MCO one-shots ou "instants volés"

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IsaGuerra
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Re: MCO one-shots ou "instants volés"

Message par IsaGuerra »

Voilà un dernier One-Shot saison 3, titré un peu nul mais bon...

~~~~~
Lettre à Athanaos

L'homme reposa son livre sur le chevet à sa gauche. Ses yeux lui brûlaient comme lorsque l'on ouvre les yeux dans l'eau saline des mers ou océans. Il pesta contre lui-même, il savait qu'avec sa maladie il lui valait mieux dormir et non lire jusque tard dans la nuit mais chercher le remède dont il avait besoin était bien plus important.
Il se dit qu'une fois guéri il dormirait des jour entiers. Mais surtout, une fois le bon remède trouvé, il partirait retrouver son cher fils où qu'il soit dans le monde. Il lui manquait terriblement... Ils s'étaient à peine retrouvés qu'ils avaient dû être séparés et cela deux fois en si peu de temps... Ça lui avait déchiré le cœur de devoir le laisser partir... Mais ils avaient dû prendre cette décision, trop de choses étaient en jeux.
Néanmoins avant de penser parcourir les continents et retrouver son enfant pour enfin apprendre à le connaître réellement Athanaos se devait de guérir et de reprendre des forces. Et pour y parvenir il devait continuer ses recherches et surtout se reposer au cœur du royaume de Morphée. A cette pensée, l'homme décida de se coucher. Sa nuit fut plutôt calme pour lui, il la passa à rêver de ses retrouvailles définitives avec son fils...

Le lendemain, à peine l'aube fut levée qu'Athanaos parcouru les différents couloirs du palais indien séparant sa chambre et le laboratoire qu'Ambrosius s'était installé.
Pendant ce parcours, le prophète voyageur observa l'agitation autour de lui. La garde du Raja ainsi que les membres de l'Ordre du Sablier s'efforçaient de déblayer les dégâts causés par l'incendie. Cela faisait quatre jours et on en voyait presque le bout. Les travaux de reconstruction allait enfin pouvoir débuter. Malgré tout ce qu'ils avaient vécus les habitants du village étaient venu proposer leur aide.
Athanaos dû avouer que les armes utilisées pour déclencher l'incendie possédaient une puissance destructrice phénoménale et par la même occasion qu'ils avaient eu beaucoup de chance que tous s'en sortent indemnes...

Alors qu'il s'apprêtait à descendre les escaliers le menant à ce qui était devenu son atelier, Athanaos fut interpellé par le capitaine Dihran. Celui-ci s'approcha avec un grand sourire, l'indien s'enquit de la santé de son ami. Il ne voulait pas le déranger avec de longues explications, il lui tendit simplement un petit coffret en bois orné d'une rose gravé. Dihran ne fit qu'ajouter qu'il avait trouvé ce coffret dans la chambre où avait séjourné Laguerra. Athanaos le remercia et se saisit du coffret. Il assura au capitaine qu'il comptait conserver cette boîte et la rendre à sa propriétaire en temps souhaité...
Les deux hommes se saluèrent et reprirent leurs chemins respectifs.
Arrivé en bas des marches, l'ancien membre de l'Ordre se dirigea vers une table et y déposa avec soin son livre ainsi que cette fameuse boîte. Objet dont le contenu piquait à vif sa curiosité.
Il ouvrit l'armoire et esquissa un sourire moqueur... Ambrosius avait beau détenir une intelligence supérieure son système de verrous était toujours le même depuis qu'il le connaissait. Il n'avait pas fallut longtemps au prophète pour en découvrir la combinaison.
A l'intérieur, Athanaos fit de la place au côté d'un étui cylindrique en métal. Ce dernier contenait la matrice d'orichalque que son ancien ami avait dérobé dans la cité du Tibet. Celle-ci devrait retrouver sa place au plus tôt : Son pouvoir était trop puissant pour que le monde en détienne la force. L'homme avait trouvé cela étrange qu'Ambroise la laisse ici mais au fond de lui c'était rassurant, son ennemi n'aurait pas la possibilité de créer davantage de soleils noirs...
Retournant vers la table, il observa le coffret. Il espérait pouvoir réellement le rendre à sa détentrice mais cela... Cela dépendrait de la poursuite des événements sur lesquels il n'avait aucunes influences. En attendant, il conserverait ce bien sans que personne ne puisse y toucher.
Athanaos prit le coffret à la rose et entreprit de le poser dans l'armoire. Au même instant, il fut saisit de vertiges, ce qui le força à lâcher ce qu'il tenait pour pouvoir se rattraper sur la table derrière lui. Il fallut au prophète voyageur quelques secondes pour rassembler ses esprits. Une fois fait, il s'agenouilla afin de ramasser le coffret et son contenu étalé par terre. Derrière son masque, Athanaos observa rapidement chaque objet, des souvenirs sans doute... Il reconnut avec facilité un bracelet précolombien. De plus, il y avait également de nombreuses lettres dont le prophète reconnut aisément l'écriture de son ancien ami le Docteur ; Ces missives traitaient principalement des voyages de cet homme. Aussi chacun des courriers transmettaient des nouvelles d'un père à sa fille et en demandaient.
Un dernier papier freina le prophète, celui-ci était bien plus jeune et surtout il lui était adressé. Athanaos brisa le sceau et déplia la lettre pour en parcourir le contenu.

Mon Oncle,

Je doute que cette simple lettre que je vous remets suffise à vous expliquer la raison de mes agissements. Ni, d'ailleurs, à excuser le moindre d'entre eux...
Vous pourriez parfaitement déchirer et brûler ce papier que je n'en saurais probablement jamais rien mais je vous conjure de poursuivre votre lecture...
Vous écrire de telles explications ne m'est pas aisé, je n'ai aucune idée d'où commencer... Tel que je vous connais mon Oncle vous seriez bien capable de me dire « Par le début... ». Un début je veux bien mais lequel ? Notre premier voyage ? Mon entrée dans l'Ordre du Sablier ? L'annonce prématurée de votre décès ? Ou encore celle définitive de feu mon père ?... A bien y réfléchir, il me serait peut-être judicieux de choisir cette dernière alternative comme point départ.
Dans sa dernière lettre, Père m'avait avertis dans la grande progression de ses recherches sur le Nouveau Continent et par conséquent il a été convenu qu'Oncle Ambrosius et moi le rejoignions sous peu. C'est à ce moment-là que nous avons appris l'existence des enfants, de Mendoza et surtout de cet incroyable Condor. En en lisant la description j'ai cru à une nouvelle chimère de Père et je suis désormais bien obligée d'admettre qu'il avait raison. Rapidement nous avons pris les airs pour aller le retrouver. Malheureusement... Nous sommes arrivés trop tard et tout ce que nous avons trouvé sur lieu de rendez-vous fut le corps sans vie de mon cher père... Jamais je n'avais ressenti un tel chagrin... Mon cœur me pesait soudainement très lourd, j'ai senti mes yeux s'inonder de larmes alors que je serrais mon père contre moi... Vous le savez vous-même mon Oncle il était la seule famille de sang que j'avais... Malgré tous les dangers de la quête de l'Ordre du Sablier jamais je n'aurais pensé que l'homme qui m'a élevé puisse finir sa vie aussi tôt et surtout seul sans que je puisse lui exprimer une dernière fois à quel point je l'aimais...
Il a fallut de nombreuses heures à Ambrosius pour me faire lâcher le corps de père. Nous lui avons offert une sépulture aussi décente que possible. Il m'a été difficile de la quitter. C'est la main d'Oncle Ambrosius qui m'a permis de le faire ; Il me l'a tendu et je l'ai accepté. Depuis ce jour je suis restée à ses côtés, aux côtés de la seule personne que je connaisse en ce monde...
