FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

C'est ici que les artistes (en herbe ou confirmés) peuvent présenter leurs compositions personnelles : images, musiques, figurines, etc.
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yupanqui
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par yupanqui » 20 juin 2019, 01:24

Pauvre Zia...
Seul un prince charmant pourra la réveiller. Esteban !
« On sera jamais séparés » :Zia: :-@ :Esteban:

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nonoko
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par nonoko » 20 juin 2019, 07:36

TEEGER59 a écrit :
19 juin 2019, 22:01
de façon sporadique... :x-): :x-): :x-):
:?:
"On savoure mieux ce qu'on a désiré plus longtemps, n'est-ce pas Mendoza?"
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Ra Mu » 20 juin 2019, 09:58

nonoko a écrit :
20 juin 2019, 07:36
TEEGER59 a écrit :
19 juin 2019, 22:01
de façon sporadique... :x-): :x-): :x-):
:?:
Selon Perceval, la "propérité sporadique", c'est la partie "coupante" du fenouil. très utile quand on a pas d'arme sur soi dans une auberge.
:D
8-x
Ok je :arrow:

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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Seb_RF » 20 juin 2019, 09:59

yupanqui a écrit :
20 juin 2019, 01:24
Seul un prince charmant pourra la réveiller. Esteban !
pas dutout
^^
Image

note serie:
MCO1: 19/20

Haberation totale:
MCO2: 6/20
MCO3: 4/20
Fanarts: viewtopic.php?f=14&t=2301 de mes débuts à aujourd’hui :x-):

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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Akaroizis » 20 juin 2019, 11:53

Voilà une bonne fin pour un seigneur digne.
Et j'attends. :x-):

(y'a sûrement des fautes et quelques erreurs de ponctuations, mais c'est monnaie courante dans toute fanfic et celle-là est de loin la mieux écrite que j'ai lue, avec celle de Tiger évidemment ^^)
Le présent, le plus important des temps. Profitons-en !

Saison 1 : 18.5/20
Saison 2 : 09/20
Saison 3 : 13.5/20


Ma présentation : viewtopic.php?f=7&t=80&p=75462#p75462

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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par nonoko » 22 juin 2019, 20:48

Akaroizis a écrit :
20 juin 2019, 11:53
Voilà une bonne fin pour un seigneur digne.
Et j'attends. :x-):

(y'a sûrement des fautes et quelques erreurs de ponctuations, mais c'est monnaie courante dans toute fanfic et celle-là est de loin la mieux écrite que j'ai lue, avec celle de Tiger évidemment ^^)
Pas d'affirmation sans preuves! Shakarlock n'a plus qu'à relire pour traquer les fautes et les erreurs de ponctuation parce que moi je n'ai pas (du moins ce soir) le courage de relire encore après tant de relectures. Un indice: il me semble que j'ai omis sciemment, par paresse, de rajouter des traits d'union :tongue: . A part ça merci pour le compliment et patiente bien, mais je sais que tu es doué pour ça. ;)
Ra Mu a écrit :
20 juin 2019, 09:58
nonoko a écrit :
20 juin 2019, 07:36
TEEGER59 a écrit :
19 juin 2019, 22:01
de façon sporadique... :x-): :x-): :x-):
:?:
Selon Perceval, la "propérité sporadique", c'est la partie "coupante" du fenouil. très utile quand on a pas d'arme sur soi dans une auberge.
:D
8-x
Ok je :arrow:
Euh...merci de m'avoir éclairée mais je ne suis pas sûre d'apprécier à sa juste valeur le fait que mon texte fasse penser à un épisode de Kaamelot. Je trouvais cet adjectif un peu trop cliché, certes, adapté à la situation malgré tout...je le remplacerai peut-être un jour. Pour l'instant je n'ai plus envie de faire des modifications. Je vais essayer de terminer le chapitre.
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par TEEGER59 » 22 juin 2019, 22:30

nonoko a écrit :
22 juin 2019, 20:48
Euh...merci de m'avoir éclairée mais je ne suis pas sûre d'apprécier à sa juste valeur le fait que mon texte fasse penser à un épisode de Kaamelot. Je trouvais cet adjectif un peu trop cliché, certes, adapté à la situation malgré tout...je le remplacerai peut-être un jour. Pour l'instant je n'ai plus envie de faire des modifications. Je vais essayer de terminer le chapitre.
Ce n'est pas un drame si cet adjectif me fait penser à cette série, quand même!
Pourquoi le remplacer? C'est inutile. Et bon courage pour la suite.
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!

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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Akaroizis » 23 juin 2019, 09:44

Mais j'ai des preuves, détrompe-toi ! :x-): Je les utiliserai juste au moment venu... quand je daignerai rechercher tout cela :roll: :tongue:.
(non mais vraiment, c'pas grave du tout o/)
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par nonoko » 06 août 2019, 11:23

Euh...je crois me souvenir que j'avais prévu de publier début juillet, mais heureusement personne n'a remarqué que je n'avais pas tenu le délai annoncé. Comme je n'ai quasiment rien écrit depuis et que je m'y remets seulement maintenant, je publie la partie 8 prête depuis longtemps et qui devait constituer la fin du chapitre. Mais ce ne sera pas la fin, tant pis pour vous. Bonne lecture.

