FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

C'est ici que les artistes (en herbe ou confirmés) peuvent présenter leurs compositions personnelles : images, musiques, figurines, etc.
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Chaltimbanque
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Chaltimbanque »

nonoko a écrit : 27 nov. 2017, 21:31 Chère Chaltimbanque, merci de me faire vivre tes émotions. Je me sens toutefois un peu coupable de malmener ainsi ton coeur (si si). Mais je ne peux malheureusement pas te promettre que je le ménagerai...
Mais de rien ! T'en fais pas, va, il est solide ! Il s'en remettra ! :x-):
nonoko a écrit : 27 nov. 2017, 21:31 Merci également de m'avoir fait découvrir ce magnifique poème de Marbeuf.
Avec joie ! C'est l'un de mes poèmes préférés (demande à DeK et Ra Mu qui ont dû l'écouter !). ^^
nonoko a écrit : 27 nov. 2017, 21:31 Quant au petit coeur d'Hava qui bat, qui bat, c'est une réminiscence d'un poème de Desnos, "Ce coeur qui haïssait la guerre", simplement pour le rythme.
Ah, merci ! Je savais bien que ça me rappelait quelque chose ! :D
nonoko a écrit : 27 nov. 2017, 21:31 Et maintenant, je suis sûre que tout le monde a consulté wikipédia et est incollable sur l'anadiplose, l'épanadiplose, la concaténation, la symploque, l'épanaphore, l'épanalepse, etc... :x-):
:lol:
I shall be telling this with a sigh
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par ôkami kitsune »

Coucou tout le monde! J'avance peu à peu dans la lecture et j'aime toujours autant.
Les illustrations sont géniales également.

Cependant, il y a deux détails qui m'ont dérangé.
Sur le photomontage où il y a Charles V, Marie et nos héros autour d'une table, un détail m'a surprise: les cheveux de Marie.
Dans l'histoire vous parlez bien de l'une des princesses que l'on voit dans l'épisode 1 de la saison 1? Parce que aucune des deux n'est blonde...
Ensuite, vous avez dit que Marie a 15 ans et donc elle a environ 10 ans de moins que Zia. Or, je viens de vérifier et les deux infantes semblent avoir le même âge que Zia.
S'il y a quelque chose que je n'ai pas bien compris n'hésitez pas à me le dire.

Buona notte a tutti ! (petite folie italienne :x-): )
Tap, tap, tap
-Hein?
-Eh bien, qu'est-ce qu'il y a? Parle!
-Niark! :x-):
Clock! Hurg!


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Seb_RF
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Seb_RF »

Ton soucie du détail me fait très plaisir ôkami ;)

je pensais comme toi au debut de ma redaction, laisse moi t'expliquer,

Au début je ne souhaiter pas faire intervenir Marie mais Isabelle du portugale, cependant et cherchant des info sur elle pour bien l'intégrer je me suis rendu compte quelle été morte a 1539, or dans le tome nous somme en 1543, j'ai donc pensé aux enfants, et il s'avère que Marie est née en 1528 elle n'avais donc que 4 ans au premier épisode de la série (et donc 15 dans le tome), en se qui concerne sa sœur Jeanne, elle est née en 1535 (et donc 8 dans le tome) et n'a donc pas pue connaitre Zia vue qu'elle n'été pas née au début de la série)...
(Philipe quant a lui est née en 1527 (et donc 16 dans le tome) juste pour l'anecdote)

Au vue de l'age de Marie au début de la série il été impossible qu'elle soient parmi les deux jeune femme qui accompagner Isabelle lors du première épisode, j'en ai donc conclu qu'il ne s’agissait que de courtisane ou d'une erreur des scénaristes ;)


lien pour des info complémentaire si cela t’intéresse:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabelle_ ... 1503-1539)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Quint

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_d%27Autriche
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_d% ... 1535-1573)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_ ... 27Espagne)
Dernière modification par Seb_RF le 25 déc. 2017, 11:20, modifié 1 fois.
présentation : viewtopic.php?p=72423#p72423
note serie:
MCO1: 18/20

Trahison/Insulte totale:
MCO2: 6/20
MCO3: 4/20

Fanarts: viewtopic.php?f=14&t=2301 :x-):
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DeK
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par DeK »

Un jour, une personne pleine de sagesse a écrit : « On savoure mieux ce que l'on a longtemps désiré. »
Bon sang, je plussoie 100 fois cette phrase ! Car tel un gourmet privé depuis plusieurs mois d'un succulent repas, je me suis délectée de chaque instant de ces quelques chapitres de retard, c'était copieux et néanmoins savoureux ! :)
Sans nul doute, tu as l'art de mettre les héros dans des situations incroyablement périlleuses et dérangeantes, tout en nous ébranlant et nous déboussolant au passage. D'ailleurs j'ai eu l'impression au fil de ma lecture de m'enfoncer petit à petit dans ton esprit tordu, pour y découvrir toutes les horreurs que tu pourrais faire subir à ce pauvre Mendoza. :shock: Ne pas y penser, ne pas y penser...

Dès le début du chapitre 15, avec cette vision cauchemardesque de la chose qui, dans la description que tu en fais, m'a rappelé un des portraits de Francis Bacon, j'ai tout de suite ressenti le mal-être d'Isabella et eu la sensation d'étouffer avec elle. Fort heureusement elle a réagi assez vite, tellement vite qu'Alvares en reste impuissant. :x-): Quel caractère !
Très intéressante et instructive cette partie à Malte, où l'on croise des chevaliers importants, qui ont l'air de se soucier des mésaventures de la señorita, d'ailleurs j'aime beaucoup la rencontre avec le Grand Maître et Gabriel. Voilà une scène qui mériterait une jolie illustration.
J'ai bien ri devant la confrontation entre Isabella et son hôtesse Catherine, le «Qu'ils aillent se faire pendre.» m'a achevé ! :lol: On ressent bien l'état d'épuisement, d'énervement et de désespoir de Laguerra, je suis même étonnée qu'elle ait gardée la phrase dans ses pensées. M'enfin un bon repas (pas cool... maintenant je ne pense qu'à vouloir goûter au lapin maltais et aux escargots persillés d'Ana) et du repos servent à remettre de l'ordre dans son esprit.
Dans son esprit et chez les marins trop soûls ! Une scène de combat à l'épée très bien écrite dans laquelle j'imagine aisément Laguerra en découdre avec ces rustres plein de vinasse qui lui ont manqué de respect. Fallait pas chercher trop longtemps la dame !

Et faut pas trop chercher le Mendoza non plus ! Même si je vois mal comment il peut s'en sortir après sa capture par les pirates et sa vente au marché aux esclaves. Rhalala, il s'en est fallu de peu pour que Romegas réussisse sa mission. Mais c'était sans compter les plans machiavéliques d'Hava. Niark, la revoilà ! :evil:
Aussi c'est moi ou bien tu prends un malin plaisir à rendre les hommes ridicules !? Les femmes mènent la danse et les chevaliers trinquent !? Bah, peu m'importe je trouve cela très divertissant. :) Et puis, tu m'as mis en tête la fin de la scène des enchères à la chandelle, donc je ne me plaindrai de rien.
Non, de rien. Pas même des pseudo-rêves prémonitoires ou visions de Zia, qui permettent aux jeunes de retrouver Isabella et quelques chevaliers en Sardaigne. D'ailleurs, la dernière scène clôt formidablement bien le chapitre 16, l'orage et le sommeil agité de Zia ajoutant de la tension au passage ; dommage que l'apparition de Laguerra soit vite révélée.

