FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

C'est ici que les artistes (en herbe ou confirmés) peuvent présenter leurs compositions personnelles : images, musiques, figurines, etc.
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TEEGER59
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par TEEGER59 » 08 mai 2018, 19:18

Que de révélations!
C'était génial!
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!

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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Akaroizis » 09 mai 2018, 16:43

Après une bonne pause, un excellent pavé. Ça fait du bien. 8) :D
Le présent, le plus important des temps. Profitons-en !

Saison 1 : 18.5/20
Saison 2 : 09/20
Saison 3 : 13.5/20


Ma présentation : viewtopic.php?f=7&t=80&p=75462#p75462

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Ra Mu
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Ra Mu » 09 mai 2018, 18:31

I : Et je serais en sécurité avec Pedro et Sancho ?
:lol: Il n'y a pas à dire, Laguerra continue d'être percutante en toute circonstances.
De la belle ouvrage Nonochan!
  • Gonzalez machavélique à souhait (quoique... Pauvre Machiavel, on utilise abusivement son nom je trouve).
    Laguerra et Mendoza plutôt pathétiques dans leur façon de gérer leur naufrage:
  • "Engrossée", quelle violence, quelle dureté que ces propos. Isabella joue les "femmes fortes" (ou le croit elle) alors qu'elle est en position de faiblesse.
  • Et Mendodo qui s'acharne à refouler tout sentiment, y compris envers son propre enfant sous prétexte de "sacrifice".
    Des claques je vous dis! :lol:

    Zia a raison de leur parter ainsi, et cela fait du bien de ne plus voir Esteban en nœud-nœud de service.

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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Chaltimbanque » 17 juin 2018, 18:44

Avec toutes mes excuses pour le délai... mais ça y est, j’ai trouvé le temps de me replonger dans tout ça ! C’est parti ! :D


Impressions en cours de lecture ~ Chapitre 20
(Partie 3)


Jamais il ne s’était senti si seul, comme un fossoyeur qui aurait creusé sa propre tombe sans aucune aide, parce que personne n’était plus là pour l’aider :arrow: Une bien triste image. :cry:

L’avait-elle laissé en vie par jeu, par cruauté, comme si elle seule décidait du sort de la créature qu’elle avait marquée de son sceau ? :arrow: Comme un prédateur s’amuse avec une proie, pas vrai ? M’enfin, Mendoza, tout ne tourne pas autour de toi !

[…] la honte s’empara de lui, à l’idée de s’être laissé ainsi manipuler, et d’éprouver encore quelque chose pour celle qui ne méritait que sa haine.
:arrow: Ah, mais il paraît qu’entre amour et haine, la frontière est ténue…

Il avait voulu effacer la marque sur son corps, alors qu’elle était imprimée dans son âme :arrow: Et ça, ça s’efface nettement moins bien !

Et si nous ne revenons pas avant le lever du jour, ne vous occupez pas de nous. Partez. Et le plus loin possible. :arrow: Mmm. Donc, il se sent seul, mais il veut encore repousser les autres. Pour les protéger ou pour s’isoler encore davantage, de manière à ce qu’ils n’entravent pas ses envies de meurtre ? Les deux, peut-être ? En tout cas, quelque chose me dit qu’Esteban ne va pas se contenter d’obéir bêtement… :x-):

Z : Je suis navrée Nacir…toi et moi, nous ne pouvons qu’attendre. Sois raisonnable. Au moins, à toi, il n’a pas fait de mal. :arrow: Pour l’instant, et Dieu sait qu’il en mourait d’envie ! Mais ce n’est qu’un sursis.

Oui, Gonzales les avait tous trompés, mais jusqu’à quel point ? Se pouvait-il qu’il doive la vie à un homme pareil ? Devait-il donc transformer sa reconnaissance en haine ? :arrow: Ça va finir par faire beaucoup de haine, tout ça !

Z : Ils vont bien, enfin…il ne s’en est pas pris à Nacir, pourquoi l’aurait-il fait d’ailleurs ? :arrow: Oh, mais c’est que les auteurs ont de l’humour ! :tongue:

Z : […] J’ai gardé ça pour moi, pour ne rien dévoiler, et être sûre de mes accusations. Je doutais, alors que je n’aurais pas dû. :arrow: Coup de colère compréhensible. J’ai beaucoup aimé toute cette tirade.

Esteban voulut rétorquer, mais elle partit en courant, le laissant désemparé. Ainsi, elle avait eu des soupçons, comme Isabella. Elle les avait gardés pour elle. Elle ne les avait pas partagés avec lui. :arrow: Et les non-dits, ce n’est jamais simple à gérer. J’espère qu’Esteban ne va pas finir par voir ça comme un manque de confiance envers lui. En tout cas, preuve est faite qu’il faut écouter son intuition féminine. ^^

Qui donc les avait tous incités à avoir confiance ? La réponse était simple. :arrow: Oh… Ça ricoche de partout, et c’est Mendoza qui va en faire les frais. :cry:

Z : […] On ne va pas laisser Gonzales gagner. Il ne nous séparera pas, n’est-ce pas ? :arrow: Question essentielle, et Zia a bien raison de la poser ! Car il ne s’agit pas juste de rester amis, mais de l’union qui fait la force. Parce que si tout le monde succombe à la zizanie semée par Hava et son fils, si tout le monde fait cavalier seul (tu entends, Mendoza ?!?), il sera nettement plus difficile de contrer les plans du big boss. Diviser pour mieux régner, c’est connu, comme tactique… Mais je suppose que certains vont devoir passer par une phase de solitude plus poussée avant d’en prendre conscience.

Désemparé, Tao la regarda faire quelques secondes, avant de tourner les talons et de quitter la pièce. Il aurait dû être soulagé, heureux même. Se pouvait-il qu’elle ait tout oublié, vraiment tout ? :arrow: Si c’est le cas, tu n’as qu’à lui répéter, gros malin ! :tongue:

H : Tu comptes l’échanger contre la statuette ou la garder pour ton bon plaisir ? :arrow: Hum… C’est l’hôpital qui se moque de la charité, là ! :lol:

G : Allons allons, mère, vous n’allez pas me reprocher de joindre l’utile à l’agréable ! Je ne ferais que vous imiter… :arrow: Bien envoyé ! :x-):

H : Non, dans ce cas tu tiendrais plutôt de ton père : moi je ne partage avec personne ! :arrow: Ah, voilà qui en dit long. Et, pour l’instant, je vais garder ce que cela me souffle pour moi. Affaire à suivre.

Entre lui et elle, c’est à qui saurait infliger le plus de souffrances. Et à ce petit jeu, il finirait bien par gagner. :arrow: Oooh, méfies-toi, Gonzozo… L’enfer n’a de fureur égale à celle d’une femme bafouée.

S’il devait en rester, il espérait que ce serait à lui qu’elles seraient fatales, et à aucun de ceux qu’il se devait de protéger. :arrow: Pensée louable en un sens, mais cela ressemble aussi à un écran de fumée qui va servir d’excuse pour pouvoir refouler toute forme de compromis.

I : Non, ce n’était qu’un début. Pour ma part, je suppose que seule la mort pourra mettre un terme à mes souffrances. Et j’espère qu’elle viendra vite. :arrow: Des paroles très dures, et lourdes de sous-entendus quant aux divers évènements qui l’attendent, naturels ou non.

Impressions en cours de lecture ~ Chapitre 20
(Partie 4)


E: On ne peut rien te cacher. Mais je suis en pleine forme et prêt à t’empêcher de sortir. :arrow: C’est aussi courageux que stupide ! :roll:

Z : Si tu es auprès de moi, je parie que je dormirai sans problèmes. :arrow: Petite maline, Zia ! ^^

I : Peut-être de ton point de vue…Mais moi je me demande toujours pourquoi je ne me suis pas débarrassée de lui comme je le fais d’ordinaire avec tous ceux qui osent porter ce genre de regard sur moi. Dès le premier soir, chez Ruiz. :arrow: Parce que Nonoko en avait décidé ainsi… Mais chut… 8-x

Z : Je me souviens que Gaspard t’avait donné du fil à retordre. Et Gaspard n’arrive pas à la cheville de Gonzales.
I : Pas même à son orteil. :arrow: Comme quoi on peut toujours trouver de quoi rire, même dans les instants sombres. Voilà qui fait du bien ! ^^

Quelques instants plus tard, le marin pénétrait dans le bureau de Vicente Ruiz, encore plongé dans la pénombre malgré l’heure matinale. :arrow: Ah ! (Imaginez moi en train de me frotter les mains d’un air intéressé !) Je suis curieuse de voir si l’on va en apprendre un peu sur l’implication de Ruiz dans toute cette histoire.

Il avait le nez plongé dans ses livres de comptes qu’il consultait à la lueur d’une lampe à huile. :arrow: Ebenezer Scrooge, sors de ce corps ! :x-):

M : Parce que vous avez engagé un certain Gonzales, qui savait parfaitement que les lingots n’étaient pas en or. :arrow: Et bim ! Dans les dents !

R : Qu’est-ce que cela peut vous faire ? Croyez-moi, il y a des choses plus importantes que la vengeance mon ami. :arrow: Oulàààà, Ruiz s’aventure en eaux troubles ! Je crains, au contraire, que la vengeance soit la priorité número uno sur l’agenda du marin… Il ne va pas lâcher le morceau aussi facilement.

