Les prophéties de l’A’harit Hayamim. Suite non-officielle de la saison 4. [SPOILER]

C'est ici que les artistes (en herbe ou confirmés) peuvent présenter leurs compositions personnelles : images, musiques, figurines, etc.
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Marcowinch
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Re: Les prophéties de l’A’harit Hayamim. Suite non-officielle de la saison 4. [SPOILER]

Message par Marcowinch »

Je prends le train en marche et n'ait pas encore tout lu, mais je trouve l'ensemble très bon. :D
J'aime tout particulièrement la description que tu as faite du monde d'Agartha, emprunte de poésie et de mélancolie à la fois.
Nous avons eu effectivement des idées en commun, mais de ce que j'ai lu jusqu'à présent je pense que nos fanfics vont suffisamment diverger pour ne pas être redondantes... :D
Par exemple, je ne prévois pas de faire intervenir :Gomez: et :Docteur: dans la mienne. ;)
*** Ma fanfic MCO :)***
J'espère qu'elle vous plaira :D

:Esteban: Ben voyons, Pattala ! C'est pas dans ce coin-là que vit la jolie Indali ? :tongue:
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kally_MCO
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Re: Les prophéties de l’A’harit Hayamim. Suite non-officielle de la saison 4. [SPOILER]

Message par kally_MCO »

Entre la mini crise d'Isabella, Rana'Ori qui s'entête à vouloir nous persuader que Mendodo est l'ancêtre de John Connor et Gaspy qui gueule sur tout le monde à la fin, ce chapitre m'a autant fait rire que hausser des sourcils, bravo !

Esteban me représente totalement x)

Des bisous 🧡 vivement la suite !
— Regarde toi : la finesse d'une enclume et la loyauté d'un bigorneau !
— Et toi, capitaine Mendoza, tu fais quoi d'honorable à part chasser les mouches avec ta cape ?!
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Re: Les prophéties de l’A’harit Hayamim. Suite non-officielle de la saison 4. [SPOILER]

Message par IsaGuerra »

→ Mendoza ne peut décidemment pas vivre en paix !
:Mendoza: : Pourquoi ce sont toujours elles qui prennent le plus cher? → On se le demande :x-):
:Laguerra: : En tant que guérisseuse, tu dois te douter qu'elle a vu foule d'hommes dans le plus simple appareil. Eh bien, elle m'a affirmé que tu étais bien bâti... pour un blanc... → :lol: :lol: :lol:
→ Le coup du massage m'a fait penser à ça : https://www.youtube.com/watch?v=hhhXegA ... ng%C3%A8le

:Athanaos: : C'est bon, Li Shuang. Tu as gagné! Je capitule... Quand partons-nous?
:Esteban: / :Zia: : Immédiatement!
:Athanaos: : Quoi? Comme ça, à la cloche de bois!
→ Pas le temps de dire ouf avec eux


Très bon chapitre en tout cas !
Et la p'tite troupe est enfin réuni
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Re: Les prophéties de l’A’harit Hayamim. Suite non-officielle de la saison 4. [SPOILER]

Message par Le Flamand »

Que dire ?
Encore une fois, je suis époustouflé par la qualité de rédaction et les détails que tu parviens à produire. Ce n'est pas donné à tout le monde. Je te tire mon chapeau !
J'en perds mes mots !
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Re: Les prophéties de l’A’harit Hayamim. Suite non-officielle de la saison 4. [SPOILER]

Message par TEEGER59 »

Merci pour vos retours.
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!
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TEEGER59
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Re: Les prophéties de l’A’harit Hayamim. Suite non-officielle de la saison 4. [SPOILER]

Message par TEEGER59 »

Suite...

CHAPITRE 7: Palabres et balade.