De toute façon, le suspense se retrouve dans les chapitres suivants, mention spéciale à la deuxième partie du 17. À l'inverse de Chaltim', qui aurait voulu donner des baffes au jeune métis, j'étais en train de pleurer de rire en lisant ses pensées et son questionnement concernant la réussite de son plan. Je n'y peux rien, j'adore ce sale type ! :lol:
De même pour ceux qui veulent trucider Hava ou au grincement de dents que provoque l'évocation de son nom, je n'ai eu qu'un sourire jusqu'aux oreilles en découvrant les boniments que cette diablesse a servis à son prisonnier/esclave. Je rectifie donc ma précédente remarque sur l'absence de réaction des hommes (surtout d'un) face aux femmes de fort caractère : Hava sert et Mendoza trinque !
Bon sang, la perfidie et les plans tordus afin d'arriver à ses fins sont décidément une affaire de famille et je comprends mieux pourquoi Gonzales est si dérangé. Tu m'étonnes qu'avec un modèle de mère pareil, il ne finisse pas psychopathe. Comment le capitaine peut-il encore être fidèle à cet ordure après ce qui lui est arrivé depuis qu'il le connaît ? Cet aveuglement est risible (pour nous), mais la révélation lui sera très brutale.
Certainement, plus brutale que l'affront fait à Isabella. Encore que, j'imagine bien le duel entre ces deux tigresses et l'inévitable bain de sang dans lequel ce conflit se réglera, car je ne vois pas comment il pourrait en être autrement. Après tout, Laguerra a déjà commencé à passer ses nerfs sur Indali, qui lui a très bien répondu ; j'apprécie l'aplomb et la sagesse de cette dernière, au moins la señorita ne lui reprochera pas sa franchise.

Nacir qui part découvrir les grandes profondeurs à bord d'une grosse crevette-scorpion mécanique, comme je l'envie ! Pour l'exploration sous-marine qui fait rêver, je veux dire, pas pour se trouver dans un étrange décapode mueen. ^^ Une séquence bien sympathique qui se déroule sans accroc. :)
Reste à savoir à quoi l'étrange objet (clé ?) récupéré peut bien servir... jusqu'à maintenant les objets insolites faits d'orichalque ont dévoilé de belles inventions. Encore une nouvelle trouvaille créée par les grands savants mueens ? Après le Solaris I et II, après le grand Condor, découvrez Apollo 1 en avance sur son temps ! :roll:
En tout cas, Ruiz n'est pas très fan de tout cet orichalque, si seulement il savait ! Très étrange qu'il vienne de lui-même à la rencontre de Laguerra pour des explications, et qu'il s'en contente. Mais je sens que l'appât du gain et les richesses qu'il pourrait gagner sans le retour de Mendoza sont quelque chose dont il se satisferait simplement. Ou peut-être cache-t-il autre chose ?

Quant au chapitre 18 heureusement que j'ai pu le lire d'une traite, malgré le titre du chapitre qui prévenait mon cœur qu'il n'allait pas être ménagé, le niveau de tension est rapidement arrivé en zone rouge. Est-on si sûr que le plan de livrer les lingots à Hava fonctionnera ou même que Mendoza sera de retour sous peu ? Tout ceci me paraît un peu flou... et quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup !
Et pourtant tout cela commençait bien. Nacir découvre l'incroyable navire de Tao – j'aimerais bien voir à quoi ressemble le Solaris II avec ses voiles en orichalque – et semble s’accommoder facilement avec la technologie du naacal. Bon aussi, après un vol dans le Condor et une excursion en Thallios, il n'est plus trop surpris. À l'inverse du chevalier d'Aubusson qui, partagé entre sa foi et ses connaissances scientifiques, ne sait plus quoi penser des propriétés du lingot d'or(ichalque) et de l'oiseau d'or. Bah, tant qu'il sait tenir sa langue, nos héros n'ont pas trop de soucis à se faire.
Pinaise cette Hava, est-elle vraiment sincère ? Là, je suis moi aussi partagée. Amour ? Haine ? Chaltim' a raison la frontière est mince et même si cette diablesse est pourrie jusqu'à la moelle, je ne peux m'empêcher de penser qu'il existe encore une chance pour qu'elle abandonne ses horribles projets. Oui mais... non ! :evil: Sinon "Trahisons" ne serait pas le titre de ce chapitre et mon cœur aurait un rythme normal.
Les choses se sont passées si rapidement : le signal d'Hava :o , Mendoza et Gonzales à l'eau :shock: , Romegas qui déboule :?: , Esteban et Nacir à l'eau à leur tour :shock: , le sauvetage in extremis :) , Tao qui tire sur la galère de la traîtresse :tongue: , elle fuit rapidement (par quelle magie ?) :| , Mendoza qui ne respire plus :shock: :shock: STOP !!! Mon cœur va également finir par imploser. Non, tu ne vas pas le tuer, tu ne PEUX pas le tuer.
Et... je le savais ! Ce marin est immortel, même la pire des femmes ne peut rien contre lui, la Mort ne veut pas de lui, Elle veut juste s'amuser avec lui. Pfiou, mais rien n'est encore sauvé pour eux tant que ce démon de métis est dans les parages et que sa garce de mère peut distancer le navire maltais. Ahlala, je sens le coup fourré !
Le petit aparté autour de Charles Quint est plaisant en fin de chapitre, il ne fait certes pas redescendre les tensions mais permet de nous en apprendre un peu plus sur celui qui tire les ficelles. J'aime quand tout semble se mettre en ordre dans mon esprit.

De l'ordre, il en faudra indéniablement à nos héros pour continuer l'aventure sans y laisser des plumes. Mais c'est sans compter l'impétuosité et l'entêtement de certains qui aiment vivre dangereusement. Au moins, les deux amants se sont retrouvés, et avant de plus amples explications (aveux), ils peuvent souffler et se reposer tranquillement sur la terre ferme.
Du côté maritime, c'est un poil plus agité, tiens donc ! Grâce à Tao et à la puissance du Solaris, le vrai face à face Hava/Romegas a lieu. Je sens que le chevalier devrait être prudent, il s'est déjà fait avoir une fois et ce bateau n'est pas ordinaire. :? De plus le loup rôde, il est prêt pour un mauvais coup, qui sera la victime !?
Ah, le sale de fils de ... sa maman ! C'est le drame tant attendu, Nacir a prix cher et rien ne nous fait penser qu'il ait pu s'en sortir. Cruelle nonoko, pourquoi s'acharner sur le sauveur du marin !? D'accord, il a dit qu'il donnerait sa vie pour lui, mais n'est-ce pas un peu trop respecter cette affirmation !? :cry: Il me tarde de savoir quel (triste) sort tu lui as réservé.

