Fanfic: Le monde est dans sa jeunesse.

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yupanqui
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Re: Fanfic: Le monde est dans sa jeunesse.

Message par yupanqui »

Maintenant on attend l’épilogue... avant la sortie de la saison 4.
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TEEGER59
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Re: Fanfic: Le monde est dans sa jeunesse.

Message par TEEGER59 »

Suite.

CHAPITRE 50.

Trois jours passèrent sans autre faits notable que l'approche de la fête du port. Cet événement, prévu en l'honneur du départ de la flotte pour le Nouveau-Monde, engendrait un intérêt de plus en plus marqué.
Il avait plu sans discontinuer aujourd'hui, tout comme la veille et l'avant-veille. Et ce temps de chien risquait de nuire aux festivités du lendemain.
Censé être en chemin pour Saint-Jacques de Compostelle, Mendoza avait choisi de rester cloîtré afin de ne pas croiser les membres du Conseil. Il n'avait pas remis les pieds dans le centre de Barcelone et commençait sérieusement à trouver le temps long, confiné comme il l'était.
Ayant pris pension dans une taverne située sur la façade maritime, à mi-chemin entre les Drassanes et la Mouette Rieuse, il ne parvenait pas à prendre une décision au sujet de son avenir. Bras croisés, installé dos au comptoir et embrassant la salle vide du regard, le mercenaire se demandait:
:Mendoza: : Dois-je retourner en Angleterre? Tenter de rejoindre Morgane ou alors accepter ce que ce commandant Perez me proposera pour un peu d'or? (Pensée).
Pour le reste, il se sentait plus serein. Aucun signe de menace. Fadrique Noreña ne faisait pas de vagues. Dans sa défaite, ce dernier avait étonné le Yeoman par son immédiate résilience. À nouveau libre, l'ecclésiastique avait passé sous silence sa petite "escapade" et son entretien musclé avec Moustique. Il savait qu'il n'avait aucun intérêt à dévoiler ce qui lui était arrivé dans son bureau sans se compromettre.
Sa soudaine réapparition n'avait pas pour autant apaisé l'acrimonie de l'évêque Cardona envers Mendoza. Le neveu de Pedro éprouvait toujours de la haine à son encontre.
Le capitaine ne pouvait pourtant pas se résoudre à différer plus longtemps un départ que Ciarán avait, de nouveau, annoncé à leur hôte. Cette soirée, au demeurant un peu fraîche, était la dernière que les deux Yeomen devaient passer dans la cité couronnée.
Rico, le propriétaire de l'établissement où ils étaient descendus, avait allumé dans la cheminée une brassée de branches de pin dont la résine crépitait joyeusement et embaumait la grande pièce silencieuse. Il finissait de préparer un de ces ragoûts dont il avait le secret afin de sustenter sa clientèle, des habitués qui ne tarderaient pas à arriver.
Un tablier autour de son ventre massif, une longue cuillère de bois passée à sa ceinture, Rico sortit du cellier avec une pile d'assiettes, qu'il installa sur les tables. Il repartit chercher gobelets et cuillères. Après avoir dressé le couvert, il retourna derrière le comptoir afin de servir les deux hommes.

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Ayant rempli leurs verres, il laissa la bouteille de vin rouge à disposition.
Ciarán, un beau sourire dépassant de ses oreilles, s'approcha et fit:
Ciarán: Merci Rico.
Se tenant aux côtés de Mendoza, il lança:
Ciarán: Dis-moi, tu comptes t'en occuper un jour?
:Mendoza: : De quoi?
Ciarán: De quoi! De qui, tu veux dire. De la petite alcine, évidemment! C'est bien d'elle dont je parle, Hombre... Tu vas continuer à penser à elle jusqu'à la fin des temps, c'est ça le but? Elle te plaît, ça me paraît incontestable, alors qu'est-ce que tu attends pour aller la retrouver?
Les sourcils froncés, le capitaine reposa son verre sans y avoir touché. Il lui avait pourtant bien conté le détail de ses pérégrinations en omettant sciemment deux points: sa nuit torride avec Morgane et son amitié pour Paracelse et Patakon. S'il était impossible pour lui de mentir à Ciarán, de là à lui dévoiler son intimité... Mendoza n'était pas du genre à s'épancher.
Le Catalan s'éloigna du comptoir et se posta devant l'âtre, contemplant la danse orangée des flammes léchant la grosse marmite. Il reprit au bout de quelques secondes:
:Mendoza: : Ce n'est pas si simple. Cette femme me plaît, c'est vrai, je ne chercherai pas à te le cacher. Mais tu l'as dit toi-même: il vaut mieux que j'évite de remettre les pieds en France. De plus, je ne suis pas libre d'avoir une relation. C'est à croire que tu oublies la nature de notre travail. Et celle de notre employeur!
Ciarán: Écoute à ton tour, j'ignore ce qui s'est passé entre elle et toi durant ton séjour là-bas, mais ce que je sais, c'est que les Dieux, quels qu'ils soient, t'offrent une chance d'être heureux. Et cela n'est pas une chose si fréquente, crois-en mon expérience.
L'Irlandais prit une gorgée de vin rubis, la fit rouler dans sa bouche, gonfla ses joues, avala et reprit en soupirant d'aise:
Ciarán: Il est bien, ce petit Rioja, un arôme de réglisse et des notes de fruits rouges... Bon, plus sérieusement Juan, si tu ne dois écouter qu'un seul de mes conseils de toute ta vie, c'est bien celui-là: cette chance, si tu ne la saisis pas, tu le regretteras à jamais. Tu peux en être sûr. À jamais. Oui, je sais, tu es une sacrée pointure parmi les Yeomen, mais avant tout, tu es un homme et tu n'as qu'une vie. Même toi, tout misanthrope que tu es, tu mérites un peu de bonheur, ne t'en rends-tu pas compte, tout au fond de toi?
Mendoza se retourna vers son camarade.
:Mendoza: : Tu crois vraiment à ce que tu dis?
Ciarán: Jamais je n'ai été aussi sérieux de ma vie. Cette femme est sûrement faite pour toi, Juan. Et même en considérant le pire, si ça ne marche pas avec elle, il y en a d'autres sur terre... Au moins tu auras essayé et tu n'auras pas de regrets à endurer.
:Mendoza: : Et Brandon, que tu continues d'oublier, tu crois qu'il sera satisfait que je me permette une liaison?
Poil-de-Carotte gronda:
Ciarán: Merde pour Brandon, s'il prétend te refuser ce droit! Il s'est gêné, lui, quand il a épousé secrètement la sœur du roi? Non! Dans ce cas, mon grand, tu reprends ta liberté et tu cours la rejoindre. En redoublant de prudence, cela va sans dire... Si telle est ta décision, tu pourras évidemment compter sur mon aide. Tu sais que je ne te laisserais pas tomber sous prétexte que tu quittes l'allégeance.
Le capitaine quitta la cheminée et retourna auprès de son ami. Il empoigna son verre qu'il goûta du bout des lèvres.
:Mendoza: : Quitter l'Angleterre, soit. Mais pour faire quoi? Je vivrais où et de quoi?
Ciarán Macken secoua la tête.
Ciarán: Juan-Carlos Mendoza, la formation que tu as reçue en tant que Yeoman a fait de toi l'un des meilleurs soldats d'Angleterre, c'est-à-dire un combattant exceptionnel selon les normes en Europe. Défie un lansquenet Allemand, un piquier Suisse ou un fantassin Espagnol, l'un ou l'autre de ces guerriers, et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, n'importe quelle compagnie ne sera que trop honorée que t'engager comme officier. Tu veux une reconversion, elle est plus qu'évidente. Pour commencer, tu intègres la compagnie d'un Tercio. Tu viens de retrouver ton honneur. Tu peux fort bien aller chercher ta magicienne et revenir ici pour entamer une belle vie parmi les tiens. Oui, je sais, tu as changé d'obédience. Mais devenir chevalier était ton rêve, n'est-ce pas? Tu pourrais donc...
L'Irlandais tourna la tête pour fixer intensément son compagnon.
Ciarán: Oui, Hombre, j'y songe en vérité, tu pourrais, que dis-je, tu dois retrouver ton rang dans la hiérarchie nobiliaire Espagnole.
:Mendoza: : Non! Toute ma jeunesse, je n'ai pensé qu'à cela, c'est vrai. J'ai tout sacrifié pour devenir chevalier. Et tu sais comment cela s'est terminé...
Le mercenaire soupira.
:Mendoza: : Oui, j'aurais pu accepter l'offre du Conseil et assumer la charge qui me revenait de droit. Mais aujourd'hui, ce rêve n'a plus aucune substance, je m'en suis bien rendu compte. La nuit où Pedro Folc de Cardona a tenté de m'assassiner, j'ai prié à m'en arracher l'âme pour que le viguier ou que les seigneurs du Conseil me sortent de ce cloaque. En vain. J'ai mobilisé tout mon amour, toute ma foi, et j'ai attendu leur intervention. Le seul à être venu, c'est mon oncle Íñigo. Alors comment croire en eux, à présent? Et comment servir l'Espagne sans croire en ses seigneurs? Mon salut, je ne le dois qu'au cardinal López de Mendoza y Zúñiga, au roi Henri VIII et à moi-même. Durant toutes ces années au service de l'Angleterre, les honorables aspirations que je m'étais forgées, mes croyances religieuses, se sont éteintes. De surcroît, tenir le rôle de banneret m'a soudain fait songer à une belle cage dorée dans laquelle je me serais morfondu jusqu'à en devenir fou. Je n'ai aucune envie de politique, de pouvoir. Je suis un Yeoman. J'aime l'action, j'aime le danger, j'aime l'aventure. Et je n'ai rien d'autre.
Macken avait écouté avec une grande attention. Il hocha la tête et déclara:
Ciarán: Oui, tu as particulièrement bien servi notre pays et le roi Henri dans cette affaire. Mais ni lui ni Brandon n'ont le droit de t'empêcher de vivre ta propre vie! Tu dis aimer l'action, le danger, l'aventure. Tu peux très bien concilier tout ceci en Espagne. Ou alors... en retournant à tes premières amours: reprends donc le commandement d'un navire et repars en haute mer!
:Mendoza: : En effet, c'est une possibilité! Mais arrêtons avec ce sujet, je dois réfléchir à tout cela.
Ils cessèrent de discuter le temps de déguster le vin. Rico revenait déjà avec un saladier de riz sauvage et une miche de pain noir. Le dîner était prêt. Le tavernier servit les assiettes fumantes, remplit une nouvelle fois les verres et coupa le pain.
Les deux hommes s'installèrent à table. Assis l'un en face de l'autre, l'Irlandais plaqua son regard dans celui de son ami.
Ciarán: Une dernière chose et je te laisse tranquille... On ne peut pas échapper à l'Amour, Hombre. Ce sentiment, le vrai, avec un grand "A", est une chose magnifique. J'aimerais que tu découvres une telle richesse, après toutes ces années. Laisse-toi aller, pour une fois.
:Mendoza: : L'Amour n'est pas pour moi, Ciarán. L'Amour est fait pour ceux qui y croient.
Le mercenaire leva son verre devant son visage et le fit tourner pour admirer la robe changeante aux reflets grenats. Ses traits ne reflétaient rien d'autre qu'une intense réflexion.
:Mendoza: : En fin de compte, est-ce de l'Amour que j'éprouve pour Morgane ou uniquement du désir? (Pensée).
La graine instillée par Poil-de-Carotte s'enracinait dans le terreau de son âme, nourrie de la chaude lumière de ses sentiments pour la jeune femme, de l'eau vive et fraîche distillée par son cœur.
:Mendoza: : Ai-je fait l'amour à un rêve... Un rêve qui a volé mon âme... (Pensée).
Macken gloussa:
Ciarán: À présent, passons à l'essentiel: ce ragoût de poissons de rivière. Pêchés de ce matin, d'après Rico. Tu vas adorer!
La soirée se passa sans plus discuter de la magicienne ni du destin du capitaine. Les deux camarades profitèrent du calme du moment pour évoquer leurs souvenirs communs. Leurs faits d'armes, les victoires et les défaites. Leurs compagnons défunts, les vivants. Leurs adversaires les plus remarquables.