Au même moment en Europe, le soleil se levait à peine mais, déjà, il éclaboussait l'horizon d'un mantelet oranger. Le front de mer était limpide, l'air sec. La Méditerranée, d'un bleu cobalt, lâchait des assauts sous formes de vagues écumeuses qui venaient se fracasser sur la grève lissée de sable. Traits blancs et mouvants, une douzaine de mouettes survolaient l'onde agitée, déclamant leur chant criard.
Le navire qui avait repêché les quelques rescapés de l'Esperanza entre la corne de l'Afrique et l'île de Madagascar, déposa son capitaine sur le port de Barcelone.
Peu après, ce dernier se retrouva au milieu d'une esplanade au pavage blanchi, cerné d'un carré de remparts crénelés derrière lesquels veillait une double escouade de soldats en armure d'argent poli.
Cristóbal de la Fuente allait pénétrer dans le palais Requesens, érigé dans le quartier de la vieille ville, cœur du pouvoir Catalan afin de rencontrer l'Empereur.
En face de l'homme se dressait un impressionnant bâtiment de pierres, matière première provenant directement de la carrière royale de La Roca, à Montjuïc.
L'édifice, décoré de frises délicates ainsi que d'étendards caressés par un vent léger, s’étendait autour d´une grande cour intérieure avec un escalier à découvert qui conduisait à l’étage noble. L’accès à ce niveau s’effectuait par une galerie d’arcs en ogive, et le rez-de-chaussée était orné de grands arcs en plein cintre.
Toutefois, le capitaine de la Fuente n'était pas d'humeur à profiter de ce cadre éminemment bucolique. Le marin avait changé, pour qui le connaissait. Sa démarche, par exemple, si assurée, était devenue nerveuse. À peine arrivé, il se débarrassa de son lourd manteau qu'il confia à l'un des jeunes pages destinés à recevoir les visiteurs de marque. Sa tenue multicolore était trop fine pour la tiédeur de ce matin mais il faudrait bien qu'il s'en accommode. Il n'avait pas songé à la différence de climat entre le Proche-Orient, l'Afrique et l'Espagne.
Figure marquante de la marine impériale, Cristóbal n'avait nul besoin de se soumettre aux formalités imposées aux visiteurs. Il contourna l'entrée principale pour accéder à celle de service, rarement employée à cette heure de la journée. Un chemin plus tranquille que celui utilisé par la majorité des quidams. De la Fuente ne voulait rencontrer personne, encore moins se fendre d'amabilités ou de diplomatie. Il rajusta d'un geste nerveux ses manches, vérifiant qu'elle couvraient bien les mutilations que le grand encapuchonné lui avait infligé avant de le faire passer par l'une des fenêtres donnant sur le sillage de l'Esperanza.
Il ne croisa que des gardes. Avec leur maintien impeccable, leurs épaules larges encadrées de longues chevelures châtaines, leur teint hâlé, leurs épées dénudées à l'acier étincelant, les soldats impériaux avaient fière allure. Le capitaine ne leur accorda qu'un œil dédaigneux. Tous ces hommes, toute cette puissance n'étaient pas déployés pour protéger le roi d'Espagne mais plutôt comme une affirmation de son pouvoir.
Les cloches de la cathédrale de la Seu, celles de la basilique Santa Maria de la Mar et tous les carillons des églises de la ville sonnaient gravement la huitième heure de la journée. De la Fuente traversa la cour intérieure baignée par les rais du soleil, agrémentée de plantes en pot. Les rares personnes qu'il croisa, il prit soin de les ignorer.
De larges escaliers l'attendaient. Vérifiant une fois encore les emmanchures de son surcot, le capitaine en gravit l'inclinaison à pas mesurés.
Cinq minutes plus tard, les gardes en faction devant les appartements de l'Empereur le saluèrent à leur tour. Le marin ne leur accorda pas plus d'attention qu'à leurs prédécesseurs. Sachant qu'il était attendu, les soldats ouvrirent les imposantes portes de chêne.
Ayant été annoncé, le capitaine s'avança dans la pièce en prenant soin d'étudier les lieux. La suite de Charles Quint était située dans l'aile ouest du palais. Haute de plafond, avec poutres apparentes, elle était aussi sobrement meublée que décorée: aucune manifestation du faste auquel pouvait prétendre le monarque le plus puissant du monde. Un simple parquet-carrelage couvrait le sol. Un étendard trônait au-dessus de la cheminée, celui de l'aigle bicéphale sur champ d'or, symbole de la maison des Habsbourg. Des peintures couvraient les autres façades de la pièce. Seule autre concession à la décoration, plusieurs armures en pied montaient la garde à trois pas de son bureau en chêne massif, patiné par les ans.
Lorsque le marin fit son entrée, l'Empereur joignit ses mains noueuses et s'inclina profondément, bousculant ainsi le protocole.
Tout en se levant pour contourner l'immense table de travail où il compulsait ses multiples dossiers, le dernier des Césars s'exclama:
C.Q: Capitaine de la Fuente! Quel plaisir de vous recevoir enfin! Avez-vous fait bon voyage?
Cristóbal était face à un homme un peu plus âgé que lui-même et faisant une tête de moins. Sans posséder la carrure du maudit naufrageur, le monarque n'avait nullement l'apparence de l'adolescent malingre qu'il fut autrefois. Croisant les bras, il était doté d'une maîtrise nerveuse indéniable. Mais contrairement au roi de France, on l'imaginait bien plus aisément derrière un bureau que sur un champ de bataille.