Bref, je suis enfin à jour mais pas tout à fait repue, je crois que mon appétit de lecture est insatiable. ^^ Nanh, ce sont seulement mon enthousiasme et mon envie d'en découvrir encore plus sur le déroulement de ce chapitre qui s'expriment.
Bravo aux auteurs, continuez de malmener mon petit cœur, car il n'est pas si fragile et je crois bien qu'il aime les sursauts. ;)
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Ra Mu
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Ra Mu »

DeK a écrit : 01 déc. 2017, 19:32 Un jour, une personne pleine de sagesse a écrit : « On savoure mieux ce que l'on a longtemps désiré. »
Bon sang, je plussoie 100 fois cette phrase ! Car tel un gourmet privé depuis plusieurs mois d'un succulent repas, je me suis délectée de chaque instant de ces quelques chapitres de retard, c'était copieux et néanmoins savoureux ! :)
Mouahaha! je croirais entendre mon propre cerveau! :lol: Quand je pense que je guette le fofo en me demandant quand Nonochan aura du temps pour rédiger la suite (on devient accro c'est dire)
Non, tu ne vas pas le tuer, tu ne PEUX pas le tuer.
Et... je le savais ! Ce marin est immortel, même la pire des femmes ne peut rien contre lui, la Mort ne veut pas de lui, Elle veut juste s'amuser avec lui. Pfiou, mais rien n'est encore sauvé pour eux tant que ce démon de métis est dans les parages et que sa garce de mère peut distancer le navire maltais. Ahlala, je sens le coup fourré !
Attend,ce n'est pas fini! Il est déjà ruiné, endetté comme jamais, impossible de compter sur ce trésor qui était leur dernière chance, il a trompé sa femme et en plus il risque de ne pas s'en sortir indemne. Manquerais plus qu'il finisse aveugle ou paralysé. Décidément, vous lui faites la totale, Je me demande comment les auteurs vont le sortir d'un puits aussi abyssal.
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par TEEGER59 »

Pour ma part, il sera amnésique dans mon tome deux.
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Ra Mu »

TEEGER59 a écrit : 02 déc. 2017, 09:24 Pour ma part, il sera amnésique dans mon tome deux.
Si les fanarts continuent, gare à la prochaine étape: cul de jatte! :x-): chauve et ... Ohh! je n'ose imaginer....
Ok ok ! :arrow:
Plus sérieusement pourquoi pas, ce sont autant d'exercices de style autour du Mendoguerra et tu y excelles. :D
ôkami kitsune a écrit : 28 nov. 2017, 22:58 Cependant, il y a deux détails qui m'ont dérangé.
Tu sais, il ne faut pas chercher la vraisemblance historique dans ce chapitre là.
Après tout, Dumas, à qui on a reproché ses libertés prises avec la réalité dans Les Trois Mousquetaires a déclaré qu'"il est permis de violer l'Histoire à condition de lui faire un enfant". Alors tant que le bébé est réussi...
Les MCO 1 en font autant d'ailleurs. :lol:
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par nonoko »

Dek, quel plaisir ce fut de découvrir tes impressions! Je les ai bien savourées moi aussi...
Je crois que ce qui me fait le plus plaisir, c'est que tu es une fan de Gonzales.
Mais pour la suite, il va falloir de la patience, beaucoup de patience, le temps que je sorte du puits abyssal où je suis tombée, ou plutôt,où je suis descendue de mon plein gré (une vraie mine, ce puits) :lol:
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par nonoko »

Bon, avant d'attaquer les choses sérieuses, je lâche un peu de lest pour pouvoir remonter hors du puits. Voilà donc un peu de lecture, qui vous laissera sans doute sur votre faim. Patience...

Troisième partie.

« Quelle femme déraisonnable ! » Indali ne pouvait s’empêcher de revenir à cette même conclusion alors qu’elle tentait de comprendre ce qui avait bien pu passer par la tête d’Isabella. Pour elle, il ne faisait aucun doute que l’Espagnole avait vu le condor et qu’elle s’était empressée de fausser compagnie à ses garde-malades, au mépris de toute considération pour leur dévouement, sans penser une seconde à leur inquiétude, et le mot était faible, quand ils découvriraient sa disparition. Elle s’interdisait de taxer Isabella d’ingratitude, car elle lui laissait l’excuse de son état physique et mental fragile. Cependant, être seule dans la petite maison, à se ronger les sangs, n’aidait pas Indali à nourrir beaucoup de compassion pour la fugueuse. Elle-même se sentait abandonnée. Depuis qu’elle avait quitté son pays, c’était la première fois qu’elle ressentait si cruellement la solitude. « Allons, ressaisis-toi ! Ils vont revenir, tu devrais avoir honte, Indali, tu devrais t’inquiéter pour Isabella, au lieu de penser à ta propre situation ! » Si elle avait pu courir elle aussi vers le condor…Tao devait y être…Esteban n’en avait pas parlé, mais il devait y être…
GA :Mademoiselle Indali !
Elle sursauta vivement, et se retourna : le chevalier d’Aubusson se tenait dans l’encadrement de la porte, et elle ne l’avait même pas entendu approcher. Immédiatement, elle comprit qu’il était porteur de bonnes nouvelles, car il vint à elle en souriant, et prit sa main dans les siennes. Quand elle sentit sa douce pression, tout son être se détendit et elle oublia ses craintes et ses rancoeurs.
GA : Tout va bien, elle est au condor, et je vais vous y conduire.
Indali sourit au chevalier en retour, et hocha la tête. Bientôt, elle retrouverait Tao.
GA : Prenons de ces délicieux pains que vous avez si bien su cuire, je pense que nous aurons tous à cœur d’y faire honneur !
Les provisions furent accueillies avec gratitude par Esteban, dont l’estomac se mit soudain à crier famine à la vue d’un pain rond et doré qu’il voulut dévorer sur le champ, mais qu’Indali s’empressa de mettre hors de sa portée en criant qu’il fallait attendre tout le monde pour y avoir droit.
E : Tout le monde ? Mais nous sommes tous là ! Par pitié, Indali, je meurs de faim…
Z : Esteban, tu peux tout de même attendre que nous soyons attablés !
Ils se trouvaient encore dans le cockpit. Après le départ du chevalier d’Aubusson, Esteban avait examiné le tableau de bord pour vérifier que tout allait bien, pendant que Zia avait procédé à quelques préparatifs dans les chambres, tout en gardant un œil sur la porte de celle où reposait Mendoza. Isabella n’avait pas reparu, comme elle s’y attendait, et elle avait décidé, une fois ses préparatifs terminés, de rejoindre Esteban pour ne plus être tentée de surveiller la porte. Elle s’inquiétait inutilement, elle le savait. Esteban avait accepté de bonne grâce de délaisser son tableau de bord pour Zia, et il était en train de vérifier par maintes délicates manipulations que le cœur de sa fiancée battait toujours pour lui, quand l’arrivée d’Indali et Gabriel d’Aubusson avait interrompu leurs explorations amoureuses.
In : Comment ça, « nous sommes tous là ? »
Le ton d’Indali marquait une légère inquiétude, qui n’échappa pas à Zia, mais elle ne put devancer la réponse d’Esteban.
E : Eh bien oui, nous n’allons pas déranger Isabella et Mendoza pour l’instant, alors, faisons honneur à notre repas sans plus tarder !
In : Oui…tu as raison…

