvollen Städte des Goldes

The mysterious cities of gold

Las misteriosas ciudades de oro

As cidades misteriosas de ouro
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