17.PNG

Son visage sec se révélait hâlé, une grosse ride barrait son front et ses yeux gris acier brillaient d'une acuité remarquable.
Généralement vêtu de laine sombre à l'espagnole, coiffé d'un couvre-chef de velours, la Toison d'or brillant seule sur son pourpoint au bout d'un cordon de soie, le successeur de Charlemagne gardait néanmoins une apparence singulièrement frêle au milieu des seigneurs dont les plumes, les brocarts, les bijoux, les ornements multicolores semblaient pourtant doubler le volume. Et pourtant, la logique voudrait qu'il eût les dimensions d'un Gargantua car le géant de Rabelais lui-même ne montra pas meilleur appétit.
Appétit était trop peu dire. Avec le temps, la voracité de ce chasseur qui avait perdu le goût des grandes battues, de ce cavalier qui préférait son bureau à son cheval, prenait des proportions déconcertantes. Seule sans doute la science d'un aliéniste aurait pu découvrir à quelles ambitions irréalisables, à quelles aspirations démesurées Charles Quint trouvait une diversion en dévorant ses omelettes aux sardines, ses daubes de thon blanc pêché à Malte, ses grives au genièvre, ses anchois pilés dans l'huile, ses chevreuils, ses rôtis de sanglier et parfois de renard, ses dindons envoyés de Mexico, ses soupes au lard, ses marinades pleines d'épices. Tout cela était violemment assaisonné, pimenté. Le baron Falconetto, son maître d'Hôtel, se désespérait de ne pas découvrir de nouveaux condiments propres à satisfaire son roi. Un jour que ce dernier se plaignait sans trop de mauvaise humeur, le baron lui avait dit en riant qu'il devrait lui préparer un potage de montres, car la passion du Habsbourg pour les pendules continuait, elle aussi, à se développer.
Par miracle, les nourritures à peine mastiquées en raison de la maudite mâchoire prognathe ne déposaient pas de graisse en ce corps, mais infligeaient au goinfre d'autres châtiments comme la goutte. Celle-ci s'était manifestée une première fois, ici-même en Espagne. Une seconde crise, beaucoup plus sérieuse, avait éprouvé l'Empereur il y a quatorze ans, à l'époque de son couronnement, et lui avait rappelé la vanité des grandeurs humaines. Désormais, ce mal ne le quittait plus. Et bientôt, l'asthme s'y ajoutera.
Le roi d'Espagne n'avait donc rien des rondeurs et de l'affabilité de son prédécesseur, son grand-père maternel, Ferdinand le Catholique.
Charles Quint n'attendit pas de réponse à sa question. Il claqua des doigts pour appeler un serviteur chargé d'un plateau sur lequel reposait une vasque d'or et une serviette immaculée.
De la Fuente s'abandonna au rituel et lava ses mains dans l'eau parfumée. En la présence de l'Empereur, chacun se devait d'avoir les menottes propres et une tenue impeccable. Tel était le protocole et tous devaient y souscrire, sous peine de se voir renvoyer.
Sur un geste du monarque, les deux hommes s'assirent face à face à côté de la cheminée au feu paresseux. Le marin déclina courtoisement les boissons fraîches que lui proposa son seigneur. Sans ambages, ce dernier embraya:
C.Q: Bien, cessons avec les civilités. Je vous parlerai sans détour, capitaine. Vous êtes venu pour un sujet bien précis... me donner le dernier rapport de la señorita Laguerra sur les agissements de Zarès.
Les traits du coursier se tendirent comme si l'on tirait la peau de son visage en arrière, et son teint devint encore plus blême que de coutume. Il porta involontairement son regard au niveau de ses manches. L'Empereur s'était tourné vers l'âtre. Il ne vit donc rien de la réaction qu'il avait provoquée.
De la Fuente réussit juste à temps à se composer un masque impassible avant que le roi ne se retourne sur lui.
C.Q: Alors? Ce rapport?
C.F: Je n'ai rien à vous présenter, Sire...
Le capitaine marqua un temps d'arrêt, le regard perdu du côté des cendres rougeoyantes avant de reprendre:
C.F: Environ sept semaines après avoir quitté le golfe d'Oman, alors que la mer était belle et peu formée, que le temps était clair avec une bonne visibilité et qu'un vent de nord nord-est bien établi poussait l'Esperanza vers la bande côtière Africaine sur sa hanche bâbord, la vigie signala un navire par tribord arrière... venant du ciel!