Elle avait compris, et pour cacher sa déception, elle se hâta vers l’intérieur du condor afin de déposer ses provisions, en se reprochant d’être si sensible. Il devait y avoir une explication à l’absence de Tao et de Nacir, et puisqu’Esteban ne paraissait pas le moins du monde inquiet, elle n’avait aucune raison de s’inquiéter elle non plus. Pas une seule seconde elle n’avait pensé à Nacir. Elle venait de se souvenir qu’il aurait dû être présent lui aussi, et elle en eut honte. Si elle s’inquiétait de l’absence de Tao, elle aurait dû aussi s’inquiéter de celle de Nacir. Esteban eut du mal à déchiffrer le regard que lui jeta Zia avant de suivre Indali, mais il avait compris le trouble de la jeune indienne. Il se promit de réparer au plus vite sa maladresse pour éviter d’essuyer de la part de sa fiancée des reproches justifiés. Zia préparait déjà le terrain pour lui, tout en aidant Indali à apprêter la table.
Z : Esteban avait oublié que tu n’étais pas au courant des derniers événements…les hommes ont si peu de mémoire…
In : Ce n’est pas grave, j’aurais dû poser des questions au chevalier d’Aubusson, mais je n’ai pas osé, et puis, j’étais tellement persuadée…mais c’était idiot.
Z : Non, c’est bien naturel ! Tao te manque…
In : Je me sens ridicule, il n’est pas absent depuis si longtemps, et puis, il ne pense sûrement pas à moi. Et moi, je n’ai même pas pensé à Nacir !
Z : Inutile de te faire des reproches, tu n’es pas dans ton état normal.
In : Si tu savais ! J’en ai même voulu à Isabella d’avoir couru pour retrouver Mendoza alors que moi j’étais forcée de rester à la maison à attendre des nouvelles.
Z : Une raison de plus de lui en vouloir…notre sage Indienne serait-elle rancunière ? Esteban n’a qu’à bien se tenir !
In : Ne te moque pas !

Indali avait pris un ton suppliant, mais sa moue indiquait qu’elle était prête à rire d’elle-même, ce qu’elle ne tarda pas à faire quand Zia se mit à rire pour toute réponse à sa prière. Esteban et Gabriel d’Aubusson les surprirent ainsi, et c’est dans cette atmosphère détendue que le repas put commencer, au grand soulagement du jeune Atlante, qui remercia mentalement sa fiancée pour son intervention efficace. Il lui fut ensuite aisé d’informer Indali qu’ils partiraient dès le lendemain pour aller chercher Tao. Le chevalier d’Aubusson se vit offrir une chambre pour la nuit, et accepta de troquer sa paillasse pour un vrai lit. Si la pièce où il devait dormir était baignée de la même douce lumière qui les enveloppait pendant ce dîner simple, pris dans la sérénité de la paix retrouvée, alors il ne doutait pas que son sommeil serait peuplé de visions paradisiaques. Il avait l’impression déjà de flotter dans un état d’extase délicieux qui lui procurait une joie immense, teintée toutefois d’un certain repentir à l’idée qu’aucun de ses camarades, restés à Malte, pas plus que ceux qui risquaient leur vie en mer, en compagnie de Romegas, ou sur d’autres galères, ni que les millions de malheureux qui souffraient sur terre, n’avaient accès à cet avant-goût du paradis. Il s’efforçait de ne pas se laisser aller à un émerveillement égoïste, et de considérer qu’il vivait là une situation certes extraordinaire, mais voulue par Dieu, mais il avait bien du mal à ne pas se croire privilégié. Qui plus est, il côtoyait des êtres dont il doutait à présent de l’appartenance à la simple nature humaine. Esteban et Zia lui semblaient rayonner, et il se sentait illuminé par leur présence chaleureuse. Les apôtres avaient-ils ressenti pareille émotion lors du dernier repas pris en compagnie du Christ ? Gabriel d’Aubusson secoua la tête et se mit à rire discrètement : il avait besoin qu’on le ramène sur terre. L’arrivée d’un cinquième convive lui fut salutaire.
I : Puis-je me joindre à vous ?

Isabella se tenait sur le seuil, l’œil brillant de convoitise dardé sur les victuailles qui encombraient la table. Avant que quiconque ait eu le temps de lui répondre, elle s’installa et s’empara d’une tranche de pain qu’elle se mit à dévorer à belles dents.
GA : Je suis heureux de vous voir parmi nous, et de constater que votre appétit est toujours vif. C’est bon signe. Les quelques biscuits que vous avez mangés tantôt ne pouvaient assurément vous satisfaire.
Z : Régale-toi, nous avons préparé ces pains, Indali et moi, il faut leur faire honneur !
E : Oui, mais laisse m’en encore, j’ai toujours de la place pour les bonnes choses !
Z : Tu as assez mangé !
E : Tu peux toujours m’arrêter, je sais où Tao cache ses biscuits…
I : J’ai bien peur de les avoir mangés jusqu’au dernier, mais il n’en restait que deux ou trois. Il faudra reconstituer la réserve, si Esteban pioche dedans en cachette…
E : Peuh, je suis sûr que je ne suis pas le seul !
Z : Nous saurons quoi faire pour nous occuper les jours prochains, n’est-ce pas Indali ?
La jeune Indienne sourit faiblement. L’arrivée inopinée d’Isabella l’avait mise mal à l’aise, et la voir dévorer le fruit de son travail sans façons avait rallumé sa défiance à son égard, sans compter que l’Espagnole n’avait pas eu un regard pour elle ni un mot d’excuse. Apprendre qu’elle avait aussi fait un sort aux biscuits de Tao n’arrangeait pas les choses. Elle se mit à regarder obstinément la table. Zia remarqua son visage fermé, et se leva en déclarant qu’il se faisait tard, et qu’après toutes ces émotions, elle et Indali avaient besoin de repos. Elle se tourna vers le chevalier.
Z : Nous allons vous accompagner jusqu’à votre chambre.
GA : Oh ? Eh bien, ce sera avec plaisir…mais il faudrait peut-être que je retourne veiller notre malade…
I : Ne vous donnez pas cette peine, et prenez vous aussi un repos bien mérité. Je vous ai donné assez de soucis comme cela. Je saurai me débrouiller, d’autant plus que j’ai regagné toute mon énergie grâce à ce repas.
GA : Dans ce cas, je vais prendre congé, mais je reste à votre disposition en cas de besoin.
I : Merci, chevalier d’Aubusson. Merci encore, pour tout, et merci à toi, Indali. Je n’ai jamais goûté de pain aussi délicieux. Je serais bien incapable d’en faire autant.
Indali hocha la tête modestement ; elle s’apprêtait à quitter la pièce quand Isabella la retint en lui prenant la main. Surprise, la jeune Indienne la regarda, sans oser retirer sa main.
I : Je ne t’ai pas remerciée pour tes soins. En fait, je me suis montrée bien ingrate en te faussant compagnie. Pardonne-moi, je n’avais plus toute ma tête. J’essaierai à l’avenir de me conduire de façon moins égoïste.
In : Il n’y a rien à pardonner. Je suis soulagée qu’il ne vous soit rien arrivé, et heureuse que vous alliez mieux. Mais je veux bien que vous deveniez plus raisonnable à l’avenir.
Isabella rit, et serra plus fort la main d’Indali dans la sienne.
I : Je fais le serment de t’aider à confectionner de nouveaux biscuits pour Tao !
E : J’ai hâte de goûter ça !
Indali rit à son tour, et quitta la pièce sur un sourire adressé à Isabella, le cœur léger.

