FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

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nonoko
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par nonoko »

Deuxième partie.

Romegas eut du mal à patienter jusqu’au retour de Nacir. Contre toute attente, la galère d’Hava continuait sur sa lancée et s’éloignait à vive allure, malgré sa voile endommagée. Une nouvelle fois, le chevalier conçut des soupçons à l’égard du jeune pêcheur d’éponge : après tout, ce n’était qu’un mécréant. Certes, il avait gagné la confiance de la senorita, et de ses amis, apparemment, mais Romegas ne pouvait se départir d’une méfiance naturelle à son égard, toute irrationnelle. Peut-être avait-il cherché à les retarder pour favoriser la fuite de la criminelle. Il accueillit fraîchement le retour du rameur solitaire, et ordonna à un de ses hommes de garder un œil sur lui, pendant qu’il s’empressait de pointer sa longue vue afin d’examiner le navire de leur ennemie. Il regretta de n’avoir pas tiré une nouvelle bordée quand il en était encore temps. Elle s’était éloignée à une vitesse peu croyable, même pour une galère de ce type, pendant qu’ils étaient occupés avec le noyé. A présent, il aurait tiré en pure perte. Mieux valait garder la poudre pour le moment opportun. Elle aurait beau fuir, il ne doutait pas de pouvoir la stopper bientôt. Il remarqua un remous étrange à la poupe de la galère, comme une sorte de bouillonnement. Il n’avait jamais observé chose pareille.

G : Quelles sont vos intentions, chevalier ?
Il sursauta. Il n’avait pas remarqué que le compagnon métis du capitaine Mendoza se trouvait à ses côtés. Il répondit sans le regarder.
R : Dès qu’elle sera à notre portée, nous ferons feu. Ce sera ensuite un jeu d’enfant de la capturer.
G : Vous pensez qu’elle se rendra ?
R : Nous verrons bien. Mais nous sommes en supériorité numérique, et la bravoure de mes hommes n’est plus à prouver. Si elle tient à la vie, elle se rendra.
G : En cas d’abordage, vous pouvez compter sur moi.
Le chevalier abaissa sa longue vue et tourna la tête pour observer son interlocuteur. Ce dernier regardait droit devant lui, l’air déterminé.
R : Ne vous laissez pas aller au désir de vengeance. Je veux que cette femme soit jugée.
Gonzales le regarda à son tour. Romegas fut surpris par l’éclat inhabituel de son regard doré. Il se souvint de son trouble lors de la vente aux enchères. Il n’aimait pas les métis. Cet homme possédait une prestance certaine, mais son étrangeté dérangeait le Provençal. La senorita Laguerra avait dit qu’il s’agissait d’un descendant de converti. S’il l’avait rencontré dans d’autres circonstances, il n’était pas sûr qu’il aurait aimé le côtoyer.
G : Je le veux aussi. Mais vous savez comme moi que si un combat s’engage, nous ne pouvons pas en garantir l’issue. Vous-même pourriez être amené à éliminer cette femme, contre votre volonté.
R : Je serais alors le bras de la justice divine.

Gonzales acquiesça gravement, mais il bouillait intérieurement. Jamais il ne laisserait cet homme assassiner sa mère, qui plus est en prétextant que Dieu l’y autorisait. Cette façon de décharger sa conscience révoltait le jeune métis, d’autant plus qu’il lisait clair dans l’âme du chevalier : il était évident que ce dernier était autant, si ce n’est plus, animé d’un désir de revanche que d’une soif de justice. Pourquoi serait-il venu, si cela n’avait pas été le cas ? Il ne digérait sûrement pas l’affront qu’Hava lui avait fait à Benghazi. C’était risible. Et il se permettait de lui faire la leçon…C’était une autre raison pour Gonzales de souhaiter sa mort, la première étant que l’arrivée intempestive de la galère maltaise avait failli ruiner ses plans. Mais celui qu’il tenait le plus responsable de ce demi-échec, c’était Nacir. Sans lui, Mendoza ne s’en serait pas sorti, Gonzales en avait la certitude. S’il pouvait trouver un moyen de lui faire payer cela…Toutefois, la priorité pour l’instant était de veiller à ce qu’Hava s’échappe. La galère de Romegas était puissante, et l’écart diminuait lentement, mais sûrement. Gonzales savait que Romegas tirerait dès qu’il en aurait l’occasion, et il ne voyait pas comment il pourrait l’en empêcher, à moins de se démasquer, ce qui ruinerait définitivement ses plans. Il en était à ce point dans ses réflexions, quand il sentit peser sur lui le regard de Romegas.