G : Ce que Mendoza veut savoir, c’est si vous connaissez la personne qui m’emploie habituellement. C’est bien ça, n’est-ce pas, Mendoza ? :arrow: Ooooh, joli coup de théâtre ! Je ne m’attendais pas à ce qu’il surgisse là. Bravo ! :D

Ruiz était resté cloué dans son fauteuil mais sa main fouillait déjà sous le bureau pour trouver le cordon qui lui permettrait d’appeler son domestique. Gonzales esquissa un geste et le marchand s’affaissa après quelques soubresauts, la gorge transpercée d’un stylet. :arrow: Je me creuse la tête depuis 5 minutes pour essayer de retrouver à quel film cette scène me fait penser… Bon, je ne vais pas pleurer la mort de Ruiz, mais je regrette qu’il n’ait eu le temps d’en dire plus.

G : […] Vous me voyez navré de devoir vous priver de ce que vous chérissez le plus, votre liberté…. :arrow: Ah, mais la donne a changé, à présent. Les priorités aussi.

Quand le corps fut tout à fait inerte, le jeune métis s’empara de l’épée de Mendoza et en transperça le cou de Ruiz à la place exacte de la blessure fatale infligée par le stylet qu’il essuya soigneusement avant de le ranger. :arrow: Niveau de fourberie surpassé. Et pas d’analyse ADN possible à cette époque.

R : Vous n’allez pas nous quitter déjà, Gonzales ? A moins que vous ne préfériez que je vous appelle Garrido ? :arrow: Garrido ? D’où ça sort, ça ?! :shock:

Roberto tenait le jeune métis en joue de son pistolet. Derrière lui apparut Gomez, lui aussi armé. :arrow: Oooooh, Gomez ! :D Jamais je n’ai été si heureuse de le retrouver ! ^^ Roberto, en revanche… :roll:

Alfonso Garrido ? J’ai déjà lu ce nom là quelque part… Je reviens, faut que je fouille dans ma bibliothèque ! (10 minutes plus tard…) Ayé, j’ai trouvé ! C’est un personnage dans le roman Inès et la Joie, d’Almudena Grandes. ^^

R : Oh ? Eh bien j’en suis à moitié surpris…Après tout peu importe, regardez moi, un père absent, qui abandonne son foyer, sa femme, son enfant, ça vous forge un homme ! Ce petit est promis à un grand avenir ! :arrow: Eh bien, Il n’y a pas que Gonzales qui soit une langue de vipère !

Go : […] De toute façon, Mendoza, n’oubliez pas que je peux toujours vous faire mettre en prison, vous, votre second Alvares ou vos amis Pedro et Sancho, pour le meurtre de Ruiz. Une association qui a mal tourné, c’est monnaie courante…Alors ne vous avisez pas de disparaître pour je ne sais quelle mystérieuse destination. :arrow: Du Gomez tout craché ! Je tire mon chapeau (que je n’ai pas) à l’échaudage de cette manœuvre !

R : Puisque tout est dit, si nous trinquions à la mémoire de ce cher Ruiz, qui a eu le mérite de nous réunir aujourd’hui ? Son porto est excellent. :arrow: Rhôôôôôôô ! :lol:

Nous l’avons vu réduit en cendres sous nos yeux….Tous, nous pouvons en attester. La malédiction de Rana Ori nous en a débarrassés, définitivement. […] Que s’est-il passé quand nous avons quitté la cité ? Qu’avons-nous laissé derrière nous ? :arrow: Oui, qu’est-il donc arrivé à ce cher Ambrozarès ? Comment, tel le phoenix, a-t-il pu renaître de ses cendres ?

I : On dirait que tu n’as pas compris que j’ai repris ma liberté. Quant à être protégée par cet être immonde avec qui j’ai le malheur d’avoir un lien de parenté, j’espère que tu plaisantes. :arrow: C’est tout de même triste de voir une relation associée à une prison. Pour le reste, la remarque était prévisible.

I : […] A croire que j’ai suivi la mauvaise voie pour réussir, en affaires comme en amour : me voilà endettée et engrossée sans être mariée, alors qu’elle a volé une cargaison d’orichalque et le cœur du père de mon enfant. En tout cas, si elle a été l’élève ou la soror mystica du Docteur ou d’Ambrosius, elle les a dépassés : ils n’ont jamais été fichus de concocter un philtre d’amour digne de ce nom. :arrow: Euh… Y’a encore quelqu’un de vivant dans le secteur ? :geek:

Z : Il n’est pas question que je vive dans la peur. :arrow: Des mots qui ont une certaine résonance, aujourd’hui, à notre époque. Je ne peux qu’approuver.

Z : De toute façon même si tu voulais couper les ponts, Mendoza, tu sais que c’est impossible : mon cerveau a la déplorable manie de me tourmenter quand mes amis sont en danger. :arrow: Décidément, Zia me plaît énormément, dans ces deux dernières parties ! ^^

M : […]Moi, je suis une âme perdue depuis bien longtemps. Les gens comme moi sont des moulins ouverts à tous les vents, qui tournent en tous sens dans le vide, des navires ballotés dans la tempête, sans phare pour les guider. :arrow: L’image est belle de désespoir, mais…

[…]Car les âmes perdues s’attirent, chacune aspirée par le vide de l’autre, cherchant à le combler en vain, puisque chacune n’a rien à offrir à l’autre que le manque qui les hante toutes les deux. :arrow: L’image est toujours tristement belle mais je ne suis pas d’accord. Je vais même le prouver (une fois n’étant pas coutume) par des mathématiques ! - et -, ça fait + ! :x-):

E : Jamais entendu des sornettes pareilles ! S’il y a bien quelqu’un capable de surmonter toutes les épreuves c’est toi ! Quant à cette histoire d’amour et de manque, je te signale qu’il y a un enfant à naître qui a besoin de l’amour de ses parents ! :arrow: https://media.giphy.com/media/G22vVm4jcPeco/giphy.gif

M : […] Elle doit s’éloigner. L’enfant est sa chance. Sa chance de combler ses manques. :arrow: Ou de les lui rappeler sans cesse…

M : Tu as besoin d’un certificat de mariage ? S’il n’y a que cela pour régler le problème…cela pourra sans doute se faire dès demain, le temps de prévenir Pedro et Sancho.
E : Vous n’allez pas faire ça ? Pas ainsi !
Zia se leva et posa délicatement sa main sur le bras du jeune homme.
Z : Nous serons les autres témoins si vous le voulez bien.
M : Alors le problème est résolu. :arrow: Woo, belle ambiance à venir… :roll:

En tout cas, c’est toujours aussi bien mené, et j’ai pris plaisir à me faire surprendre. Bravissimo ! :D ;)
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par DeK » 19 juil. 2018, 19:48

De nouveau à jour dans ma lecture, après un loooong moment !

Le vil serpent et sa redoutable mère auront décidément causé bien du tort à nos héros, la situation est tristement houleuse pour le marin et la señiorita.
Et maintenant, Zia culpabilise... Rôh, faut pas ! Gonzales avait plutôt bien caché son jeu jusque là, difficile de déceler ses véritables intentions sous cette apparence de chevalier blanc. Cela dit, heureusement qu'elle ne perd pas la face après tout ce qui vient de se passer, comme toujours ses talents de médiatrice sont d'une grande aide pour le groupe — sinon je ne vous dis pas l'ambiance ! :roll:

Apparition furtive de Ruiz et le métis s'échappe à nouveau, ce n'est plus un serpent, c'est une anguille. :x-): Je ne m'y attendais vraiment pas et j'apprécie la surprise, bon après il y a tout de même un mort dans l'histoire... Aussi, je ne sais trop quoi penser des affirmations de Roberto, mais de le revoir aux côtés de Gomez ne me plaît pas beaucoup.
M'enfin, après une succession de révélations, on approche doucement de ce mystérieux grand maître, qui tire les ficelles de tout ce bazar. D'ailleurs, il me tarde de connaître le but réel de cette machination qui aura coûté cher à certains.
Décidément, la liberté est une chose bien éphémère dans le couple Mendoza/Laguerra. Ce n'est pas la joie dans cette fin de quatrième partie, l'ambiance s'est considérablement refroidie (remarquez : cela contraste fort bien avec le climat de Barcelone ^^).

En résumé, avec une intrigue toujours aussi bien présentée, des personnages en quête de vérité et de nouvelles difficultés à surmonter, ces derniers passages sont un plaisir à déguster. :)
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par DeK » 27 juil. 2018, 00:03

Une dernière illustration pour la soirée !

Pour vous situer l'action, retour sur l'île de Lampedusa dans le chapitre 13 partie 2 :

[...] il songeait surtout à la crique de sable fin qui s'arrondissait non loin de là comme un écrin contenant les eaux tièdes et transparentes de la mer étincelante sous les derniers rayons du soleil, face à une petite île qui formait presque la crique. [...]
Il s'assit sur la plage et la regarda nager entre le rivage et l'îlot rocheux, lui faisant face...