I : Eh bien, maintenant que nous voilà seuls, tu vas pouvoir me raconter ce qui s’est passé, exactement. Je veux tout savoir.
L’Espagnole avait repris un ton grave, et tout en piochant à nouveau dans la nourriture, elle fixait son interlocuteur comme si elle essayait de sonder son esprit pour être sûre qu’il ne lui cachait rien. Esteban s’attendait à être questionné. La manœuvre de Zia pour les laisser seuls face à face ne lui avait pas échappé, et il n’était pas dupe : autant Zia voulait éviter à Indali une situation qui la mettait mal à l’aise, autant elle souhaitait qu’Isabella puisse entendre le récit des dramatiques événements sans avoir à maîtriser ses émotions. Elle savait qu’Esteban saurait trouver les mots, et qu’Isabella avait besoin de savoir. Néanmoins, le jeune Atlante eut un instant d’hésitation, en se souvenant de la mise en garde du chevalier d’Aubusson. Mais lui aussi se sentait assez fort pour revivre avec Isabella les scènes cruelles auxquelles il avait assisté. Alors, il commença à parler. Isabella se figea pour l’écouter, attentive et concentrée. Elle l’écouta, sans l’interrompre, sans le quitter des yeux. Il dit tout, sans rien cacher de ses interrogations, de ses doutes et de ses craintes, sans taire son émotion et sa colère, sans chercher à masquer dans sa voix les enrouements, les tremblements et les hésitations. Quand sa voix manqua de se briser, Isabella attendit, patiente et déterminée, l’encourageant du regard. Quand il eut fini, elle ferma les yeux, laissant couler des larmes silencieuses. Esteban vint s’assoir près d’elle, et la serra dans ses bras. Au creux de son oreille, elle murmura merci. Puis elle se dégagea doucement.
I : Et maintenant ?
E : Espérons que Romegas ait réussi. Quoique je n’aie aucune envie de faire plus ample connaissance avec cette femme.
I : Elle n’est peut-être déjà plus de ce monde.
E : Souhaitons-lui plutôt de croupir dans une geôle à Malte.
I : En attendant de connaître la fin qu’elle mérite. Personnellement, cela ne me dérangerait pas du tout de savoir que son cadavre pourrit déjà au fond de la mer.
Elle pâlit tout à coup, serra les mâchoires et se tut.
E : Isabella…ne pense plus à cela.
Elle lui répondit dans un souffle.
I : Ne me demande pas l’impossible. C’est trop tôt.
E : Je comprends. Mais si nous parlions plutôt du trésor ? Comme je te l’ai dit, il me semble assez évident qu’elle a cherché à détourner notre attention pour que quelqu’un s’en empare à sa place. Pourquoi tant de précautions ? Et penses-tu qu’elle sait qu’il s’agit d’orichalque ?
I : Je n’en sais fichtre rien, mais tout ce que je sais, c’est que ce maudit trésor ne nous a valu que des ennuis ! Et maintenant Ruiz nous tient…Je souhaite bien du plaisir à celui qui s’est emparé de ces lingots !
E : Zia m’a raconté. Nous trouverons une solution, ne t’en fais pas pour ça.
I : Quand Ruiz a mis Gonzales sur notre route, il ne se doutait pas qu’il se trouverait bientôt sur la paille ! Ce métis est un vrai porte-poisse !
E : Ne sois pas si sarcastisque. Gonzales a eu sa part de malheur, lui aussi. Et il aurait pu y rester. Il a eu de la chance que sa noyade ait été retardée, et que Nacir soit là. Et n’oublie pas qu’il s’est porté volontaire pour suivre Romegas, alors qu’il venait d’échapper à la mort. J’espère sincèrement que nous le reverrons bientôt. Je m’en voudrais de l’avoir laissé risquer sa vie, si jamais il ne devait pas revenir.
I : Je suis désolée, Esteban, tu as raison, je suis injuste. Mais je ne peux m’empêcher de lui en vouloir. Il a entraîné Mendoza…
E : Mendoza savait ce qu’il faisait, non ? Comme toujours. Jamais personne ne l’a entraîné contre son gré.
I : Ne remue pas le couteau dans la plaie, veux-tu ? Il était si méfiant, si distant au début, et puis…Je n’ai pas pu le retenir, lui faire entendre raison.
E : Tu n’as rien à te reprocher.
I : Si je ne m’étais pas obstinée à le suivre…
E : Arrête de te sentir responsable ! Tu cherches un coupable, mais dans cette affaire, les responsabilités sont partagées, et le hasard s’en est mêlé. Les pirates, à Lampedusa, Hava, à Benghazi…
I : Ne prononce pas le nom de cette femme. Jamais, tu entends ?!
E : Hum….Je crois que nous ferions mieux d’en rester là pour ce soir.
I : Excuse-moi, Esteban. Tu as raison, je veux à tout prix comprendre, trouver un sens à tout cela, mais je n’y parviens pas, et cela me rend folle. Je sais que j’ai mieux à faire, mais je ne peux pas m’en empêcher. Sais-tu qu’à Malte, quand j’étais chez cette femme, Catherine, j’ai trouvé dans sa bibliothèque une copie de la carte au trésor de Gonzales ? Elle était cachée dans un livre ancien qui faisait partie d’une collection qu’un chevalier, Jean de Valette, avait trouvée dans une maison abandonnée sur une petite île grecque. Encore un hasard…
E : C’est étonnant, en effet. Mais il y a sans doute une explication.
I : Sans doute. J’ai hâte d’interroger Gonzales à ce sujet. Si quelqu’un peut nous éclairer, c’est bien lui, n’est-ce pas ? Tu as raison, il faut qu’il revienne, ou je ne trouverai pas le repos.
E : Il reviendra. En parlant de repos, je vais t’accompagner jusqu’à ta chambre. Zia va m’en vouloir de te retenir si longtemps. Et Mendoza a besoin de toi. Je suis sûr qu’il va se remettre très vite à présent.
I : C’est bon, je capitule. Si toi aussi tu deviens raisonnable, je ne peux plus résister, vous conspirez tous pour me forcer à prendre du repos.
E : Oui, nous avons prêté serment sur la Bible de Gabriel de prendre soin de toi envers et contre toi-même ! Alors, au lit !
I : C’est bien pour te faire plaisir, parce que si je compte toutes mes heures de sommeil depuis deux jours…mais je veux bien te laisser tranquille, pour Zia.
E : Exactement ! Euh…non, non, ce n’est pas ce que je voulais dire !
I : Tu as raison, il faut profiter de ces instants précieux en compagnie des êtres qui nous sont chers. Qui sait de quoi demain sera fait ?
Elle lui sourit mélancoliquement, lui caressa la joue et se leva.
I : Alors…je te suis.

Tao s’était levé aux aurores pour profiter de ses derniers instants à bord. Les aventures de la veille avaient constitué une expérience précieuse. Il avait noté les détails des réglages afin de pouvoir apporter quelques améliorations à l’armement du Solaris II. Bien entendu, il garderait ses travaux secrets. Même si le Solaris était son œuvre, il savait qu’Esteban n’approuvait pas complètement qu’il l’ait armé ; il avait fermé les yeux jusque-là parce que Tao lui avait affirmé qu’il ne s’agissait que de permettre au Solaris de se défendre en cas d’attaque, et lui avait assuré que la puissance dont il doterait le navire serait raisonnable. Or il avait imprudemment montré à Esteban que ce n’était pas tout à fait le cas. Il comprenait le point de vue de son ami, il savait bien qu’Esteban craignait qu’un tel navire tombe entre de mauvaises mains, mais il avait besoin d’explorer le champ des possibilités que lui offrait le canon qu’il avait mis au point, afin d’en acquérir la parfaite maîtrise . Il avait conscience que ce n’était pas la meilleure façon de tirer parti de leur héritage, mais le monde où ils vivaient était un monde dangereux. Malgré sa vitesse, le Solaris II n’était pas à l’abri d’une attaque. Tao préférait couler son ennemi que d’être coulé, et il n’avait pas l’intention de voir son navire détruit une nouvelle fois.
Quand le condor se posa, Tao finissait tout juste de préparer le Solaris. Quiconque approchait de la crique où il mouillait aurait juré avoir affaire à une épave sans valeur, privée de voiles et de mats. Quiconque se serait enhardi à monter à bord aurait été incapable de forcer la moindre ouverture, d’entamer à la hache ou d’enflammer la moindre planche. Quant à l’ancre, il était impossible de s’y attaquer. Jusqu’à présent, Tao avait toujours retrouvé son petit bijou intact. Satisfait, il entreprit de se rendre à terre en chaloupe. Il apercevait déjà le petit groupe qui sortait du condor quand il remarqua la présence d’un intrus aux côtés d’Esteban, Zia et Indali. Aussitôt sa bonne humeur s’envola. Il n’eut pas un regard pour Indali au moment où il débarqua, mais s’adressa directement à Esteban.