Partie 8

La nervosité de Yoshihiro grandissait de minute en minute, et il éprouvait de plus en plus de difficulté à conserver le calme nécessaire pour ne pas communiquer son inquiétude à ses troupes. Le soleil était levé depuis plus longtemps que prévu, et aucune nouvelle de l’arrivée de l’oiseau d’or ne lui avait été apportée. Il était convenu qu’il se poserait de l’autre côté des collines boisées, où un soldat attendait pour pouvoir ensuite en informer Yoshihiro. Alors seulement le jeune guerrier marcherait sur le château. Son père avait prévu que le Daimyo Itô ne se laisserait pas provoquer ainsi et ferait sortir au moins une partie de ses troupes. A ce moment l’oiseau d’or se montrerait, et sèmerait la panique jusqu’au cœur du château. Mais l’oiseau d’or n’était pas encore là. Etait-ce dû à une erreur dans les calculs de son père, ou s’était-il passé quelque chose ? Le gaijin les avait-il trahis ? Yoshihiro s’attendait à tout instant à voir déferler les troupes du clan Itô. Même s’ils étaient restés à couvert dans les bois, les sentinelles finiraient par les repérer. Cette situation lui déplaisait au plus haut point. Devoir se cacher tout en redoutant de laisser à l’ennemi le temps de préparer sa défense, ou une attaque. Les paysans avaient déjà investi les rizières qui s’étalaient au pied de la colline où se dressait la forteresse qu’il était censé encercler. Yoshihiro imaginait que l’un d’eux avait déjà donné l’alerte, même s’ils ne donnaient pas l’impression de s’être aperçus de la présence de l’ennemi. Son impatience était telle qu’il était prêt à lancer ses troupes sans attendre plus longtemps afin de garder l’avantage de la surprise, en supposant que les troupes adverses n’étaient pas prêtes. Dans le cas contraire, il risquait de se heurter à une défense face à laquelle ses chances de l’emporter étaient incertaines. Ses troupes avaient marché toute la nuit à un rythme soutenu. Le contretemps leur fournissait une occasion de se reposer, tout en amoindrissant les effets d’une attaque surprise. Cependant, la présence des paysans le rassurait : elle signifiait que le Daimyo Itô n’avait pas récemment enrôlé d’effectifs supplémentaires en prévision d’une attaque, et que les troupes de Yoshihiro étaient probablement plus nombreuses. Mais il savait que la supériorité numérique ne constituait pas un avantage certain. Et si c’était son frère qui avait retardé le départ de l’oiseau d’or ? Il l’imaginait, tremblant et malade après une nuit de plaisir, incapable de supporter le vol, mais très vite, il chassa cette pensée et s’en voulut. Il détestait partager les vues de son père sur ce frère aîné dont il admirait tant les talents, autrefois, avant qu’il se rende compte que Yoshihisa négligeait délibérément et obstinément ses devoirs sans se soucier du tort qu’il causait au clan et à son père, prétextant n’avoir de goût que pour les arts. Rien n’avait pu le convaincre de renoncer à cette folie qui l’exposait au mépris et aux humiliations de son père. Malgré le désarroi de son frère, il avait été incapable de lui expliquer les raisons qui le poussaient à agir ainsi. Yoshihiro lui en avait voulu, sans le condamner totalement au fond de lui-même, même s’il avait fini par afficher un mépris similaire à celui de son père. Pourtant, en cette matinée où se jouait l’avenir du clan, c’était lui, Yoshihiro, qui se trouvait seul face à l’ennemi, c’était lui que son père avait choisi, sachant qu’il serait capable de mener ses troupes à l’assaut, quoi qu’il arrive, et peut-être même à la victoire ? Yoshihiro reprit confiance. Pourquoi compter sur l’oiseau d’or, pourquoi y faire embarquer Yoshihisa, si ce n’était pour faire illusion, pour impressionner l’ennemi, alors que la vraie force du clan Itô, c’était ses soldats prêts à tous les sacrifices, s’ils étaient menés par un chef digne de ce nom ? Peut-être son père avait-il délibérément choisi de ne pas envoyer l’oiseau d’or, pour le mettre à l’épreuve, lui, Yoshihiro, afin qu’il prouve sa valeur lors de sa première bataille ? Cette pensée l’emplit de fierté et se transforma bientôt en certitude, tant elle offrait une réponse stimulante à ses interrogations, et chassait ses doutes. Alors, il ordonna qu’on se prépare à marcher sur le château.