Isola_dei_conigli.png
Juste pour la petite information, le lieu décrit par l'auteure existe réellement, il s'agit d'Isola dei Conigli (traduisez l'île aux lapins).
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Chaltimbanque » 29 juil. 2018, 22:14

Également très réussie, cette illustration !! :D
Je tiens à te féliciter profusément pour ton magnifique travail sur ces couleurs chatoyantes (surtout que tu n'aimes pas cela ! ^^) ! Mendoza a l'air satisfait d'avoir pu offrir ce petit instant de répit à Isabella, qui en profite visiblement à plein régime. L'atmosphère paisible qui se dégage de l'ensemble a bien évidemment pour nous un côté plus amer, car nous savons qu'il s'agit de l'un des derniers instants de paix entre ces deux-là, mais cela ne fait que renforcer l'éclat des teintes du ciel et de la mer.
Oh, et j'aime bien le petit lapin en bas à gauche, aussi ! :x-):
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par Ra Mu » 29 juil. 2018, 22:39

Chaltimbanque a écrit :
29 juil. 2018, 22:14
Oh, et j'aime bien le petit lapin en bas à gauche, aussi ! :x-):
Dodie! sors de là! Tu ne vois pas que tu donnes de drôles d'idées à notre marin national? :lol:

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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par nonoko » 31 juil. 2018, 22:51

Hellooo everybody....
Bon, tout vient à point à qui sait attendre, on savoure mieux ce qu'on a désiré plus longtemps et blablabla, bref, j'ai pris un peu de temps pour venir à bout de cette cinquième partie (qui n'est pas la dernière), que j'ai commencé à écrire il y a looooongtemps, que j'avais en tête depuis looongtemps, mais la vie a fait que ça a pris beaucoup plus de temps que prévu. Ce soir j'étais d'humeur à conclure donc c'est chose faite et Seb aura aussi la surprise de la fin.
Merci à tous pour vos commentaires, j'espère que vous aurez du plaisir à lire cette suite un peu glauque (pardon Chatchat). Au fait, pour Garrido, je conseille de relire le début du tome 2 ;)
Merci encore Dek pour les superbes illustrations, j'attends la prochaine (et les autres) avec impatience (et vois avec Chatchat pour dessiner N.)


Cinquième partie.

Le reste de la soirée fut des plus mornes. Isabella avait disparu dans la chambre que Zia laissait à sa disposition et n’avait plus reparu. Tao avait refusé une fois de plus de quitter le chevet d’Indali et s’était montré particulièrement indifférent à l’annonce du mariage, déclarant qu’il n’y assisterait évidemment pas : il était inconcevable de laisser les malades sans surveillance. Il s’étonna même que Zia se soit proposée comme témoin. Esteban, Zia et Mendoza avaient dîné frugalement tous les trois dans la salle principale, puis le marin avait déclaré qu’il monterait la garde dans le cockpit pour la nuit. Pendant le repas ils avaient rapidement évoqué l’organisation du lendemain et le sort de Nacir. Esteban et Mendoza se chargeraient de trouver un prêtre qui accepte de célébrer l’union le jour même, en commençant par s’adresser au monastère de la cathédrale où Esteban avait gardé des liens. Pendant ce temps Zia irait prévenir Pedro et Sancho et on attendrait sur leur domaine le retour d’Esteban et Mendoza accompagnés du prêtre.
Z : Et s’ils sont absents ?
M : La saison des vendanges touche à sa fin, cela m’étonnerait fort.
E : Vous éviterez dans la mesure du possible de quitter le condor.
Z : C’est pour vous deux que je m’inquiète.
E : Bah, si ça se trouve on sera suivi par Roberto ou Gomez. On ne craint rien, pas vrai Mendoza ?
Le marin ne releva pas la remarque de son ami mais s’adressa à Zia.
M : Esteban a raison. Soyez très prudents.
Z: Je vous ai déjà dit que je n’avais pas l’intention de vivre dans la peur. Tu veux peut-être qu’on reste enfermés, Pedro et Sancho aussi, jusqu’à votre retour et qu’on célèbre le mariage dans cette salle ?
E : Et pourquoi pas ? C’est une idée ça ! Cette salle est parfaite ! Pour un mariage en toute intimité….
Z : Esteban ! Tu n’es pas sérieux ?
M : C’est une bonne idée, mais je doute qu’aucun prêtre accepte . Nous improviserons quelque chose dans la demeure de nos amis. Maria a probablement toujours avec elle son crucifix.
E : Pourquoi ne pas organiser la cérémonie à l’église du village ?
M : Je veux rester le plus discret possible et de toute façon le prêtre du coin n’est pas très ouvert d’esprit. Non, il vaut mieux s’adresser d’abord au monastère de la cathédrale comme tu l’as suggéré, et en cas d’échec nous trouverons bien en ville un prêtre peu regardant et intéressé par l’argent. Ils sont plus nombreux que tu ne penses.
E : La chapelle du monastère pourrait faire l’affaire…
M : Nous n’en savons rien. Et puis il est plus facile d’emmener le prêtre avec nous que de faire déplacer tout le monde jusqu’à lui dans les conditions actuelles. Ecoute, Esteban, ce n’est qu’une formalité, qui sera vite expédiée. Inutile de compliquer les choses. Nous aurons probablement aussi besoin de Maria comme témoin.
E : Et Zia ?
Z : Il a raison, Esteban, à la cour on m’a baptisée mais j’étais jeune et j’ai quitté l’Europe sans avoir embrassé définitivement votre religion. Ce n’est pas grave…mais je tiens à être présente.
E : J’y tiens également.
M : Et moi aussi.
E : Et Nacir ? Tu veux toujours qu’il reste chez Pedro et Sancho ? Parce que nous étions tellement soulagés d’avoir trouvé une solution pour Isabella que nous n’avons plus pensé à lui…
M : Maria fera une excellente garde-malade. Et Pedro et Sancho seront aux petits soins avec lui j’en suis sûr.
Z : Tu ne t’inquiètes pas plus que ça pour lui ? Ecoute, j’ai réfléchi depuis tout à l’heure quand Isabella a lancé l’idée d’une enquête pour en savoir plus sur nos ennemis et je me demandais s’il ne serait pas judicieux de retourner voir les Chaldis.
E : Rapport au zephti ?
Z : Oui, on ne sait jamais : peut-être que leur savoir faire s’est divulgué hors de la tribu d’une manière ou d’une autre. D’ailleurs comment le Docteur Laguerra avait pu construire ses engins ? Je ne dis pas que nous trouverons des réponses, mais pourquoi ne pas essayer cette piste ?
E : Je ne vois pas le rapport avec Nacir.
Z : Nous pourrions leur demander de veiller sur lui le temps de notre voyage au Japon. Et puis tu ne crois pas que nous devrions les prévenir ? Leur raconter ce qui s’est passé ? Mes cauchemars ont commencé lorsque nous étions là-bas…
E : Tu voudrais savoir pourquoi…. Je comprends…. Et en allant là-bas nous éloignons Nacir du danger, si danger il y a. De toute façon les Chaldis sont de redoutables combattants. Qu’en penses-tu Mendoza ?
M : Nacir aime voyager…Et j’ai l’impression que cette solution te rassure, Zia. On dirait que tu n’as pas toute confiance dans l’hospitalité de Pedro et Sancho.
Z : Ce sont des hôtes parfaits, cependant…ne crains-tu pas que Nacir se lasse rapidement de leur compagnie ?
Le capitaine esquissa un sourire.
M : Tu es toujours aussi prévenante. Je suppose qu’Isabella ne veut pas rester chez eux pour la même raison. Grâce à toi, Nacir l’a échappé belle ! Et moi qui croyais bien faire…il faut dire que je suis habitué à eux alors que Nacir n’a aucun moyen de savoir ce qui l’attend ! Ah ah ah !
L’hilarité soudaine de Mendoza mit les deux jeunes gens mal à l’aise. Il s’en aperçut et se ressaisit aussitôt, choisissant ce moment pour prendre congé. Restés seuls, Esteban et Zia se perdirent dans leurs pensées jusqu’à ce qu’Esteban prenne la main de sa fiancée dans la sienne.
E : Quoi qu’il arrive, je serai toujours à tes côtés.
Z : J’ai mal, j’ai mal pour eux, Esteban. Si tu savais comme je redoute la journée de demain.
E : Tout ira bien.
Z : Non, ce n’est pas ça, je n’ai pas peur…
E : Je sais. Ce ne sera qu’une formalité. Ne prends pas ça trop à cœur.
Z : Tu sais bien que ce n’est pas qu’une formalité ! Cela me brise le cœur !
E : Pour eux, demain, c’est tout ce que cela signifiera. Mais il faut regarder au-delà de demain. Il faut garder espoir.
Z : Je t’aime, Esteban.
E : Je t’aime aussi, Zia, de toute mon âme.
A ces mots elle éclata en sanglots et se réfugia dans ses bras.