T : Alors, tu as décidé qu’on ne risquait plus de me prendre pour le Diable en personne ?
E : Tao, je vais tout t’expliquer !
T : Pas la peine, tu as tes raisons, moi je n’ai qu’à obéir, quand tu me dis que je suis imprudent, je m’incline, et si tu me dis que je n’ai plus rien à craindre, je suppose que je dois te croire.
GA : Vous n’avez rien à craindre de moi en effet, je vous en fais le serment. Et ne blâmez pas Esteban, je suis le seul en cause.
E : Je n’ai pas eu le choix, Gabriel a vu le condor en plein vol, et m’a surpris alors que j’en descendais. Il a exigé des explications.
Z : C’est vrai, Tao, tu ne peux rien reprocher à Esteban.
Tao soupira.
T : Pfff…toutes ces précautions pour rien ! Bon, si j’ai bien compris, on peut avoir confiance dans le chevalier d’Aubusson, mais j’espère que tu n’as pas l’intention de tout révéler au chevalier Romegas !
GA : Il n’est pas question de le mettre au courant de quoi que ce soit. Je comprends fort bien vos réticences, et je les approuve, croyez-moi. Je garderai votre secret.
T : Parfait ! Alors, inutile de traîner ici.
GA : C’est donc le navire que vous avez utilisé pour vous rendre à Anticythère ? Mais, il n’a pas de mat ?
T : Esteban, qu’est-ce que tu lui as raconté ?
E : Moi ? Sur le Solaris ? Rien, enfin, presque.
GA : C’est vrai, je sais juste que vous possédez un navire que vous pouvez manœuvrer sans équipage, ce qui est effectivement une bonne raison pour éviter d’en divulguer l’existence.
T : D’accord, mais vous n’en saurez pas plus. Allons-y.
Il se mit en route vers le condor sans attendre. Zia entraîna Indali à sa suite, tandis qu’Esteban et le chevalier fermaient la marche. Zia allait prendre le bras de Tao pour le faire ralentir, mais il se déroba dans un mouvement d’humeur, ce qui eut pour effet de faire tomber à ses pieds un petit boîtier, qu’il ramassa prestement en maugréant.
Z : Tao ! Tu pourrais nous attendre !
Tao se retourna, cherchant à apercevoir quelque chose derrière ses amies. Il eut un grognement de satisfaction, et reprit sa route.
Z : Tao !! Arrête-toi !
Zia semblait furieuse. Tao se retourna une nouvelle fois, surpris.
Z : Qu’est-ce qui te prend ? Tu as remarqué qu’Indali était là, au moins ?
T : Hein ? Bien sûr ! Mais tu as failli m’empêcher de renvoyer la chaloupe ! Enfin, elle est bien rentrée toute seule, comme d’habitude.
Z : Moins fort ! Il pourrait t’entendre !
Il était trop tard. Le chevalier d’Aubusson s’était déjà retourné et avait constaté que la chaloupe n’était plus sur le rivage. Tao le regardait, interdit. Il ne put que répondre par un sourire gêné quand Gabriel l’interpella en se hâtant pour revenir à sa hauteur.
GA : Incroyable ! Comment avez-vous fait ? il faudra que vous m’expliquiez ça ! Enfin, si vous pensez que je suis en mesure de comprendre.
E : Tao excelle dans les explications, il se fera un plaisir de vous éclairer.
Z : Comme il a éclairé Indali. Avec un tel professeur, la science de Mû n’aura plus aucun secret pour vous.
GA : Indali ? Ah…je comprends mieux à présent. Mademoiselle Indali est votre assistante ! C’est un excellent choix, j’ai moi-même pu constater la pertinence de ses remarques.
Indali sourit faiblement.
T : Mon assistante ? Euh, oui, on peut dire ça. Bon, si vous voulez, je peux vous donner quelques explications avant que nous partions, vous comprendrez mieux en ayant le Solaris sous les yeux.
E : Tu n’es plus pressé ?
T : Eh bien, je ne vais pas refuser d’éclairer notre hôte, puisque vous insistez tant !
E : D’accord, mais ne tarde pas trop, je voudrais rentrer avant la nuit. A plus tard !
Il s’éloigna. Zia lui emboîta le pas, et Indali se résigna à faire de même après un temps d’hésitation. Elle entendit son amie reprocher à Esteban d’avoir encouragé Tao à jouer le rôle qui lui tenait tant à cœur.
E : Chacun son tour ! J’en avais assez des questions de Gabriel, il est insatiable, tu l’as bien entendu pendant le vol ?
Z : Oui, mais de là à lancer Tao comme ça…tu sais qu’il est intarissable lui aussi ! Et ce n’était peut-être pas le moment.
E : Pas le moment ? Au contraire, j’avais besoin de rester un peu avec toi…
Z : Et Indali ? Tu as pensé à elle ? Je ne sais pas ce que je vais faire de toi, Esteban, tu es vraiment incorrigible.
I : Ce n’est pas grave, il faut que j’en prenne mon parti moi aussi. Tao est ainsi.
E : Ah, tu vois ! Indali a raison, on ne peut pas changer les gens, il faut les accepter comme ils sont !
Z : Ne te laisse pas faire, Indali ! Dès que j’en aurai l’occasion, je ferai la leçon à Tao, et il prendra toujours garde à te saluer en premier, quelles que soient les circonstances !
I : Ne sois pas trop dure avec lui, je comprends ce qu’il a dû éprouver en voyant le chevalier. Je règlerai ça moi-même, ne t’inquiète pas.
Z : Très bien ! Tu me raconteras s’il s’est jeté à tes genoux pour s’excuser.
E : J’aimerais bien voir ça !
Z : En attendant, c’est toi qui va te jeter à mes genoux !
E : Avec grand plaisir, quand nous serons à l’ombre de ce pin parasol. Nous y serons bien pour attendre Tao et Gabriel. Indali, tu te joins à nous ?
I : Non, je vais préparer quelque chose à manger, puisque nous risquons de passer un peu de temps ici. Ne vous en faites pas pour moi.