++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Yoshihisa ne fut pas surpris de constater que les rizières avaient été abandonnées, et que les troupes de son frère, massées au pied de la colline, étaient déjà aux prises avec l’ennemi. Ce qu’il redoutait s’était produit. Ainsi, même s’il n’avait pas pris le temps de faire soigner sa blessure avant de revêtir son armure, se contentant d’un simple bandage rapidement posé, il n’était pas arrivé à temps ! Yoshihiro avait cru être capable de faire fléchir à lui seul le Daimyo Itô, que l’orgueil avait poussé à faire sortir ses soldats plutôt que de se retrouver dans une humiliante position de siège qui était pourtant à son avantage sans qu’il le sache, puisqu’il était évident que les troupes de son frère n’étaient pas équipées pour un siège. Sans doute croyait-il qu’il n’en était rien et que la forêt abritait un campement, ou n’avait-il pas apprécié d’être ainsi défié à ses portes. C’est exactement cette réaction que son père avait prévue. L’attaque de Yoshihiro avait réussi à vider le château d’une partie des soldats. Le Daimyo Itô devait trouver cette attaque bien présomptueuse et ridicule. Pour Yoshihisa, elle était dangereuse aussi bien pour son frère que pour la paix.
E : Je vais les survoler pour évaluer la situation.
Ya : Espérons que le combat ne soit pas engagé depuis longtemps. Nous devions intervenir dès le début.
L’oiseau d’or plongea sur la masse grouillante. Yoshihisa frissonna en voyant la terre se rapprocher et ferma un instant les yeux. Il ne supportait pas ce casque qui lui semblait peser une tonne, et avait l’impression que sa poitrine était comprimée dans un étau.
E : Regardez ! cela doit être votre frère !
Yoshihisa surmonta son malaise et ouvrit les yeux. Derrière lui, les soldats se pressèrent pour voir et poussèrent des cris d’encouragement.
Ya : Ne soyez pas stupides, il ne peut pas vous entendre ! Esteban-san, tâchez de mettre en fuite ses assaillants, nous nous poserons ensuite pour faire cesser cette tuerie.
E : Je vais essayer de les refouler.
En quelques manœuvres, le condor mit en fuite la plupart des combattants, dont certains tentèrent vainement de l’abattre. Ils se replièrent sur le château, poursuivis par les soldats de Yoshihiro.
E : On dirait que votre frère va profiter de la situation pour pénétrer dans le château. Allons dire deux mots au Daimyo, ou il risque d’être mal accueilli.
Il fallut toute la maîtrise du pilote pour disperser sans prendre de risque les hommes qui résistaient à l’assaut des troupes de Yoshihiro. Au moment où le condor se posait, elles finirent par forcer les portes qui n’avaient pu être complètement refermées. Yoshihisa ordonna à Esteban de descendre l’échelle avant que l’atterrissage soit terminé.
E : Ne prenez pas de risque inutile !
Ya : Faites ce que je vous dis !
Le pilote s’exécuta en pestant. Il voyait bien que Yoshihiro, galvanisé par son avantage, était lancé dans une logique de victoire qui fragilisait la proposition dont son frère était porteur. Les morts et les blessés sur les pentes de la colline et devant les remparts ne plaidaient pas non plus en sa faveur. Yoshihisa voulait arrêter au plus vite les dégâts, et se lança sans même ordonner à ses hommes de le couvrir. Ce fut Esteban qui s’en chargea.
Même si la distance qui séparait l’échelle du sol était minime, le choc fut brutal, et Yoshihisa en fut un instant étourdi. Il se releva pourtant promptement en brandissant le rouleau qui contenait les précieux documents. Les soldats qui l’accompagnaient sautèrent à leur tour et se mirent en cercle autour de lui, Ichiro y compris. Cette manœuvre eut pour effet de stopper Yoshihiro et ses hommes.
Yo : Qu’est-ce que tu fais comme ça le bras en l’air ? Aide-moi plutôt à prendre le donjon !
L’irritation perçait dans sa voix. Son frère ne semblait pas prêter attention à lui, et jetait un regard circulaire comme s’il cherchait quelque chose. Yoshihiro remarqua alors qu’il portait le sabre de son père.
Yo : Et que fais-tu avec le katana de Père ? Pourquoi ne descend-il pas de l’oiseau ?
L’inquiétude le gagnait, les hypothèses faites lors de son interminable attente se bousculaient à nouveau dans sa tête.
Ya : Suketsune Itô ! Le daimyo Yoshihisa Shimazu veut te parler ! Montre-toi !
A ces mots, Yoshihiro bondit en avant, décidé à demander des comptes à son frère, mais un soldat lui barra le passage. Yoshihisa lui jeta un coup d’œil et continua d’une voix forte.
Ya : Mon père a abdiqué ! Je suis porteur d’une proposition de paix ! Ces documents en attestent ! Nous devons parler !
Yo : Qu’est-ce que tu racontes ?! Tu es devenu fou ? Tu nous trahis ?! La victoire est à notre portée !
Il se retournait pour ordonner à ses hommes de monter à l’assaut, quand un cri de son frère l’arrêta.
Ya : Yoshihiro, non ! Fais-moi confiance…
Ce fut le ton plus que les paroles qui frappèrent l’adolescent. Il lui sembla entendre à nouveau la voix de son frère quand il s’adressait à lui, enfant, avant qu’il ne devienne cette énigme nonchalante et distante qui semblait se moquer de tout et ne manifestait qu’indifférence envers les efforts de son petit frère pour devenir un guerrier accompli. Il n’eut toutefois pas le temps de décider s’il devait l’écouter ou passer outre. Une voix puissante résonna dans la cour. Le Daimyo Itô apparut au pied du donjon, d’où il avait observé la bataille, vu le condor se poser et les troupes de Yoshihiro forcer les portes.
I : Tu ne manques pas de culot, Yoshihisa Shimazu ! Me proposer la paix, alors que tes troupes viennent de nous attaquer lâchement, avec l’appui de cette machine venue de l’étranger ! Ton père avait déjà obtenu des gaijins ces fameuses armes à feu qui ont failli lui assurer la victoire, et on m’avait rapporté ce prodige auquel je me refusais de croire. Tel père tel fils, vous les Shimazu êtes incapables de vous battre sans l’aide des étrangers !
Ya : Tu peux penser ce que tu veux. Utiliser l’oiseau d’or était une idée de mon père, il est vrai. Il voulait s’en servir pour te vaincre. Mais c’est moi qui suis à la tête du clan Shimazu à présent, et seule la paix m’intéresse. Mon frère t’a attaqué sans connaître mes intentions, sans savoir que notre père avait abdiqué. Les choses n’auraient pas dû se passer ainsi, mais à quoi bon parler du passé ? Préoccupons-nous de l’avenir, à commencer par l’avenir immédiat. Cette machine peut réduire ton château en miettes, il est vrai. Mon frère peut aussi poursuivre son assaut et provoquer d’autres morts inutiles bien que cela puisse nous assurer la victoire et la tranquillité, si tes troupes sont réduites à rien. Je préfère que nous trouvions un accord afin de faire cesser ces violences et assurer une paix durable. Les paysans sont en train de récolter le riz. Cette année encore, en raison de nos conflits incessants, la récolte sera maigre. Pouvons-nous continuer ainsi ? Nous dépendons des paysans plus qu’eux dépendent de nous. Ils nous accordent le privilège de les protéger, acceptent nos taxes, en échange de la paix. Si nous sommes incapables de l’assurer, pourquoi devraient-ils accepter de nous nourrir ? Plus rien ne légitime notre pouvoir sur eux, et sans eux, nous ne sommes rien.
I : Quelles belles paroles ! Je perçois parfaitement l’absurdité de la situation, mais qu’y puis-je ? Ton père s’est acharné pendant des années contre nous, il est le seul responsable ! Et jamais le clan Itô ne s’inclinera devant le clan Shimazu !
Ya : Quel goût aurait ta victoire, si le Daimyo Shimazu renonçait à se battre, te cédait ses terres sans conditions, se livrait à toi dans le seul but de mettre un terme à la guerre ?
Yo : Tu ne ferais pas ça !
I : Un tel seigneur se conduirait en imbécile et ne mériterait que le mépris !
Ya : Mépris qui rejaillirait sur celui qui accepterait que son adversaire lui offre la victoire. Car tu accepterais.
I : Insolent ! Viens plutôt te battre !
Ya : Ainsi le daimyo Itô est incapable de faire taire son orgueil pour prêter l’oreille à une proposition de paix. Mon père a renoncé au pouvoir et a pris la peine de rédiger ce document, alors qu’il pouvait aisément te battre avec l’aide de l’oiseau d’or.
I : Eh bien il s’est conduit en imbécile !
Ya : Les étrangers n’ont accepté de me mener à toi que pour conclure la paix. Ce n’est que par la contrainte que mon père avait obtenu leur aide. Quand il a abdiqué, ils pouvaient repartir libres et nous laisser continuer à nos entretuer. Mais ils sont venus avec moi.
I : Et ils t’ont bien aidé à obtenir l’avantage dans la bataille !
Ya : Je n’avais d’autre but que d’épargner des vies.
I : Quelle sorte de guerrier es-tu donc ? Un soldat est prêt à sacrifier sa vie pour le clan ! Nous n’avons que faire de ta pitié, ou plutôt de ton mépris !
Ya : Je pourrais ordonner que ton château soit détruit…ou demander si tu peux monter à bord de l’oiseau d’or. C’est une expérience incroyable. Elle te ferait prendre incontestablement de la hauteur.
I : Ni tes menaces, ni tes sarcasmes ne m’impressionnent !
Ya : Je n’ai aucune intention d’utiliser la force de l’oiseau contre toi, parce que ce n’est pas non plus l’intention des étrangers. Je ne veux pas manquer à ma parole. Il fallait juste que j’empêche mon frère de poursuivre son assaut, qui ne nous aurait mené à rien d’autre qu’à la victoire.
I : Décidément, tu n’es toi aussi qu’un imbécile ! Je comprends pourquoi ton imbécile de père a abdiqué en ta faveur !
Ya : Il a abdiqué parce qu’il ne confond pas victoire et vengeance personnelle. Tu refuses la paix par rancune contre ton vieil ennemi. Mais ce n’est pas lui qui est face à toi, c’est moi. Si tu veux être victorieux, alors, faisons la paix.
I : La victoire s’obtient sur le champ de bataille !
Ya : Si c’est ce que tu penses, alors aucune paix n’est possible avec le clan Itô. Mais tu portes seul la responsabilité de cet échec !
Le jeune daimyo s’avança soudain hors du cercle qui le protégeait, en direction de son ennemi, en intimant l’ordre aux soldats de ne pas bouger. A quelques pas du Daimyo Itô, il s’arrêta et se retourna. Le seigneur avait la main sur la garde de son sabre, mais Yoshihisa sembla n’y pas prêter attention.
Ya : Vous tous, soyez témoins ! L’oiseau d’or est immobilisé et ne constitue plus une menace. Les troupes du clan Shimazu ont stoppé leur assaut. Je suis porteur d’une proposition de paix que votre daimyo refuse même de consulter ! Aujourd’hui, des hommes sont tombés au service de leur clan, et pourtant rien n’est réglé. Il va falloir vous battre encore. Quel sens votre loyauté aura-t-elle, s’il s’agit de la mettre au service de l’orgueil de votre seigneur ? Un daimyo n’a de légitimité que s’il agit dans l’intérêt du clan. La bravoure et l’honneur doivent servir des intérêts suprêmes !
I : Il suffit !
Ces quelques syllabes semblèrent n’être qu’un grognement de sanglier enragé. Le sabre jaillit, et le Daimyo Itô fit un pas en avant.
I : Ton père n’a même pas eu le courage de venir me présenter lui-même sa proposition de paix, et tu oses nous donner des leçons, à moi et à mes hommes ! Les Shimazu ne sont que des prétentieux et des lâches !
Ya : Il ne s’agit pas de régler des comptes, mais d’agir dans l’intérêt du clan.
I : Je représente le clan ! Ses intérêts sont mes intérêts !
Ya : Je représente moi aussi mon clan, et ses intérêts ne sont pas forcément les miens !
Le jeune daimyo jeta le rouleau en direction du condor, tira le katana de son fourreau, puis se retourna à nouveau pour faire face à son adversaire.
Ya : Quoiqu’il arrive, que personne n’intervienne. Esteban-san, rapportez ces documents à mon père et dites-lui que ses fils ont soldé ses comptes pour lui.
Dans le cockpit, Tao n’en croyait pas ses oreilles.
T : Qu’est-ce qui lui prend ? Il est fou ? Il veut qu’on parte ?
E : J’en ai bien peur.
T : Et Ichiro ? On ne va pas le laisser au milieu de tout ça ?! Je vais le chercher !
Il se dirigeait déjà vers l’échelle quand Ichiro apparut au bas de celle-ci.
Ic : Tao, attrape !
Il lui lança le rouleau.
Ic : Ne vous préoccupez pas de moi, partez !
T : Tu plaisantes ? J’ai bien plutôt envie de montrer à ce daimyo Itô de quoi est capable le condor ! Tu verras, après ça il ne fera plus le malin !
Ic : Non, ce n’est pas ainsi que nous devons régler ce conflit.
T : Ton daimyo n’est arrivé à rien, l’autre est trop borné !
Ic : C’est une question d’honneur, Tao.
E : Mais Yoshihisa est blessé, j’ai peur qu’il…
Ic : Il sait ce qu’il fait. Et s’il le faut, nous nous battrons, et nous obtiendrons la paix, malgré tout. Dites à Mariko de prendre soin de Sora.
Ce furent ses dernières paroles avant qu’il ne rejoigne en courant ses camarades.
T : Ichiro ! Non mais, Esteban, tu entendu ? Il faut faire quelque chose !
E : Décollons.
Et sans écouter davantage Tao, Esteban se mit aux commandes.
T : On ne peut pas retourner à Kagoshima dans ces conditions ! Le daimyo sera fou de rage ! Je te préviens, s’il arrive quelque chose à ….
E : On ne retourne pas à Kagoshima, pas tant que la paix n’est pas signée.
T : Mais elle ne sera pas signée ! C’est nous qui avons les documents ! Ils vont s’entretuer, et toi, tu vas les laisser faire ?! On aurait mieux fait de partir tout de suite, mais tu ne m’as pas écouté, comme d’habitude ! Et c’est quoi ton plan, hein ?
E : Je n’en ai pas.
T : Ah !
E : Enfin, si…je vais me poser au pied de la colline.
T : Et ? attendre qu’ils soient tous morts ?
E : Arrête de dramatiser, bon sang ! J’ai confiance, il va réussir. Un document, ça se remplace. Celui-là a été écrit par son père, et tu vois bien que le Daimyo Itô n’en a rien à faire, il a trop de rancune envers son ennemi. Et si Yoshihisa échoue, nous détruirons le château. Ce sera notre décision. Pour mettre un terme à cette folie.
Tao se força à ne pas regarder Esteban. Parce que s’il le faisait, il n’était pas sûr de garder son sang froid déjà mis à l’épreuve. Il serra les poings et ses ongles marquèrent sa chair.
T : Fais comme tu veux…un château en moins, c’est un risque en moins d’être retenu prisonnier…mais si Ichiro meurt, je ne sais pas si je te le pardonnerai.
E : Tu l’as entendu comme moi. Je ne veux pas interférer. Il sait ce qu’il fait. On a toujours été d’accord pour ne pas intervenir dans tous ces conflits, et tu sais très bien que cette fois, je n’avais pas le choix. Parce que tu étais retenu en otage, comme nos amis !
Un rire nerveux secoua Tao. Esteban trouvait toujours une justification imparable.
T : Oui, oui, et après tu as changé d’avis, parce que tu étais trop content de pouvoir jouer les héros et d’avoir la satisfaction de te dire que grâce à toi la paix était faite dans la région, mais le problème c’est qu’elle n’est pas faite, et qu’elle ne le sera pas ! C’est pas toi qui vas sauver le monde, Esteban, tu le sais très bien !
E : Je ne vais sauver personne cette fois, tu as raison. Mais je garde confiance.
Il avait murmuré ses dernières paroles. Cette fois, le jeune Muen tourna la tête. Esteban regardait fixement le tableau de bord. Tao aurait voulu lui trouver l’air buté, et lui sauter à la gorge, faute de pouvoir agir pour aider Ichiro. Mais le visage de son ami exprimait un profond désarroi, qui le toucha en plein cœur. A quoi bon en rajouter ? Esteban se raccrochait à l’espoir. A quoi bon lui en vouloir ? Tao prit sur lui de continuer à jouer la carte du pire.
T : Ok, je vais vérifier que l’armement du condor fonctionne.
Sans un mot, Esteban se leva et quitta le cockpit. Pourquoi Tao s’obstinait-il à jouer les oiseaux de mauvais augure ? Esteban voulait se persuader que Zia aurait approuvé ses décisions. C’était elle qui lui avait montré la voie. C’est pour elle qu’il agissait ainsi. Parce qu’elle avait toujours davantage pensé aux autres qu’à elle-même. Elle avait obtenu plus que n’importe qui face au Daimyo Shimazu. Ce n’était pas le moment d’abandonner. Yoshihisa pensait comme lui, Esteban en était persuadé. Cela lui avait coûté d’obéir à ses ordres, mais il ne pouvait que lui faire confiance, il le fallait. En entrant dans la chambre où reposait Zia, Esteban chassa de son esprit les images de sang, de choc et de mort qui l’assaillaient comme autant de doutes. Il ne souhaitait rien d’autre que contempler le visage redevenu serein de sa bien-aimée.