Dès lors, nous sommes retournés à Pattala et Ambrosius a fait de moi son bras droit au sein de l'Ordre. Il a fini de m'enseigner ce qu'il savait sur l'alchimie et la langue Muenne parmi tant d'autres domaines, ce fut un grand plaisir et honneur pour moi. En parallèle, il m'a dévoilé ses nouveaux projets. Oncle Ambrosius semblait si sérieux dans ses propos et convaincu de ses idées que j'ai acquiescé sans poser de question. Pour réaliser ses plans, il devait partir sous sa seconde identité et obtenir le soutien de grands seigneurs occidentaux, grâce à eux ainsi qu'à la réputation de Zarès il peut agir à sa guise. D'autant plus que désormais il m'avait moi : Il se sentait plus à même de voyager à la recherche d'indices sur les cités d'or me sachant au fort pour exécuter ses ordres. Au début, ceux-ci restaient simples : Organiser son laboratoire, s'assurer que les membres de l'Ordre puissent circuler sans entrave du fort jusqu'au Temple Mémoire ou encore que le Raja accepte de nous fournir tout ce dont nous avions besoin. Je dois avouer que cela ne fut pas compliqué de le convaincre, je n'avais pas besoin que de fioles de tlapatli.
Par ailleurs, Ambrosius ne doutait pas ; Pour progresser dans ses projets il devait se rapprocher des enfants et de se lier à eux, chose qu'il a réussi à faire avec brio en particulier avec le jeune Tao. Obtenir la confiance des enfants fut apparemment très simple et cela ne m'étonne guère, il est passé maître dans l'art de la manipulation. En revanche, la présence des adultes et surtout celle de Mendoza semblait l'ennuyer... Ambrosius a vite établi l'idée de se débarrasser des trois adultes et ce par n'importe quel moyen même si cela signifiait les tuer. Il a failli y parvenir pendant leur affrontement dans un temple proche de l'oasis de Mingsha.
Pendant qu'il voyageait avec les enfants, je n'avais que peu de nouvelles et le plus souvent il s'agissait surtout d'autres directives à suivre à Pattala. Cela me convenait, je pouvais me consacrer à mes entraînements personnels. Helvétius m'offrait des conversations qui me permettait de garder contact avec la réalité. Il est, à mes yeux, le seul digne de sa place au sein de l'Ordre. Les autres ne sont qu'une bande d'imbéciles et de lâches qui serait incapable de survivre dans la jungle.
Le temps a passé et je me suis sentie de plus en plus incommodée par les missions que me confiait Oncle Ambrosius surtout quand il s'agit de droguer le Raja... Ça a fini par m'être réellement insupportable et j'ai dû demander à Helvétius de le faire pour moi.
Je ne m'attendais certainement pas à vous retrouver lorsque j'ai rejoint Ambrosius après la découverte de la seconde cité au Tibet. Je pensais simplement venir chercher quelques artéfacts et non un homme. D'autant plus que je vous croyais mort... J'étais troublée de vous revoir, emprisonné dans cette cellule, vous l'un de ses meilleurs amis depuis de longues années. C'était incompréhensible et en même temps ça ne faisait que s'allier ce que j'allais découvrir. J'étais montée voir Oncle Ambrosius pour obtenir de lui les nouvelles consignes ; Il était en train d'admirer la matrice d'orichalque volée dans la cité, il semblait complètement obsédé et son regard le confirmait. Il m'a confié la matrice ainsi que quelques plans en me demandant d'arranger une sorte de fonderie au-dessous du luminarion. Jusque-là rien d'anormal malheureusement Ambrosius a rajouté que nous aurions besoin de main d'œuvre et que par conséquent je devais me rendre au village le plus proche et emmener les adultes pour les faire travailler. J'étais abasourdie ! Enlever et séquestrer de pauvres gens pour les forcer à travailler. Je ne voulais pas agir ainsi mais devant son regard plein de fureur je n'ai pu que me soumettre à cet ordre...
De retour à Pattala, vous l'aurez compris j'ai obéis : Je vous ai enfermé, j'ai fait débuter les travaux et je suis partie enlever les adultes de ce village... Je m'en veux tellement d'avoir fait cela, je me souviendrais à jamais du visage des enfants que nous avons laissé derrière nous... C'était immonde dès que j'ai pu me retrouver seule je n'ai pu retenir mes larmes... C'était détestable au plus haut point d'avoir séparer des familles entières... Et cela dans le seul but de satisfaire les ambitions d'un homme fou pour qu'il respecte en retour sa promesse. Je me haïssais moi-même d'agir ainsi... Bien que ça ne change rien à mes actes j'ai veillé à ce que personne ne manque de quoique ce soit.
Cela fait maintenant deux jours qu'il est revenu. Plus déterminé que jamais. Il a désormais en sa possession une couronne et une perle de cristal. La perle ne semble pas si précieuse que cela à ses yeux en revanche la couronne l'intéresse bien plus et surtout son pouvoir. Lorsqu'il l'a essayé, il a jubilé c'était apparemment la pièce manquante pour assembler une partie de ses plans. Grâce aux indications contenues dans la pyramide de Mu, il peut enfin créer des soleils noirs et en a même déjà lancé la fabrication. Je n'ai aucune idée du réels pouvoirs de ces armes et je crois que je préféré l'ignorer.
Maintenant nous savons qu'Esteban et les autres sont également ici, à Pattala. Ambrosius est entré dans une telle rage non pas parce qu'ils sont là mais plutôt parce qu'il s'est fait duper de manière aussi ridicule. Je ne l'ai jamais vu ainsi, sous la colère ses traits s'étaient déformés... Sa folie semble s'accroître de plus en plus, son esprit s'embrume il ne pense plus à assouvir sa soif de connaissance mais plutôt celle de pouvoir... Il y a à peine quelques heures j'ai dû enlever Tao, ses cris résonnent encore dans mes oreilles mais si je veux atteindre mon propre objectif je n'ai d'autre choix que d'obéir à Ambrosius même si cela me déplaît... Pire encore il souhaite maintenant que nous enlevions les enfants du village pour les mettre eux aussi au travail...

Voilà mon Oncle désormais vous savez ce qu'il m'est arrivé depuis le décès de mon père. Lorsque j'ai accepté de suivre Ambrosius ce n'était que pour deux raisons : La première était que je ne voulais pas me retrouver seule, il était la seule personne à qui je pouvais me raccrocher. La seconde était que cela me permettrait de poursuivre le rêve de toute une vie. Le rêve de mon père et d'honorer sa mémoire. Je n'avais aucune idée de ce dans quoi je m'engageai, j'imaginais que nous poursuivrions simplement nos recherches pour découvrir les cités. Désormais j'ai conscience de mon erreur, Ambrosius veut bien plus que comprendre la science de Mu, il en veut les secrets, les armes et la puissance. Sa démence n'a fait qu'empirer et ça ne s'améliora pas tant qu'il n'aura pas ce qu'il veut. Je peux aisément deviner ce que vous aimeriez me dire si nous étions face à face : « Pourquoi tu ne t'enfuies pas ? Pourquoi tu ne poursuis pas tes propres rêves de ton côté ? ». La réponse est assez simple ; Fuir ne servirait absolument à rien, peu importe où je déciderai de me rendre Ambrosius me retrouvera même à l'autre bout du monde. Et si je veux obtenir de lui qu'il respecte ses engagements envers moi je n'ai pas le choix de rester à ses côtés. Lui seul sait où je pourrais retrouver ma mère... Oui... Tout comme vous je la croyais décédée il y a de ça plus de vingts années... Je n'arrive pas à croire que mon père ait pu me cacher une telle chose pendant tant d'années... Bien sûr lorsqu'Ambrosius me l'a avoué – après avoir découvert que je ne voulais plus droguer le Raja à sa place – j'ai pensé qu'il ne le faisait que pour me convaincre de ne plus discuter ses ordres ni de douter de ses ambitions mais il m'a fournit la preuve qu'il ne tentait pas de me manipuler... Du moins sur une chose aussi importante. Maintenant je me retrouve prise au piège dans le jeu d'Ambrosius.