☼☼☼

Un peu grisé par le vin, le Catalan partit se coucher le premier.
La fatigue était tombée sur lui alors qu'il franchissait le seuil de sa chambre. Posté devant la fenêtre, son regard las errait sur la vaste étendue d'eau salée, frémissante et sombre, dont l'extrémité se perdait dans le lointain. Il fallait y regarder attentivement pour comprendre où se terminait la mer, où le ciel commençait, tant la limite était douteuse, tant l'un et l'autre avaient la même noirceur incertaine et le même infini.

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La lune brillait de toute sa plénitude. Une brume argentée tapissait le faîte des mâts en contrebas.
Mendoza se dévêtit tout en songeant à Morgane et se jeta sur son lit. Allongé nu, il ne trouva le repos qu'avec difficulté. La Dame du lac venait s'insinuer dans son esprit. Elle l'attirait un peu plus à chaque pensée. Il aurait bien voulu la retrouver, se rapprocher d'elle, la fréquenter à loisir, mais cette décision aurait été stupide, voire suicidaire. Menacé par le roi de France, il avait besoin de rester concentré s'il voulait rester en vie. Le mercenaire en avait trop vu, des hommes de valeur troublés par une femme trouver la mort, et souvent de manière stupide. Il refusait un tel destin.
La raison avait repris le dessus sur les sentiments et d'autres arguments allaient en ce sens. Il avait toujours rempli ses missions, quelles qu'en soient les conditions, et ce n'est pas aujourd'hui qu'il faillirait à ses principes. Il avait retrouvé son équilibre, après tant d'efforts et de souffrances, après ces trop longues années à se lamenter sur son sort. Le Yeoman s'était reconstruit à l'aune de ses désirs. Sa mission à Barcelone maintenant achevée, Brandon ne serait que trop heureux de le voir revenir. Il n'allait pas tout gâcher pour une femme, même du genre de Morgane. Le duc pouvait se montrer très exigeant avec lui, c'était un fait, mais au moins lui offrait-il un travail.
Un jour, sans doute, le capitaine romprait ses liens, reprendrait sa liberté. Un jour... Néanmoins, ce moment n'était pas arrivé. En attendant, il comptait bien continuer à suivre sa destinée, à suivre Charles Brandon.
L'alcine lui plaisait, elle lui plaisait vraiment. Et alors? Ne lui avait-elle pas dit qu'ils ne seraient ensemble que pour une nuit? Que pouvait-il attendre après ça? S'il allait la retrouver, comment croire qu'elle soit prête à entreprendre quelque chose de sérieux avec lui?
:Mendoza: : Méfie-toi des femmes, elles qui t'ont trahi! (Pensée).
Les attaches qui le reliaient à l'Angleterre étaient trop puissamment enracinées en lui.
:Mendoza: : Mais la trahison passée de Catalina n'implique pas forcément celle de Morgane... (Pensée).
C'est ce que lui soufflait son cœur.
:Mendoza: : Bon sang, Juan! Mets-toi au clair avec tes sentiments! (Pensée).
Le mercenaire sombra rapidement, au moment où il songeait qu'il devait absolument faire un choix.

☼☼☼

Le quai de Barcelone était une nouvelle fois noir de monde en cette fin de matinée. Le départ des conquistadors pour les Amériques avaient commencé depuis la veille au soir et, à chaque marée, un groupe nouveau prenait le large. Quinze galions devaient sortir d'une minute à l'autre. Naviguant en escorte, la San Miguel se trouvait parmi ces vaisseaux. Les femmes, les mères ou les sœurs de ces marins étaient toutes présentes pour les voir appareiller.
L'Esperanza serait l'un des derniers navires à larguer ses amarres, dès le lendemain.
Mendoza se leva tard et s'étira langoureusement. Réveillé une première fois aux aurores, il ne put oublier l'image de l'armada s'éloignant de l'embouchure du Llobregat. Une fois les navires partis, la foule bruyante s'était dispersée pour s'en retourner chez elle. Pourquoi serait-il rentré, lui? Pour continuer à servir l'Angleterre? Il avait beau se raisonner, présenter des arguments d'une justesse irrévocable, en vérité, il n'aspirait qu'à une chose: serrer sa petite fée contre lui, sentir son parfum, sa chaleur, embrasser ses lèvres pleines, les mordiller, se perdre dans son regard. Posté devant sa fenêtre, il était resté là bien longtemps après que la dernière voile eut disparu à l'horizon.

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Le ciel était gris et la pluie, qui avait fait trêve deux ou trois heures, recommençait de plus belle. La ville était noyée sous un brouillard liquide qui détrempait les rues et dégouttait les statues, mais Mendoza n'accorda au paysage brouillé qu'un soupir agacé et un haussement d'épaule. Après tant d'épreuves, la nuit qu'il venait de vivre lui faisait l'effet d'un bain de jouvence.
À peine ses exercices achevés et sa toilette faite, l'Espagnol prit soin de passer son caleçon.
Face au miroir, il put s'inspecter sans concession: pas une once de graisse, ses muscles longs, durs, ondulaient sous sa peau. Son visage mince, rasé de près, se teinta de satisfaction. À présent qu'il avait prit une décision, tout semblait plus simple. Elle s'était imposée d'elle-même dès son réveil, aussi nette et tranchante que son épée. En substance, son choix se résumait ainsi: "Au diable, Brandon!"
Poil-de-Carotte avait raison: la destinée Anglaise, au fond, n'était pas la seule et le capitaine se découvrait un nouvel avenir, plus attirant, nettement plus serein que tout ce qu'il avait pu imaginer au service du roi Tudor. Un avenir vécu avec une âme à aimer, sur qui s'appuyer, même face au pire des dangers... Enfin, peut-être... Tout dépendrait du bon vouloir de sa petite fée.
Oui, quitter l'Angleterre, retrouver Morgane sur les routes de l'aventure. Libres et unis. Complices. Avec elle à ses côtés, le destin paraissait déjà plus doux.
:Mendoza: : Retrouver Morgane... (Pensée).
Cette phrase toute simple devenait un leitmotiv. Oui, dès ce soir, il quitterait Barcelone, franchirait les Pyrénées et irait lui dire qu'il était prêt à changer d'existence, pour elle.
Quitte à défier le duc de Suffolk, les armes à la main. Oui!
Créer une compagnie de mercenaires, la solution la plus évidente pour lui. Il en revenait là, car l'aventure, le danger, l'action, il ne pourrait vraiment s'en passer, ils étaient incrustés dans son âme.
C'était décidé! Il allait prendre son destin en main... Mais le déroulement de l'existence ne suivait pas toujours la logique des faits. Surtout dans ce genre de cas. Mendoza l'avait appris et il allait encore en faire l'expérience...
Ciarán: Hombre? Espèce de houlier*, tu te tripotes ou quoi? Allez, viens, tu as assez traînassé au lit! Je t'attends pour boire un coup!
La voix de Ciarán fit presque vibrer la porte. Des rires provenant d'en bas suivirent son envolée. Mendoza répondit:
:Mendoza: : Houlier? Moi? Ne prends pas ton cas pour une généralité, espèce de pourceau!
Le capitaine s'habilla rapidement. Il se sentait si léger.