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Yoshihiro bouillait de rage. A quoi jouait son frère ? Son échec était évident, et il avait laissé un temps précieux à l’ennemi pour refaire ses forces et s’organiser. Pourtant, l’adolescent savait qu’il lui devait obéissance, et que s’il n’avait pas décidé de lui-même d’engager le combat, la situation aurait pu être toute autre. Mais à chaque fois qu’il repensait à ce qu’il avait fait, il se disait qu’il avait bien fait, et que c’était Yoshihisa qui avait bouleversé les plans. Yoshihisa, ou son père…Yoshihiro ne savait que penser. Il n’arrivait pas à croire que son père ait vraiment abdiqué en faveur de ce fils méprisé. Mais il ne concevait pas non plus que son frère ait pu s’emparer du pouvoir. Et si les étrangers étaient derrière tout ça ? Qu’est-ce qui avait bien pu pousser son père à les laisser libres, comme le prétendait Yoshihisa ? Et cette proposition de paix…Qui pouvait être assez fou pour croire que le Daimyo Itô allait accepter ? Et à présent, les documents prétendument rédigés par son père s’étaient envolés…Tout cela n’avait aucun sens aux yeux de Yoshihiro. En tout cas, s’il fallait régler des comptes, le jeune guerrier était prêt à en découdre, si son frère lui en donnait enfin l’ordre. Et s’il ne le faisait pas, Yoshihiro n’avait pas l’intention de se laisser la victoire à l’ennemi.