J'aimerais pouvoir rencontrer celle qui est ma mère, voir enfin à quoi elle ressemble et ne plus simplement me fier aux dessins de mon père, apprendre à la connaître... J'aimerais avoir tout cela sans avoir à aider Ambrosius mais je ne peux pas le laisser exécuter ses plans. Ambrosius ne désire plus qu'une chose : S'emparer des plus grands secrets de Mu et s'en servir pour renverser les Seigneurs occidentaux qui ont eu le malheur d'accorder leur confiance à Zarès pour finir par devenir littéralement le maître du monde. J'ai lu ce qu'il projette de faire et croyez-moi mon Oncle c'est bien pire que tout ce que vous pouvez imaginer... Ambrosius veut déclencher des guerres entre les plus grandes puissances de notre monde et vendre les armes de Mu au plus offrant peu importe le camp dans le seul but de s'en débarrasser... De nombreuses vies vont être détruites et seuls les quelques vrais alliés de l'Ordre survivront. Encore une fois je pourrais m'enfuir, retourner en Espagne et avertir Charles Quint des véritables intentions de Zarès mais quel homme se risquerait à croire les dires d'une femme venant de nulle part ? Dévoiler les cartes d'Ambrosius n'apporterait rien. Anéantir son jeu de l'intérieur est notre unique solution et je compte bien m'y employer.

D'autre part mon Oncle, je vous prie de ne plus vous en faire pour votre fils et ses amis. Je connais les plans d'Ambrosius et j'essaierai de les protéger autant que possible. Je vous en fais la promesse mon Oncle je veillerai sur Esteban jusqu'à ce que vous soyez rétablis complètement et enfin à ses côtés. Ce qui arrivera rapidement je l'espère.
En revanche... Serait-ce trop vous demander de présenter mes excuses au Raja et ses hommes ? Sinon je vous en remercie.
Je vous demande aussi de ne pas vous inquiéter pour moi, quoiqu'il puisse arriver je survivrai.

Isabella


A genoux dans l'atelier, Athanaos ne sut quoi penser de tout cela... Il était à la fois soulagé et de savoir que la petite fille qu'il avait connu il y a des années avait bien grandit aussi bien physiquement que mentalement et que son cœur et sa raison la guidait sur le chemin sinueux de la justice. Mais il était également inquiet de savoir qu'elle était prête à affronter mille dangers pour stopper les manigances de son ancien acolyte et réaliser ses propres rêves.
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Re: MCO one-shots ou "instants volés"

Message par Elanna »

Wow j'ai adoré ! La lecture était fluide et très agréable, c'est vraiment bien écrit bravo ! J'ai beaucoup imaginé la relation entre Athanaos et Isabella, après tout il la connaissait enfant. J'ai hâte de voir si il y aura des retrouvailles dans la saison 4.
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Re: MCO one-shots ou "instants volés"

Message par yupanqui »

Ils se sont déjà longuement rencontrés au fort de Patala puisque Athanaos était prisonnier et elle alchimiste avec Ambrosius..
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Re: MCO one-shots ou "instants volés"

Message par Elanna »

yupanqui a écrit : 23 nov. 2020, 23:26 Ils se sont déjà longuement rencontrés au fort de Patala puisque Athanaos était prisonnier et elle alchimiste avec Ambrosius..
Oui mais ils n'ont pas vraiment eu d'échanges (dans mes souvenirs xD ce qui n'est pas très fiable) et maintenant que Laguerra a passé son ''redemption arc'' elle aura peut être un comportement différent ? En tout cas j'aimerais bien x)
:Mendoza: <3 :Laguerra:
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Re: MCO one-shots ou "instants volés"

Message par TEEGER59 »

Une très belle lettre ✉ d'Isabella destinée à tonton Athanaos et dénonçant tonton Ambrosius.
Un pur régal.
Bravo Zazu!
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!
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Re: MCO one-shots ou "instants volés"

Message par IsaGuerra »

Contente que ça ait plus merci ^^
yupanqui a écrit : 23 nov. 2020, 23:26 Ils se sont déjà longuement rencontrés au fort de Patala puisque Athanaos était prisonnier et elle alchimiste avec Ambrosius..
Certes oui ils ont passé un peu plus d'une semaine (si mes calculs sont exactes) au même endroit mais pour moi Isabella était trop occupée avec les ordres d'Ambrosius et en même temps gênée (c'est pas vraiment le bon terme j'avoue) de revoir Athanaos et puis ce n'est pas simple de tout expliquer de vive voix le faire via une lettre est bien plus simple parfois. Enfin je voyais bien les choses comme ça
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Re: MCO one-shots ou "instants volés"

Message par yupanqui »

Très beau récit Isaguerra.
Bien écrit, original, réaliste et plein de profondeur.
Merci pour cette publication.
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Re: MCO one-shots ou "instants volés"

Message par TEEGER59 »

Un petit one-shot de mon cru, qui se situe bien évidemment dans la saison 4 (probablement après l'épisode 18). Certains éléments font évidemment référence à ce qui s'est passé dans les précédents donc spoils possibles pour ceux qui n'ont pas encore vu la nouvelle mouture. À lire à vos risques et périls.
Je mets quand même les balises au cas ou...
Épisode 18½: Jalousie.

Après la découverte d'Orunigi par les enfants et les retrouvailles de Mendoza et Laguerra, suivies du duel entre les deux prétendants de la belle señorita, le trajet s'effectua en silence. À bord du condor, la jeune femme regardait défiler le paysage, survolant une nouvelle fois les chutes Victoria.
Cela ne gênait pas le Catalan, qui se trouvait libre de réfléchir à Ambrosius. Il n'avait pas vu la fin de l'alchimiste, hélas. Mais aux dires de l'aventurière, sa mort ne faisait aucun doute.
Durant une bonne partie du trajet, le dos calé contre la paroi, le menton posé sur les genoux pliés entre ses bras, l'alchimiste avait détaillé ses compagnons.
Elle avait commencé son examen par la seule présence féminine. Zia lui avait adressé de légers sourires tandis qu'elles voyageaient l'une à côté de l'autre. L'Élue avait un visage agréable et Isabella la savait tolérante et sympathique. Contrairement à Tao qui n'avait rien d'engageant envers elle et qui continuait à avoir le même comportement qu'au camp des Chaldis. Il n'y eut aucune interaction avec Estéban, occupé au poste de pilotage.
Les hommes ensuite... Un sujet qui la passionnait bien davantage. Toutefois, en matière de charme, ils se révélaient disparates.
Pedro ne présentait aucun attrait particulier. Il était trop petit pour elle, trop fade. Le gros Sancho, trahissait dans ses manières et ses expressions une douceur certaine, de la compassion, peut-être même de la gentillesse. Isabella n'avait aucune attirance pour ce type d'hommes.
Gaspard ne l'intéressait pas malgré un rapprochement certain ces derniers temps. Pourtant, il était pour elle le plus séduisant du groupe, après Mendoza.