Pendant toute la matinée, Tao tint à faire à Gabriel la démonstration des capacités du Solaris II, quitte à remonter à bord et à recommencer toute la procédure de mise au repos. Il n’avait toutefois pas touché à l’armement, mais il n’avait pas pu s’empêcher d’aborder la question avec le chevalier, qui prêtait une oreille enthousiaste à ses explications. Tao avait l’impression d’avoir trouvé pour la première fois quelqu’un qui partageait la même curiosité que lui et s’émerveillait de tout sans arrière-pensée. En effet, si Gabriel était avant tout un intellectuel qui tenait son savoir essentiellement des livres, il ne demandait qu’à assouvir sa soif de connaissances et avait l’esprit suffisamment ouvert et l’intelligence suffisamment vive pour comprendre que son univers , au contact de Tao et de ses amis, s’élargissait. Une petite révolution s’opérait dans son esprit, quand il entrevoyait les conséquences infinies sur sa conception du monde de ce que lui révélait Tao, qu’il soit question du passé ou du futur. C’était cela qui le fascinait, bien plus que de réfléchir à la façon dont il pourrait tirer profit des révélations de son nouvel ami. Cela, il ne l’envisageait même pas, ayant fait le serment devant Dieu qu’il garderait le secret absolu sur ce qu’il découvrait. Et si les révélations mêmes de Tao mettaient en doute l’existence d’une figure divine telle que certains l’envisageaient, cela ne gênait pas Gabriel, qui suivait de près les progrès de la pensée humaniste et lisait avec bonheur les philosophes et les savants de l’Antiquité dont on redécouvrait peu à peu les œuvres, mais aussi les traductions latines des savants et penseurs du monde islamique, comme Avicenne et Averroès. Il avait même entrepris de traduire lui-même un dialogue de Platon, mais il savait que c’était une entreprise risquée, dont seul le Grand Maitre Juan de Homedès était au courant, et qu’il tolérait par affection pour son secrétaire. Il n’avait pourtant pas hésité à avouer à Tao qu’il se livrait à ce genre d’activité, dans l’espoir de gagner définitivement sa confiance. La révélation avait eu l’effet escompté, et Tao avait expliqué à Gabriel qu’il était lui-même un naacal et qu’ils étaient en quelque sorte des collègues. Et quand Gabriel avait précisé que le dialogue qu’il traduisait était Le Timée de Platon, il avait remarqué l’étincelle qui s’était allumée dans les yeux de Tao.