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Le Daimyo Itô était resté impassible quand le condor avait décollé. Ainsi le jeune freluquet avait renoncé à ses idioties, et lui offrait la victoire sur un plateau. Trop facile, tout cela était trop facile et n’avait pas de sens. La nervosité du seigneur grandissait. Et si son vieil ennemi se tenait caché quelque part en embuscade ? S’il comptait se joindre à ses fils, il ne trouverait que leurs cadavres ! Les minutes passaient, sans qu’aucun des deux hommes ne bouge. Ils avaient mis leur masque de protection sur leur visage. Chacun avait tiré son sabre. Suketsune Itô perdait patience.
I : Tu as l’intention de signer un traité de paix avec ton katana ?
Yoshihisa ne répondit pas. Autour d’eux, l’incompréhension grandissait. Le fils aîné du Daimyo Itô, Yoshisuke Itô, qui avait participé au combat contre les troupes de Yoshihiro, interpella son père.
Yi : Tuez-le, ou ordonnez d’attaquer ses hommes !
Ce fut le moment que Yoshihisa choisit pour attaquer son adversaire. Celui-ci tout autant surpris que soulagé, para le coup et riposta en rugissant, faisant reculer Yoshihisa d’un pas. Il ne parut ensuite que subir les attaques assénées par son puissant adversaire. Suketsune Itô avait la carrure et l’expérience d’un guerrier, quand Yoshihisa semblait accablé par le poids de son armure. Son manque d’aisance était évident. Ichiro s’approcha de Yoshihiro.
Ic : Sire, votre frère est blessé. Ne croyez-vous pas…
Yo : Qu’est-ce que tu racontes ? Il manque d’entraînement, c’est tout. D’où sors-tu ? Il est bien connu que mon frère néglige les séances avec son maître d’armes pour pratiquer le koto et le shamisen ! Il n’en était pas ainsi autrefois…mais aujourd’hui, je pourrais le battre aisément.
Ic : Sire, je vous en prie…
Yo : Tais-toi ! Ne l’as-tu pas entendu ? Il veut que personne n’intervienne.
Ic : Il a aussi dit que les fils soldaient les comptes de votre père. S’il est blessé, c’est parce que votre père a voulu le tuer.
Yoshihiro encaissa la nouvelle, impassible.
Yo : Mon père a-t-il vraiment abdiqué ?
Ic : Oui, tous les hommes qui sont venus avec nous en ont été les témoins. Et c’est grâce à votre frère que nous sommes là. Il a non seulement protégé les étrangers que votre père voulait exécuter, mais il a aussi réussi à les convaincre de venir vous aider. Il ne voulait pas vous laisser affronter seul le clan Itô.
Yo : Il aurait mieux fait. Nous aurions déjà gagné !
Le jeune seigneur quitta brusquement Ichiro et s’avança en direction des combattants, sabre au poing. Aussitôt, ses hommes réagirent mais il les arrêta d’un geste. Yoshihisa avait mis un genou à terre, mais continuait à parer les coups. Le daimyo Itô semblait s’amuser de la situation.
Yo : Suketsune Itô, ne préfères-tu pas un adversaire digne de toi ?
L’interpellation surprit le daimyo, qui n’avait pas vu approcher le jeune homme. Déjà, son fils Yoshitsuke s’interposait, mais il l’arrêta.
I : Laisse, je me suis assez amusé avec ce Shimazu, je me chargerai de l’autre avec plaisir !
Yoshihisa profita de ce court répit pour se remettre debout.
Ya : Attends, moi je n’en ai pas encore fini avec toi…
La charge fut brutale et obligea le Daimyo Itô à reculer. Tous furent surpris de cette attaque soudaine. Yoshihiro et Yoshisuke se jaugeaient, tout en surveillant la scène, suspendus à son issue, qui paraissait certaine quelques instants plus tôt. Un cri retentit, et le daimyo chancela, touché à la jambe. Yoshisuke esquissa un geste pour se porter à son secours, mais Yoshihiro lui barra la route. La cour résonna des cris d’incrédulité des soldats témoins de la scène. Yoshihisa, sans profiter de son avantage, avait bousculé le daimyo pour le faire chuter. Il se tenait à présent au-dessus de lui, son katana pointé sur sa gorge.
Ya : Mon père a essayé de me tuer, parce qu’il a cru que je le trahissais…puis il s’est rendu compte de son erreur, et m’a envoyé faire la paix. Je ne suis venu que pour cela, et je ne le trahirai pas. Je ne te tuerai pas. J’ai échoué dans ma mission. Nous allons partir.
I : Ton père s’est servi de toi ! Tu as vraiment cru qu’il voulait la paix ? Tu as dit toi-même que l’oiseau d’or pouvait détruire ce château ! Il va revenir, avec ton père, mais je n’assisterai pas à la lâche destruction du fief du clan Itô ! Tue-moi donc !
Et pour faciliter la tâche de son adversaire, il se dépouilla de son masque.
Ya : J’ai renvoyé l’oiseau d’or, il est vrai…mais tu n’as rien à craindre. Esteban-san n’est venu avec moi que pour conclure la paix…la paix…je ne voulais pas qu’il assiste à mon échec.
Yoshihisa libéra la gorge de son adversaire, se recula, puis se retourna et fit quelques pas, avant de jeter son katana loin de lui. Un murmure d’incompréhension s’éleva. Yoshihiro sentit la colère monter. Il était prêt à se jeter sur son adversaire quand un nouveau murmure leur fit tourner la tête à tous les deux. Yoshihisa avait enlevé son masque de protection, son casque, et laissé tomber le tout à terre. Il se dirigea ensuite vers Ichiro, comme s’il était totalement indifférent à ce qui l’entourait. On s’empressait autour du Daimyo Itô pour l’aider à s’asseoir et le soigner. Les soldats étaient sur leurs gardes, prêts à l’affrontement, mais aucun des daimyos ne disait mot. Ichiro courut vers son seigneur, et à la stupéfaction de tous, entreprit de l’aider à se délester de son armure. C’en était trop pour Yoshihiro.
Yo : Pour la gloire et l’honneur du clan Shimazu !
Il bondit sur Yoshisuke et engagea le combat. Aussitôt les soldats se ruèrent les uns contre les autres. Ichiro interrompit sa tâche quand il vit l’un d’eux foncer dans leur direction.
Ic : Sire, ne restez pas là, mettez-vous à l’abri !
Il fit vaillamment face à l’assaillant. Yoshihisa continua à se dépouiller de son armure avant de se tourner vers le Daimyo Itô et de le regarder sans bouger. Ce dernier, soutenu par deux de ses lieutenants, les repoussa soudain en hurlant.
I : Arrêtez ! arrêtez tous ! J’accepte la proposition du Daimyo Shimazu !Déposez les armes !
Chacun hésitait à obéir. Yoshihiro et Yoshisuke continuaient à se battre. Alors le daimyo fonça vers son fils et le bouscula violemment. Déséquilibré, Yoshisuke ne put parer le coup de Yoshihiro. Ce fut son père qui le fit.
I : N’avez-vous pas entendu, tous ?! Déposez les armes ! Moi, le Daimyo Itô, je vais négocier la paix avec le Daimyo Shimazu !
Le bruit des armes cessa, et un bref instant de silence suivit, avant que des cris d’enthousiasme retentissent, acclamant les deux daimyos. Yoshihiro baissa son sabre, et s’éloigna à grand pas vers son frère, tandis que Yoshisuke se relevait.
Yo : Yoshihisa ! Tu ne peux pas faire confiance à cet homme !
Il se sentait perdu, trahi, impuissant. Il avait touché de près la victoire. Elle lui échappait, et il en était tout à la fois déçu et soulagé. Il n’arrivait pas à croire aux paroles du Daimyo Itô, tout en voulant y croire. Il était parti cette nuit pour se battre et revenir en vainqueur, et n’avait fait depuis le début que suivre son instinct sans comprendre ce qui se passait réellement ; ses questions étaient restées sans réponse, l’incertitude et le doute avaient été ses seuls conseillers. Il allait ajouter quelque chose quand il réalisa que son frère était réellement blessé. Il avait à peine écouté l’homme qui lui avait dit cela, il avait préféré croire ce qui l’arrangeait, ce qui le confortait dans sa position de force vis-à-vis de ce frère indigne, autrefois admiré, aujourd’hui méprisé par facilité, parce qu’il était plus simple d’éprouver du mépris que de reconnaître qu’il aimait et admirait toujours ce frère malgré son comportement incompréhensible et détestable. Le kimono ensanglanté que portait Yoshihisa sous son armure ne laissait plus de doute Ainsi c’était donc vrai, son père avait voulu le tuer…. Il avait combattu malgré sa blessure, il avait vaincu son adversaire, sans lui ôter la vie. Yoshihiro mesura alors toute la force de son frère, et se sentit honteux de sa propre conduite. Il ne songeait plus à le mépriser pour avoir voulu la paix, alors que sa vie toute entière devait trouver sa justification dans une mort glorieuse au combat. Voyant la confusion de son jeune frère, Yoshihisa lui sourit.
Ya : Allons signer la paix.
L’adolescent acquiesça, lentement. Les soldats de chaque camp avaient baissé les armes, mais la plupart n’osaient bouger, comme s’ils se rendaient compte de l’étrangeté de la situation et s’attendaient à chaque seconde à la reprise des combats. Ils regrettaient leurs cris d’enthousiasme, et se sentaient à nouveau prêts à faire don de leur vie pour racheter ce qu’ils considéraient comme une lâcheté. Les deux frères s’avancèrent. Le Daimyo Itô était en train d’enlever son casque tout en donnant des ordres pour organiser l’entrevue. Des sièges furent promptement apportés. Alors les soldats se détendirent. Yoshisuke Itô, le fils aîné, qui avait rengainé son sabre, vint à la rencontre des deux frères, toujours casqué. Son masque de protection empêchait de voir quelle expression affichait son visage, mais Yoshihiro imaginait bien que la tournure des événements n’était pas de son goût. Lui non plus n’aurait pas apprécié que son père interrompe son combat de cette façon. Yoshisuke n’était plus qu’à quelques pas quand il tira son sabre court, destiné à la décapitation des vaincus. Yoshihiro eut tout juste le temps d’interposer son bras encore muni de ses protections, avant de repousser violemment l’assaillant. Ce dernier revenait déjà à la charge, obligeant Yoshihiro à se défendre, et à défendre son frère désarmé, quand Yoshihisa retint la main de l’adolescent et le poussa de côté dans un mouvement d’esquive, en se tournant à moitié pour présenter son épaule à la lame, qui l’entailla sans atteindre le cou. Déjà des soldats accouraient sur l’ordre du Daimyo Itô et maîtrisaient son fils. Il se laissa entraîner sans résistance. Grimaçant de douleur, Yoshihisa se tenait l’épaule. Ichiro aida Yoshihiro à conduire le jeune daimyo jusqu’à un siège où il s’écroula. Son corps le lâchait. Il ferma les yeux pour tenter de reprendre ses esprits, mais il avait toujours l’impression d’avoir le poids de son casque sur sa tête douloureusement lourde, tout comme ses membres pourtant dépouillés de leur protection. L’étau sur sa poitrine se resserrait, au point d’effacer la douleur de son épaule. Il sentait qu’on le bandait précipitamment pour stopper l’hémorragie. Il luttait pour ne pas perdre conscience. La chaleur du soleil au zénith l’accablait, un feu rougeoyant semblait couver sous ses paupières, quand soudain il sentit la protection d’une ombre.