++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Les premières lueurs de l ‘aube tirèrent Mendoza de sa torpeur. Il cligna des yeux . A chaque fois il distingua vaguement une tache plus sombre que l’environnement boisé sur laquelle elle se détachait. Quelqu’un était là, dehors. Il n’eut pas de peine à reconnaitre Roberto et dut faire un immense effort pour ne pas ouvrir le cockpit. Quelques instants plus tard il tirait Esteban du lit.
M : Il est temps de partir. Nous sommes attendus.
E : Hein ? Par qui ?
M : Tu avais raison : Roberto veille sur nous.
Z : Je viens aussi !
M : Tu resteras à l’intérieur.
Roberto s’avança vers le condor dès qu’il constata son ouverture, et regarda les bras croisés Esteban et Mendoza en descendre.
R : Eh bien, je commençais à désespérer. J’ai eu du mal à vous retrouver et j’ai cru que Mendoza ne se réveillerait jamais.
M : Vous avez des nouvelles ?
R : La Santa Catalina est arrivée plus tôt que prévu. J’étais venu vous prévenir. Le temps c’est de l’argent.
M : J’ai à faire aujourd’hui. Une formalité à régler.
R : Une formalité ? Oh, je vois…puis-je vous féliciter ? Feu mon père aurait été fou de joie. Dommage qu’il ne puisse malheureusement pas mener sa fille à l’autel….
E : Je crois que vous aviez aussi une formalité à régler mais je suppose qu’il est trop difficile de retrouver la trace d’un homme blessé de deux balles.
R : Pardonnez moi jeune homme mais rien ne nous assure qu’il en soit ainsi et puis, cette formalité devait être réglée par ce cher Gomez. Je crains fort d’avoir surestimé ses capacités : nous n’avons aucune piste. Notre homme s’est volatilisé. Mais vous-mêmes me semblez être bredouilles…
M : Effectivement.
R : Quel dommage, quel dommage…voilà qui est fâcheux…cette bande de criminels a l’air très bien organisée. Presque aussi bien que moi.
E : Nous les mettrons en échec comme nous vous avons mis en échec.
R : Oh oh, regardez donc Mendoza, comme ce jeune homme est présomptueux ! Enfin, je suis beau joueur, et je vous souhaite de réussir…
M : Trève de politesses, nous sommes pressés.
R : Comment, vous partez déjà ? Pourrais-je au moins saluer ma sœur ?
M : N’abusez pas de ma patience.
R : C’est toujours un plaisir de jouer avec vous mon cher Mendoza. Allons, je pars moi aussi, nous ferons route ensemble.
E : Partez le premier, nous vous suivons !
R : Très bien…
Il leva la tête vers Zia qui les écoutait depuis le cockpit, lui sourit puis lui adressa une révérence avant de tourner les talons.
R : A très bientôt Mendoza, et ne manquez pas d’embrasser ma sœur pour moi !
M : Prenez garde à vous, Roberto, la mère de Gonzales n’a sûrement pas apprécié le traitement que vous avez réservé à son fils et pourrait bien chercher à rabattre votre superbe !
R : Celui ou celle qui aura ma peau n’est pas encore né mon cher ! Oh, mais j’oubliais…tenez, attrapez ça !
Il se retourna et lança une bourse en direction de Mendoza, qui la rattrapa au vol.
R : Un mariage, ça coûte cher…les alliances, les fleurs, la robe, le costume, le vin, le prêtre…vous me rembourserez plus tard, il va de soi que j’ajoute cette somme à vos dettes, inutile de me remercier !
Quand il fut hors de portée de voix, Esteban éclata.
E : Si Hava pouvait nous en débarrasser !
M : Il faudrait qu’elle nous débarrasse aussi de Gomez…mais cela risque de retomber sur moi ou sur Pedro et Sancho. Tu peux parier que Roberto et Gomez ont tout prévu et chercheront à nous nuire même par-delà la mort. S’ils doivent mourir de la main de quelqu’un, il faut clairement que nous ne risquions pas d’être accusés.
E : Bon dans ce cas qu’elle les tue mais en présence de témoins qui attesteront qu’elle est bien la coupable !
Mendoza se mit à rire.
M : Ne t’inquiète pas, elle ne prendra pas le risque de me faire jeter en prison, il n’y a que Gonzales pour avoir des idées pareilles. Elle a sûrement d’autres plans pour moi, bien plus surprenants, ah ah ah ah ah !
Il riait à gorge déployée, d’un rire qui glaça le sang d’Esteban. Puis il s’arrêta brusquement et partit sans un mot de plus.

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H : Je devrais te préparer un exorcisme. On dirait que tu as été frappé par le mauvais œil.
G : Dès que je serai sur pied, ils me le paieront…
H : Qui donc ? On ne sait pas qui a tiré la balle qui t’a atteint…
G : Ils me le paieront tous…
H : Oui, un jour…mais ce jour-là, je veux qu’ils sachent à qui ils ont véritablement affaire. Sois patient, il est facile de tuer, mais le plaisir est bien éphémère. Un court instant de surprise dans les yeux de ton adversaire, sa déception d’avoir été vaincu, il ne pensera même pas à toi au moment de mourir, il ne comprendra même pas pourquoi il meurt. Tu as encore beaucoup à apprendre.
G : Je n’ai pas besoin de vos leçons mais de vos soins, mère.
H : Ne me parle pas comme ça, veux-tu ? Et estime-toi heureux que j’accepte de te garder avec moi dans cet état. Tu as voulu faire le malin…
G : Vous n’aviez rien contre mon plan…
H : Tu ne m’as pas vraiment demandé mon avis…tu ne m’aurais pas écoutée de toute façon, il fallait que tu essayes encore, jusqu’à ce que tu comprennes que ton désir obscurcit ton jugement. J’espère que tu souffres bien, ça va te remettre les idées en place.
G : J’aurais dû le tuer…c’était si facile, il était à ma merci…en le supprimant, je vous rendais aussi service…votre désir obscurcit votre jugement ces temps-ci…
H : Viens voir que j’étale cette pommade…je ne te fais pas trop mal ? Allons, je comprends ta déception, tu étais si près du but, enfin, de ton but. N’oublie pas toutefois notre but. Il est plus important que tout le reste. Nous serons vengés, et pas seulement de quelques uns, mais de tous. Mendoza est encore vivant ? Tu as peur d’avoir déçu le Maître ? Mais le Maître sait que tout s’accomplira comme il l’a voulu, c’est une question de patience. Et je suis sûr qu’il sera content de savoir que Mendoza verra son triomphe et le nôtre. Il t’a mis à l’épreuve, et ce n’est pas un échec complet. Te voilà plus déterminé que jamais. Mais aussi, tu as appris la patience.
G : La patience a toujours été mon fort, tu le sais parfaitement. Et j’ai déjà trop patienté.
H : Tu es jeune, tu es fougueux, c’est normal, tu as encore du mal à contenir le feu qui te dévore…
G : Je les tuerai, tous…ils ne m’échapperont pas…
H : Tu as de la fièvre, tiens, bois ça…
D’un geste brusque, il écarta la main de sa mère, renversant la potion qu’elle tentait de lui faire boire.
H : Ce n’est pas grave, je vais en préparer une autre. En attendant, veux-tu que je te raconte une histoire pour te calmer ?
G : Laissez-moi tranquille, partez !
L’effort qu’il venait de fournir pour repousser la coupe l’avait privé de ses dernières forces. Ses ordres se perdirent dans un souffle qu’Hava ignora. Affairée à sa préparation, elle reprit d’une voix douce.
H : T’ai-je déjà parlé de ce que m’a fait subir ce Roberto ? C’était un client occasionnel. Nous le craignions toutes. Aucune d’entre nous ne comprenait pourquoi la patronne le laissait faire. Du moins, pas avant que nous nous rendions compte de la réalité. Elle nous rassurait, nous faisait croire qu’elle se souciait de nous. Quand l’une d’entre nous passait entre les mains de Roberto, elle s’excusait, disait qu’elle était désolée, qu’elle ne tolérerait plus une chose pareille. Quand cela recommençait et que la fille se plaignait, elle disait qu’elle-même avait peur, que ce n’était pas facile, qu’il fallait être patiente…Celles qui protestaient étaient sûres de mal finir, c’était la rue…Elle les jetait dehors sans rien. Les autres, elle les soignait, elle leur montrait tous les avantages que cela lui rapportait, à elle, et donc aussi à nous. Parce que sans elle, nous étions sûres de crever de faim ou de maladie. Moi, je ne voulais pas crever. Pas avant de m’en sortir. Je voulais te revoir. Tu reviendrais, tu me sauverais. Les années ont passé. J’ai été patiente, très patiente. Et puis la patience a payé. Un soir, j’ai failli mourir entre les bras de cet homme. La patronne a été très bien payée. Elle aurait pu se débarrasser de moi, je n’étais plus qu’un amas de chair souffrante qu’elle avait intérêt à voir mourir ailleurs que chez elle. Alors qu’elle hésitait, un client qui venait d’en finir s’est proposé pour m’examiner. Je n’avais jamais eu affaire à lui, mais il se murmurait parmi les filles qu’il ne faisait rien, il demandait juste qu’on lui raconte son histoire et il écoutait. Certaines refusaient de parler, alors il payait et partait. La patronne a accepté de mauvaise grâce qu’il m’examine, et quand il lui a demandé de pouvoir rester pour me soigner, elle a exigé qu’il paye, comme si elle lui accordait une séance spéciale avec mon futur cadavre. Il a payé, mais a exigé de pouvoir m’acheter si je survivais. Elle a accepté. C’est comme cela que je suis entrée au service du Maître. Et que j’ai pu te revoir. Quant à cet homme, ce Roberto, j’aurais pu le tuer mille fois. Sans doute continue-t-il de nuire, et d’autres n’ont pas eu la chance que j’ai eue. Ou la patience. Car, vois-tu, si je n’avais pas enduré patiemment ce calvaire, je n’aurais pas rencontré le Maître, et je n’aurais pas la possibilité de faire payer à Roberto et à tous les autres ce qu’ils m’ont fait subir, ce qu’ils ont fait subir à notre famille, ce qu’ils ont fait subir à nos peuples. Ils paieront, mais ils auront le temps de souffrir et de subir l’humiliation que nous avons vécue. La mort serait un sort trop doux.
G : Tu connaissais cet homme…et pendant toutes ces années…
H : Allons, ne te tourmente pas. Contente toi de le haïr. Il en vaut la peine. Mais il est dangereux, et je ne veux pas que tu fasses de nouvelles bêtises. Si cela peut te consoler, sache que si tu meurs, je me résoudrai peut-être à le tuer malgré tout. Ainsi que Gomez, quoique ce dernier puisse encore nous être utile, il a toujours ses entrées à la cour et m’a l’air d’être aisément manipulable. Ce serait drôle qu’il précipite sa propre ruine et celle de son peuple….Ah, comme il me tarde de voir ce bon Charles anéanti, par la faute de son propre fils ! Bien évidemment, tu seras à mes côtés ce jour-là, allons, bois…et tu retrouveras ton fils, et nous nous vengerons de ton traître de père…