Le souverain s'exclama:
C.Q: Zarès!
C.F: J'avais donc deviné juste, c'était bien lui! Vingt secondes plus tard, un boulet de canon fusait vers nous tandis qu'un grappin s'accrochait au bastingage. Tirant profit de la grande confusion créée sur le pont par cette traction venue d'en-haut, brisant par la même occasion notre grand mât lors de la chute, le vaisseau ennemi largua, peu après que nous ayons riposté, un chapelet de grenades à fumée. Passant à l'abordage dans un voile opaque, ce suppôt de Satan rossa alors vertement mon équipage et me somma de lui remettre ce que l'on m'avait confié à Ormuz. J'ai eu beau protester énergiquement, il s'empara tout de même du contenu du coffre avec les lettres qui vous étaient destinées. Mais il ne se contenta pas de cet acte de piraterie. Quelques minutes s'étaient à peine écoulées lorsque la nef revint tourner au-dessus de l'Esperanza. Mon navire se trouvait à nouveau à portée de canon... vulnérable. Puis il nous a envoyé par le fond.
C.Q: Quoi?!?
D'un ton net, Cristóbal rétorqua:
C.F: J'ignore comment, mais avec sa machine volante, il fit un feu terrible, presque à bout portant, en faisant usage de toute son artillerie avec tant de bonheur que le carnage fut affreux parmi les miens. Ma conviction est faite, Sire. Ce traître vous a bien trahi pour son propre compte! Quant à votre espionne, cette señorita Laguerra, il est clair qu'elle a rallié sa cause. Je me permet de vous rappeler qu'elle était la seule à savoir que nous voguions vers l'Espagne afin de vous entrevoir.
C.Q: Il me semble quant à moi que les preuves que vous présentez en ce qui la concerne sont pour le moins discutables. Elles ne l'incriminent pas directement.
Les lèvres pincées, le navigateur maintint:
C.F: Elle nous a vendus, j'en suis intimement convaincu.
Sèchement, l'Empereur riposta:
C.Q: Et bien pas moi! Il se trouve que j'ai bien connu son père par le passé. Paix à son âme! C'était un homme éminemment respectable, que j'appréciais grandement. Par déférence pour lui, je me dois de ne pas condamner sa fille sans d'abord l'avoir entendue personnellement. Avez-vous songé qu'elle est peut-être prisonnière de ce maudit alchimiste? Ou même pire! Il est possible qu'il se soit débarrassé d'elle! Que Dieu le brûle de toute sa colère si tel est le cas!
Le roi avait argumenté sur un ton qui ôta au capitaine toute envie de rétorquer.
C.Q: Je vous ordonne donc de surseoir à l'édit que vous avez lancé contre cette jeune femme... Concentrez-vous plutôt sur Zarès. Faites-le rechercher, mais, une fois localisé, ne faites rien qui puisse l'inquiéter. Dans les délais les plus brefs, vous viendrez vous-même m'informer de sa position. Avec un peu de chance, la señorita Laguerra sera également dans les parages. Une fois que je saurai où la trouver, j'enverrai un ambassadeur la contacter, arranger une entrevue... Je suis convaincu qu'elle rentrera dans le giron de l'Empire et le servira dans toute sa gloire, comme elle l'a toujours fait.
Incapable de se maîtriser, De la Fuente se hérissa:
C.F: Mais monseigneur! À cause d'elle, un homme très dangereux, un félon, s'est attaqué sans vergogne à mon équipage, à deux reprises.
L'Empereur tonna:
C.Q: Pure spéculation! Vous n'en savez rien!
Le marin recula sous l'aura de puissance croissante que dégageait soudain le roi. Il balbutia une suite de sons incompréhensibles.
D'un ton radouci, Charles Quint reprit:
C.Q: Et si vraiment la señorita Laguerra est coupable de ce que vous annoncez, alors apportez-m'en la preuve irréfutable. En attendant, vous allez exécuter mes ordres, sans plus discuter.
Il n'était pas bon de faire répéter au souverain incontesté de l'Espagne la teneur de ses volontés et le capitaine ne commit pas cette erreur. Il prit respectueusement congé.
Aussitôt qu'il fut parti, l'Empereur se retrouva seul. Il se mit à faire les cent pas sur toute la longueur de la pièce, tout en se massant les mains. Il murmura:
C.Q: Qu'ai-je fait? Comment Zarès a-t-il pu la démasquer? J'avais d'autres projets pour elle... Non, je ne peux croire que ma meilleure espionne soit morte. Je refuse de le croire.