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T : Heureusement que je n’avais pas parié.
E : Tu aurais parié quoi ? Ta tunique ?
Tao haussa les épaules.
T : Pas de triomphalisme, s’il te plait. Regarde, ils ne se battent pas, je te l’accorde, mais ils n’ont pas l’air d’avoir signé quoi que ce soit.
E : Tu as entendu les acclamations comme moi tout à l’heure.
T : Peut-être, mais on a toujours les documents.
E : Je t’ai dit qu’ils pouvaient en refaire de nouveaux.
T : Le Daimyo Shimazu n’a pas l’air en état de faire quoi que ce soit, si tu veux mon avis. Et le Daimyo Itô a l’air de s’intéresser à tout autre chose…je me demande ce qu’il fait avec ce grand type. Tu es sûr que tu veux te poser ? Je ne voudrais pas gâcher la fête, Yoshihisa nous a bien renvoyés, non ?
E : Regarde, Ichiro nous fait signe.
T : Tu sais, les gestes ne signifient pas tous la même chose selon les cultures…
E : C’est évident qu’il nous appelle !
T : Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, c’est vrai…mais je ne sais pas si j’ai envie de leur redonner leur fameux rouleau…
E : Tu pourrais peut-être essayer d’arrêter d’en vouloir à la terre entière ? Tu m’en voulais, d’accord, mais tu pourrais reconnaître que j’avais raison !
Les deux jeunes gens tournèrent la tête l’un vers l’autre en même temps. Tao regarda Esteban une seconde avant de lever les yeux au ciel.
T : J’avais oublié que ça finit toujours comme ça !
Esteban sourit, et Tao lui rendit son sourire.