Le fait de penser au capitaine lui fit instantanément oublier le restant de l'équipe.
Il était là, sous ses yeux, à portée de ses mains. Ce corps à la fois puissant et svelte, ce visage aride, ces yeux au noir si troublant, comme éclairés de l'intérieur... Sa bouche marquée d'un pli dur mais faite pour les baisers...
Elle l'avait regardé, lui plus que tous les autres, planté derrière le siège d'Estéban, vérifiant que l'Élu prenne la bonne direction. Sa chevelure scintillait sous les rayons solaires, ses traits altiers mais rudes étaient renforcés par une expression de vigilance. Il suintait cette présence charismatique, inquiétante par certains aspects, cette puissance rentrée prête à jaillir sous forme d'une violence impitoyable s'il en était besoin.
Elle l'aurait saisi et embrassé, là, devant tous, si elle n'avait pas redouté une rebuffade de sa part. La froideur qu'il affichait en public était toujours présente, palpable bien que moins marquée que naguère. Il était si proche et si lointain à la fois. L'aventurière avait envie de crier, de pleurer, elle avait envie de ses bras, de sa bouche qu'elle savait brûlante, de son corps qu'elle pressentait parfait.
Malgré cette attirance physique indéniable, douloureuse, la jeune femme s'interrogeait de plus en plus. Au juste, que représentait Mendoza pour elle, outre un objet de désir? Quelle était sa place, son importance dans la trame de sa vie, dans l'enchaînement de la réalité? Il y avait de quoi se poser la question car cet homme recelait quelque chose d'inattendu, d'inexorable, elle en avait soudain conscience. Il semblait incarner un catalyseur mystérieux d'événements capitaux, capable d'interférer dans le train du destin.
Perçant sous l'enveloppe de l'impressionnant mercenaire, à peine perceptible, il y avait autre chose. La promesse d'un avenir supérieur.
Incarnait-il une puissance à part entière, encore méconnue, en gestation? Ébranlée par cette brusque révélation, elle se demanda:
:Laguerra: : Que faire, que décider? Comment réagir? Comment manipuler? Non! Pas manipuler. Pas lui. Il est spécial, différent. Je ne veux pas gâcher cette fragile relation entre nous. Je suis incapable de le traiter comme Gaspard... Car je l'aime. Je l'aime à en hurler, qu'il soit lointain ou proche. Je l'aime malgré cette froideur qu'il affiche. (Pensée).
Gaspard, son autre soupirant, ne pouvait rivaliser avec lui.
:Laguerra: : Qui es-tu , Mendoza? Pourquoi me troubler ainsi? Tu prétends n'être qu'un marin et pourtant tu brûles d'une force qui me frappe chaque fois que je te vois. Que vais-je faire de toi? Que vais-je faire de toi? (Pensée).
Tourmentée tout autant qu'émerveillée de pouvoir le côtoyer de si près, elle ne le quitta pas des yeux. Et même lorsqu'elle plongea dans une courte sieste, le visage du mercenaire la poursuivit dans son rêve agité.

☼☼☼

L'oiseau d'or arriva jusqu'à la nef, là où elle s'était écrasée. Une fois posé à terre, Gaspard descendit le premier, suivi de Laguerra. Celle-ci se retourna sur l'homme à la cape bleue pour lui offrir un sourire contrit:
:Laguerra: : Je suis désolée, Mendoza, je ne me suis pas montrée très bavarde.
:Mendoza: : Inutile de t'excuser. Le silence ne me dérange pas.
:Laguerra: : Tu fais preuve de tact et je t'en suis gré. Viens, je vais tâcher d'améliorer mon hospitalité.
Tout autour d'eux régnaient les herbes hautes et imposantes de la savane. Le soleil de cette fin d'après-midi était un globe rouge et boursouflé ourlé d'un halo trouble, planté bas dans un ciel au violet poisseux, lui-même chargé de nuages irisés.
Nulle présence humaine à signaler.
Le temps qu'ils gravissent les marches qui menaient jusqu'au pont, toujours escortés par les trois enfants, les deux marins et Gaspard, Isabella semblait avoir retrouvé de son assurance. Elle entra, Juan-Carlos sur les talons. D'une voix claire, elle ordonna:
:Laguerra: : Je dois m'entretenir seule avec Mendoza et je ne veux pas être dérangée.
Le Yeoman, tout en fermant la porte de la nef, prit soin d'adresser un rictus sardonique à l'encontre de son rival.
:Mendoza: : Je te l'avais bien dit: tu n'es rien pour elle... (Pensée).

☼☼☼

Sans s'arrêter, Isabella traversa la pièce que connaissait déjà Mendoza pour ouvrir la porte du fond, dissimulée derrière la chaudière.
Il y avait là un couloir donnant sur deux pièces: une geôle et un salon. Ils entrèrent dans la seconde. De dimension modeste, la salle était basse de plafond avec poutres apparentes, les murs faits de bois massif. Les meubles, canapé et fauteuils, étaient en cuir, les tentures en soie lie-de-vin. Le capitaine remarqua une étagère. Y reposait une série de statuettes en terre cuite d'une manifeste sensualité, des couples nus, enlacés, en train d'échanger désir et caresses. L'Espagnol aurait juré que les petites sculptures et, au moins l'un des trois masques Dogons aux murs, avaient été fournis par "Cinza" Gomez, donnés ou vendus, peu importait.
La jeune femme avait détaché son fouet de sa ceinture pour le poser sur le canapé.
Sans se retourner, elle dit d'un ton autoritaire:
:Laguerra: : Allume le feu! Les nuits sont fraîches par ici.
De nouveau, le vernis de dirigeante. Le retour de miss Glaçon. Cela suffisait comme ça, estima Mendoza. Il rétorqua fermement:
:Mendoza: : Non! Tu veux du feu, débrouille-toi. Je ne suis pas ton larbin.
Elle se retourna d'un bloc, furieuse:
:Laguerra: : Comment oses-tu? Personne ne me parle de cette façon!
:Mendoza: : Moi, si!
Il s'était exprimé d'un ton tranché mais pas agressif. Malgré ses manières, il était tombé éperdument amoureux de cette espionne. Seconder Zarès n'avait pas dû être une sinécure. En apprenant son double-jeu, le mercenaire ne l'avait pas enviée, elle l'avait même étonné par le courage qu'elle avait déployé face aux événements.
Au lieu de se mettre en colère, elle éclata d'un grand rire:
:Laguerra: : Tu me plais, Mendoza! Tu ne mâches pas tes mots et j'aime ça! Des serviteurs, j'en ai effectivement autant que je veux chez les alchimistes. Des admirateurs, des flagorneurs, également. Les hommes de caractère, ceux que l'on ne peut manœuvrer, sont plus rares. Et d'autant plus précieux. Pour peu qu'on puisse leur faire confiance. Est-ce le cas? Puis-je t'accorder la mienne, Mendoza?
Il ne répondit pas tout de suite. Il lâcha enfin:
:Mendoza: : Oui, tu le peux dans la mesure où tu comprennes bien que je ne suis pas à tes ordres. Je me dois de le préciser, je ne suis pas l'un de tes magiciens, je désire simplement être ton égal...
D'un ton bien plus engageant que la première fois, elle lui demanda:
:Laguerra: : Veux-tu allumer le feu, je te prie?
:Mendoza: : Mais oui, avec plaisir.