☼☼☼

Alors que le capitaine de la Fuente franchissait le seuil du palais Requesens, la señorita Laguerra poussa un soupir d'exaspération.
On frappa à la porte de la cabine où elle s'était réfugiée. La jeune femme donna l'ordre d'entrer et Mendoza apparut.
:Mendoza: : Alors, Laguerra, comment vas-tu, ce matin? Et comment tu t'en sors?
Elle était là devant lui. Plantée au beau milieu de la pièce, le visage baigné d'ombre. La figure du mercenaire s'éclaira, s'adoucit, et il s'avança vers elle.
Alors il découvrit ses traits. Cette froideur extrême.
:Laguerra: : Je suis en rogne car je n'arrive à rien avec ce satané rapport!
Ironique, il rétorqua:
:Mendoza: : Oui, je conçois ton humeur. J'avoue que je n'aimerais pas être à ta place! Que comptes-tu faire?
Elle siffla:
:Laguerra: : Je vais tout envoyer promener! Toi y compris si tu te moques ouvertement de moi!
Ce ton si glacé, incisif et farouche. En quelques mots à peine, elle avait piétiné leur complicité. Oubliées, leur entente, leur attirance mutuelle. Elle ne put s'empêcher de reculer. Il comble l'écart et la crocheta par le bras pour la ramener vers lui.
:Mendoza: : Où est passée la Laguerra de ces derniers jours?