G : Veuillez m’excuser, chevalier, vous disiez ?
R : Que Dieu sera le seul juge. Mais je ne vous cache pas que sa mort prématurée laisserait bien des questions sans réponse. Pourquoi a-t-elle voulu vous éliminer de la façon la plus traître qui soit ? avant même d’avoir récupéré la rançon ? C’est incompréhensible. Avez-vous une explication ?
G : Pas la moindre. Je réalise à peine que je viens d’échapper à la mort. Quant à ce pauvre Mendoza…
R : Il s’en est fallu de peu…
Le chevalier se rendit soudain compte que la présence de Nacir avait sans doute permis de sauver la vie des deux hommes, car sans lui, Esteban aurait probablement été en peine de les tirer de l’eau les deux à temps. Il regretta ses soupçons, puis se ravisa : et si tout cela n’était qu’une mise en scène faisant partie d’un plan destiné à gagner la confiance de tous ? Aussitôt, il chassa cette idée stupide, qui n’avait aucun sens, à part celui d’expliquer pourquoi Hava avait manigancé cette exécution, et reprit son observation, considérant que la conversation était close. Mieux valait se concentrer sur la poursuite. Au moment où il levait à nouveau sa longue vue, il eut l’impression d’être ébloui par l’éclat du soleil. Quand il put enfin distinguer la poupe de la galère d’Hava, il poussa un grognement de surprise. De la fumée s’échappait d’un trou qu’il n’avait pas remarqué auparavant, juste au-dessus de la ligne de flottaison.
G : Que se passe-t-il ?
R : J’aimerais bien le savoir….
Il dirigea la longue vue dans l’autre direction, scrutant l’horizon derrière eux.
G : Qu’avez-vous vu ?
R : Rien…je ne comprends pas ! La vigie nous aurait averti…
G : Rien ?
R : Rien derrière nous, mais voyez plutôt !
Il lui tendit la longue vue et l’invita à la pointer vers la galère d’Hava.
R : N’avez-vous rien remarqué tantôt ? J’ai cru être ébloui par le soleil…
G : Je ne vois rien…attendez, si ! Elle a été touchée ? Mais, comment est-ce possible ?
R : Je suis quasiment certain que nous ne l’avons pas atteinte tout à l’heure, et il me semblait que ce Tao n’avait causé des dégâts qu’à la voilure…avez-vous vu la fumée ? S’ils ont un incendie à bord, cela fait notre affaire !
G : Je ne vois aucune fumée.
Romegas lui arracha la longue vue des mains.
R : Comment ? Mais j’aurais pourtant juré…Vous avez raison…
Il abaissa l’instrument, dépité.

Bien loin derrière la galère maltaise, Tao retenait son souffle, partagé entre l’excitation d’avoir réussi son coup et la crainte d’être découvert. Heureusement, le Solaris II s’était arrêté comme prévu après qu’il ait arrêté la machinerie, glissant encore sur plusieurs dizaines de mètres avant de ralentir assez pour que le jeune Muen puisse jeter l’ancre , à l’abri d’un îlot rocheux qui cachait quasiment entièrement le navire à la vue. Juste avant, il avait tiré au ras de l’eau. Le coup était risqué, mais d’après ses calculs, cela pouvait fonctionner. L’angle était parfait pour atteindre la galère ennemie sans toucher le navire maltais. Il avait une fenêtre de tir réduite, entre le moment où il se trouverait en position idéale et celui où il lui faudrait stopper les machines pour atteindre l’abri de l’îlot. Il n’y avait qu’à espérer que le tir serait assez discret pour qu’il n’attire pas l’attention immédiatement. La vigie de la galère maltaise pouvait l’avoir déjà repéré, mais c’était un risque à prendre. Esteban lui ferait encore la leçon, et il faudrait se débrouiller avec les questions de Romegas, mais Tao décida qu’il était plus important de tenter d’arrêter Hava. Après avoir déposé Esteban et Mendoza au condor, il avait réfléchi, et était retourné faire de nouveaux réglages sur le canon. Il était sûr de pouvoir mieux maîtriser son tir. Il suffisait alors de trouver une opportunité. A ce moment-là, il hésitait encore. Il avait fait le tour de l’île, comme pour repartir vers l’Ouest, puis il avait fait machine arrière pour se rapprocher des deux navires, tout en restant à bonne distance. Comme Romegas, il avait constaté que la galère d’Hava filait bien vite. Quand il avait aperçu l’îlot rocheux, il avait fait de rapides calculs, et s’était lancé. A présent, il n’attendait plus qu’une chose : que Romegas rattrape la galère d’Hava. Alors, il pourrait s’éclipser. Avec l’excitation de la capture, personne ne remarquerait le Solaris II. Il restait à espérer que le tir ait endommagé suffisamment la galère pour la retarder. En visant la ligne de flottaison, Tao comptait que la houle favorise la pénétration de l’eau et que la galère se mette à couler. Mais il était loin d’imaginer les dégâts réels que son tir avait causés.