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Quand Yoshihisa ouvrit les yeux, le condor était là.
I : Ils sont donc revenus…
Le Daimyo Itô, assis sur un siège en face de Yoshihisa, observait l’oiseau. Le bec s’ouvrit pour laisser place à l’échelle, et bientôt Esteban apparut. Il tenait le rouleau. Ichiro courut à sa rencontre et lui expliqua brièvement ce qui s’était passé.
I : Il rapporte les documents…seul.
Ya : Il n’a jamais eu l’intention de revenir avec mon père, ni de détruire votre château.
I : Mais comment a-t-il su ? Comment saviez-vous ?
Ya : Il ne savait pas, et moi non plus. Il a juste refusé d’abandonner tout espoir.
I : Hum…en tout cas cela nous épargne du papier et de l’encre, à moins qu’il faille rediscuter les termes de notre accord.
Ya : Vous pourrez bientôt en juger.
Sans plus attendre, il se leva. Un étourdissement le prit, et Yoshihiro dut le soutenir.
I : Rien ne presse. Restez tranquille, mon médecin arrive. Cette petite piqure à la jambe que vous m’avez infligée commence à me gêner. Mais il s’occupera de vous d’abord.
Esteban se hâta pour devancer le jeune daimyo. Ce dernier se dégagea pour recevoir lui-même le rouleau des mains de l’Atlante, mais se sentant trop faible, il renonça et se rassit avec l’aide de son frère.
Ya : Merci, Esteban-san. Portez ces documents à mon hôte, afin qu’il en prenne connaissance. Daimyo Itô, je vous remercie de vous préoccuper de mon état, mais j’aimerais conclure au plus tôt. Le condor ne vole pas de nuit et mon père…
I : Attendra, s’il le faut ! Voyons d’abord sa proposition !
Yoshihisa n’avait plus la force d’insister. Le médecin était là. D’un signe de tête, le Daimyo Itô lui enjoignit de soigner son hôte. Tandis que Yoshihiro s’écartait pour le laisser faire, Esteban s’exécuta. Quand il remit le rouleau, il lui sembla qu’enfin le cauchemar prenait fin, et que toutes ses actions , toutes les décisions qu’il avait prises jusqu’à cet instant étaient légitimées. Le daimyo le remercia, mais ne décacheta pas immédiatement le rouleau.
I : Pourquoi êtes-vous revenu ?
E : Je ne suis jamais parti. J’ai décidé d’attendre dehors l’issue des événements. Quand j’ai entendu les acclamations, j’ai compris que l’issue était favorable.
I : Si elle ne l’avait pas été, quelles étaient vos intentions ?
E : J’avais décidé, sans l’accord du daimyo Shimazu, de détruire votre château.
I : Ah ! voilà qui est franc ! Sans son accord, vraiment ? Et pourquoi ? J’avais cru comprendre que vous ne feriez jamais pareille chose.
E : J’ai été franc, je ne vous mens pas. Je ne l’aurais pas fait si on m’en avait donné l’ordre. Mais je suis libre de mes décisions. En cas d’échec, je ne pouvais pas laisser l’avantage à celui qui aurait continué de menacer la tranquillité des gens de Kagoshima, où j’ai de nombreux amis.
I : Tu aurais donc agi dans l’intérêt du clan Shimazu.
E : Pour mettre fin à la guerre, on n’agit pas toujours de façon sensée. Je ne sais pas si détruire ce château aurait réglé quoi que ce soit. Mais c’est ce que j’avais décidé, oui. Heureusement, je n’ai plus besoin de me demander si cette décision était sage.
I : Ah ! seul l’avenir nous le dira…Pour ma part, vois-tu , j’ai été piégé par ce fieffé Daimyo Yoshihisa Shimazu…il ne m’a laissé le choix qu’entre une victoire honteuse face à un adversaire désarmé et une défaite infâmante face à un guerrier de quinze ans. Il me tenait à sa merci, et aurait pu me laisser mourir en guerrier, puisqu’il m’avait vaincu bravement . Il a renoncé à sa victoire, parce qu’il n’avait pas obtenu la paix. C’est un obstiné. En renonçant à se battre, il ne renonçait qu’à la victoire, mais pas à la paix, ni à la mort. Ah ! Dire que je le tenais pour un imbécile et un lâche ! Je l’ai méprisé de me tourner le dos, d’abandonner le combat, je lui en ai voulu de ne pas m’avoir tué…Mais une fois dépouillé de son armure, il m’a fait face. L’homme qui ne craint pas la mort peut tout et mérite le respect. Mon fils n’avait pas encore retenu cette leçon, mais c’est chose faite à présent. Il m’a demandé à se faire seppuku et j’ai accepté. Seule cette mort consentie peut racheter sa faute et sauver son honneur. Une bonne leçon pour ses cadets aussi. Une bonne journée pour le clan Itô.
Il se tut soudain, et sembla avoir complètement oublié la présence d’Esteban. Ce dernier remarqua alors qu’on délimitait un espace dans un coin de la cour. Le médecin qui soignait Yoshihisa s’approcha de son seigneur et lui glissa quelques mots à l’oreille.
I : Bien ! Voyons un peu ce document ! J’espère n’avoir aucune modification à y apporter. Je ne voudrais pas vous retenir trop longtemps, Yoshihisa-san. Par contre, puis-je compter sur votre frère pour assister à la cérémonie du seppuku ?
Ya : Bien entendu. Je ne puis vous refuser cela. Si j’ai empêché mon frère de prendre la vie de votre fils, c’était pour ne pas compromettre la paix.
I : Si tu étais mort, elle l’aurait été !
Le tutoiement sonnait comme un reproche. Le daimyo Itô peinait à maîtriser les sentiments contradictoires qui l’animaient.
Ya : Je suis sûr que Yoshihiro n’aurait pas appelé à la vengeance.
I : Parce que tu penses que c’est ce que j’aurais fait, s’il avait tué mon fils ?
Ya : Non. Mais il était hors de question que mon frère s’arroge le droit de me protéger à votre place et remette en cause votre ordre de cesser le combat.
Son interlocuteur le dévisagea intensément.
I : Décidément, tu as plus de présence d’esprit que n’importe lequel d’entre nous. Heureusement que le coup n’a pas été mortel. L’os a été entaillé.
Ya : Yoshihiro assistera à la cérémonie. Votre fils a choisi une mort digne, et il est normal que le clan Shimazu lui rende hommage.
Le daimyô Itô acquiesça. Tout était clair, il n’y avait qu’à accepter le destin.
I : Je vous remercie. Yoshihiro-san, allez rejoindre vos hommes à présent. Vous aurez toute l’aide nécessaire pour vous occuper des blessés et des morts.
Yoshihiro s’inclina et obéit. La présence d’Esteban et du condor le rassurait. Il réalisait encore mal que le Daimyo se comportait en allié. Quant à assister au suicide rituel de son fils…Jamais il n’avait imaginé que l’expédition qu’il avait pris tant de soin à préparer la veille se finirait ainsi. Yoshihisa avait bouleversé sa conception de la guerre et du guerrier. Il ne savait pas encore ce qu’il devait en penser. Mais il était heureux que son frère et lui soient en vie. Du haut du condor, Tao observait le retour à l’ordre, attentif au moindre signe de danger. Ichiro aidait ses camarades. Soudain, Tao n’y tint plus, et descendit pour se joindre à lui. Après avoir constaté les besoins, il retourna chercher ce qui pourrait être utile pour soulager le maximum de blessés. Il se souvint alors de leur conversation avec Charles Quint à propos de l’usage qu’ils pourraient faire du condor en temps de guerre, et s’étonna de ne pas avoir mis cela en pratique plus tôt. Rester à l’écart du monde en se consacrant uniquement à ses recherches lui parut désormais impossible. Il se sentait prêt, tel Sisyphe, à recommencer sans fin une tâche inutile. Mais contrairement à ce qu’éprouvait Sisyphe, cette tâche lui semblait avoir un sens, dérisoire peut-être, essentiel, sûrement.
Quand le Daimyo Itô eut fini de lire le document rédigé par son ennemi le Daimyo Shimazu, il se contenta de hocher la tête en signe d’approbation, et sortit son sceau. Un serviteur approcha une table basse, un autre apporta un encrier . Yoshihisa se concentrait pour ne pas flancher. Il était très pâle, et, en voyant son adversaire signer le document, l’émotion le submergea. De sa main valide, il prit à son tour son sceau, en s’efforçant de maîtriser un léger tremblement. Apposer sa signature sans trahir sa faiblesse lui parut la pire des épreuves. Il mit ses dernières forces dans les paroles qu’il adressa au Daimyo Itô.
Ya : Père n’a pas eu le temps de préparer une copie. Je vous confie l’original, afin que vous puissiez préparer et signer la copie. Mon frère se chargera de me la rapporter à Kagoshima. A présent, permettez que je me retire.
Il ne bougea pourtant pas, incapable d’un effort supplémentaire. Esteban s’approcha pour l’aider.
I : Avant que vous partiez, j’ai une faveur à demander à l’étranger. Qu’il revienne me chercher et nous signerons la copie ensemble, en présence de votre père, à Kagoshima.
E : J’ai bien peur que cela ne soit pas possible avant demain. Le soleil..
I : Je sais cela. L’attente jusqu’à demain n’en rendra cette expérience que plus savoureuse. Et Yoshihisa-san aura recouvré une partie de ses forces. Gardes ! Qu’on apporte une civière !
Esteban eut tout juste le temps de recevoir dans ses bras le jeune Daimyo.