18.PNG

Les yeux du marin avaient pris une fixité noire. Il la saisit par les poignets et les emprisonna. Nourri par cette agressivité dominatrice qui le tenaillait et qui le rendait impitoyable s'il le fallait, il serra:
:Mendoza: : Tout doux, ma belle! Reprends-toi, morbleu! Apaise ta colère, en ce cas précis, elle ne te sert à rien!
Il serra davantage, sans pour autant lui faire mal. L'ancienne Isabella l'eût prise de front, eût tenté de se débattre. La nouvelle choisit une voie différente et s'abandonna à cette étreinte musclée, totalement passive.
:Mendoza: : Je ne te comprends pas. Tu avais l'air enthousiaste à l'idée de partir pour l'Inde, d'aider Tao à fonder son Ordre du Condor. Pourquoi t'échiner à vouloir écrire ce rapport? Je te l'ai déjà dit, il me semble. Tu as mieux à faire... Tu te donnes de la peine inutilement et au risque de me répéter, tu ne dois rien à l'Empereur... Ce dont tu as besoin, c'est de respirer un peu. De te changer les idées... Oublie donc tout ça, que diable!
Après l'avoir minutieusement scruté, la jeune femme jugea son discours cohérent. Elle s'en voulut de l'avoir traité ainsi, de lui avoir si durement parlé. Cette sincérité à son égard, qu'il avait déjà dévoilé dans la nef d'Ambrosius, réveillait un écho lointain profondément enfoui en elle. Isabella avait envie d'amour et de douceur. Pas de haine et de violence.
Elle finit par lâcher une longue expiration avant de souffler:
:Laguerra: : Tu as raison... Mes excuses, Mendoza. Je n'aurai pas dû m'emporter contre toi. Tu n'y es pour rien.
Cette acceptation, cet abandon, soufflèrent l'animosité de l'Espagnol. Il desserra sa poigne. Elle poursuivit d'un ton radouci:
:Laguerra: : Mais si tu me touches encore de la sorte, je te brise le nez!
Il éclata d'un rire bref.
:Laguerra: : Qu'est-ce que veux-tu?
:Mendoza: : J'étais simplement venu t'annoncer une bonne nouvelle! Zia et Estéban sont de retour.
Elle lui offrit enfin un sourire radieux:
:Laguerra: : Fantastique! Alors, nous allons pouvoir quitter ce pays!
Le Catalan secoua la tête:
:Mendoza: : Hélas non, pas dans l'immédiat... Et crois bien que je le regrette. Les enfants ont besoin de moi... Ou plutôt, il semblerait que la princesse Rana'Ori ait besoin de moi.
:Laguerra: : Comment ça? De quoi parles-tu?
🗡: Dis-lui...
Hypnotisé par cette voix et par le regard de la jeune femme, Mendoza ne pouvait plus émettre un son. Il eut peur. Terriblement peur. Peur qu'elle ne le prenne pour un fou s'il lui parlait de ses songes et de sa dague, qui venait de se manifester à l'instant même.
Avec un peu plus de force, celle-ci dit encore:
🗡: Dis-lui!
Comme à chaque fois qu'elle lui parlait, l'arme employait des mots hachés, espacés, qui semblait venir de très loin. Elle était pourtant logée dans sa botte...
:Mendoza: : Je ne peux pas! Tout ceci me dépasse...
La lame insista:
🗡: Dis-lui, Moustique! Lance-toi!
Malgré ses craintes, l'Espagnol continuait de se débattre mentalement, de résister. Laguerra le fixait toujours, en attente d'un développement de sa part.
:Laguerra: : Mendoza?
🗡: LANCE-TOI!
Le hurlement psychique de la dague emplit toute la conscience de son propriétaire, balayant le reste.
:Mendoza: : C'est... C'est assez nébuleux, en fait. La nuit dernière, j'ai fait un rêve étrange où l'on me demandait de trouver un certain Ishtar...
:Laguerra: : Et alors? Ce n'était qu'un rêve! Tu ne vas pas me dire que tu crois à ces fariboles?
:Mendoza: : Après toutes ces aventures que nous avons vécues, toutes frappées du sceau de l'étrange, il se trouve que si!
Isabella en convint. Il n'avait pas totalement tort car la plupart des événements défiaient toute logique. Elle enchaîna:
:Laguerra: : Ishtar, tu dis? Ce nom de me dit quelque chose. Je suis tombée dessus lors de mes différentes recherches pour Ambrosius... Cependant, je ne me souviens plus dans quelles circonstances...
:Mendoza: : Dommage... Ce personnage est mort et nous devons chercher à en savoir plus, notamment à localiser sa tombe.
Tout en continuant de le dévisager, son interlocutrice se mit à jouer avec l'une de ses mèches.
:Laguerra: : Quelle drôle d'idée!