Le rayon, après avoir percé la coque, avait traversé la paroi de métal de la machine qui animait la galère de son énergie fabuleuse et lui procurait sa vitesse avantageuse. La vapeur avait jailli, brûlante, ébouillantant l’homme chargé de surveiller les moindres variations de pression de l’engin, et provoquant la panique de ses camarades. L’un d’eux avait eu la présence d’esprit de stopper la machine aussitôt. Le point d’impact était minime, mais suffisant pour détruire le fragile équilibre des forces formidables à l’œuvre dans le ventre de la galère. Tandis que l’eau, sous l’effet de la houle, commençait à envahir la coque, la galère avait ralenti, inexorablement. Dès qu’elle avait été avertie de la catastrophe, Hava était descendue pour constater les dégâts. Son équipage était réduit. Il lui fallait parer au plus pressé, c’est-à-dire maintenir la galère à flot. Si la houle diminuait, cela ne poserait pas trop de problèmes, mais elle n’aurait jamais assez de bras pour égaler la puissance de la machine qui remplaçait ses rameurs. Même si elle ordonnait à tous de ramer, elle n’avait aucune chance d’échapper à présent à Romegas. Il fallait pourtant essayer, gagner du temps. Les bras mécaniques furent détachés, et des rameurs s’installèrent tant bien que mal sur les bancs. Hava savait qu’une défaillance de la machine était toujours possible, mais elle n’aurait jamais cru que cela arriverait dans ces circonstances. Il lui fallait trouver une solution, et vite. Elle remonta sur le pont. Il ne faudrait guère de temps à la galère maltaise pour les rattraper. Il fallait sans doute se préparer à essuyer le feu des canons. Elle avait envisagé une telle éventualité, sans vraiment y penser sérieusement, comptant sur sa supériorité technique. A présent, elle devait se rendre à l’évidence : la confrontation était inévitable. Elle sourit. Cela mettait un peu de piment dans cette affaire où tout avait été si soigneusement planifié que cela en était ennuyeux. Certes, tout n’avait pas fonctionné comme prévu, ou plutôt si, l’escamotage du fond de la chaloupe avait été un succès, simplement, quelques imprévus avaient empêché la réussite totale. Elle se demandait s’il était vivant. L’arrivée intempestive de la galère maltaise l’avait détournée du spectacle douloureux dont elle se délectait, et avait précipité sa fuite. S’il était vivant…Cette perspective lui donna un regain d’énergie. Elle échapperait à ses poursuivants, coûte que coûte. Ce n’était pas à eux que devait revenir l’honneur de la faire disparaître de cette terre.