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En claudiquant, le Daimyo Itô accompagna Esteban jusqu’au condor. Deux hommes portaient la civière où était étendu, inconscient, Yoshihisa.
I : Hum…on ne peut accéder à votre engin que par cette échelle ?
E : Non, rassurez-vous. Le condor est bien plus pratique qu’il n’y parait. Vous découvrirez cela demain. Pour l’instant, allez à l’arrière, je reviens tout de suite.
Esteban alla demander l’aide de Tao, et bientôt tout deux apparurent devant les yeux ébahis du Daimyo et des autres soldats quand l’arrière du condor s’ouvrit.
I : Incroyable ! On peut faire entrer une armée là-dedans !
T : N’exagérons rien ! Et puis, le condor n’est pas fait pour ça. On va faire entrer Yoshihisa, et nous vous soulagerons aussi de quelques cadavres et blessés transportables, si cela ne vous dérange pas.
I : Non, non, bien sûr..merci de votre aide.
T : Ah, tu vois, Esteban, là ça commence à me plaire !

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Elle eut conscience qu’elle volait avant même d’ouvrir les yeux. Ainsi ils avaient réussi. Le soulagement de savoir Esteban aux commandes était immense. Elle resta de longues minutes à savourer ce moment. Mais insidieusement les souvenirs refirent surface et son cœur se serra. Brusquement, elle ouvrit les yeux, pour ne plus voir l’image qui la hantait. Cette chambre sombre où elle avait surpris Esteban. Elle se sentait encore très lasse, mais s’arracher à sa couche lui parut la seule chose à faire pour retrouver un semblant de tranquillité d’esprit. Quand elle fut debout, elle hésita. Elle ne pouvait pas rejoindre le cockpit, non, pas encore. C’était au-dessus de ses forces. Quant à rester dans cette chambre emplie de sa présence…Sora…comment allait-il ? Indali avait-elle bien renouvelé le cataplasme ? Mille autres interrogations vinrent la distraire de son chagrin. Résolue, elle se dirigea vers la chambre du petit malade, remarquant à peine le silence qui régnait dans le couloir, se souciant peu de croiser un des autres passagers du Condor. Quand elle ouvrit la porte, elle crut revivre la scène de la nuit précédente. Elle fut ramenée au couloir du château, à sa fuite irrationnelle, à sa rencontre avec celui qui l’avait sauvée. Puis elle vit la cour, et elle chancela. Elle n’avait plus la force. Elle eut l’impression que les coups l’atteignaient. Elle entra et s’écroula sur la couchette qui faisait face à celle de Yoshihisa. Il lui fallut de longues minutes pour se calmer, avant de pouvoir commencer à réfléchir pour comprendre. Les éléments de l’armure du seigneur étaient posés sur le sol. Il avait une nouvelle blessure. Ils n’avaient donc pas réussi ? Esteban avait été forcé de partir combattre le clan Itô ? Tout cette énergie, toute cette souffrance, pour un échec total ? L’état de Yoshihisa ne laissait pas présager d’une victoire, et dans ce cas, comment réagirait son père ? Elle était dans le condor, en sécurité avec Esteban, mais où étaient les autres ? Elle s’approcha du blessé. Qui l’avait soigné ? Le bandage à l’épaule n’avait pas été fait avec le matériel qui se trouvait à bord. Il avait été fait avec soin pourtant. Un médecin avait-il embarqué avec eux ? Elle posa sa main sur le front du jeune homme. Quelques instants plus tard, elle s’affairait dans le laboratoire, et remarqua que ses réserves avaient diminué. Il restait à peine de quoi préparer le cataplasme qu’elle prévoyait pour Yoshihisa. Elle avait renoncé à comprendre, mais l’inquiétude la rongeait. Elle se sentait étrangement seule, et agissait machinalement, puisant dans le peu d’énergie qu’elle sentait encore en elle. Elle ne croisa personne en revenant à la chambre. Quand elle eut fini de s’occuper du blessé, elle s’allongea sur la deuxième couchette, et sombra à nouveau.
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Akaroizis
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Akaroizis » 06 août 2019, 12:18

RIP le fils aîné d'Itô... :roll:
Je ne tiens pas compte du retard sur la commande annoncée... mais ce sera évidemment répercuté par la suite. :x-):
Le présent, le plus important des temps. Profitons-en !

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