:Mendoza: : Tao est, en ce moment même, en train de déchiffrer le savoir livresque de son encyclopédie. Il cherche aussi des renseignements dans la bibliothèque du roi Neshangwe. Malheureusement, celle-ci, malgré ses rayonnages, si riches fussent-ils, ne contiennent aucune information... Il va en avoir pour un moment. C'est pour cette raison que je suis venu te voir. Pour te proposer une petite randonnée équestre de deux ou trois jours, rien que toi et moi...
Il croisa les bras avant d'ajouter:
:Mendoza: : Qu'en dis-tu?
L'aventurière opina, incapable de réfléchir plus longtemps. Elle avait trop vécu ces derniers temps. Elle n'en pouvait plus. Et il avait raison, un grand bol d'air ne lui ferait pas de mal.
:Laguerra: : J'accepte! Mais à une condition, car moi aussi je veux une chose!
Le navigateur lâcha encore un léger rire.
:Mendoza: : Les femmes!
Il demanda:
:Mendoza: : Que désires-tu?
:Laguerra: : Tu le sais parfaitement. Dois-je le réclamer à chaque fois?
:Mendoza: : Nous y voilà...
:Laguerra: : J'ai besoin de réconfort, Mendoza. Que tu m'enlaces, que tu m'embrasses. J'ai besoin de la fraîcheur de ta bouche, de la douceur de ta langue, de sentir la force de tes mains sur moi. J'ai besoin de toi, capitaine! Que tu m'aimes enfin... Ne vois-tu pas ce que je ressens pour toi?
Le Catalan ne se leurrait pas. Son propre corps était prêt... à bien plus qu'un simple baiser.
:Mendoza: : Embrasse-la, tu en crèves d'envie.
🧠 :Mendoza: : Non, les femmes sont traîtres. Elle plus encore que les autres!
:Mendoza: : Elle t'a parlé avec sincérité, tu l'as ressenti. Un baiser de plus ne te nuira pas.
🧠 :Mendoza: : Non!
:Mendoza: : Elle n'attend que ça, elle a envie de toi...
🧠 :Mendoza: : Ce n'est vraiment pas le moment de céder aux avances de Laguerra, si désirable soit-elle!
Une part du mercenaire, dans les tréfonds de sa conscience, éprouvait le besoin d'aimer. C'était plus fort que lui. Oh, il maîtrisait ce fragment de lui-même, il l'étouffait efficacement, sans toutefois parvenir à le chasser tout à fait. Et, comment le nier, l'aventurière touchait à ce besoin d'amour, avec une insistance qui le surprenait, qui l'effrayait. Elle avait franchi les murailles, les ravins, les défenses qu'il érigeait autour de son cœur.
🧠 :Mendoza: : C'est vrai! Elle a percé ma carapace... Je le lui ai déjà avoué. Mais je suis trop fragile quand j'aime. Comment l'oublier? L'amour me blesse chaque fois. J'ai assez souffert. Tu m'étourdis, Isabella. Et je ne peux me le permettre. D'après ce que m'ont dit les enfants, trop de vies, de destins sont en jeu. Je n'en ai pas le droit pour le moment.
Elle le contemplait. Calme et non suppliante. Sa beauté certaine, de nouveau sereine, de nouveau affirmée, était finalement autre chose qu'un masque sur une coquille vide. En vérité, il la voyait autrement pour la première fois. Mais cette prise de conscience ne changeait rien à la réalité.
🧠 :Mendoza: : Je ne suis pas prêt.
Il n'en démordrait pas.
🧠 :Mendoza: : Je ne sais que faire des femmes. J'ai toutes les raisons de m'en méfier.
:Mendoza: : Et pourtant...
:Mendoza: : Suffit!
Il rangea cet échange avec lui-même et les différentes voix de sa conscience dans un recoin, dont il verrouilla la porte. La mission de Rana'Ori. Rien d'autre.
Et pourtant Mendoza étendit sa grande main, qu'il leva à hauteur de la joue de la duelliste, dans une ébauche de caresse. Mais il hésita, interrompit son geste, et sa main se rabaissa pour se poser sur l'épaule de la jeune femme, qu'il attira contre lui. Elle se laissa faire, se laissa emporter, totalement consentante. Elle était grande, presque autant que lui. Elle n'eut pas besoin de se hausser sur la pointe des pieds. Leurs lèvres se joignirent, humectées de désir.
Isabella se sentit brûlante.
Ce baiser, cette récompense, fut pour elle une merveille absolue. La bouche du capitaine, sa langue ou son haleine lui semblaient parfaites. Elle était collée contre ce corps dur et musclé, collée contre celui qu'elle désirait depuis des semaines.
Il finit par reculer, le noir de ses yeux étincelant de douceur:
:Mendoza: : Je vais sangler nos montures. Occupe-toi de rassembler tes affaires. On se retrouve dans quelques minutes, d'accord... Attends... une chose, à mon tour. Sois patiente avec moi. Tu l'as compris, je suis incapable de me détendre tant que nous serons ici. Nous verrons cela une fois en Inde, je te le promets...