Le ralentissement inespéré de la galère changeait les plans de Romegas. Il lui paraissait à présent inutile de gâcher de la poudre. Qui plus est, il voulait minimiser le risque de blesser son ennemie. Cependant, il savait que le choix d’une confrontation était d’autant plus dangereux en raison de la perfidie de cette femme. Il se souvenait des événements de Benghazi. Malgré cela, ou en raison de cela, il refusait de se dérober au danger, aveuglé par son orgueil. Quand le moment propice arriva, il rejeta d’un ton rogue la question du capitaine, un Maltais rompu aux combats navals qui s’était mis au service de l’Ordre, et qui voulait savoir quelles instructions de tir il devait transmettre au maître canonnier. « Contentez-vous de continuer à avancer, droit sur l’ennemi » fut la réponse de Romegas. Gonzales, qui serrait de près le chevalier pour connaître ses intentions, fut soulagé de ce répit, dont il comprenait fort bien la raison, contrairement au Maltais, qui tenta en vain d’insister : c’était la première fois qu’il servait un chevalier aussi téméraire. Mathurin Romegas se réjouit intérieurement de l’absence à ses côtés de Gabriel d’Aubusson, qui n’aurait pas manqué de lui faire la leçon et d’être de l’avis du capitaine. Une partie de lui-même lui criait de renoncer à sa folie, mais il la fit taire bien vite, bouillant d’impatience de s’adresser en face à face à Hava.
G : Ne craignez-vous pas qu’ils endommagent votre navire ? Si vous ne tirez pas, ils n’hésiteront pas à le faire.
R : Considérez un peu l’état de leur galère : si j’étais à leur place, je profiterais de l’occasion pour changer de navire. Ils ont intérêt à s’emparer d’une galère en bon état.
G : Vous ne croyez pas sérieusement qu’ils tenteraient pareille folie ?
R : Cette femme est capable de tout, j’en suis persuadé.
G : Mais nous leur sommes supérieurs en tout !
R : Je ne sous-estime jamais mes adversaires. Une poignée d’hommes déterminés peut venir à bout d’une armée.
G : Envoyez-les donc par le fond !
R : Non. Je veux voir de quoi ils sont capables réellement. Je veux voir cette femme à l’œuvre. Cette fois, elle n’agira pas dans l’ombre. Si vous avez peur, je vous conseille de vous mettre à l’abri.
G : Il n’en est pas question ! Vous pouvez compter sur moi !
Ignorant le jeune métis, Romegas partit donner ses instructions. Aussitôt, la galère s’anima. L’équipage, incrédule, comprit vite qu’il n’avait pas d’autre choix que d’obéir au branle-bas de combat. Ils avaient cru s’embarquer pour une simple mission de rapatriement, qui s’était transformée en mission de sauvetage, et voilà qu’ils se retrouvaient prêts à en découdre avec de vulgaires pirates. Certes, n’importe quel marin savait qu’une confrontation de ce genre était toujours possible, mais chacun à bord avait cru que l’abordage n’était pas nécessaire, et qu’il pouvait facilement être évité.

Depuis son navire, Hava observait l’agitation de l’ennemi. Une fois de plus, elle s’émerveillait du caractère prévisible de la réaction des hommes. Qu’ils viennent donc, elle saurait les recevoir avec toute l’amabilité dont elle était capable, et elle leur ferait rengorger leur arrogance. Ils croyaient sans doute qu’ils seraient vainqueurs, quoiqu’il advienne, qu’elle se rende ou qu’elle meure au combat. Leur imagination était si limitée…Elle donna quelques ordres, sans même bouger de son poste d’observation. Elle s’offrait comme une cible parfaite. Mais quel plaisir y avait-il à abattre une cible si facile ? Quand la galère maltaise fut suffisamment proche, elle put enfin distinguer nettement le visage de ce chevalier qui s’était obstiné à renchérir, puis avait cru pouvoir la capturer à Benghazi. A coup sûr, à voir ses mâchoires serrées et son air suffisant, il tentait de l’impressionner, mais elle savait que ce masque cachait simplement le désir peu avouable de lui faire payer son insolence. Elle avait porté atteinte à son honneur, elle s’était jouée de lui…Pauvre chevalier, qui croyait prendre sa revanche ! Elle commençait à trouver que la situation était décidément des plus intéressantes, et qu’il aurait été dommage que le chevalier ne vienne pas la trouver. Elle avait été bien inspirée de faire passer la demande de rançon par lui. Son orgueil blessé par deux fois expliquait sa présence. A ses côtés se tenait Gonzales. Elle en fut à moitié surprise. A quoi jouait-il ? Elle n’avait pas besoin de lui pour s’en tirer, mais son cœur de mère éprouva une certaine joie à le voir ainsi se préoccuper d’elle : pour quelle autre raison en effet pouvait-il être resté à bord ? Il fallait cependant qu’il se tienne tranquille, et ne tente rien qui puisse compromettre sa mission. Lentement, elle tourna la tête, de droite à gauche et de gauche à droite, lui adressant une interdiction muette, à laquelle il ne pouvait répondre sans risquer de se compromettre. Il ne répondit pas, comme elle l’espérait. Etait-ce le signe qu’il lui faisait confiance ? Hava savait qu’il était bien capable de lui faire croire qu’il obéissait, et de ne pas tenir compte ensuite de son interdiction. Qu’y pouvait-elle ? S’il avait envie de tuer le chevalier, elle savait qu’elle ne pourrait pas l’en empêcher.