À suivre...

*
*Houlier: Homme qui fréquente les lieux de prostitution.
Dernière modification par TEEGER59 le 10 nov. 2020, 00:39, modifié 1 fois.
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!
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yupanqui
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Re: Fanfic: Le monde est dans sa jeunesse.

Message par yupanqui »

Encore un beau récit.
On perce un peu plus l’âme de Mendoza.
Il a un chouette ami en tout cas.
Un très beau montage de la taverne... et des paysages.

L’avenir ? Mendoza va partir à bord de l’Espéranza !
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IsaGuerra
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Re: Fanfic: Le monde est dans sa jeunesse.

Message par IsaGuerra »

Cette femme est sûrement faite pour toi, Juan. : Il y en a une bien mieux qui l'attend
→ Et on va remercier Macken pour ses longues conversations avec Mendo ça va beaucoup aidé !

D'ailleurs je ne sais plus si je te l'ai déjà dit mais Ciaran me fait beaucoup rire :lol:
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Re: Fanfic: Le monde est dans sa jeunesse.

Message par TEEGER59 »

Suite.

CHAPITRE 51.

Chez Rico, l'habituelle foule bigarrée de buveurs s'occupait à s'humecter le gosier. Des vociférations joyeuses accueillirent Mendoza lorsqu'il se présenta en haut de l'escalier. Avant de descendre, il parcourut la salle du regard sans vraiment la voir.
:Mendoza: : Morgane... (Pensée).
Le destin allait de nouveau les réunir. Pourquoi? Elle lui avait fait gentiment comprendre qu'il ne serait que l'amant d'un soir, certes, mais penser à elle avait réveillé son désir. Non pas seulement une attirance physique mais également une soif d'aller au-delà. Comment se le permettre? Il voulait conserver son travail, rien de moins. Économe, sa solde de mercenaire emplissait, à peu près, deux couffes* de paille. Or, il ne l'ignorait pas, l'amour et sa charge de Yeoman étaient indissociables. Sa raison lui dictait qu'une liaison risquait de le rendre dépendant et fragile, ce que le duc ne saurait tolérer, mais son cœur lui soufflait que tout n'était pas terminé, que s'il allait la retrouver, c'est que le destin avait décidé de lui donner une seconde chance.
Le tout était de savoir comment réagirait la magicienne. En attendant, il importait d'adopter la bonne attitude quand il se présenterait devant elle. Le Catalan enrageait contre son manque d'expérience en matière de femmes. Il savait se montrer séducteur pour les besoins d'une mission, il l'avait déjà fait, avec succès, néanmoins cela n'avait rien à voir avec le cas présent. C'était à Mendoza de jouer ses cartes, pas au Yeoman. Et de surcroît, il ne songeait pas à une simple coucherie, il voulait plus. Alors comment attirer l'attention de l'alcine sans se tourner en ridicule?
Ciarán: Si tu veux qu'une relation marche vraiment, tu dois te montrer le plus naturel possible. Sans cacher tes défauts, sans chercher à incarner un rôle. Tout le secret est là!
C'est ce que lui avait annoncé Macken un soir de beuverie.
:Mendoza: : Se montrer naturel, la belle affaire! (Pensée).
Soudain amer, Mendoza se demanda:
:Mendoza: : Quel est mon vrai moi? Ce moi recouvert d'épaisses couches défensives, forgé d'acier, éprouvé par sa voie de maraudeur, quel est-il vraiment? Au fond, je ne suis qu'un mercenaire dont se sert Brandon à son gré et, de la vie, je ne connais rien d'autre.
Le visage fantomatique de Morgane s'imposa à lui, balayant sa morosité. Une vision puissante qui le ragaillardit aussi sûrement qu'un élixir.
:Mendoza: : Si je ne sais pas qui je suis, je peux en revanche décider qui je veux être. Moustique peut renaître une nouvelle fois, tel un phœnix, et décider de sa vie, librement!
Cette dernière pensée, cette façon d'envisager l'avenir, toute nouvelle, riche de promesse, lui donnèrent une confiance qu'il goûta sans déplaisir.
:Mendoza: : Si je décide qui je veux être, je peux maîtriser mon destin!
Juan s'était trouvé un nouveau sujet de réflexion, soit. Mieux valait le laisser de côté pour l'instant et se concentrer sur le présent.
Peu après, il s'installa devant le comptoir, aux côtés de Poil-de-Carotte. Celui-ci, occupé à se rouler un cône, avisa le sourire éclatant que lui adressa son comparse.
Il commença:
Ciarán: Toi, à voir ta tête, tu as pris une décision. La bonne décision!
:Mendoza: : Ça se voit tant que ça?
Ciarán: Oh oui! Tu piaffes comme un jeune étalon!
La raison de Mendoza éleva une voix rocailleuse pour dire:
:Mendoza: : Attends de voir la réaction du duc: "Il n'y a qu'une voie, celle que t'a offert notre roi Henri".
Cette réprimande fut balayée par le chant de son cœur. Qu'importe Charles Brandon et que le vent puissant de l'oubli emporte ses diktats!
Mais l'Espagnol n'eut pas le loisir de converser plus longtemps avec sa conscience. Ciarán lâcha un épais nuage de fumée avant de poursuivre:
Ciarán: Mais tu vas devoir encore patienter un peu... Jusqu'à ce soir. Ce qui fait que nous allons pouvoir profiter des derniers instants qui nous restent et trinquer avant de partir!
:Mendoza: : Absolument!
Le regard de Juan-Carlos croisa celui du tavernier. Il allait commander à boire lorsqu'il fut interrompu par un timbre de voix familier: celui de Pedro, le marin à la face simiesque.
Se tenant debout, le matelot harangua les clients de la taverne:
:Pedro: : Écoutez-moi tous, j'ai une affaire à vous proposer...
Les conversations s'éteignirent comme la lueur d'une bougie que l'on venait de souffler. Imitant Macken, Mendoza se retourna et s'accouda au bar. Du coin de l'œil, il avisa la présence d'un jeune garçon qui venait de pénétrer dans l'établissement en se faufilant par la fenêtre.
:Pedro: : ... Une excellente affaire. Sancho et moi, nous partons demain pour le nouveau continent à bord de l'Esperanza, à la recherche d'une ville tout en or...
Le gros bègue, qui se tenait légèrement en retrait jusque-là, se posta devant l'homme au foulard vert et ajouta:
:Sancho: : Une fa...fa, une fa...fa, une fa...fa... fabuleuse ville tout en or. Aïe!
Écartant sèchement son acolyte, Pedro renchérit avec emphase:
:Pedro: : Dans cette ville, tout est en or: les rues, les maisons, les toits des maisons, absolument tout!
:Sancho: : Y'a des rues en... en... en or.
Cette affirmation provoqua l'hilarité générale. Plusieurs clients cherchaient déjà quelque joyeuseté à dire. Un buveur attablé un peu plus loin gloussa:
:?: : Des maisons en or?
Son voisin immédiat, un homme portant un bonnet jaune, fit:
:D : Dis donc Pedro, dans ta ville fabuleuse, si la bière aussi est en or, ça doit être gênant quand on a soif, non?
Les consommateurs s'esclaffèrent de plus belle. Pedro ne s'attendait pas à une telle réplique. Vexé, il rétorqua:
:Pedro: : Non, attendez! Écoutez-moi, c'est sérieux! Il s'agit pour vous d'investir votre argent pour nous aider à financer l'expédition.
:Sancho: : Oui, pour nous ai... ai... ai...
:Pedro: : Vous récupérez votre mise de départ multipliée par cent ou même peut-être par mille!
:Sancho: : Ouais, par... par cent ou même par... par... par... par... beau... beaucoup.
Tentant d'éveiller l'intérêt des deux soiffards cuvant leur boisson devant lui, le marin poursuivit:
:Pedro: : Et dans deux ou trois ans quand l'Esperanza reviendra à Barcelone, ses cales seront littéralement bourrées d'or. Elles seront pleines à craquer, vous m'entendez? Jusqu'en haut du mât, y'aura de l'or!
L'homme à la capeline bleue affalé devant le bonimenteur se redressa et lui asséna:
[-| : Je préfère bien boire et bien manger avec ce que j'ai plutôt que de rêver devant mon verre vide à mon or que je ne reverrai jamais.
Un autre habitué, un moustachu, s'écria:
:x-): : Bien parlé! Oui, oui, il a tout à fait raison!
Sur ces entrefaites, le battant de bois de la porte d'entrée claqua et trois hommes pénétrèrent dans la taverne. L'un d'eux, un grand barbu portant une sorte d'aumusse rouge et une cape jaune demanda:
:geek: : Mes amis! Avez-vous vu Estéban aujourd'hui? Je le cherche partout.
Ce simple prénom fit réagir l'assistance.
[-| : Estéban?
:shock: : Quoi Estéban?
:Pedro: : Euh, non...
Pedro entreprit de reprendre là où il s'était arrêté avant l'intrusion du trio.
:Pedro: : Euh! Au sujet de notre affaire, hein! Au sujet de tout cet or...
L'homme à la barbe de soie grise le coupa de nouveau:
:geek: : Je sais qu'Estéban vient souvent ici écouter les récits de vos voyages.
Un matelot dégarni fit:
:idea: : Il pleut depuis si longtemps sur notre ville...
Un blond installé à côté de lui ajouta:
:cry: : Le fils du soleil doit faire quelque chose.
:Pedro: : Quoi? Quel fils du soleil? Mais de qui parlent-t-ils?
:geek: : Mes amis, c'est très important. La fête en l'honneur du départ de la flotte va avoir lieu et lui seul peut nous aider, vous le savez!
Le chauve abonda dans son sens:
:idea: : Estéban, oui, il a raison. Demandons-lui d'appeler le soleil. Estéban sait le faire venir.
:geek: : Notre bonne ville de Barcelone est prête à offrir une récompense à celui d'entre vous qui nous permettra de retrouver le jeune Estéban...
L'homme parut grandir encore tant il se redressa, et ce fut avec orgueil qu'il lança:
:geek: : Une récompense d'une pièce d'or!
Sancho, Pedro et une partie de l'auditoire s'exclamèrent:
:Sancho: :Pedro: : Oh! Comment? Une pièce d'or!
Les marins, qui étaient une bonne vingtaine, se levèrent en annonçant:
:?: :?: :?: : Bah allons le chercher!
[-| : Allons chercher Estéban!
Peu à peu, la salle se vida. Même Macken allait prendre part à cette "chasse à l'homme" particulière.
:Mendoza: : Ciarán?
Ciarán: Je reviens! Ça ne devrait pas être trop long... Si c'est le cas, rendez-vous ce soir sur le port, à l'heure des complies.
Tandis que Poil-de-Carotte se levait, Pedro demanda à un retardataire:
:Pedro: : Hé, mais... mais, mais...attend... attendez! Qui est ce mystérieux Estéban?
:roll: : C'est un orphelin qui a été élevé par le père Rodriguez, le supérieur de la cathédrale.
:Pedro: : Décidément, je n'y comprends rien.
Près de la porte, les hommes se perdaient en conjoncture. On entendit l'un d'eux proposer:
:?: : Allons le chercher. Il est peut-être sur le port.
Plantés au fond de la salle, les deux marins restèrent bouche bée avant de se ressaisir.
:Pedro: : Sancho... Tu as entendu?
:Sancho: : Une... une pi... pièce...
:Pedro: : Hé! Attendez-nous, hé!... Hé! Attendez-nous! La pièce d'or...
Comme Pedro disait ces mots, les deux compères se précipitèrent dehors, prêts à braver la pluie, laissant le calme régner à l'intérieur de la taverne.
À présent seul, occupé à vider la bouteille commandée, Mendoza se mit à rire. Il reboucha le goulot et fit danser le vin dans son verre.
:Mendoza: : Une pièce d'or...
D'un ample mouvement du bras pour écarter sa cape, il se retourna vivement vers les barriques et lança:
:Mendoza: : Tu peux sortir de ta cachette petit, il ne reste plus que toi et moi!
Il y eut un silence au fond duquel le capitaine crut entendre la respiration soudain plus forte d'Estéban. Ce dernier eut envie de disparaître par où il était entré et en fut incapable, retenu par une force plus puissante que sa volonté. La curiosité sans doute mais il s'y mêlait une sorte de terreur... Enfin, une petite tête émergea de derrière la barricade que formaient les fûts de vin. L'enfant se faufila à quatre pattes par l'ouverture comprise entre les barils et le mur.
Le mercenaire le regardait approcher. De prime abord, c'était un adorable petit être doux et timide, qui aimerait bientôt cet adulte d'une affection ardente.
:Mendoza: : Hum... Voici donc le fameux Estéban, le fils du soleil...
:Esteban: : Comment saviez-vous que je m'étais caché, là-derrière?
:Mendoza: : Je t'ai vu, ce n'était pas difficile... Tu étais perché sur ton tonneau et tu écoutais ce que les hommes racontaient.
Inquiet quant à son sort, Estéban lui demanda:
:Esteban: : Vous allez me livrer pour gagner cette pièce d'or?
:Mendoza: : Te livrer, moi? Ha! Ha! Ha! Non, rassure-toi, mon garçon. Je n'en ai pas l'intention.
La phrase du capitaine s'acheva par un nouvel éclat de rire. Un rire jeune et joyeux mais tonitruant qui laissa le petit fouineur dubitatif.
:Mendoza: : Je ne te trahirai pas et encore moins pour une misérable petite pièce d'or.
:Esteban: : Cette ville d'or dont ils parlaient, vous croyez qu'elle existe vraiment?
Mendoza pivota sur son tabouret et croisa négligemment une jambe sur l'autre.
:Mendoza: : Oui, elle existe!
:Esteban: : Et est-ce que vous savez où elle se trouve?
La curiosité de cet enfant ne choqua pas le Yeoman. Quelque chose lui disait qu'il pouvait lui faire confiance, même s'il ne savait pas grand-chose sur lui et sur le sujet. Jouant du poignet et tournant légèrement la tête sur le côté, il répondit:
:Mendoza: : Ah, oh! Si seulement je pouvais le savoir... L'ennui c'est que personne n'a jamais réussi à...
Mendoza s'arrêta net. Ses yeux s'élargirent comme des soucoupes car son instinct venait de se réveiller. Il fixa son attention sur la gorge de son jeune interlocuteur.
:Mendoza: : Hein?
Il avisa le pendentif en forme de croissant de lune accroché à son cou. Le bijou se tenait en équilibre précaire sur le col de sa robe de novice.
:Mendoza: : Toi?
L'enfant baissa les yeux sur son médaillon incomplet tandis que Mendoza allongea sa main pour saisir l'objet.
:Mendoza: : Est-ce que c'est toi?
Apeuré, le jeune garçon recula vivement.
:Mendoza: : Attends!
Déjà le fils du soleil s'enfuyait, abandonnant ce parfait inconnu qui tentait de le retenir, en vain...
:Mendoza: : Estéban, attends!
Mais le gamin, se faufilant entre les tables et réalisant une véritable prouesse en rattrapant in extremis la bouteille qu'il avait frôlée, se dirigeait inexorablement vers la sortie.
:Mendoza: : Tout à l'heure, quelqu'un a parlé du père Rodriguez, le supérieur de la cathédrale...
L'Espagnol se secoua mentalement pour s'extraire de cette rêverie, retourna s'asseoir et sortit le médaillon de son aumônière afin de le contempler.