Les deux aventuriers échangèrent un sourire. Ils s'appréciaient. L'attirance qui les liait depuis Ormuz se cimentait lentement mais sûrement. Bien qu'ils se soient déjà embrassés, ils n'avaient toujours pas franchi le cap fatidique. Il faut avouer que ne pas voyager ensemble compliquait la situation. Et puis, quelque chose les retenait encore. De son côté, Isabella attendait que Mendoza fasse le premier pas, qu'il vienne librement à elle. Quant au marin, il hésitait encore, trop meurtri par sa relation passée avec Catalina. Du reste, l'un comme l'autre affectionnaient ce moment si particulier où l'on voyait la conclusion sensuelle se profiler, où l'on savourait ce jeu de séduction, ces instants légers d'attirance réciproque, enivrants, sans tension, sans contraintes.
Le bretteur s'exécuta avec des gestes maîtrisés, et bientôt, les flammes dansèrent au-dessus des bûches. Isabella l'invita à s'asseoir en face d'elle, ramenant ses jambes sous elle, blottie dans le canapé.
:Laguerra: : Alors, dis-moi, d'après toi, où se trouve la septième cité?
:Mendoza: : Tu es bien assise? Parce que ma réponse va te laisser pantoise...
:Laguerra: : Vraiment? Bien. Avant de parler de ceci, laisse-moi te servir un verre. Du vin rouge, peut-être? Tu sembles du genre à aimer ça.
:Mendoza: : C'est bien le cas, même si je n'en fais pas une consommation excessive.
:Laguerra: : Parfait! Je vais donc te faire goûter ce cru du Val de Loire, un cépage que Ambrosius faisait venir directement d'Amboise. Connais-tu le Clos Lucé?
Le capitaine, qui se découvrait un attrait de plus en plus prononcé pour les grands vins, opina:
:Mendoza: : Hum! La dernière demeure de Léonard de Vinci... En effet, je connais ce cépage, du moins de réputation, car jamais je n'ai eu la chance d'en boire.
:Laguerra: : Et bien, il vaut encore mieux que sa notoriété comme tu vas pouvoir en juger... Goûte... Ensuite, nous parlerons plus sérieusement. Accepterais-tu de dîner avec moi? Nous avons tant de choses à nous dire et je n'ai pas envie de rester seule.
:Mendoza: : Avec plaisir.
Ils se dévisagèrent sans rien ajouter. Un silence nullement déplaisant. Isabella lui souriait. Il se surprit à répondre et son visage s'éclaira, rajeuni, adouci. Tombé le masque forgé du mercenaire.
:Laguerra: : Une seconde...
Tandis que Mendoza s'emparait de son verre, l'aventurière quitta la pièce afin de s'assurer de l'inventaire du garde-manger. Elle revint quelques minutes plus tard et leva le sien en direction du Catalan qui l'avait attendu pour déguster le nectar proposé. D'un ton joyeux, elle scanda:
:Laguerra: : À la vie!
Songeant qu'il était plutôt du genre à trinquer à la mort, Juan répéta les mêmes mots avec plus de gravité.
Le breuvage était surprenant. Teinté de reflets rubis, il présentait un bouquet gras et complexe de fruits noirs. Un palais généreux, remarquablement équilibré, à la fois rond et tannique, avec une arrière-bouche très accueillante et une finale longue et soyeuse.
Un saucisson en guise d'accompagnement, cette preuve de bon goût ne faisait qu'accentuer l'intérêt grandissant du capitaine pour la jeune femme.
:Mendoza: : Laguerra, ce vin est en effet fameux!
Le ton aussi suave qu'un banc de nuage blancs par une journée de soleil, elle fit:
:Laguerra: : Arrête donc de me donner du "Laguerra", appelle-moi Isabella, tu en as gagné le droit.
Un grand sourire achevait sa tirade. Le Yeoman lui rendit la pareille avec le même enthousiasme. L'espionne de Charles Quint reprit:
:Laguerra: : Alors, cette septième cité? Quelles informations peux-tu partager? Les enfants ont-ils découvert une piste?
:Mendoza: : Eh bien, d'après ce que Tao a découvert à Chambord, il semblerait qu'elle n'existe pas!
:Laguerra: : Quoi?!?
:Mendoza: : C'est ce que notre naacal à déchiffrer sur la plus célèbre toile du fondateur de l'Ordre du Sablier...
Mendoza parla une bonne demi-heure sans être interrompu, l'aventurière l'écoutant avec la plus grande attention. Elle resta quelques minutes à méditer sur ce qu'elle venait d'apprendre avant de répondre:
:Laguerra: : La démarche des Élus est audacieuse, mais avec l'aide de Tao, ils vont œuvrer pour le bien du Monde, j'en suis consciente. Le destin semble avoir exaucé mes projets en vous conduisant, eux et toi, jusqu'à moi! Moi aussi, je suis une femme d'action. À présent que Zarès n'est plus, je vous appuierai de mon mieux, j'en fait le serment... À cet effet, j'ai quelques idées à te soumettre.
À son tour, Isabella parla longuement, choisissant ses mots avec précision. Le capitaine sut alors que leur rencontre n'était pas fortuite.
La sonnerie d'une horloge les interrompit. Il était temps de dîner. Isabella se releva pour faire le service, insistant pour que le capitaine reste confortablement installé. Plusieurs allers-retours lui furent nécessaires pour installer une nappe, la vaisselle et les plats, les verres et les couverts, les serviettes, les boissons et la corbeille de pain.
Il la regarda faire, son verre à la main, savourant le vin, savourant la vue d'Isabella, en train de s'activer, enjouée, le rouge aux joues, une mèche rebelle échappée de son sévère chignon. Elle avait des gestes plus libres, plus détendus, dotée d'un charme soudain qui adoucissait son visage et sa silhouette.
Elle cessa un instant ses préparatifs:
:Laguerra: : Veux-tu te charger du feu, s'il te plaît?
Il lui répondit d'un sourire, engloutit sa tranche de saucisson, posa son ballon de rouge et se releva souplement. Il tisonna les braises pour les ranimer, ajoutant une grosse bûche de chêne. L'aventurière l'attendait devant la table servie, le dévisageant d'un air bien plus chaleureux que quelques jours auparavant, à Zimbabwe, devant le village du roi Neshangwe Munembire.
:Laguerra: : Et voilà, c'est prêt. Qu'en dis-tu?
Elle ôta les couvercles, laissant fleurir un délicieux arôme de melon bien mûr. S'offraient aux regards des tranches de fruits et de jambon sec fumé, accompagnées d'un porto provenant de la vallée du Douro. Mendoza en saliva. Elle rit:
:Laguerra: : Oui, je vois bien que tu as faim. Alors je vais te tourmenter un peu, privilège de femme. Si tu veux bien me permettre, je vais me changer. Pas de danger que les plats refroidissent! Ressers-nous en attendant, je ne serai pas longue...
Les couvercles replacés, elle s'esquiva par la porte, probablement pour rejoindre sa chambre. Il l'entendit chantonner en montant à l'étage.

☼☼☼

Elle revint quelques minutes après, métamorphosée. Sa chevelure, tout d'abord, dénouée, brossée avec soin, nuage noir et vaporeux de mèches qui retombaient librement, encadrant son visage délicat. Ce seul changement lui conférait un charme surprenant. Pour seul maquillage, le rouge foncé qui ornait à présent ses lèvres pleines. Elle était parfumée d'un trait de lilas qui changeait agréablement de ces essences de musc à la mode et que Mendoza n'appréciait guère. Elle n'avait plus rien de strict, de guindé.
Elle s'était transformée, épanouie, en une déesse de volupté.