☼☼☼

Tandis qu'il s'occupait des chevaux, le capitaine murmura:
:Mendoza: : Dague?
🗡: C'est bien, je suis fière de toi.
Cette fois, la voix s'exprimait d'un ton plus fluide, non plus comme un écho lointain. Elle semblait de plus en plus proche, sa vigueur accrue.
:Mendoza: : Que dois-je faire, à présent?
🗡: Profite de ton escapade. Ensuite, tu iras chercher Ishtar. Cela te mènera à ce que je suis réellement.
Encore cette prophétie. Ishtar, un nom qui évoquait autant de mystère que de pouvoir. Le naacal était justement en train d'approfondir la question. À ce sujet, ni Athanaos ni Li Shuang, pourtant de grands érudits, ne semblaient capables de fournir des éclaircissements. En savaient-ils plus qu'ils n'en laissaient entendre sur ce mystérieux personnage? Et Laguerra? Le capitaine verrait plus tard.
Mais avant, leur escapade. Oui.
:Mendoza: : Tu me connais parfaitement, dague, l'évasion... L'aventure me va comme une seconde peau... Tout comme la vengeance...
🗡: Elle fait aussi partie de moi.
:Mendoza: : Daga de la Muerte, qu'es-tu, dis-le moi.
🗡: Fatiguée. Plus tard.
Le mercenaire sentit la présence s'éloigner, de nouveau faible.
:Mendoza: : Que veux-tu de moi?
Aucune réponse.
Mendoza soupira mais un petit sourire étirait ses lèvres:
:Mendoza: : Au moins, j'ai eu ce que je voulais. Passer un peu plus de temps en tête-à-tête avec Isabella... Loin du Grand Zimbabwe...
Pour en apprendre plus sur Ishtar, il se dit qu'il allait faire confiance à cette voix. Cette dernière lui avait indiqué une direction. Il devait quitter le village pour se diriger vers le nord-est, il en avait le vif pressentiment. Il trouverait certainement quelque chose en suivant cette piste.
Des tréfonds de l'Éther, c'est alors que le destin ricana, une nouvelle fois.

À suivre...
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!
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Re: Les prophéties de l’A’harit Hayamim. Suite non-officielle de la saison 4. [SPOILER]

Message par Marcowinch »

TEEGER59 a écrit : 06 mars 2021, 18:44 Mais monseigneur! À cause d'elle, un homme très dangereux, un félon, s'est attaqué sans vergogne à mon équipage, à deux reprises.
Bah oui, quand même ! Il faudrait sévir ! ;)
J'avais d'autres projets pour elle...
On veut tout savoir ! Quels autres projets :?:
Des tréfonds de l'Éther, c'est alors que le destin ricana, une nouvelle fois.
Quel ordure, ce destin ! ;) Il leur en fait voir de toutes les couleurs !

Un très bon chapitre.
*** Ma fanfic MCO :)***
J'espère qu'elle vous plaira :D

:Esteban: Ben voyons, Pattala ! C'est pas dans ce coin-là que vit la jolie Indali ? :tongue:
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Re: Les prophéties de l’A’harit Hayamim. Suite non-officielle de la saison 4. [SPOILER]

Message par IsaGuerra »

C.Q: Par déférence pour lui, je me dois de ne pas condamner sa fille sans d'abord l'avoir entendue personnellement. → Parole pleine de sagesse pour une fois
Les autres projet de CQ pour Isou ça m'a l'air bien intéressant ! En saura-t-on plus ?

J'ai bien aimé le débat mental de Mendoza c'était sympa

En tout cas bon chapitre et un joli FanArt avec un Mendodo à barbe !
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Re: Les prophéties de l’A’harit Hayamim. Suite non-officielle de la saison 4. [SPOILER]

Message par kally_MCO »

"Qu'est-ce que veux-tu ?" J'adore cette nouvelle expression :tongue:

Mon chapitre préféré jusqu'ici, j'ai bien aimé l'échange entre l'Empereur et le capitaine : l'un fait endosser à Laguerra la responsabilité de leur petite scène à la Titanic, et l'autre joue l'avocat du diable en se montrant plus sympa que de coutume dans les histoires, et bah !
J'adore les disputes Mendoguerra :-@ hâte de lire leurs futures péripéties durant cette escapade.
Par contre, j'ai du mal avec le capitaine qui papote avec sa... dague et entre ce désir peut-être trop refoulé, ce qui attend la fille du Doc' et les assassins qui en ont après Mendoza, je sens la tragédie arriver...

Bravo !
— Regarde toi : la finesse d'une enclume et la loyauté d'un bigorneau !
— Et toi, capitaine Mendoza, tu fais quoi d'honorable à part chasser les mouches avec ta cape ?!
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Re: Les prophéties de l’A’harit Hayamim. Suite non-officielle de la saison 4. [SPOILER]

Message par manonallemende »

Bon, l’échange avec la Molfesse est excellent bien écrit comme d’habitude et Mendoza mais ÉCOUTE TON COEUR ! Une femme ça veux de l’affection ! XD
Isabella Laguerra x Elise Tielrooy
"Mon maître ?! Je n'ai pas de maître ! Sachez le Señor Mendoza !" Isabella Laguerra
"Cette nuit c'est moi qui dors sur le canapé ou je vous brise le cou !" Ariel Grimaud
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