100.PNG

Tandis que Rico vaquait à ses occupations, Mendoza médita sur les éléments récoltés. Aucune preuve pour étayer ses soupçons, pourtant il était de plus en plus persuadé que l'apparition d'Estéban n'était pas qu'une simple coïncidence et que celui-ci avait sans doute un rapport avec ces mystérieuses cités d'or.
Le capitaine avait confiance en son instinct et ce dernier lui dictait que cet enfant était celui qu'il avait sauvé des eaux il y a plus de dix ans.
:Mendoza: : Je dois absolument parler à ce garçon pour m'assurer que c'est bien lui. Mais avant ça, je dois aller voir ce commandant Perez pour savoir ce qu'il attend exactement de moi. (Pensée).
Cette rencontre fortuite venait de chambouler ses plans. Il était toujours question de partir à l'aventure, mais pas dans la direction initialement prévue. Le capitaine ne rentrerait donc pas en Angleterre avec Ciarán. Il ne ferait pas non plus halte chez la Dame du lac.
:Mendoza: : Adieu, petite fée... Je ne reviendrai peut-être jamais. De toute façon, ce n'est pas comme si tu m'attendais... (Pensée).
À son tour, le mercenaire quitta la taverne. Dehors, il contempla un instant le ciel et expira profondément. Il lui restait encore beaucoup à faire.