Elle avança vers lui, lentement, magnifiée par le froissement complice d'une robe de soie longue, fendue, d'un beau violet moiré, qui dévoilait une silhouette que le capitaine avait déjà devinée si généreuse, si indéniablement féminine. Le ventre plat, la poitrine lourde mais ferme, qu'elle devait comprimer dans la journée pour ne pas trop en laisser transparaître les apprêts. Ses jambes se dévoilaient tour à tour, fuselées, dorées, ointes d'une huile qui les faisait miroiter dans la lueur des chandelles.
Devant l'air du Catalan, elle s'exclama:
:Laguerra: : Quoi?
:Mendoza: : Je ne m'attendais pas... Tu... tu es si belle...
:Laguerra: : Je suis belle, peut-être, mais je me sens si seule! (Pensée).
L'air hésitant d'Isabella fut balayé par un sourire épanoui:
:Laguerra: : Tu trouves? Tu comprendras qu'il m'est difficile d'apparaître ainsi en temps normal. Alors je me masculinise volontairement pour officier dans mes fonctions. Mais ne te leurre pas, celle qui se trouve devant toi est la vraie Isabella... Te plaît-elle, Mendoza?
L'Espagnol répondit:
:Mendoza: : Oui, je viens de te le dire.
Cette réponse simple parut convenir à l'aventurière. Elle le rejoignit et accepta le verre qu'il lui tendait. Leurs doigts se touchèrent, l'espace d'un instant. Cette sensation familière, si rare pour lui, d'excitation des sens, le fit palpiter quelques secondes.
:Mendoza: : Pardonne-moi, Morgane. Mais tu n'as rien fait pour me retenir. Je suis parti et je ne reviendrai plus. J'ai beau te regretter encore, je dois tourner la page. Tu ne m'as accordé qu'une nuit... Sans doute savais-tu déjà que je n'étais pas fait pour toi, ma belle alcine... (Pensée).
:Laguerra: : Dans quel monde es-tu plongé, Mendoza?
:Mendoza: : Désolé. J'étais perdu dans mes pensées. Cela n'arrivera plus.
Isabella eut la sagesse de ne pas insister sur le sujet.
:Laguerra: : Mon beau capitaine, on a dû te le confier souvent mais le moins que l'on puisse dire est que tu sors de l'ordinaire. Tu as un visage fascinant, qui témoigne d'une vie âpre et de tes victoires sur ses épreuves. Et ton regard si troublant qui semble à même de percer n'importe quelle carapace! Tu es comme un dieu oublié de la Guerre, prêt à t'enflammer pour un nouveau conflit. Et pourtant je sens autre chose en toi que cette dureté, quelque chose d'enfoui plus profondément. Une douceur secrète, peut-être?
D'un ton sec, il rétorqua:
:Mendoza: : Tu te méprends. Il n'y a rien de doux en moi.
:Laguerra: : Je ne voulais pas te froisser. Je suis désolée. Le vin me fait trop parler...
:Mendoza: : Je ne suis pas vexé, Isabella. C'est juste que je ne veux pas que tu m'idéalises. Tu peux me faire confiance pour veiller sur Estéban, Tao et Zia, ou sur toi, cela ne veut pas dire que je sois un homme bon. Je ne suis pas un preux chevalier, ne te fais pas d'illusion. Je me bats et je tue, s'il le faut. C'est tout!
:Laguerra: : Voilà des paroles bien graves. Que je retiendrai. Mais je crois qu'il vaut mieux changer de sujet, je ne tiens pas à te mettre mal à l'aise...
:Mendoza: : Je suis bien d'accord.
:Laguerra: : Es-tu prêt à passer à table?
:Mendoza: : Je mangerai un éléphant!... Ou une gazelle...
La tension s'évanouit aussi vite qu'elle avait jailli. Ils étaient installés de chaque côté de la table nappée de blanc, dans le coin salon, éclairés d'une dizaine de chandelles.
Isabella n'était plus Isabella. La femme qui lui faisait face n'était plus celle qui jouait un jeu bien dangereux et le changement était mieux qu'appréciable. Elle était consciente de lui plaire. De lui plaire plus que de raison. Elle paraissait toutefois en tirer plus d'assurance que d'orgueil.
Chacun de ses gestes était un défi de sensualité. Un sourire mutin étirait de temps à autre ses lèvres carminées, tandis qu'elle le fixait droit dans les yeux. Entre deux bouchées, deux gorgées, la conversation s'était engagée sans heurt, menée par l'aventurière. En alchimiste avertie, elle maîtrisait parfaitement le fil d'un dîner, si privé soit-il. Et c'était bien le cas. Mendoza se détendit comme il le faisait si rarement, appréciant les répliques de son interlocutrice, sa culture, son humour. Elle devenait amicale, attentionnée, et cela sans désir de manipuler. C'était un abandon, un dévoilement, nullement une manœuvre séductrice. Le mercenaire le sentait bien et son désir pour elle augmentait d'autant.
Un plateau de fromage suivit le plat principal, dans lequel piocha légèrement le navigateur, avant de s'attaquer à la salade de fruits frais.
Il se surprenait à être totalement détendu. Et ce n'était pas seulement l'effet de l'alcool, car il avait pris garde à ne pas boire outre mesure.

☼☼☼

Le repas était fini. Ils se levèrent d'un commun accord. Pour rester figés, l'un en face de l'autre. Le noir des yeux de Juan chatoyait de désir. Ceux d'Isabella brillaient d'un feu similaire.
J'ai envie de toi.
Voilà ce que Mendoza lisait dans les prunelles de la jeune femme. Lui aussi avait soif d'elle, il le savait bien, peinant à juguler cette émotion qui menaçait de l'emporter. Lui qui n'aimait pas se laisser aller, et surtout pas aux sentiments, se sentait glisser dans un monde étranger pour lui, un univers que, jusqu'alors, il n'avait foulé que du bout des orteils.
Sa raison continuait de le mettre en garde, lui hurlait intérieurement de se méfier d'une telle relation, mais cela ne suffisait pas.
À Patala, en Inde, il avait découvert le visage caché de la fille du docteur, il avait découvert en elle des trésors de charme, un caractère bien trempé, une aptitude au combat remarquable, et tout cela ne pouvait que le séduire, qu'il le veuille ou non.
Le souvenir de Morgane était toujours présent dans son esprit mais en retrait, aspiré peu à peu par la force du temps qui s'écoule, souvenir de moins en moins vif, le présent chassant le passé. La beauté d'Isabella repoussant celle de la petite fée, devenue si éthérée.
Quelque chose de chaud, de doux, baignait l'âme du capitaine. L'aventurière remplaçait peu à peu l'image de la Dame du lac, sa présence était bien tangible, apposant un baume sur les blessures de son cœur.
Le mercenaire savait qu'il allait finir par s'abandonner. Pourquoi pas ce soir, justement? Le moment paraissait idéal.
:Laguerra: : Bien...
C'est ce que l'aventurière finit par dire, sans poursuivre, dans l'attente d'une réponse... ou d'une invitation?
Cette hésitation dans ses prunelles, encore.
Sans se livrer plus, Mendoza répéta:
:Mendoza: : Bien...
Isabella prit une nette inspiration et demanda brusquement:
:Laguerra: : Me trouves-tu à ton goût, vraiment?
Du défi mêlé à autre chose... De la fragilité, peut-être...
:Mendoza: : Isabella...
:Laguerra: : Sois franc je te prie. Je ne te demande pas autre chose, et surtout pas de flatteries.
:Mendoza: : Tu le sais déjà... Oui, tu me plais. Sincèrement.
À cette réponse, les yeux de l'aventurière se mirent à scintiller. De nouveau hésitante:
:Laguerra: : Embrasse-moi, Mendoza...