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Zia avait posé le condor sur la seule colline qui n’était pas couverte de vignes ou de vergers, un monticule rocheux au milieu d’une mer de ceps et d’arbres fruitiers. Elle n’avait rien trouvé de plus près du domaine de ses amis, et avait pris le risque de laisser l’engin à découvert. Mendoza voulait de la discrétion, c’était raté. Mais le village était loin, et avec un peu de chance tout le monde dans le coin serait trop occupé avec les travaux agricoles de toute sorte pour prendre la peine de venir voir de quoi il retournait. Et si quelqu’un venait, ce ne serait pas avant longtemps : ils avaient quelques heures de tranquillité devant eux.
I : Et maintenant ? On attend ou on y va ? J’aimerais bien me dégourdir les jambes.
Z : Je pense qu’on peut tenter une sortie. Je ne vois pas ce qu’on craint, et on reviendra en force.
I : Hava est peut-être déjà en embuscade chez Pedro et Sancho…
Z : Evite de plaisanter avec ça tout de même.
I : Espérons que ce ne soit qu’une plaisanterie. Pas de mauvais pressentiment ?
Z : Aucun. Si Hava est là, elle a déjà été assommée par la conversation de Sancho.
I : Ou le vin de Pedro. Allons-y.
Z : Attends, je vais prévenir Tao.
Comme elle s’y attendait, elle ne reçut qu’un vague signe de tête pour indiquer qu’il avait compris. Elle insista tout de même pour qu’il vienne dans le cockpit surveiller les alentours. Il se décida à contre cœur après qu’elle l’eut assuré qu’elles ne seraient pas longues. Mais les quelques minutes que dura leur absence parurent des heures à Tao, qui se retira dès qu’il aperçut les deux jeunes femmes en compagnie de Pedro et Sancho. Les deux marins reconvertis dans la viticulture avaient apporté un de leurs derniers crus, et agitaient la bouteille en direction de Tao.
P : Ah ben il s’en va ! On dirait qu’il est pas très content de nous voir, dis donc !
Z : Il s’inquiète pour Indali, elle est blessée, alors il n’a pas trop la tête à faire la fête.
S : Bon ben, on on on, on fait quoi alors ? Vous allez bien trintrin, trinquéqué trinquer avec nous vous vous vous deux ?
I : Désolée mais je vais me retirer, je me sens lasse, et puis dans mon état…
Z : Elle a raison, mais je vais vous accompagner, moi.
P : Ah ben oui, faut que tu nous dises si ça convient pour le mariage, enfin, le tien ! Pour Mendoza, on sait déjà ce qu’il aime, eh eh eh ! Heureusement, hein, parce que vous nous prenez un peu de court !
Z : Je ne sais pas s’il aura le cœur à boire…
S : Tu tu tu tu parles, un bon p’tit vin, ça passe tous les chacha, tous les chagrins !
P : Eh mais, c’est un jour de fête, pourquoi on boirait pas ?
I : Parce qu’on n’est pas là pour boire, ni pour se réjouir, ni pour célébrer quoi que soit ! Et maintenant excusez-moi, je suis lasse.
Ils étaient parvenus au condor, et Isabella se retira aussitôt dans sa chambre.
P : Ben, qu’est-ce qui lui prend ? Que Tao soit pas d’humeur, je peux comprendre, mais la mariée !
Z : Je vais vous expliquer plus en détail…
S : Tu tu tu ferais bien, oui !
P : Un mariage en urgence, pourquoi pas, chez nous, pourquoi pas, Maria tient bien la maison, vous avez de la chance, mais enfin, une église, c’est bien aussi, hein ? Et puis, c’est bien parce que c’est Mendoza, sinon Maria vous aurait envoyés paître ! Elle exige qu’on la prévienne trois jours à l’avance quand on veut recevoir quelqu’un, un vrai tyran !
S : Mais la maison est toutoutou toujours ninini nickel !
P : Là c’est sûr elle va se mettre en quatre et on va l’entendre râler pendant des mois contre Mendoza.
Z : Je suis désolée, mais la situation est compliquée…
P : Elle peut pas être pire que la dernière fois ! Mendoza est revenu, il se marie…vraiment j’y comprends rien !
S : Attends, on va boire un verre, ça ça ça fera papa passer la pipipi la pilululu, la pilulle !
Quand Zia eut terminé de leur conter leurs mésaventures, la bouteille était vide et les deux marins avaient perdu toute leur bonne humeur.
P : Tu parles d’une histoire….Je suppose qu’on doit se réjouir que notre Mendoza soit pas mort…mais pour le reste…
S : Si je tenais ce GonGonGon…Gonzaza…
P : T’as pas entendu ? Il s’appelle Garrido !
S : N’impopo, n’importe quoi ! C’est pas Gaga…Gariri…
P : Ouais, c’est Gargonzales ! Eh eh eh !
S : Oh oh oh ! Gagagar…Gargongon…oh oh, en plus il est p’têt ben troué comme un frofrofro, comme un fromage à l’heure qu’il est !
Zia ne put s’empêcher de rire de bon cœur, même si elle le regretta aussitôt et jeta un regard embarrassé au fond de son verre.
P : Allons, un peu de sérieux, Sancho, on ne rit pas avec ces choses là ! Tu fais rougir Zia !
S : N’empêche, je me demande bien poupou, pourquoi il faut expépé, expédier ce mariage comme ça !
P : Mais t’ as rien compris ! Mendoza doit partir demain à cause de Roberto !
S : N’empêche, on pourrait faire un peu la fêfê, la fête !
P : Parce que tu crois qu’ils ont le cœur à la fête, toi ! Ils vont se séparer à nouveau, ils sont menacés de partout, et nous aussi, tiens ! Oh non !!!
S : Tu tu tu vois, faire la fête, ça ferait oublier le dandandan, le danger !
Zia ne leur avait pas parlé de la dispute entre Mendoza et Isabella. Ce n’était pas à elle de le faire, et la situation suffisait à expliquer l’état d’esprit chagrin de tous. Elle était soulagée que l’intervention de Pedro aille dans ce sens, car elle aurait été bien embarrassée si Sancho avait persisté dans son incompréhension. Sans doute percevraient-ils le malaise entre les deux époux le moment venu. Quant à elle, elle s’efforcerait de cacher le sien, mais elle n’était pas sûre d’y parvenir.