☼☼☼

La nouvelle s'était répandue dans la cité couronnée comme un incendie de forêt: on courait après le fils du soleil pour une pièce d'or. Tandis que la moitié de la ville était à sa recherche, Mendoza traversa la place Sant Jaume. Il était seul et, comme à son habitude, plongé dans des pensées contradictoires.
Alors qu'il se trouvait au milieu de l'esplanade, occupée de promeneurs, son instinct reprit le dessus, une fois de plus. Un danger, proche. Le simple badaud fut aussitôt rangé, repoussé, remplacé par le Yeoman.
Trois pas devant, venant de l'opposé... Ils allaient se croiser. C'était bien lui, dans une tunique brillante de brocart rouge, ses épaules recouvertes d'un camail noir avec liseré violet. Suivi de cinq de ses hommes.
:Mendoza: : Juan Cardona, l'évêque de Barcelone... (Pensée).
Le mercenaire le reconnut dans la foulée, et sa bouche mince s'incurva vers le bas, haineuse. Son regard s'étrécit.
Les deux Juan se toisèrent. Soudain conscients de la tension naissante, les passants s'écartèrent de son épicentre, prenant bien soin de ne pas s'interposer entre eux. Les hommes de l'évêque se tendirent et portèrent la main à leur arme.
Le bretteur faillit dire:
:Mendoza: : Ces épées, vous vous en servez pour torturer? J'aimerais bien les voir se mesurer à la mienne ou à un cimeterre Maure! (Pensée).
Au lieu de cela, il cracha aux pieds des officiers et fit:
:Mendoza: : Dis-leur de se calmer, Cardona. Comme Cobos l'a si bien précisé il y a quelques jours, l'Inquisition n'a aucune autorité à faire valoir ici. Elle ne dépend pas de cette cité où nous nous trouvons, entourés d'innocents citoyens. Et le guet n'est pas loin, je viens de croiser une patrouille. Discutons.
Cardona réfléchit puis fit un signe du poing à ses suivants. Ceux-ci reculèrent hors de portée de voix, et se figèrent en position de repos.
J.C: Ne te crois pas pour autant protégé du courroux du Conseil, Juan-Carlos Mendoza, et surtout pas du mien. Pour moi, tu n'es qu'engeance, un traître à ta patrie, une pourriture vendue à la France!
:Mendoza: : Je n'ai rien à voir avec les Français, Cardona, mais je doute que tu veuilles me croire.
J.C: En effet, tes mots ne sont que des mensonges et tu paieras pour tes traîtrises, j'en fais le serment!
:Mendoza: : Suffit!
Le mot claqua comme un fouet aux lanières hérissées de pointes. Le mercenaire s'avança jusqu'à pouvoir toucher l'ecclésiaste, qu'il toisa de toute sa taille.
:Mendoza: : J'ai bien d'autres choses en tête que ta personne, Cardinal, alors ne force pas ta chance. Car oui, tu as de la chance: en souvenir de cette ville que j'ai adorée avant qu'elle ne m'abandonne, je vais te faire un cadeau et ce n'est pas mon genre. Oublie-moi et tu vivras, tel est mon présent, et, de ma part, c'est un don inestimable. Mais continues à vouloir me nuire et je t'abats, comme je l'ai fait avec ton oncle. Réfléchis à tes options, à ton avenir. Profite de mon offre, elle ne se représentera plus.
L'Inquisiteur blêmit. Par réflexe de protection, il leva son poing armé.
Juan-Carlos saisit la main de l'homme d'église qu'il serra à lui faire blanchir les phalanges et lui plaqua contre les côtes.
D'un murmure, le capitaine railla:
:Mendoza: : Cardinal de Barcelone, membre du Conseil! Fort de ton titre, tu te crois invincible, tu te crois intouchable! Mais ce n'est qu'une illusion, tout comme ton importance... Tu sens ma dague contre ton ventre? Ça, c'est du concret! Oh, inutile de faire un signe à tes hommes, ils ne serviront à rien contre mon arme. Alors, qui détient le pouvoir à présent, cardinal? Qui détient le pouvoir de vie ou de mort? C'est moi, Cardona, et moi seul!
Personne autour d'eux, pas même les officiers de l'Inquisition, n'était conscient de la menace qui pesait sur l'homme vêtu de rouge.
Mendoza accentua encore la pression de sa lame, perçant la peau, faisant couler le sang. Il ricana:
:Mendoza: : Je pourrais te tuer ici même. Répandre tes tripes sur cette place alors que tes hommes ne peuvent rien pour te sauver. Et crois-moi ou non, lorsque je te contemple, avec toute ta suffisance, je vois les traits de Pedro et j'ai du mal à me retenir de ne pas t'ouvrir la panse!
Plus encore que les paroles inquiétantes ou la morsure de l'acier, ce fut ce regard sauvage, d'une fixité inhumaine, qui fit frissonner le cardinal. Le Yeoman ricana une nouvelle fois.
:Mendoza: : Oh oui, je reconnais cette odeur que tu dégages, rance, légèrement sucrée... Tu sues la peur, et tu as bien raison. Je suis la Mort, Juan Cardona. La tienne et celle de tous ceux qui se dresseront contre moi!
Le neveu de Pedro était rivé aux yeux du mercenaire, des éclairs de feu aussi aiguisés, redoutables, que l'acier de sa dague. L'un des officiers, qui venait d'oser se placer à portée de voix, avertit son supérieur:
:| : Le guet!
Mendoza saisit l'information en plein vol.
:Mendoza: : Je suppose que tu connais le seigneur-capitaine Vega, commandant du Guet de Barcelone? Il paraît que c'est un homme très agréable. Vous devez très bien vous entendre.
Cardona ne se méprit pas sur la portée ironique des propos. Il tourna la tête, avisant une douzaine de soldats qui fendaient la foule.
L'évêque se retourna vers Mendoza. Ce dernier avait disparu.
:Mendoza: : Je suis la Mort, Juan Cardona. La tienne et celle de tous ceux qui se dresseront contre moi!
Les mots continuaient de faire vibrer les tunnels de la conscience de l'ecclésiaste.

☼☼☼

Tout en avalant les rues de son pas souple, Mendoza se félicita d'avoir su se contenir. Venant d'épargner la vie du cardinal Cardona, il s'interrogea enfin sur ses agissements, ces derniers temps. Il devait avouer, au moins à lui-même, que tuer était devenu pour lui un acte aussi naturel que manger, boire ou dormir. Était-ce là un comportement répréhensible? Il n'était ni boulanger, ni forgeron, ni marchand de vin.
:Mendoza: : Je suis un Yeoman, on m'a créé, entraîné, encouragé pour être ainsi. Et si je dois réfléchir à chaque fois que je dois agir à la moralité de mes actes, je suis un homme mort. Tout de même, ce n'est pas comme si j'y prenais véritablement plaisir! Ou comme si je tuais pour répondre à un besoin maladif... Je ne suis pas un pervers. D'ailleurs, Je ne suis pas prêt à abattre n'importe qui, gratuitement... Non, cela n'a rien à voir... Attends, en suis-je si sûr? Le duc jusqu'ici ne ne m'a jamais demandé d'ôter la vie de ce que je considère être un innocent. Mais si un jour la chose se produisait? S'il me demandait de tuer cette femme, par exemple, qui marche dans la rue en toute quiétude. Non, pire encore, cet enfant endormi qu'elle tient dans ses bras. Si Charles Brandon m'ordonnait de l'occire, quelle serait ma réaction? (Pensée).
L'élan d'indignation, le "jamais" retentissant que le mercenaire s'attendait à entendre résonner dans son esprit, poussé par sa conscience, ne vint pas. Aucune réponse ne vint, en fait. Il se dit qu'il ferait bien de trouver la réponse à cette question. Car elle risquait bien de s'imposer un jour, dans la réalité qui était la sienne.