Romegas se sentait étrangement calme. Il ne s’était même pas étonné de voir les rames de la galère d’Hava cesser de frapper l’onde. Elle l’attendait donc…Il donna l’ordre de manœuvrer afin que les deux navires se trouvent côte à côte. Elle avait fait préparer son canon. A bord des deux galères, le silence régnait. Tandis que la galère maltaise filait se placer contre le flanc droit des pirates, chacun put croiser, l’espace de quelques secondes, le regard de celui qu’il affronterait peut-être en cas d’abordage. Des grappins furent lancés pour assurer la prise, mais Romegas ordonna de ne pas tirer encore sur les cordages. Il voulait maintenir la distance, le temps d’évaluer la situation. La diablesse acceptait son sort trop facilement. Romegas avait conscience qu’il constituait tout comme elle une cible idéale. Lui n’avait aucune intention d’user d’un coup en traitre, mais elle en était tout à fait capable. Elle, ou n’importe laquelle de ces crapules qui étaient sous ses ordres. La défier ainsi lui procurait une jouissance sans égale. Quand ils furent face à face, il l’interpella.
R : Veuillez-vous rendre sans conditions, et nous vous laisserons la vie sauve. Vous n’avez aucune chance.
H : Comment osez-vous parler de chance, alors que vous nous destinez à la torture, au gibet ou au bûcher ?
R : Détrompez-vous, nous pourrions aussi vous vendre comme esclaves.
H : Quel plaisantin vous êtes, chevalier ! Vous nous sommez de choisir entre la mort et l’esclavage…mais pourquoi devrais-je m’en étonner ? Votre charité toute chrétienne vous honore. Nous vous remercions de votre mansuétude à notre égard.
R : Vous recevrez le châtiment que vous méritez, au regard de la loi et de Dieu.
H : Cela va de soi…Que peut-on attendre d’autre de la part d’un mouton bêlant tel que vous, qui suit le troupeau des imbéciles pétris de certitude. La pire espèce, si vous voulez mon avis, la plus nuisible !
R : Il suffit ! Vos blasphèmes ne resteront pas impunis !
H : Allons donc, pour avoir simplement énoncé une vérité que chacun peut vérifier quotidiennement, me voilà accusée de blasphème ! Vous allez vite en besogne, chevalier, le procès n’est pas encore commencé, je ne me suis même pas rendue ! Reprenez votre sang-froid, il ne sied pas à un gentilhomme tel que vous de perdre ainsi patience face à une femme qui ne vous a rien fait. Mais j’imagine déjà ce que nous pourrions faire tous les deux, si je montais à bord. J’ai certes la langue bien pendue, mais je possède bien d’autres talents qu’il me plairait de vous faire découvrir. Cependant, je crains que vous n’envisagiez pas la suite des événements sous cet angle, malheureusement.
Romegas allait répliquer, quand Gonzales intervint en s’adressant discrètement au chevalier.
G : Ne vous laissez pas emporter, vous voyez bien qu’elle n’attend que cela. Il est encore temps d’éviter un bain de sang. Je vais m’éloigner et tenter de monter à bord pour la surprendre. Continuez de l’occuper, elle semble prendre grand plaisir à vous provoquer.
R : Il est inutile de risquer votre vie si stupidement ! Je vais donner l’ordre de monter à l’abordage, et croyez-moi cette femme ne me résistera pas longtemps !
G : Je vous en prie…laissez-moi essayer !
La voix de Gonzales se fit pressante, à la grande irritation de Romegas, qui se sentait prêt à en découdre. Mais le jeune métis avait remarqué que Nacir s’était éclipsé depuis un moment, et il ne l’apercevait nulle part. Il le soupçonnait de s’être caché pour agir en traitre quand la confusion règnerait. Il n’oserait sûrement rien tenter avant que Romegas, ou Hava, ne déclenchent le combat, au risque de passer pour un lâche, ou un homme sans honneur aux yeux du chevalier, qui ne supporterait pas non plus qu’on bafoue ainsi son autorité. Mais tant que le statu-quo continuait, cela laissait du temps à Gonzales pour trouver Nacir et l’empêcher de nuire. Il était incapable de penser clairement à ce qu’il ferait s’il le trouvait, car tout ce qui lui importait, c’était de sauver la vie de sa mère. Celle-ci avait un plan en tête, à coup sûr, sinon elle ne lui aurait pas adressé ce signe tout à l’heure. Il fallait gagner du temps, il fallait repérer Nacir. Gonzales assurait ses arrières en prétendant vouloir arrêter Hava. Il insista.
G : Si elle tente une manœuvre perfide, ma présence à bord pourrait s’avérer déterminante…