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Il tardait à Mendoza d’être à bord de la Santa Catalina, tout autant qu’il le redoutait. Il serait seul, enfin, seul mais plus lié que jamais. Lié aux souvenirs, lié à ses obligations, sans pouvoir poursuivre l’unique but qui l’empêcherait de perdre la raison : les retrouver et les éliminer définitivement. Il allait devoir être patient, et prier pour qu’en voulant protéger les uns, il ne mette pas en danger les autres. Esteban avait eu beau l’assurer qu’ils étaient tout à fait capables de se protéger eux-mêmes, ce dont il avait lui-même tout à fait conscience, cela ne l’empêchait pas d’être rongé par un sentiment d’impuissance tenace. Il ne savait pas ce qui serait le pire : qu’Hava et Gonzales s’en prennent aux êtres qui lui étaient chers, ou que ces derniers parviennent à les éliminer à sa place, pendant qu’il serait en mer, enchaîné à ses dettes, prisonnier de la Santa Catalina où le fantôme de la présence d’Isabella le suivrait nuit et jour, sans répit. A moins que la mer n’opère une fois de plus son miracle, et qu’entre elle et lui se renoue encore l’idylle, faite de défis, de tempêtes et de caresses salées, et qu’il oublie la femme pour se mesurer aux éléments, tour à tour écrasé par les forces de la Nature et triomphant. Oui, il allait retrouver la mer, il allait retrouver son bateau, et il se jetterait à corps perdu dans ces retrouvailles. Dans un mois, il serait de retour. Dans un mois, il saurait ce qui se serait passé en son absence, pas avant. Pour l’instant il était pieds et poings liés. Mais il saurait être patient. Machinalement, il porta la main à son annulaire gauche. Qu’est-ce qui lui avait pris d’accepter de porter cet anneau ? Seule Isabella avait besoin de faire illusion. Il aurait pu l’arracher à l’instant, mais il ne le fit pas. Esteban avait tant insisté, soit disant pour la crédibilité devant le prêtre, et par respect pour la coutume, comme si tout cela pouvait avoir un sens ! Il avait senti la main d’Isabella trembler dans la sienne, au moment où il avait passé l’anneau à son doigt. Elle avait d’abord esquissé un geste de recul, ne s’attendant probablement pas à devoir être obligée d’en passer par là. Obstinément, elle avait gardé les yeux baissés, même quand elle avait dû elle-même procéder au cérémonial, en un geste brusque, avant de se détourner prestement. A ce moment là, le regard de Mendoza avait croisé celui de Maria, qui les observait les bras croisés. Quelques instants plus tard, tandis que Sancho servait à boire à tous, elle s’était approchée de son ancien locataire.
Ma : Dire que j’ai coupé une de mes plus belles roses pour orner la table…Quelqu’un aurait pu me prévenir.
M : Je suis désolé, Maria.
Ma : Pas autant que moi. L’enfant n’est pas de toi ?
M : Si.
Elle l’avait fixé longuement, cherchant à comprendre, puis avait secoué la tête en soupirant.
Ma : C’est encore pire que ce que je pensais. Quoi que tu aies fait, puisse-t-elle te pardonner un jour. Je bois à votre santé, et à celle de l’enfant à naître.
Elle avait levé son verre et l’avait bu d’un trait avant d’aller à l’office chercher des plats couverts de victuailles auxquelles les estomacs affamés n’avaient pu résister. Seul Mendoza n’avait touché à rien, se contentant d’enchaîner les rasades pour le plus grand plaisir de Pedro et Sancho, sans se départir de son flegme, suivant les moindres déplacements de sa femme d’un regard morne, un semblant de sourire aux lèvres. Chacun avait senti qu’il valait mieux éviter de lui adresser la parole, et il était resté spectateur de cette pièce étrange où ses hôtes, bouteille en main, volaient au-devant de leurs invités en les accablant de leur babillage incessant tout en s’empiffrant d’olives tandis que Maria faisait imperturbablement le service. Esteban et Zia faisaient la conversation par politesse au prêtre que trois verres avaient déjà bien empourpré et qui jetait de temps à autre un regard inquiet vers Mendoza, qui l’ignorait superbement, les yeux rivés sur Isabella. Cette dernière promenait son ventre proéminent à pas lents de la table où elle piochait machinalement de la nourriture, à la porte devant laquelle elle s’arrêtait quelques secondes. Ce manège dura plusieurs minutes avant qu’elle ne se décide à se laisser tomber dans un fauteuil d’où elle ne bougea plus jusqu’à ce que Zia suggère qu’il était temps de raccompagner le prêtre en ville avant que l’obscurité ne rende les routes dangereuses. Alors Mendoza avait semblé s’éveiller d’un mauvais rêve et son corps puissant s’était détaché lentement du mur contre lequel il s’était tenu appuyé. Il avait paru vaciller un instant puis s’était dirigé vers la porte devant laquelle il avait attendu que le prêtre prenne congé de ses hôtes. Celui-ci était à présent passablement éméché et n’avait pris garde au fait que le mari ne fasse pas ses adieux à sa femme. Peut-être avait-il déjà oublié les raisons avancées pour ce mariage précipité, le départ imminent en mer, l’ignorance d’une grossesse survenue alors que le futur marié, marin très sollicité, parcourait la Méditerranée. Plus probablement croyait-il à un mariage de convenance auquel l’époux avait été contraint pour sauver l’honneur de cette femme enceinte jusqu’au cou, à moins qu’il n’ait été payé pour épouser cette gourgandine qui avait eu l’imprudence de se faire engrosser par on ne savait qui. En tout cas, quand Bartolomeo Vallejo aurait franchi la porte de cette demeure où il avait célébré cette union suspecte, seul Dieu se soucierait désormais du sort des jeunes mariés. Pour sa part, il avait rempli son office et repartait la panse pleine, le palais pâteux et les oreilles tintant encore de la joyeuse musique des pièces d’or que le marin avait déversées de sa bourse pour achever de le convaincre de le suivre. Qu’il était bon de remettre les brebis égarées sur le droit chemin ! Et comme l’Eglise avait raison de ne pas brader la bénédiction divine ! Pour que le Christ accepte de se charger du fardeau de leurs peines, les pécheurs devaient bien comprendre qu’ils devaient consentir eux aussi à quelques sacrifices, et que représentaient quelques pièces à côté de la paix de leurs âmes ? Dès qu’il serait de retour en l’église de sa petite paroisse, Bartolomeo Vallejo prierait de tout son cœur pour ce couple qu’il avait lié tout en sentant qu’un gouffre les séparait. Il prierait aussi pour ces deux jeunes gens qui avaient eu l’amabilité de le distraire après cette cérémonie pesante, même s’il n’avait pas réussi à les convaincre de l’engager pour leur propre mariage. Au moins avait-il fait affaire avec ses hôtes, qui lui avaient accordé une large ristourne sur ce petit vin goûteux qui égaierait ses messes. L’austérité de ses paroissiens lui semblait parfois un fardeau trop lourd à porter, d’autant plus que leur pauvreté ne les inclinait pas à se montrer très généreux envers l’Eglise. Il avait ressenti cette même pesanteur en présence de la vieille femme qui l’avait accueilli quelques heures plus tôt avec un visage impénétrable et qui ne s’était pas déridée une seule seconde par la suite, même au moment de l’échange des consentements, qui d’ordinaire provoque un remous d’émotions dans l’assistance. Seuls les maîtres du domaine avaient manifesté leur joie, l’un d’une larme discrète qui avait fini en sanglot bruyant essuyé du revers de la manche, l’autre d’un cri spontané réclamant un baiser, qui s’était transformé peu à peu en un bégaiement embarrassé et inaudible sous le regard courroucé du marié. Bartolomeo Vallejo avait alors surpris l’air douloureusement navré des deux jeunes gens qui se tenaient la main tandis que les mariés s’écartaient l’un de l’autre et avait remercié Dieu de l’avoir appelé à lui et de lui avoir épargné certains tourments de l’humanité ordinaire. Il n’en était que le témoin et c’était bien suffisant. Ce qu’il entendait en confession le confortait dans sa vocation, et le vin de messe l’aidait à supporter son sacerdoce. Toutefois, il n’aurait pas aimé recevoir les mariés dans son confessionnal, ou alors après avoir bu deux ou trois bouteilles. Il était donc soulagé de quitter cette assemblée étrange dont il n’aurait su dire quel membre le mettait le plus mal à l’aise, entre la vieille austère, l’époux taciturne, l’épouse farouche, le jeune couple tristement aimable et les maîtres de maison trop empressés.