☼☼☼

Le manoir du commandant Perez était situé à moins de cinq minutes de la place Sant Jaume, au nord-est. Mendoza passa les lourdes portes de l'enceinte extérieure de la résidence sans être questionné. La gentilhommière consistait en un bâtiment de trois étages, en pierre de Montjuïc, à l'aspect massif, aux balcons rehaussés de mimosas et de pensées aux couleurs vives. Outre la bâtisse seigneuriale, le domaine comprenait une cour intérieure encadrée d'un jardin, une longue écurie et un corps de garde. Dans une stalle, à l'abri de la pluie, un palefrenier étrillait la robe d'un magnifique cheval. Non loin de là, deux jardiniers taillaient les massifs de roses bordant l'allée principale. Alors que le capitaine la traversait, un serviteur en livrée pourpre et blanche sortit à sa rencontre.
Sous sa véritable identité, le mercenaire demanda à voir le commandant. Le valet s'empressa d'aller le prévenir, le laissant attendre dans un vestibule orné d'une fontaine de marbre. À droite de l'escalier central à rampe de fer forgé, une immense pièce aux murs couverts de livres. À gauche, une salle à manger décorée de lustres étincelants. Quelques domestiques des deux sexes habillés comme le portier passaient de pièce en pièce.
Un page vint chercher l'homme à la cape bleue. Il le fit passer d'un côté de l'escalier pour emprunter un long couloir décoré de statues en pied. Au bout de ce couloir, une porte à double battant. Le page ouvrit, annonça le visiteur et se retira. Mendoza entra dans une antichambre aux murs couverts de rayonnages en pin. Il se retrouva face à Perez, tout sourire.
Florentino Perez. Un nom qui sonnait bien suavement pour un homme qui semblait tout le contraire.
Debout contre la cheminée éteinte qui ornait le mur, le noble était un individu de stature imposante. De larges épaules, recouvertes d'un pourpoint vert pâle très souple, avec son décolleté, laissant voir le bord de sa chemise rouge écarlate et son petit caleçon court. Des jambes puissantes, prises dans une paire de bas très long et terminées de bottes grises montant jusqu'aux genoux. Il portait sur lui un poignard dans un fourreau en travers de la ceinture.
Perez: Ah, señor Mendoza, finalement vous vous êtes décidé à venir me voir!
:Mendoza: : Si tu crois m'amadouer avec ton beau sourire... Il a l'air tellement faux! (Pensée).
Le Yeoman esquissa une expression rieuse au moins égale et lui serra la main à lui en arracher le bras. Perez l'invita à entrer dans son bureau.
En fait de bureau, la pièce se révélait être un ancien cellier reconverti. C'était une grande salle haute de plafond avec peu de meubles. De grandes tentures cramoisies masquaient les murs et une série de tapis de la même teinte couvrait le sol de pierre grise. Une table de travail en chêne massif, encombrée de plusieurs piles de documents, trônait devant une verrière qui ouvrait sur une seconde cour cernant l'arrière de la propriété.
Perez: Je vous en prie, mettez-vous à l'aise, señor.
Le commandant désigna un carré de banquettes entourés de plantes, au centre duquel reposait une table basse. Le mercenaire s'assit, le temps que Perez aille lui-même chercher sur un guéridon un plateau contenant une carafe de cristal et deux verres. Mendoza nota qu'il ne faisait pas de manières et ne s'encombrait pas de serviteurs destinés à combler ses moindres désirs.
Revenu auprès de lui, Florentino posa le plateau et lui servit un verre de liqueur, avant de s'asseoir à son tour.
Perez: Si vous êtes là, c'est pour me donner votre réponse, n'est-ce pas?
:Mendoza: : En effet.
Perez: Votre venue est inespérée car, je ne vous le cache pas, je n'ai trouvé personne d'assez téméraire pour franchir le détroit de Magellan. Vos deux amis marins m'ont affirmé que vous aviez déjà traversé cette passe par deux fois.
:Mendoza: : C'est exact...
Perez: Et puis-je savoir ce que vous avez décidé? Je ne voudrais pas vous bousculer, mais le temps presse. L'Esperanza doit partir demain matin. Serez-vous, oui ou non, notre navigateur?
Juan sirota sa liqueur avec délectation avant de répondre:
:Mendoza: : Oui...
Il marqua une pause et relança:
:Mendoza: : ... Mais nous allons nous mettre d'accord sur un point précis: je serai votre pilote, cependant, je n'entre pas à votre service. Je mène mes affaires comme je l'entends et je déteste rendre des comptes. Une fois à bord, n'essayez pas de me donner des ordres, ce serait une erreur...
Certains aristocrates auraient pu se choquer d'un tel langage. Pas Perez. Il avait besoin de cet homme.
Perez: Vous ne mâchez pas vos mots, au moins, señor Mendoza. Vous voulez garder votre indépendance, c'est clair, et je le comprends tout à fait. À présent, à moi de fixer mes propres conditions, une seule en fait. Avant d'entreprendre ce voyage, vous allez devoir faire au moins une chose pour moi.
:Mendoza: : Quoi donc?
Perez: Je suis un individu fort occupé, mon temps est précieux, je vais donc être bref: un homme de votre trempe me serait des plus utiles. La mission que je vais vous proposer est simple. En l'honorant, vous serez riche. Son Excellence, le seigneur Gomez saura se montrer généreux...
:Mendoza: : Le seigneur Gomez?
Perez: Il est chargé, sous les ordres du gouverneur Pizarro, de diriger l'invasion des conquistadors en compagnie du capitaine Gaspard...
:Mendoza: : Je vois.
Perez: Pour en revenir à votre mission, elle consiste à s'introduire dans le palais royal et d'enlever une petite fille afin de me la ramener.
:Mendoza: : Une petite fille! Pour quelle raison dois-je vous la ramener? Je ne bougerai pas d'un pouce si j'ignore vos motivations. Vous avez sûrement une réponse à me fournir, commandant?
Perez croisa les doigts avec nonchalance et sourit du bout des lèvres. Calmement, il répondit:
Perez: Oui, j'en ai une. Le gouverneur Pizarro a besoin d'elle...
La colère empourpra soudain le visage de Mendoza.
:Mendoza: : Si vous ne voulez pas m'en dire davantage, souffrez que je me retire... Et bonne chance pour franchir le détroit, commandant!
Perez: Laissez-moi finir... Elle est la fille d'un grand prêtre Inca. Comme ce dernier a disparu et que le quipu en possession du gouverneur n'est lisible que par son auteur, Pizarro pense que ce prêtre a certainement dû instruire son enfant pour qu'elle puisse le remplacer en cas de nécessité. Le capitaine général de Nouvelle-Castille compte sur elle pour lui indiquer la route des cités d'or.
Ce métal semblait décidément représenter pour Pizarro le bien suprême, le but à atteindre. Partageant le même sentiment et trouvant le motif valable, le mercenaire concéda:
:Mendoza: : Soit! Je me rendrai au palais dès ce soir.
L'atmosphère, si menaçante l'instant précédent, venait de s'alléger comme par enchantement.
:Mendoza: : Juste une question: à quoi ressemble cette petite fille?
Perez: Eh bien... Je n'ai jamais eu l'occasion de l'approcher, mais je suppose qu'elle doit être comme toutes les femmes de son pays: un brin exotique. Et puis, les suivantes Incas sont assez rares au palais pour que vous vous trompiez. La seule chose que je puisse vous dire, c'est qu'elle répond au doux nom de Zia.
:Mendoza: : Je vous la ramènerai. Pieds et poings liés, s'il le faut.
Perez: Alors, on peut dire que c'est chose faite! Vous êtes incontestablement un homme efficace: en un tournemain, cette affaire sera réglée. Nous allons être riches, señor Mendoza! Riches comme la reine du sabbat...
Machinalement, le marin-mercenaire rectifia:
:Mendoza: : "...de Saba!"
Mais Perez ne l'écoutait plus. Il rêvait tout éveillé, se voyant déjà couvert d'or et de joyaux. Le Catalan ne l'écoutait pas davantage. Il réfléchissait.
:Mendoza: : La compétition va être rude car, une fois là-bas, Sancho, Pedro et moi allons devoir composer avec toute une bande de rapaces: Pizarro, Gomez, Gaspard, Perez... Sans compter ceux dont j'ignore encore l'existence... (Pensée).
Sa liqueur terminée, le navigateur annonça:
:Mendoza: : À présent, je vais vous laisser. Je dois prendre certaines dispositions afin de m'acquitter de cette tâche.
Tout en se levant, le commandant fit:
Perez: Revenez quand vous voulez. Ma porte vous est grande ouverte, sauf cet après-midi car je vais être occupé en ville. Je dois aller prévenir Son Excellence que vous vous chargez de cette basse-besogne. Si vous voulez venir en soirée, aucun problème. Je déteste les mondanités et je sors peu. En vérité, je serai ravi de dîner en votre compagnie.
:Mendoza: : Je serai fort occupé, ce soir... À demain, commandant.
Perez: Je vous raccompagne.
:Mendoza: : Inutile, je trouverai mon chemin.
Il était soulagé d'en finir et de se débarrasser de cet homme trop onctueux à son goût. Perez salua Mendoza avec bonne humeur mais Florentino n'eut même pas l'aumône d'un hochement de tête.

☼☼☼

En sortant du manoir, Mendoza entendit des cris provenant de la rue. En levant les yeux, il aperçut une silhouette grimper sur le mur de l'enceinte. Il reconnut immédiatement sa poule aux œufs d'or.
Élevant la voix, quelqu'un ordonna:
:geek: : Estéban! Descends tout de suite!
Se mettant debout, celui-ci nargua ses traqueurs:
:Esteban: : Ho, hé! Montez-donc me chercher!
Mais pris de vertiges, le fils du soleil se mit à chanceler dangereusement.
:?: : Attention!
En bas, les hommes étaient prêts à le réceptionner. Encore fallait-il qu'il chute de leur côté. Au même moment, à l'intérieur de la propriété, avisant un seau d'eau destiné à étancher la soif du cheval, le mercenaire s'en saisit et le balança sur le petit garçon. Surpris et déséquilibré, ce dernier tomba heureusement dans les bras de ses poursuivants.
Fâché, il demanda:
:Esteban: : Qui m'a arrosé? C'est toi? Tu n'es qu'un lâche!
Ayant grimpé à son tour sur la muraille, le Catalan riposta:
:Mendoza: : Eh bien, Estéban! On dirait que tu n'es pas heureux de participer à la fête du port!
Jetant le seau vide, Juan-Carlos se mit à rire tandis que l'otage protestait:
:Esteban: : Non! Laissez-moi! Lâchez-moi, vous n'avez pas le droit! Mais lâchez-moi!

À suivre...

*
*Couffes: Amples paniers, flexibles et résistants, servant à faire des balles pour le transport de produits variés.
Dernière modification par TEEGER59 le 15 nov. 2020, 19:47, modifié 1 fois.
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!
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Re: Fanfic: Le monde est dans sa jeunesse.

Message par IsaGuerra »

Chapitre sympa et tout
Relire les scènes du premier épisode m'ont fait bien sourire, le début de tout !
Et bien joué pour l'entretien entre Mendoza et Perez ;)
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Re: Fanfic: Le monde est dans sa jeunesse.

Message par Aurélien »

IsaGuerra a écrit : 15 nov. 2020, 18:19 Chapitre sympa et tout
Relire les scènes du premier épisode m'ont fait bien sourire, le début de tout !
Et bien joué pour l'entretien entre Mendoza et Perez ;)
Ca reprend un tout petit peu le premier episode de la saison 1 ! A moin d'en faire un scénario complètement différent de celui initié !
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Re: Fanfic: Le monde est dans sa jeunesse.