Il s'avança vers elle, caressa sa joue, avant de poser sa bouche sur la sienne en l'enserrant de ses bras puissants.
Un long, lent et délicieux baiser. Elle avait l'haleine fraîche, la langue agile. Elle l'étreignit avec une force surprenante.
Ils se séparèrent, reprirent leur souffle.
Elle lui offrit un sourire chargé de promesses:
:Laguerra: : Je ne sais pas si je dois l'avouer, mais je me sens vivre avec deux fois plus d'intensité qu'avant! Comment est-ce possible?
:Mendoza: : C'est parce que tu as risqué ta vie. C'est une réaction assez fréquente.
:Laguerra: : Tu es un homme de danger. Cela te fait-il le même effet à chaque fois que tu joues avec la tienne?
Elle méritait qu'il pèse sa réponse. Il finit par avouer:
:Mendoza: : Disons que c'est devenu comme une drogue pour moi. Et je m'en satisfais pleinement...
La fille du docteur le scruta durant de longues secondes, s'attardant sur le dessin de sa bouche au pli dur. Ele lui murmura enfin:
:Laguerra: : Viens!
Elle lui prit la main pour lui faire franchir la porte qui menait au couloir. Ils gravirent l'escalier et accédèrent à sa chambre. Cette pièce faisait la dimension des deux du bas réunies. Un sanctuaire, jugea l'Espagnol. L'endroit où l'ancien bras-droit d'Ambrosius devait se retirer pour échapper aux responsabilités, aux tensions inhérentes à sa charge.
Un grand lit à baldaquin trônait sur une estrade de bois exotique. Un petit bureau en chêne, un fauteuil renflé derrière lequel se trouvait une lampe à huile en pied, les murs à la patine ocre, couverts de livres reliés.
Mendoza avait connu d'autres femmes depuis Morgane. Il n'était donc pas particulièrement en manque. Mais le désir, pourtant, était bien là. Lui habituellement sur ses gardes, voire indifférent, était surpris de se sentir si réceptif. Isabella sortait du lot des belles femmes. C'était indéniable. Et le charme qu'elle dégageait trouvait ancrage en lui.
Ils s'embrassèrent, se déshabillèrent mutuellement, tout en se dévorant du regard avec une acuité qui leur donnait des frissons délicieux.

2.PNG

☼☼☼

Bien plus tard, Isabella finit par se lever, superbe dans sa nudité assouvie, pour aller chercher leurs verres, qu'elle remplit.
Certains hommes auraient pu la trouver trop intimidante. Ce n'était nullement le cas du capitaine. Il la trouvait même parfaite, du moins d'apparence. Il ne la connaissait pas assez pour se forger une opinion véritable à son encontre. Une femme au caractère bien trempé, évidemment. Une femme épanouie dans son plaisir. Une femme intelligente. À ne pas prendre à la légère. Ce qui d'ailleurs n'était pas dans son intention, encore moins maintenant qu'avant. Il commençait à ressentir le véritable souci de la protéger.
Elle revint vers lui, les verres emplis de nectar rouge. Elle l'embrassa sur les lèvres, goulûment avant de lui tendre sa coupe.
:Laguerra: : Tiens, tu l'as bien mérité!
Ils burent, amants complices.
:Laguerra: : Je suis repue, tu m'as impressionnée, comment ne pas l'avouer?
:Mendoza: : J'étais motivé, ça aide.
Elle étouffa un bâillement du coin de la main.
:Laguerra: : Écoute, ce n'est pas que je n'apprécie pas ta présence, bien au contraire, mais nous devons nous lever tôt demain. Il vaut mieux que nous dormions... Resteras-tu à mes côtés? Je... je ne veux pas rester seule... Pas ce soir...
Hésitante à nouveau. Malgré ce qu'ils venaient de partager. Juan accepta de bon cœur:
:Mendoza: : Si tu le désires... Mais que vont penser les autres?
L'aventurière se mit à rire.
:Laguerra: : Je suis certaine que Gaspard doit fulminer à l'instant présent. Tes hommes ne sont pas idiots, quant aux enfants, ils savent ce qu'il y a entre nous depuis Kûmlar. Et puis, tout cela nous regarde.
:Mendoza: : Cela ne te gêne pas?
:Laguerra: : Nullement! Nous n'avons pas à rougir de nos actes. L'amour entre un homme et une femme est la chose la plus naturelle au monde.
Elle se lova contre lui, l'embrassa dans le cou avant de reposer sa tête sur la poitrine de son amant. Elle murmura:
:Laguerra: : C'était si bon... Merci.
Mendoza sentit son souffle s'appesantir. Quelques minutes plus tard, elle dormait.
Il s'assoupit à son tour, en songeant à Gaspard. Ce lourdaud devait serrer les poings avec hargne quand il lui arrivait de tourner ses yeux sombres, pleins de haine, vers la balustrade arrière de la nef, où il imaginait bien qu'on ne faisait point pénitence. Le bretteur jouissait cruellement de la jalousie qu'il devinait bouillonner dans l'âme de son rival vaincu...

☼☼☼

Deux jours passèrent au cours desquels la nouvelle équipe entreprit de remettre la nef en état de marche. Gaspard apprit à connaître un peu mieux ses nouveaux compagnons. Ils étaient dans l'ensemble plutôt agréable à vivre, dans l'ensemble satisfaits de cette aide supplémentaire.
Le militaire n'était pas là pour se faire des amis, mais il se lia tout de même avec Tao, ce garçon vigilant, respectueux des choses et des gens, reconnaissant l'ingéniosité du capitaine d'armée sans atteinte à son amour-propre.
Le naacal était le plus âgé des enfants, le plus intelligent aussi, capable de se rendre compte qu'il côtoyait en Gaspard un homme débrouillard. Le seul antagonisme déclaré fut le fait des deux capitaines, Gaspard ne pardonnant pas à Mendoza de l'avoir corrigé devant Laguerra.
Cette dernière avait retrouvé l'apparence stricte qu'elle adoptait en public. Elle se comportait avec Juan comme s'ils n'avaient rien partagé, mais dès qu'ils étaient en tête à tête, elle lui offrait des baisers passionnés. Chaque nuit, ils dormaient ensemble. Chaque petit matin, le mercenaire s'éclipsait pour rejoindre les enfants, endormis au pied du condor.
Juan sentait Isabella accumuler la tension. Elle se souciait réellement du sort de l'humanité, bien plus que sa propre personne, et le destin funeste du monde la faisait vivre sur des charbons ardents. Elle avait perdu l'appétit mais pas la volonté de sauver la Terre. La décision qu'elle maintenait de ne pas céder aux exigences de Charles Quint la dévorait lentement. Son seul refuge était les bras de Mendoza, sa bouche, son corps, sa tendresse, sa présence. Elle pleurait la nuit, harcelée d'inquiétants cauchemars, et le bretteur devait la bercer telle une enfant pour lui faire retrouver le sommeil.
Cette intimité nouvelle attisa la jalousie de Gaspard. Sur le gaillard d'arrière, après avoir osé faire une réflexion des plus douteuses à l'encontre de la señorita, Mendoza, qui l'avait entendu, pila net. Il avait soupé des provocations régulière de cet homme. Il remua ses épaules pour les assouplir, pencha le cou à droite puis à gauche. Enfin, il se retourna pour se placer en face du capitaine d'armée.
:Mendoza: : Gaspard?
Juan sourit largement. L'autre, surpris de cette jovialité affichée, s'étonna:
:Gaspard: : Oui?