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Quand Mendoza constata que le prêtre était prêt à partir, il quitta la pièce sans se retourner, et Bartolomeo Vallejo le suivit sans chercher à marcher à ses côtés, préférant garder ses distances avec cet homme assombri par le vin et la cérémonie dont il avait indéniablement été acteur malgré lui. Dès qu’ils eurent disparu, Isabella manifesta le désir de rentrer au Condor. Esteban et Zia ne se firent pas prier pour la raccompagner. Un peu plus tôt dans la journée, Zia avait caché l’engin trop voyant dans un ravin à bonne distance. Il leur faudrait bien un heure de route pour le rejoindre, à l’allure d’Isabella. Zia était soulagée que ce qu’elle avait été incapable de considérer comme une simple formalité fût terminé. Elle remercia le plus chaleureusement qu’elle put Maria, qui se contenta de hocher la tête avant de se mettre à débarrasser les reliefs de la collation. Pedro et Sancho ne cessaient de se féliciter d’avoir conclu affaire avec le prêtre, faute de pouvoir se réjouir d’autre chose, et insistèrent pour mettre au point la commande leurs amis avant leur départ, car on ne se reverrait pas avant leur mariage, dans un peu plus d’un mois : en fût, en barrique ou en bouteilles ? Combien de rouge, combien de blanc ? Fallait-il aussi des liqueurs ? Esteban, qui avait trinqué à plusieurs reprises avec le prêtre autant pour étancher sa soif après son trajet depuis Barcelone que pour faire illusion et prétendre avoir le cœur en fête, répondit patiemment à toutes leurs questions avec un calme qui impressionna Zia, jusqu’à ce qu’Isabella, excédée, quitte la pièce. Zia s’apprêtait à la suivre quand Maria s’avança vers elle, une rose à la main.
Ma : Tiens, prends-la. Je n’aurai pas le cœur de la voir se flétrir et faner. Profite un peu de son parfum, mais ne tarde pas à en faire une décoction. Cela illuminera à nouveau ton teint. Tu peux aussi l’utiliser pour ton amie. Je suis désolée de ne pas pouvoir faire plus.
Z : Vous avez déjà fait beaucoup…
Ma : Tu l’as déjà dit. Mais la mariée n’avait même pas une tenue décente.
Elle se détourna vers Pedro et Sancho qu’elle apostropha rudement.
Ma : Laissez les donc partir et venez m’aider !Je ne vais pas déplacer la table toute seule, et vous rapporterez ce guéridon là où vous l’avez pris.
Sancho n’était plus en état de protester et Pedro se hâta d’adresser à Esteban un clin d’œil entendu avant d’obéir.
En quittant les mieux, Zia songeait à la couronne de fleurs qu’elle avait confectionnée en revenant au domaine après avoir déplacé le Condor, et qu’Isabella avait refusé de porter, écartant doucement la main de la jeune femme qui la lui présentait. N’en sachant qu’en faire, Zia l’avait offerte à la fille de cuisine qui secondait Maria, et qui avait d’abord hésité à accepter ce présent inattendu avant de déclarer qu’elle s’en parerait le soir même lors d’un rendez-vous galant. Le refus d’Isabella était prévisible. Zia se demandait encore pourquoi elle avait persisté à cueillir ces fleurs sauvages en chemin. A qui d’autre qu’elle-même croyait elle donc faire plaisir ? S’imaginait-elle que de simples fleurs allaient égayer les cœurs meurtris ? Le matin même, Isabella avait pourtant clairement signifié à Maria qu’il était inutile de perdre du temps à essayer d’embellir sa tenue, qui serait de toute façon bien assez digne en l’état et bien plus propre que celle de son futur mari parti dès l’aube en quête d’un prêtre. Profitant du fait qu’Isabella marchait en tête à bonne distance, Zia, pour cesser de ruminer sur son geste stupide, commença à interroger Esteban. Dès qu’il était arrivé au domaine avec le prêtre, Mendoza avait pressé tout le monde de procéder à la cérémonie sans tarder afin qu’il puisse repartir pour Barcelone avant la tombée de la nuit, trajet nécessitant plus de deux heures. Aussi Zia n’avait-elle pas eu l’occasion de s’enquérir de la façon dont ils avaient déniché Bartolomeo Vallejo. Au fil de sa conversation avec le prêtre, elle avait juste appris que Dieu avait sans doute œuvré à leur rencontre.
Z : La visite au monastère a été un échec ?
E : Je n’ai pas envie d’en parler.
Z : Tu as fait de ton mieux. De toute façon, vu les circonstances, nous n’avons pas à nous plaindre. Ce qui devait être fait a été fait. Et dans l’histoire, il y a au moins trois heureux : le prêtre, Pedro et Sancho.
E : Oui, ce petit vin était loin d’être mauvais après tout. Tu peux me compter dans les heureux.
Z : Je ne te connaissais pas ce penchant…
E : Moi non plus. Mais mieux vaut que tu découvres ça avant le mariage.
Z : Ne sois pas cynique, je t’en prie.
E : Excuse-moi, c’est juste que ce que j’ai vu aujourd’hui m’a donné à réfléchir.
Z : Tu peux tout annuler si tu veux. Au point où on en est.
E Non non non non non, c’est pas ça, pas ça du tout. Au point ? A quel point ? De quoi tu parles ?
Z : Du fait qu’on vient d’assister à un simulacre de mariage et que je n’ai pas envie que le mien ressemble à ça.
E : Qu’est-ce que tu racontes ? Pedro et Sancho ont déjà tout prévu, dans un mois on récupère la cargaison, direction Patala, on finalise les derniers préparatifs et on va vivre le plus magnifique mariage de toute l’histoire de l’Humanité ! Crois-moi, après trois verres de leur boisson miraculeuse, on ne voit plus le monde de la même façon.
Z : Je n’en ai bu que deux, ça doit être pour ça. On croirait entendre le prêtre. Tu as dû boire ses paroles aussi.
E : Détends-toi Zia, le plus dur est passé. Pense au bonheur qui nous attend !
Z : Tu comptes inviter Gonzales et Hava à notre mariage ?
E : Ah ah, ça pourrait mettre une drôle d’ambiance, c’est sûr !
Z : Tu m’excèdes ! Comment peux-tu plaisanter avec ça !
E : C’est toi qui as commencé….
Z : Parce qu’on ne peut pas parler sérieusement avec toi !
E : Tu as raison, je ne veux pas être sérieux, j’ai eu ma dose aujourd’hui des choses sérieuses. ET toi tu en rajoutes. Alors, laisse-moi tranquille !
Z : Inutile de me souffler ton haleine avinée à la figure.
E : Tu n’as pas l’air de comprendre, je n’ai pas ta sérénité moi !Je ne peux pas digérer tout ça si facilement !
Z : Tu es injuste. Et blessant.
Elle s’arrêta. Il fit de même. Elle crut qu’il allait s’excuser.
E : Je m’en fiche ! Tu as eu une journée bien tranquille toi, tu ne t’es pas fait humilier ni menacer toi, tu n’as pas du mentir et faire le deuil de ton enfance en perdant le dernier lien qui te rattachait encore à elle !
Il frémissait de colère. A quelques mètres en avant, Isabella s’était arrêtée elle aussi, et se retourna pour voir ce qui se passait, mais ni Esteban ni Zia ne prêtèrent attention à elle. Face à son fiancé, la jeune femme s’efforça de retrouver son calme. Il fallait qu’il se livre, pour leur bien à tous les deux.
Z : Ils ont refusé de vous recevoir ?
E : Ils nous ont reçus ! Mais je n’ai pu parler à aucun des frères que je connaissais. On nous a conduits directement au Père Francisco. Il n’est à la tête du monastère que depuis quelques semaines, comment voulais-tu que je le sache ? Lui par contre sait tout de moi, de nous, et je peux t’assurer qu’il n’apprécie pas la vie que nous menons. Il m’a demandé si je ne regrettais pas de ne pas être resté au monastère il y a dix ans et quand je lui ai dit que non, il a prétendu que j’avais fait le mauvais choix et pris le chemin de la perdition, et que je n’avais pas le droit d’y entraîner les autres, sous peine de commettre un péché mortel, et de compromettre le salut des âmes de ceux qui croyaient que j’étais un élu, et qui s’émerveillaient de chaque apparition du Condor, criant au miracle. Il voulait que je démente toutes ces fables, comme il disait, en place publique, sans quoi il se verrait obligé de me faire arrêter. J’ai cru qu’il était fou. Enfin, pas plus que ceux qui me hissaient en haut d’un mat pour que je fasse apparaître le soleil. Mais avec eux je ne risquais rien d’autre qu’une crise de vertige, ou de me casser le cou.
Z : Comment a réagi Mendoza ?
E : Il était resté dans le couloir, heureusement, on ne l’avait pas laissé entrer. Parce que sinon, je croupirais déjà dans une cellule, ou je serais en cavale, le Père Francisco à mes trousses.
Z : Il t’a laissé partir ? Qu’est-ce que tu lui as raconté ?
E : Bah, tu sais comment sont ces types, ils manient la carotte et le bâton, ils te font peur mais en même temps ils te font croire qu’ils veulent ton bien, ils redeviennent tout gentils, ils te promettent des trucs, tout en faisant du chantage, alors je lui ai clairement dit que je n’avais aucune intention de me donner en spectacle devant toute la ville, que de toute façon personne ne me croirait, qu’il fallait être idiot pour ne pas croire en la puissance du Condor et que s’il touchait à un cheveu de mes amis je reviendrais pour réduire le monastère et la cathédrale en poussière et que s’il voulait éviter ça il suffisait de me laisser partir et que je ne reviendrais plus jamais l’importuner, les gens finiraient par oublier toutes ces histoires, je me suis levé sans lui laisser le temps de répliquer, j’ai rejoint Mendoza et je l’ai entraîné aussitôt vers la sortie. Personne n’a cherché à nous arrêter.
Z : Mendoza est au courant de ce qui s’est passé ?
E : Non. Tu es la première à qui j’en parle.
Z : Tu ne retourneras plus à Barcelone ?
E : En tout cas pas en Condor. Ni en Solaris II.
Z : Tu as pris ses menaces au sérieux ?
E : Il n’avait pas l’air de plaisanter, lui.
Z : C’est tout de même très étrange…
E : C’est ce que je me suis dit, mais franchement je n’ai pas envie d’en savoir plus. Et je ne veux plus jamais revoir ce Père Francisco, qu’il ait agi de sa propre initiative ou qu’on lui ait demandé de me parler ainsi. Il a eu ce qu’il voulait, non ? On va laisser le bon peuple de Barcelone tranquille.
Z : Et le reste de l’Espagne ? Et les autres possessions de l’Empire ?
E : Le monde est vaste. On ne manque pas d’endroits où vivre sans être inquiétés. La stupidité de ces gens m’épuise. Bientôt, nous serons loin, très loin, et tu seras mienne…
Z : Non, c’est toi qui seras à moi…tout à moi…
Il se rapprocha et l’enlaça tendrement, enfouissant son visage dans ses cheveux.
Z : Isabella nous observe…Et tu ne m’as pas dit comment vous aviez rencontré Bartolomeo Vallejo.
E : Je m’en fiche d’Isabella…
Il resta encore quelques secondes à respirer le parfum de la chevelure adorée puis se dégagea, saisit la main de Zia et se mit en route pour rejoindre Isabella.
E : Je ne sais pas si Mendoza n’a pas tout entendu, en tout cas il n’en a pas parlé, et dès que nous avons regagné la rue, il a suggéré de faire le tour des églises de la ville. Je me suis contenté de le suivre. A l’évidence il n’avait pas parlé à un prêtre depuis longtemps, et j’ai bien vu que notre requête ne soulevait pas l’enthousiasme. Il avait beau tourner la chose de toutes les manières possibles, je voyais bien qu’il en avait assez des questions soupçonneuses et des reproches à peine voilés. Même s’il n’évoquait pas l’état d’Isabella, les prêtres n’étaient pas dupes. On a fini par se retrouver dans le quartier des orfèvres, et j’ai insisté pour qu’il achète les alliances, sinon il était prêt à laisser tomber. Je crois qu’il soupçonnait Isabella d’avoir voulu le forcer à ce mariage par vengeance. C’est vrai, après tout je commençais à me demander moi aussi si tout cela rimait à quelque chose...on sortait de la boutique avec les alliances quand on s’est fait bousculer par le prêtre, Mendoza a lâché une des alliances qu’il s’apprêtait à ranger, on s’est mis à la chercher tous les trois, et de fil en aiguille, on s’est retrouvés à discuter affaires avec Bartolomeo Vallejo, qui semblait ravi de pouvoir nous venir en aide, mais qui a tout de même bien insisté sur les difficultés de ses paroissiens…bref le reste de la bourse de Roberto y est passée. Mais à présent Isabella est en règle devant Dieu et les hommes. J’espère qu’elle ne déchirera pas l’acte de mariage dans un accès de rage, sinon j’aurai vécu la pire journée de ma vie pour rien.
Z : Arrête d’exagérer ! Dès qu’on sera rentrés au Condor, je saurai te consoler…
E : J’espère bien…
Il lui serra la main. C’était si doux d’être à nouveau complices. Cette journée avait mis leurs nerfs à rude épreuve, mais il savait que rien ne pourrait les séparer.