Romegas grogna un semblant d’accord, et il n’en fallut pas plus à Gonzales. Il s’éclipsa aussitôt, l’œil aux aguets, se maudissant de n’avoir pas surveillé étroitement le jeune pêcheur. Il entendit Romegas répliquer à Hava d’une voix calme. Combien de temps ce petit jeu amuserait-il encore sa mère ? L’équipage était sur les nerfs, la situation pouvait dégénérer brusquement sans qu’il y puisse rien. Soudain, il entendit Romegas crier à tous de prendre garde. Presque en même temps, une détonation retentit. Elle avait donc frappé la première, profitant sans doute du fait que son fils s’était éloigné du chevalier. C’était trop bête ! Gonzales vit la panique s’emparer de l’équipage, tandis qu’un boulet atterrissait sur le pont, curieusement sans faire le moindre dégât. Immédiatement, il remarqua les trous dans l’enveloppe de métal. Une étrange fumée ocre commençait à se répandre. Le boulet était creux, elle y avait sans doute placé une fiole qui s’était brisée sous le choc, libérant un gaz que le jeune métis n’eut pas de peine à reconnaître. Les hommes tombaient comme des mouches. Romegas s’effondra. Gonzales commença à paniquer lui aussi : s’il avait vu juste pour Nacir, c’était l’occasion rêvée pour ce dernier d’agir, et si lui, Gonzales, respirait aussi ce gaz, il ne pourrait plus rien faire pour l’en empêcher, à moins de prévenir Hava. Mais pour cela, il lui fallait soit rebrousser chemin et risquer de respirer le soporifique, soit continuer en quittant le navire pour rejoindre la galère d’Hava, au risque de perdre un temps précieux. Il décida d’improviser un masque en déchirant sa chemise et allait le nouer autour de son visage quand il le vit : Nacir était en train de grimper dans les cordages, un poignard entre les dents. Gonzales jeta un coup d’œil rapide autour de lui : personne ne faisait attention à lui, tous fuyaient ou étaient déjà à terre. Le poignard qu’il cachait dans sa botte ferait l’affaire, personne ne saurait que l’arme lui appartenait, mais il fallait revenir du côté de la galère d’Hava, pour faire croire à la culpabilité d’un de ses hommes. Nacir s’était arrêté, poignard en main, visant Hava, qui attendait patiemment que le gaz ait achevé son œuvre. Gonzales se précipita en avant, se noyant dans le nuage ocre, et se retournant brusquement pour lancer son poignard. Nacir poussa un cri quand il sentit qu’une lame transperçait sa cuisse. Une fraction de seconde plus tard, il lançait son arme à son tour. Elle se planta sur le pont de la galère d’Hava, après avoir frôlé la joue de la criminelle. Un coup de vent poussa les vapeurs soporifiques en direction de Nacir. Impuissant, il se sentit tomber. Sur le pont de la galère maltaise gisaient à présent Romegas, Gonzales, le jeune pêcheur et tous ceux qui n’avaient pu se réfugier dans les profondeurs de la galère, où les vapeurs qui s’infiltraient impitoyablement allaient finir par terrasser tout l’équipage. Les hommes d’Hava s’apprêtaient à couper les cordes qui retenaient la galère, quand elle leur fit signe d’attendre . Elle tenait à laisser un petit souvenir à Romegas. Elle défit son foulard, libérant sa longue chevelure sombre aux reflets de vermeil, se saisit de son poignard qu’elle enveloppa de l’étoffe, avant de le lancer près du corps inanimé du chevalier. Puis elle donna l’ordre de trancher les cordes. Doucement, la galère commença à s’éloigner. Plus rien ne pressait à présent. Ils auraient tout le temps d’atteindre Cythère, et de là, ils pourraient rejoindre Malvoisie sans être inquiétés. La voie d’eau les ralentirait juste un peu. Hava souriait, triomphante, contemplant son œuvre. L’aventure avait pris un tour inattendu mais cette victoire rafraîchissante chassait ses derniers restes de contrariété.
Dernière modification par nonoko le 10 nov. 2017, 13:42, modifié 1 fois.
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Ra Mu »