1.PNG

Et le navigateur le frappa d'un coup de poing en plein milieu de la figure. Sonné, le jaloux recula d'un pas chancelant. Le mercenaire l'attrapa par le bras et le fit tourner jusqu'à le présenter dos à l'escalier. Puis il le gifla de toutes ses forces. Gaspard perdit l'équilibre. Il tomba et roula sur les marches, tournant sur lui-même.
Tao venait d'arriver, alerté par le bruit. Un grand sourire aux lèvres, Sancho et Pedro retinrent le jeune garçon, le seul à vouloir intervenir.
La chute de Gaspard prit fin lorsqu'il atterrit sur le pont supérieur du vaisseau volant. Il se redressa d'un bond, la joue écarlate, secouant la tête pour s'éclaircir les idées. Mendoza l'avait suivi, bondissant d'un groupe de marches à l'autre. Il arriva au même niveau une seconde après le rétablissement du militaire. Il feinta à droite et frappa de gauche. Une baffe encore, aussi mémorable que la précédente. Gaspard disparut par la trappe et s'écroula une nouvelle fois dans l'escalier, ballottant jusqu'à l'étage inférieur. Au pied de l'échelle, il retrouva son assise pour trouver son compatriote en face de lui. Il tenta de riposter, cette fois. Mendoza passa sous son poing brandi, frappa sèchement au ventre, le redressa par les revers de son pourpoint, actionna le mécanisme de la porte et le gifla pour la troisième fois.
:Mendoza: : Par ici, la sortie!
Le même manège se reproduisit jusqu'à ce que Gaspard atterrisse au sol, le visage marbré des paumes du marin. Là encore, Mendoza le fit reculer, esquivant ou parant toutes les tentatives de contre-attaque. À coup de claque, rien que de mornifles ou presque, il fit traverser le camp au barbu jusqu'à se retrouver sous le grand condor. Là, il lui assena trois coups à la suite. Manchette en travers du visage, coup de coude innervant sur la cuisse, coup de pied retourné en pleine poitrine.
Gaspard décolla du sol pour retomber lourdement sur le dos, les poumons vidés par le choc, la bouche en sang.
Le bretteur se pencha sur lui et cracha:
:Mendoza: : Tu parles encore une fois d'Isabella de cette manière et je t'éventre avec ma lame!
Et Mendoza retourna dans la nef...

Fin.
Dernière modification par TEEGER59 le 28 déc. 2020, 19:34, modifié 2 fois.
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!
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Re: MCO one-shots ou "instants volés"

Message par TEEGER59 »

Un petit délire sur la saison 3, se situant dans l'épisode "les soleils noirs".

Concurrence.

La soirée étalait sur la région de Patala son manteau sombre au velours piqueté d'étoiles. Perché sur l'aile du grand condor, Estéban regardait Indali s'éloigner. Il descendit et la suivit dans les fourrés bordant le village. Un peu méfiant à son égard, il voulait savoir ce que l'indienne allait faire à l'écart dans la jungle.
Une fois à l'abri des regards, la jeune fille resta un temps à regarder la magnificence du ciel nocturne. Enfin, elle ouvrit un petit sachet de peau et en tira une feuille qu'elle entreprit de croquer.
:Esteban: : Que fais-tu là, Indali?
Elle sursauta, avala son morceau végétal avant de se reprendre:
Indali: Comme tu vois, je mange... C'est une plante que m'a conseillée Zia pour combattre mes allergies. Tu pourras lui demander, si tu penses que je mens.
:Esteban: : Oh, mais je te crois. J'en profite pour te dire... Enfin... J'aurais voulu te consacrer un peu plus de temps, discuter avec toi, savoir comment tu allais. Mais...
Indali: Ne te fatigue pas, Estéban. Je vois bien que tu es débordé avec cette lame plantée dans l'aile du condor... Je n'ai jamais vraiment eu l'occasion de te l'avouer... mais tu m'intéresses...
:Esteban: : Hein? Que dis-tu? Je pensais que c'était Tao qui...
Indali: Estéban...
:Esteban: : Quoi...
Elle agrippa sa chemise et se hissa vers lui. Elle le fixa un instant et l'embrassa. L'Élu ne s'y attendait pas. Il fut plus déconcerté encore en se surprenant à répondre sans retenue à l'invitation de l'Indienne.
Ce fut un long et profond baiser, suave, excitant. La langue d'Indali était vive et chaude, caressante. Sa bouche avait un velouté exquis. Et son corps qui se pressait contre le sien, si désirable soudain...
:Zia: : Estéban?
Le fils du soleil se défit de l'étreinte d'Indali et recula d'un pas, le visage lisse de toute expression.
:Esteban: : Quoi, Zia?
:Zia: : Gunjan souhaiterait t'aider après s'être occupé de son éléphant.
L'Indienne foudroya l'Inca du regard. Zia répondit d'un petit sourire ironique. À grandes enjambées, Indali retourna aider Satya et Banu afin de ramasser des herbes pour confectionner un antidote pour le radjah.
Estéban s'apprêtait à lui emboîter le pas, mais Zia l'agrippa par l'avant-bras pour l'arrêter. Elle se haussa sur ses talons et, à son tour, s'abandonna à lui dans un baiser. Le premier qu'ils partageaient.
Dépassé, le jeune Atlante y répondit avec autant d'ardeur que le précédent. La langue de l'Élue était fraîche et mutine, elle le défiait, provoquant un émoi qu'il n'avait jamais ressenti auparavant.
La fille de Papacamayo finit par rompre le contact.
:Zia: : Ainsi, tu pourras comparer, Estéban. Ce n'est que justice, si tu devais faire un choix...
Sur cette tirade, elle regagna le village de sa démarche fluide.

☼☼☼

L'Élu resta un bon moment la main posée sur sa bouche, l'esprit tourbillonnant, oublieux de la jungle et de ses dangers.
:Esteban: : Mais qu'est-ce qu'elles me veulent, ce soir? Vous allez me laissez tranquille, oui? Vous croyez que c'est le moment? (Pensée).
Mais chasser ces deux filles de son esprit n'était pas si simple. Les comparer? Mais comment les départager? Il songea à l'une puis à l'autre. Différentes mais tout aussi séduisantes et troublantes l'une que l'autre.
Indali avait la classe et le soyeux du meilleur des fruits frais... Zia la fraîcheur et l'énergie farouche d'une forêt au printemps.
Troublé, l'Élu l'était. Comment ne pas l'être, face à ces deux filles superbes, chacune à sa manière?
:Esteban: : Si je devais choisir, laquelle devrais-je élire? (Pensée).
Non, ce n'était pas le moment de se laisser aller à de telles réflexions. Mendoza et les deux marins avaient besoin de son concours, le lendemain à l'aube. Et puis, il avait trop peu d'expérience pour céder à ce type de tentations. Estéban dut cependant mobiliser toute sa volonté pour les chasser de son esprit. Ou du moins, pour les remiser dans un coin de ses pensées, les ranger précieusement pour pouvoir les retrouver.
Il retourna sur le condor...
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!
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IsaGuerra
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Re: MCO one-shots ou "instants volés"

Message par IsaGuerra »

Bon bah pour l'épisode 16 et demi tu me l'avais déjà fait lire et puis bah tu sais que je l'aime beaucoup ^^
(Par contre.... Arrête de rallonger petit à petit :lol: :lol: )

Et pour Concurrence perso j'ai éclaté de rire mdrr (et fait attention à toi certains ne vont pas apprécier :roll: )
« On le fait parce qu'on sait le faire » Don Flack
« Ne te met pas en travers de ceux qui veulent t'aider » Sara Sidle

« J'ai de bonnes raisons de faire ce que je fais » Isabella Laguerra
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