Message par yupanqui »

Un bon chapitre pour faire le lien entre ton histoire et MCO 1.
Je me demandais bien comment tu allais y arriver...
Est-ce qu’on va revoir Patakon pour le rapt de Zia ?
J’espère que Mendoza va se faire un super repas ce soir car ce sera le dernier avant longtemps...
Et il doit faire ses adieux à Ciarán... et s’occuper du cas d’Esteban...
Ça s’accélère !
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Re: Fanfic: Le monde est dans sa jeunesse.

Message par TEEGER59 »

Suite.

CHAPITRE 52.

L'Impératrice Isabelle, ses suivantes sur les talons, eut juste le temps de gagner la fenêtre du premier étage: des pétards ouvrant le parcours du petit prodige éclataient un peu partout.
Celui que les Barcelonais appelaient "le fils du soleil" avait prit place, de mauvaise grâce, dans une litière richement tapissée, portée par quatre hommes pour faire, dans la ville, une entrée plus proche du cœur des habitants.
Des manifestations de joie l'accueillirent. Estéban regardait ces gens l'applaudir, l'encenser, crier son nom et il eut honte de s'exhiber ainsi.
Sa splendeur coupa néanmoins le souffle des assistants: il portait une robe de satin blanc et, sur la tête, la plus fabuleuse coiffure qui se puisse admirer: une haute mitre auriphrygiaque, en drap d'or. Sous ce chapeau de parade, sans doute aussi précieux que la couronne impériale, le jeune garçon n'appréciait visiblement pas les acclamations du peuple.
:?: : Estéban! Arrête la pluie!
:Esteban: : Vous êtes tous complètement fous, comment pouvez-vous imaginer que je peux faire apparaître le soleil?
À vrai dire, il n'avait pas l'air très à son aise, mais chacun mettait cette attitude sur le compte de la timidité, seyante et même touchante chez un jeune garçon chargé d'un tel pouvoir.
Répondant d'une moue boudeuse aux vivats frénétiques dont la foule saluait son passage, il se dirigeait vers le port d'un air absent, ne regardant rien ni personne. Arrivant sur l'esplanade, l'orphelin montrait toujours son mécontentement tout en restant silencieux, passif. Il aurait pu continuer pendant des heures, mais l'homme à la barbe de soie qui l'escortait le chapitra:
:geek: : Voyons Estéban, sois raisonnable, je t'en supplie. Sa Majesté la reine elle-même est à son balcon.
Tournant les yeux vers certaine méniane, l'Élu put apercevoir trois nobles femmes s'asseoir et joindre leurs mains en espérant qu'un miracle se produise.
:Esteban: : Vous pouvez toujours prier, c'est pas ça qui fera venir le soleil... (Pensée).
Cheminant toujours vers la colonne où la litière allait être hissée, l'angle de vue du petit garçon changea.
:Esteban: : Hé!

101.PNG

C'est sur une jeune fille étrangère qu'il posa le regard interrogateur de ses yeux ayant la délicieuse couleur du cacao. Il flaira chez elle une aura de mystère.
Longue, fine, avec un corps souple et charmant qui était la grâce même, un mince cou flexible, un petit nez un peu retroussé et de grands yeux bruns, doux comme ceux d'une biche, elle portait sa petite tête parfaite, alourdie d'un casque de cheveux bruns entremêlés d'un mince cordon d'or natté.
Elle était si belle que le cœur d'Estéban se serra: elle était unique, inoubliable...
Ni triste, ni gaie, se tenant debout sur le balcon d'une chambre peinte à fresques dont le sol de marbre était en partie couvert par un tapis Khorassan, la jeune fille regardait, en bas dans la rue, et sans vraiment s'y intéresser, cette drôle de cérémonie.

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Un profond sentiment d'absurdité occupait son esprit. Que faisait-elle là, dans ce palais dont la somptuosité s'adressait surtout à un homme dont la puissance, il est vrai, s'étendait jusqu'aux limites de la Chrétienté. Son sort dépendait de l'épouse de l'Empereur dont elle était la captive. Au bout de quatre ans, elle ne savait toujours pas pourquoi on lui avait fait parcourir la moitié du globe.
La claustration forcée altérait sa santé bien qu'une servante ouvrît sa fenêtre matin et soir, aussi souvent que le temps le permettait pour que l'air de la mer pût assainir sa chambre. La nourriture de ce pays et le manque d'exercice, joints aux regrets incessants de ceux qu'elle avait laissés derrière elle, faisaient le reste.
:Gomez: : Regardez-la bien, commandant Perez. Voici la jeune fille dont je vous ai parlé.
Au milieu de la plèbe, deux hommes conversaient, les yeux rivés sur la balustrade royale.

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Le personnage qui s'adressait au commandant était un homme de haute taille, qui pouvait avoir de trente à quarante ans et dont l'allure annonçait à la fois le seigneur et le conquistador. Sur de larges épaules, il érigeait une tête arrogante et grisonnante. Le visage aux maxillaires puissants, au grand nez dédaigneux, aux lèvres minces qu'un pli railleur relevait d'un côté était trop asymétrique pour prétendre à la pureté Grecque mais quand il lui arrivait de sourire, cette bouche dure montrait des dents éclatantes et, sous l'abri des sourcils droits, les yeux noisette pétillaient d'intelligence et d'ironie. Le grand manteau que l'inconnu portait sur le dos découvrait un pourpoint de velours gris, zébré de trois bandes horizontales jaunes.
Perez: Oui, vous avez raison, seigneur Gomez. C'est la petite Zia. On dit qu'elle est capable de comprendre les signes des Incas.
:Gomez: : Le gouverneur Pizarro compte beaucoup sur vous.
Sa voix bien timbrée mais souple et caressante aurait pu être celle d'un chanteur et il était évident qu'il savait en jouer avec charme...
Perez: Mendoza s'occupe de tout. Votre plan sera suivi scrupuleusement.
Se tournant vers son subalterne, son Excellence fit:
:Gomez: : Hum! Mendoza...
Un sourire chargé de venin apparut sur les lèvres du commandant, cependant qu'un éclair s'allumait dans son regard:
Perez: Oui! C'est le type d'homme idéal pour ce genre de travail, seigneur Gomez. Pour de l'or, il ferait n'importe quoi!
Un cri enfantin coupa court à la philippique dans laquelle s'était embarqué Florentino.
:Esteban: : Ah, non! Non, arrêtez!
Les deux nobles lancèrent une œillade en direction de la colonne.
:Esteban: : Mais arrêtez! Non, non! J'ai le vertige, laissez-moi descendre! C'est trop haut, j'ai peur... Laissez-moi redescendre!
Malgré les supplications d'Estéban, la litière n'en continuaient pas moins de monter, hissée par sept hommes, des citoyens musclés qui s'étaient proposés comme volontaires.
:Esteban: : Je veux descendre, j'ai le vertige! Non! Faites-moi redescendre! Ahhh!!!!
S'agitant de la sorte, le fils du soleil faisait balancer dangereusement la plate-forme. Virevoltant d'avant en arrière, il avait l'air d'un papillon affolé dans une pièce close.
La peur du vide qui visitait cet angoissé l'ébranla de fond en comble, et, ballotté comme un fétu par la tourmente, il hurla à s'en abîmer les cordes vocales.
:Esteban: : Ah!!! Ah!!!!
En bas, l'assistance entière leva les yeux au ciel. Il y avait plus d'une centaine de personnes, parmi lesquels travailleurs, marins et même ecclésiastiques: Juan Cardona avait ôté ses habits de cardinal et était vêtu comme les autres, avec une grosse pièce de toile rouge enroulée à la taille en guise de ceinture.
De son côté, jouant des coudes et du pommeau de son épée, Mendoza cherchait Ciarán parmi tous ces visages. Comme il ne le vit pas, il vint se ranger derrière l'homme à la barbe de soie.