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Mendoza s’était enfin débarrassé de Bartoloméo Vallejo. Quand l’envie de retirer son alliance ne le démangeait plus, le souffle court du prêtre dans son dos, peinant à le suivre, lui rappelait le gâchis qu’était sa vie. Il avait raccompagné en silence l’homme devant lequel il avait du jouer sa lamentable comédie. Il avait cru que cela ne l’affecterait pas plus que de tromper un adversaire pour se sortir d’un mauvais pas. Il avait eu tort. Il ne lui restait plus à présent qu’à regagner au plus vite la Santa Catalina. Il se concentra sur l’image d’une bouteille de Porto qu’il était sûr de trouver à bord-on pouvait compter sur Alvarez pour l’approvisionnement-afin d’oublier le visage rubicond du prêtre qui avait la fâcheuse tendance à se superposer à celui de celle qui était désormais officiellement sa femme, pour faire flotter devant ses yeux un masque grotesque. Que Bartoloméo Vallejo aille au diable avec ses bénédictions mièvres dont il l’avait couvert en prenant congé ! Il n’était pas mécontent de l’avoir planté devant son église sans un mot de remerciement. Il se dirigeait vers le port, par des rues mille fois parcourues, sans prêter attention aux marins éméchés de plus en plus nombreux qui sortaient en titubant des tavernes ou y entraient en braillant, ni à ceux qui se laissaient entraîner par des créatures fardées dans des antres où devaient se réaliser les promesses de plaisir à bon marché. Il avait de plus en plus de mal à éviter de bousculer les groupes avinés ou les aguicheuses qui cherchaient à agripper son bras, mais il ne déviait pas de sa route. Les cris, les rires gras et les odeurs puissantes qui émanaient de tous ces corps tendus de désir ou repus, assaillaient inhabituellement Mendoza. Sans qu’il pût les refouler, ils faisaient affluer à sa mémoire des souvenirs de beuveries misérables et de coucheries frénétiques lors desquelles il tentait d’oublier son amour perdu dans les bras d’une Carlotta ou d’une Esméralda. Cela n’avait duré que le temps qu’il se dégoute de tout et de lui-même, et parvienne à un état d’indifférence tranquille qui ressemblait à une paix intérieure. Cette paix avait volé en éclats quand il avait retrouvé Isabella, mais il s’était senti revivre. Il aurait du se méfier. De lui, et d’elle. Cela ne pouvait que mal finir, mais il y avait cru. L’espoir est une malédiction. Le bonheur, une illusion qui nous leurre un temps pour mieux nous faire souffrir quand elle se déchire, sous le griffes du destin ou sous les nôtres. Il s’arrêta soudain, pris de nausée, la tête lourde. Il aurait dû se méfier de la piquette de Pedro. Les rires résonnaient douloureusement à ses oreilles, sa vue se brouillait. Il chercha un appui contre un mur, voulut respirer profondément. Il ne put que haleter péniblement. Il s’essuya le front, mais ce n’était pas la sueur qui coulait dans ses yeux. Rageusement, il plaqua ses poings sur les paupières closes.
F : Alors, beau brun, on a besoin de réconfort ? Moi qui croyais que je devais te féliciter pour ton mariage…à peine marié, et tu te saoûles déjà ? Elle est donc si terrible ? Ah non, j’y suis, elle te manque déjà ! Viens voir un peu, moi les chagrins de marins ça me connait !
Il lui fallut quelques secondes pour reprendre ses esprits. Il lutta contre l’envie d’étreindre désespérément cette femme dont l’odeur entêtante éveillait ses sens. Mariage. Félicitations. Commet savait-elle ? Il ouvrit les yeux et vit le voile. Son voile. Celui qu’elle portait à Oran et d’où s’échappait sa longue tresse. Au moment où il l’arracha , il réalisa que sa méprise était stupide. Ce ne pouvait pas être elle. Ce n’était pas elle. La femme protesta.
F : Mais dis donc, qu’est-ce qui te prend ? Essayez d’être gentilles avec eux, c’est tous des brutes !
Elle criait à la cantonade, s’adressant à ses collègues qui ricanaient de sa mésaventure.
C : Voilà ce que c’est de faire la maligne ! T’as voulu rendre service, qu’est ce que tu croyais ? Elle s’est bien fichue de toi, l’autre ! Eh, le marin, rends lui son foulard, c’est un cadeau !Et c’est pas tous les jours qu’on nous en offre !
Mendoza avait déjà empoigné le corsage de la femme qui tentait de récupérer son bien.
M : Qui te l’a donné, qui ?
F : Qu’est ce que ça peut te faire, rends le moi, il est beau, non ?
M : Qu’est ce qu’elle t’a dit, où est-elle ?
F : Ah ben t’as l’air d’en savoir plus que moi, tu la connais toi au moins on dirait ! Mais je ne te dirai rien si tu ne me lâches pas. Et rends moi le foulard, je l’ai gagné honnêtement !
Mendoza obtempéra. Chaque seconde était précieuse. Il était inutile de perdre du temps en violences gratuites.
F : Eh ben voilà, on va pouvoir s’entendre ! Qu’est-ce que je gagne si je parle ?
Il retira son alliance et la lui tendit.
F : Oh oh, j’aurai pas perdu ma soirée, moi !
M : Parle !
F : C’était une belle femme, vraiment, un peu âgée mais bien conservée. Elle m’ a demandé de porter le foulard et de t’aborder pour te féliciter pour ton mariage, mais ça, tu le sais déjà. Tu avais l’air sinistre, je trouvais ça drôle. Et le foulard me plaisait bien.
Il ne l’écoutait déjà plus. Où se cachait-elle ? Quelqu’un l’épiait depuis la porte de la taverne, de l’autre côté de la rue, il l’aurait juré. Il bouscula son interlocutrice pour mieux voir. Ce n’était qu’une vieille au sourire édenté qui s’amusait visiblement de la scène et fit un rond de jambe quand elle se sentit observée. Il regarda en l’air, cherchant à apercevoir une silhouette familière derrière les fenêtres faiblement éclairées.
F : On dirait que tu cherches quelqu’un…C’est peut-être bien elle, là-bas, tu crois pas ?
Il tourna aussitôt la tête dans la direction qu’elle lui indiquait. Il courait déjà quand elle se mit à rire.
F : Eh beau brun, j’suis pas mal non plus, tu devrais pas t’emballer si vite pour une ombre !
La silhouette entraperçue filait dans la rue sombre, manquant à chaque seconde d’être happée par l’obscurité et de disparaître. Les saoûlards de plus en plus nombreux et chancelants compliquaient la progression de Mendoza et les jurons fusaient. Il se rapprochait pourtant, encore un peu et il pourrait la toucher, l’arrêter, il la tenait. Un coup violent le projeta sur le côté, il se retrouva à terre, écrasé sous un corps puant qui roula en gémissant dès que le marin tenta de se relever. Mais un deuxième corps vint l’empêcher de se mettre debout en fonçant sur le premier en hurlant. Instinctivement, il donna un coup de tête dans le ventre de l’assaillant pour dégager le passage. Il n’allait pas perdre la trace d’Hava à cause d’une rixe. Il était à peine debout qu’on le saisit aux épaules. Un bon coup de coude eut raison de l’attaque. Mais il ne voyait plus la silhouette élancée aux long cheveux tressés. Un troisième homme entra dans la bagarre en hurlant de laisser son camarade tranquille, et Mendoza n’eut pas le réflexe d’éviter le poing de l’assaillant, pas assez vaillant toutefois pour lui infliger grand mal. Mendoza eut raison de lui en un tour de main, mais il était trop tard : de toutes parts des hommes prêts à en découdre pour le plaisir s’agglutinaient autour de lui, et les femmes s’attroupaient pour suivre le spectacle et encourager en ricanant leurs champions. Mendoza tenta en vain de tirer son épée. Il n’avait pas la force de crier pour disperser cette racaille. Il serrait les dents en rendant coup pour coup et se frayait tant bien que mal un passage à travers la foule, dans la direction où elle avait disparu, quand on lui enserra brusquement le cou par derrière pour lui faire tourner la tête. L’odeur qui assaillit ses narines était assez puissante pour chasser la puanteur ; les lèvres qui se posèrent avidement sur les siennes eurent raison de sa crispation ; ses poings se relâchèrent sous l’assaut inattendu, impérieux et tendre à la fois. Il se laissait enivrer par son parfum, il succombait à son traitre baiser. Plus rien n’avait d’importance, que cet emballement de son cœur et de son corps. Au moment où il se cabra pour dégager sa tête, tout en cherchant à saisir le corps de l’insaisissable assaillante, ses mains ne trouvèrent que le vide. Une seconde plus tard, il reprenait son souffle, hagard. Il voulut se retourner, la rattraper. Un ultime coup de poing lui brouilla la vue. Il répliqua rageusement et parvint à se frayer une sortie hors de la masse qui ne s’agitait plus qu’en soubresauts de plus en plus faibles. Devant lui, la rue était déserte. Seules les spectatrices étaient encore présentes et en profitaient pour soustraire aux marins leurs dernières pièces, ou les attirer tant bien que mal à l’intérieur en prétendant les soigner. Mendoza savait qu’aucune d’elle n’était Hava. La rue n’était plus que puanteur.
Quand il parvint enfin à la Santa Catalina, il s’enferma directement dans sa cabine, sans un salut pour Alvares.
"On savoure mieux ce qu'on a désiré plus longtemps, n'est-ce pas Mendoza?"
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Re: FANFICTION COLLECTIVE : Tome 2

Message par TEEGER59 » 31 juil. 2018, 23:37

Quel mariage pathétique. :cry:
J'ai mal pour eux.
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!

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