GA : Me voilà face à un dilemme : dois-je croire que certains récits, tout invraisemblables qu’ils semblent, sont plus véridiques que d’autres ? Depuis quelques jours, je me demande aussi s’il existe des livres plus sacrés que d’autres, ou si je ne dois pas prendre ces écrits qui nous sont parvenus à travers les siècles et les millénaires comme les traces du même passé de l’Humanité. Un passé qui me semble on ne peut plus présent depuis que je vous connais.
T : Le chemin de la connaissance mène à la sagesse, mais c’est sûr qu’en nous rencontrant vous avez brûlé quelques étapes. Vous connaissez le Critias aussi ?
GA : Bien sûr, je l’ai lu en grec, mais aussi en latin, dans la traduction de Marsile Ficin. Et j’espère aussi le traduire en français bientôt. Ainsi Platon disait vrai, à propos de l’orichalque…c’est fascinant.
T : Marsile Ficin ?
GA : Un homme extraordinaire ! Il a tenté de concilier platonisme et christianisme, et il a failli être brûlé pour ça ! Il y a des Papes moins raisonnables que d’autres…En tout cas, je partage ses vues sur la Raison universelle, et il m’apparaît clairement aujourd’hui que Dieu est le principe à l’origine de toutes ces merveilles qui nous entourent, et qu’il a semé en l’Homme les graines qui lui permettront de s’approcher de son Créateur en imitant sa Création. Tao, cet oiseau dans lequel j’ai volé tout à l’heure m’a transporté dans les cieux, au plus près de Dieu ! J’ai senti dans mon cœur sa présence comme jamais je ne l’avais sentie auparavant ! Les Grecs se trompaient quand ils tentaient de dissuader les hommes de s’élever au-dessus de leur condition en racontant des mythes puérils où les dieux punissent les hommes ! Dieu nous aime, Dieu nous encourage ! Bientôt les ténèbres se dissiperont pour laisser place à la lumière qui guidera l’Humanité vers Dieu !
T : Euh…je pense qu’il est encore un peu tôt pour être aussi enthousiaste. En tout cas, c’est ce que dit Esteban, et j’ai fini par me ranger à son avis, même si j’aimerais être plus optimiste.
GA : Mais considérez les progrès déjà accomplis ! Le savoir se diffuse, partout des hommes relèvent la tête, continuent la grande œuvre de leurs ancêtres, les savants et artistes de l’Antiquité…
T : Ce n’est pas pour autant que les autres ne sont pas prêts à détourner ce savoir à leur profit, ou à supprimer ceux qui osent le diffuser. Que disiez-vous tout à l’heure à propos de ce Marsile Ficin ?
GA : C’est vrai, mais les temps changent, inexorablement !
T : C’est un chevalier de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem qui me dit ça ? Esteban m’a pourtant bien mis en garde : avec vous, je risque le bûcher.
GA : Je ne nie pas qu’il serait difficile d’éclairer l’esprit de certains de mes frères…
T : De toute façon, cela n’est même pas envisageable : nous allons rentrer à Porto Conte, vous repartirez pour Malte avec le chevalier Romegas, sans lui toucher un mot de ce que vous avez vu.
GA : Et s’il ne revenait pas ?
T : J’en doute. J’ai moi-même personnellement veillé à ce qu’il puisse rattraper la galère d’Hava. Mais il est vrai que je ne peux rien garantir sur la suite des événements.
GA : Qu’avez-vous fait ?
T : Oh, trois fois rien, il ne faut surtout pas le répéter à Esteban !
Il se lança dans le récit de son intervention en précisant tous les détails de ses savants calculs, pour le plus grand intérêt de son interlocuteur.
GA : C’est absolument fascinant, et terrifiant à la fois…une telle puissance...
T : Oui, je me dis souvent que je ferais mieux de détruire tout ça, mais c’est plus fort que moi. J’ai assisté à tant de destructions, impuissant. Mais imaginez, un cœur pur, et armé, capable de dissuader les autres de nuire…
GA : Prenez garde, Tao, Dieu est le seul juge, et le chemin de l’Enfer…
T : Bah, je sais tout ça, et je sais aussi que mes ancêtres ont été anéantis dans une guerre stupide où les deux partis se sont livrés à une surenchère mortelle, mais aujourd’hui, c’est différent, personne ne peut rivaliser avec l’armement du Solaris II, ou du condor.
GA : Les hommes peuvent se nuire de bien des façons. Ne vous illusionnez pas.
T : Oh, je ne me fais guère d’illusions. Cela fait dix ans que nous avons achevé la quête des cités, et pour quel résultat ? Nous sommes forcés de nous cacher, de cacher cet héritage qui pourrait être si profitable à l’Humanité. Quel gâchis ! Les hommes ne sont pas prêts, et si vous voulez mon avis, ils ne le seront jamais. Moi, je bricole mes inventions de mon côté comme je peux, j’en fais profiter comme je peux mes amis. Je me suis rangé à l’avis d’Esteban. Zia était d’accord. Parfois je pense qu’ils se sont dérobés à leurs responsabilités, mais je ne peux pas vraiment leur en vouloir. Nos ancêtres étaient sans doute trop optimistes. Comme si tout allait changer, grâce à deux enfants au cœur pur ! Nous avons vite compris qu’il importait avant tout que notre héritage ne tombe pas en de mauvaises mains, quitte à le distiller avec parcimonie. Nous sortions à peine de l’enfance, mais il y a bien longtemps que nous n’étions plus insouciants. Et pourtant, nous n’étions pas prêts. Offrir notre héritage au monde, sans en avoir nous -mêmes la maîtrise, cela n’avait pas de sens. Nous avons décidé de l’étudier, mais plus nous l’étudiions, plus il nous apparaissait qu’il était impossible de diffuser ce savoir, sans mettre en danger ceux qui le détiendraient. Nous avons tout de même essayé. Nous avons voyagé sans relâche, pour trouver les personnes appropriées, mais les esprits vraiment libres et ouverts étaient bien rares, et surtout, ils étaient trop isolés, trop marginaux. Nous avons même causé la perte de certains, et je n’en suis pas fier. Nous avons été trop naïfs, trop enthousiastes au début. Esteban ne se l’est jamais pardonné. Vous dites que les temps changent, mais ils changent bien lentement, trop lentement. Dix ans déjà…je compte faire de mon mieux, et j’ai décidé de travailler quasiment seul désormais, et dans dix ans, dans vingt ans, dans trente ans peut-être…
GA : Il faut garder espoir.
T : Oui ! Si vous saviez toutes les merveilles que nos ancêtres nous ont léguées ! Et puis non, vous n’êtes pas prêt vous non plus, avec vos idées d’un paradis dans l’autre vie. Moi, ce que je veux, c’est améliorer la vie des gens ici et maintenant. A quoi ça sert de leur promettre le bonheur après la mort ?
GA : Je vous comprends, et je vous approuve, croyez-moi. Soulager la misère est un noble but. Mais l’Homme ne doit pas oublier qu’il est une créature de Dieu, et que toutes ces merveilles que vous évoquez sont son œuvre. L’histoire même de vos ancêtres ne montre-t-elle pas que lorsque les hommes oublient cela et se montrent trop sûrs de leur puissance, ils causent leur perte ? N’est-ce pas à cause de leur orgueil que les Atlantes, selon Platon, ont vu leur cité détruite ? Zeus a voulu les punir pour avoir oublié leurs origines divines, qui faisaient d’eux un peuple vertueux.
T : Je croyais que vous méprisiez ces histoires inventées pour dissuader les hommes de progresser ?
GA : Ce que je veux dire, c’est qu’il faut rester humble, et ne pas oublier que l’Homme ne progresse que grâce à Dieu.
T : Hum…si vous voulez, mais à mon avis, tout ça, ce ne sont que des histoires inventées après coup, quand les hommes ont perdu le souvenir des vraies raisons de la disparition de l’Atlantide, même s’il y a un fond de vérité, comme dans tous les mythes. Il suffit que quelqu’un couche par écrit et tourne à sa façon les bribes du passé héritées oralement et déformées au cours du long processus de transmission, et on croit qu’il dit vrai, parce que c’est écrit.
GA : Mais Platon dit tenir cela de prêtres égyptiens qui…
T : Peuh, vous n’allez pas leur accorder plus de crédit qu’à un authentique naacal, descendant en ligne droite du peuple de Mu ?
Gabriel d’Aubusson se mit à rire.
GA : Vous avez raison, j’avais oublié à qui je m’adressais….
T : Oui, bref, pas besoin de dieux pour expliquer que deux peuples se déclarent la guerre, et les cataclysmes naturels ont bon dos, quand on a un niveau de technologie comme celui de mes ancêtres et ceux d’Esteban, c’est facile de se rayer mutuellement de la carte du monde !
GA : J’ai peine à l’imaginer, il faudrait une puissance que seul Dieu…
T : Des hommes, par le passé, ont été capables d’égaler cette puissance, et il n’y a pas de raison pour qu’ils n’y parviennent pas à nouveau, dans un futur plus ou moins lointain. Quant à savoir ce qu’ils feront de cette puissance, c’est ce qui nous préoccupe, mes amis et moi.
GA : Et c’est pourquoi vous cachez à Esteban certaines de vos expérimentations.
T : Oui….je me dis que si des savants par le passé ont atteint ce degré de technologie, d’autres peuvent y parvenir à nouveau, tôt ou tard, même sans avoir accès à l’héritage de nos ancêtres. Et moi, qui ai tout sous la main, je laisserais les autres réinventer cet héritage, et me dépasser peut-être ? Et si leurs intentions sont mauvaises ? Qui les arrêtera ? Nous sommes déjà passés à côté d’une catastrophe lors de la découverte de la dernière cité…
Il s’interrompit, et resta plongé un long moment dans ses pensées.
T : Enfin, je ne vais pas vous embêter plus longtemps avec mes états d’âme. Sachez seulement que nous avons renoncé à transmettre au grand jour nos connaissances, mais que nous veillons sur les hommes de bonne volonté qui oeuvrent de par le monde pour le progrès, en leur donnant de temps en temps un coup de pouce assez discret pour ne pas trop attirer l’attention, en essayant d’éviter les erreurs de nos débuts.
GA : Vous parcourez donc le monde à bord de cet oiseau pour aider l’Humanité…
T : Dans la mesure du possible, oui. Mais je suppose que cela va changer bientôt, quand Esteban et Zia seront…probablement, ils en auront assez de cette vie, cela dure depuis trop longtemps, et maintenant que…
GA : Que voulez-vous dire ?
T : Oh, vous savez bien, ils vont se …se…
GA : Ah, je vois, se marier. Quelle heureuse nouvelle !
T : Oui. Je suis étonné qu’ils ne vous en aient encore rien dit. Enfin, je suppose qu’avec les derniers événements…
GA : Ils font passer leur bonheur après le salut de leurs amis, c’est admirable. Mais dites-moi, il faudrait aussi qu’ils régularisent leur situation de toute urgence.
T : Leur situation ? Quelle situation ?
GA : Je voulais parler du capitaine Mendoza et d’Isabella.
T : Isabella ? Oh, oui, bien sûr, il faudrait qu’ils se marient aussi je suppose. Je crois me souvenir que l’église catholique n’aime pas les concubins.
GA : En effet. Ils prennent des risques inutiles, pour eux et pour leur enfant. Cela me chagrinerait profondément de les voir maltraités.
T : Maltraités ?
GA : Oui, certains dignitaires de notre sainte religion sont parfois un peu trop zélés quand il s’agit de punir ceux qui vivent dans le péché.
T : Trop zélés ?
GA : Oui, et c’est un euphémisme.
T : Ah…vous n’exagérez pas un peu ?
GA : J’aimerais pouvoir vous répondre par l’affirmative, hélas.
T : Je vois…
GA : Et si vous-même avez des projets, je ne saurais trop vous conseiller de les mener de façon à vous prémunir de tout risque, enfin, si vous comptez vous établir en Europe tout du moins.
T : Moi ? Des projets ? Mais…non non, je n’ai aucune intention..
GA : Ah ? Je croyais pourtant avoir compris que cette jeune femme…mais je vous embarrasse, excusez-moi. Si nous retournions auprès de nos amis ? Il commence à faire fort chaud, ne trouvez-vous pas ?
Tao, qui sentait des gouttes de sueur perler à son front, approuva la proposition du chevalier, et se mit en route aussitôt, soulagé que la conversation prenne fin mais tout aussi troublé par les dernières paroles de son interlocuteur.
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Akaroizis
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Akaroizis »

Superbe. Après de multiples relectures, j'attendais impatiemment une nouvelle publication. :D

Trop de questions encore en suspens : Nacir, Mendoza, l'histoire des lingots... Et encore, ce ne sont que celles qui se déroulent en ce moment :x-):.
Et une mention spéciale pour la discussion entre le chevalier et Tao... 8)

Un passage calme avant la tempête Nono, je suppose. :roll: :x-):
Le présent, le plus important des temps. Profitons-en !

Saison 1 : 18.5/20
Saison 2 : 09/20
Saison 3 : 13.5/20


Ma présentation : viewtopic.php?f=7&t=80&p=75462#p75462
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