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Ce dernier, se faisant un porte-voix de ses deux mains, cria:
:geek: : Estéban, je t'en prie, sois gentil, appelle le soleil!
L'ordre résonna sur l'esplanade. Immédiatement, beaucoup d'autres firent de même.
:?: : Ouais, le soleil, Estéban!
:?: : Le soleil!
L'orphelin était paralysé par la peur, étourdi. Une petite main apparut et se cramponna sur le rebord de la litière. À ses pieds, les spectateurs reprirent en chœur:
:?: : Le soleil!
Le jeune garçon sentit un nœud dans sa gorge. Tout le duvet de son corps se hérissait. Il lui fallut beaucoup d'empire sur lui-même pour se redresser et se pencher afin de se faire entendre:
:Esteban: : Laissez-moi descendre!
Mais personne ne voulait l'écouter. On se mit à brailler de plus belle:
:?: : Estéban! Fais cesser la pluie!
:?: : Appelle le soleil!
:?: : Allez! Vas-y!
:?: : Allez!
Mendoza, qui observait le spectacle avec un silence révérencieux, l'encouragea mentalement:
:Mendoza: : Allez, Estéban...
Les souvenirs du capitaine lui revenaient à présent en mémoire et il était à peu près certain de qui se trouvait là-haut. Le Yeoman, dont toute l'attention était rivée sur la nacelle se demandait s'il allait assister au même miracle que lorsqu'il était ce jeune marin naviguant sur la Trinidad, le navire amiral de Magellan, lors de son voyage vers les îles aux épices.
Au mileu des cris, l'Élu se rebella:
:Esteban: : Non, je ne veux pas!
Il prononça dans la foulée une imprécation dans le genre de celle dont Macrobe, un patricien Espagnol venu exercer une carrière de haut fonctionnaire à Rome, clama contre une armée hostile: "Ô Dieux, répandez l'effroi, la terreur, le mal parmi nos ennemis. Que ces hommes et quiconque habite leurs champs et leur ville, soient par vous privés de la lumière du soleil."
:Esteban: : Je veux qu'il pleuve, je veux qu'il pleuve encore plus!...
Il se tourna vers les nuages et s'adressa à eux en agitant les bras:
:Esteban: : De la pluie, des seaux, des tonneaux de pluie! Je veux que la pluie ne s'arrête jamais!
Il parlait avec véhémence. Comme pour répondre à son appel, le ciel se déchira et le tonnerre se mit à gronder. Surpris, le garçon chancela et tomba sur son banc. Voulant se relever, ses pieds bougèrent comme ceux d'un canard qui n'aurait pas voulu avancer. À nouveau debout, il s'époumona:
:Esteban: : Faites-moi descendre, dépêchez-vous! La foudre va me tomber dessus!

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Sa mitre glissa de sa tête et tournoya comme une feuille morte vers le sol. Estéban n'osait plus regarder en bas. Pris d'un nouveau vertige qui faisait tourner les choses autour de lui, il s'écroula sur le banc.
Puis soudainement, le vent se leva et chassa les nimbus, rendant la lumière plus délicate.
:?: : Oh regardez! Les nuages se dissipent!
:?: : Le soleil! Regardez!
La reine, avec un grand sourire de satisfaction, regarda, admirative, le bleu du ciel. Réapparaissant enfin après plusieurs jours, l'astre du jour lançait des éclairs de couleur sur le port et sur l'eau ondulante.
:?: : Le soleil est revenu!
:?: : Il a réussi!
Mendoza se laissait porter par l'enchantement du moment, le regard perdu vers l'horizon, l'esprit en harmonie avec la danse de la mer qui commençait à se couvrir d'argent.
De son perchoir, Estéban regardait en l'air et fit humblement:
:Esteban: : Je ne comprends pas!
:?: : Hourra!
En bas, la foule exultait. Rires et hurlements de joie fusèrent de toutes parts, jusqu'à ce qu'une voix, plus forte que toutes les autres, retentisse:
:?: : Faites-le descendre, vite! Le père Rodriguez est au plus mal!
Les cris moururent, les conversations cessèrent, seul Estéban s'exclama:
:Esteban: : Quoi? Oh non, le père Rodriguez!

☼☼☼

Le temps était passé plus vite que Mendoza ne le pensait et, à présent, le soleil se couchait dans un feu d'artifice. Sur ce fond sanglant, le capitaine se dirigea vers la cathédrale, certain d'y trouver des réponses.
Dans le cloître, alors qu'il approchait de la chambre du père Rodriguez, il reconnut le timbre de l'orphelin achevant de narrer ce qui lui était arrivé plus tôt. Le capitaine tendit l'oreille, et la voix du saint homme, gisant sur son lit de mort, parvint faiblement jusqu'au lui:
Rod: Estéban! Et tu dis que la pluie a cessé.
:Esteban: : Oui.
Rod: Estéban, je l'ai toujours su, vois-tu, mon petit. Tu n'es pas un enfant comme les autres enfants.
:Esteban: : Oh, Père, je ne comprends pas ce que vous dites...
Rod: Estéban, je dois te révéler un grand secret avant qu'il ne soit trop tard... Écoute bien ce que je vais te dire... Il y a douze ans de cela, Magellan revenait d'un voyage autour du monde. Alors que son escadre traversait l'océan pacifique, une tempête les surprit...
De l'autre côté de la porte, le mercenaire venait de comprendre.

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Son esprit rapide avait déjà fait le rapprochement. Il écouta tout de même la version du père Rodriguez, et découvrit, sans que cela soit réellement une surprise, l'épopée quelque peu merveilleuse des premières années du jeune garçon.

☼☼☼

Après avoir rejoint Estéban en haut du clocher et s'être enfin entretenu avec lui, le capitaine quitta la Plaza Nova.
Entre chien et loup, il passa près du palais épiscopal de l'évêque, qui ne manquait pas d'observer la foule depuis ses fenêtres, remonta la calle del Bisbe jusqu'à la plaza Sant Jaume et, de là, face à la Casa de la Cuitat, il prit la direction du port.
À présent, il s'agissait de pénétrer à l'intérieur du palais impérial mais Mendoza en ignorait les aîtres en dehors de ce qu'il avait pu apercevoir de la rue: des bâtiments très certainement ordonnés autour d'une grande cour.
En deux sauts légers, le Catalan fut devant l'entrée. Tandis que le fils du soleil cherchait un refuge dans l'oraison, redevable de tous les soins pris par le père Rodriguez pour lui garantir un avenir comme on devrait pouvoir en assurer à tout enfant arrivant dans un monde trop dur pour leur faiblesse, la porte du palais de la reine s'ouvrit facilement sous la main du bretteur, et sans le moindre grincement.
L'obscurité de la résidence engloutit le Yeoman qui resta immobile un moment pour habituer ses yeux aux ténèbres environnantes. L'occultation des fenêtres ne rendait pas la chose aisée mais il aperçut finalement un charbon qui rougeoyait, probablement dans une cheminée, et l'Espagnol alla y allumer la bougie qu'il avait dans sa poche. Il vit alors qu'il se trouvaient dans un immense hall au fond duquel apparaissait un somptueux escalier et une épaisse porte bardée de fer donnant sur le jardin. Personne n'était en vue.
Une autre porte peinte et ouvragée apparaissait sur le côté. S'en approchant, Mendoza entendit des bruits de voix d'hommes et des rires. Puis il y eut un fracas de meuble remués, tandis que le ton des voix montait jusqu'à la querelle. On allait se battre dans cette salle, peut-être celle des gardes du palais. Donc, à éviter.
Un léger bruit se fit entendre à l'étage. La senestre du capitaine se porta à sa botte. Sa dague pointée devant lui, il monta prudemment les marches, veillant à ne pas les faire craquer.
L'escalier le mena jusqu'au premier sans rencontrer âme qui vive.
:Mendoza: : Les domestiques doivent tous dormir là-haut. (Pensée).
Effectivement, quand sa tête émergea au ras du second étage, il apercut un garde qui dormait profondément, appuyé sur sa pertuisane. Il n'était pas difficile de deviner qui reposait derrière celle-ci...
:Mendoza: : Il faut que je m'en débarrasse... (Pensée).
Souple et silencieux comme un chat, le mercenaire se glissait déjà vers le dormeur qui, du fond de son sommeil dut deviner son approche car il remua, grogna et changea de position. À deux pas de lui, le Catalan retenait sa respiration. Mais, avec un soupir de contentement, le garde se rendormit. Alors, d'un formidable coup de poing asséné avec la rapidité et la force de la foudre, Mendoza assomma l'homme qui s'effondra sur le sol. Ensuite, après l'avoir ficelé et bâillonné, il le tira par les pieds dans un cabinet de bains où il l'abandonna sur le tapis avant de refermer la porte. Le chemin était dorénavant libre... Enfin presque. Un tout petit garçon venait de faire irruption dans le couloir.
:?: : T'es qui, toi?
Assurant fermement le manche dans sa main, Mendoza n'hésita même pas. Brandissant sa dague, il l'abattit de toutes ses forces sur la tête du bambin qui s'effondra sans un cri. Ce fut si soudain, qu'un peu inquiet il s'accroupit près de la petite forme noire et inerte, craignant de l'avoir tué. Cette crainte était l'unique raison pour laquelle le Yeoman avait choisi le plat de sa dague plutôt que le pommeau. Il fut vite rassuré. Les cheveux avaient amorti le choc. Le gamin s'en tirerait avec une grosse bosse. À présent, il n'y avait plus de temps à perdre.
Aiguillonné par la hâte, le mercenaire le ligota puis lui fourra dans la bouche un mouchoir qu'il assujettit avec une écharpe de soie. Enfin, il le porta sur l'épaule et l'enferma avec le garde. En admettant que ces deux-là réussissent à se libérer, il faudrait un moment avant que l'on vînt à leurs secours, la petite salle d'eau n'ayant pas de fenêtre, mais seulement des bouches d'aération.
La porte de nouveau close, le capitaine exhala un profond soupir de soulagement. Mais le plus difficile restait à faire...

À suivre...
Dernière modification par TEEGER59 le 19 nov. 2020, 21:09, modifié 1 fois.
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!
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IsaGuerra
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Re: Fanfic: Le monde est dans sa jeunesse.

Message par IsaGuerra »

Petit plaisir de voir l'épisode 1 retranscrit ^^
Avec la description de Zia tu vas faire un heureux :lol:
le plus difficile restait à faire... → Non à peine
En tout cas hâte de lire la suite de l'enlèvement
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« J'ai de bonnes raisons de faire ce que je fais » Isabella Laguerra
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