Bon, ben on a des précisions sur l'identité du "Boss de fin de niveau".
Remarque, on s'en doutait un peu. :x-):
En revanche, je suis curieuse de savoir ce que Gonzalhava peut bien reprocher à Mendodo pour s'acharner autant sur lui.
Mais peut être est ce la volonté du tout puissant auteur qui adore le torturer...
Ok, je sors!
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par TEEGER59 »

Superbe passage Nono!
"..., bouillant d’impatience de s’adresser en face à face à Hava."
Es-tu sûre de cette tournure?
Si tu veux faire un "ñ" pour señorita, c'est alt 164. ;)
J'attends la suite avec impatience!
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Akaroizis »

Et que va faire Tao alors s'il voit qu'Hava s'en sort ? Si il ne part pas avant... duel entre deux navires avec des technologies avancées ! ^^
Toujours aussi bien :) ! Ensuite ?
Le présent, le plus important des temps. Profitons-en !

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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par yupanqui »

Y aurait-il le vilain Zarès derrière tout cela (technologie, soporifique,etc.)?
Il est toujours assisté d’une jolie femme.
Maintenant qu’il n’a plus Isabella, il s’est trouvé Hava...
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Akaroizis »

Hmm... Ambrosius-Zarès est mort fans la fanfic, donc... sauf si il a construit cette machine avant sa mort, ou bien qu'Hava l'a juste "récupérée"...
Après rien n'est exclu, mais ça me semble un minimum tiré par les cheveux (ou la capuche :tongue:)...
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par nonoko »

Merci à tous, dites donc, jamais un passage ne vous a fait autant causer! :tongue:
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Seb_RF »

nonoko a écrit : 11 nov. 2017, 12:32 Merci à tous, dites donc, jamais un passage ne vous a fait autant causer! :tongue:
c'est vrai que ça fait plaisir :-@
présentation : viewtopic.php?p=72423#p72423
note serie:
MCO1: 18/20

Trahison/Insulte totale:
MCO2: 6/20
MCO3: 4/20

Fanarts: viewtopic.php?f=14&t=2301 :x-):
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ôkami kitsune
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par ôkami kitsune »

Coucou tout le monde! je suis enfin reviendue! :x-):
J'ai lu le premier chapitre du tome deux et j'ai beaucoup aimé l'histoire et les montages.

Vous m'avez bien fait marrer avec "Philippe". Genre, nos compagnons connaissent tellement le roi qu'ils peuvent se permettre de l'appeler par son petit nom? ;)
Un jour ce sera: "Salut philo! On se fait une bouffe ce soir?" :x-):
:arrow: :arrow: :arrow:

Ah la la! C'est toujours le grand amour entre Mendodo et Gomez.....

Isabella qui se comporte en femme? :shock: ça me fait tout drôle. (Mendoza, petit coquin... :roll: )

Sancho et Pedro... Je n'aurai pas dû les imaginer habillés comme vous les avez décrits.... :shock: :shock:

Bref, la fiction: :-@ :-@
Tap, tap, tap
-Hein?
-Eh bien, qu'est-ce qu'il y a? Parle!
-Niark! :x-):
Clock! Hurg!


"On ne connaît que les choses que l'on apprivoise", Antoine de Saint Exupéry
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Akaroizis
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Akaroizis »

Une revenante ! ^^

Dis donc, vu ta rapidité pour avoir lu le premier chapitre, tu finiras le tome 2 en 2020 (estimation optimiste) ? :roll: :x-):
Je fuis... loin... :arrow: :geek:

Autrement, repasse quand même nous voir un chouia plus souvent, hein ^^ :tongue:
Le présent, le plus important des temps. Profitons-en !

Saison 1 : 18.5/20
Saison 2 : 09/20
Saison 3 : 13.5/20


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