MCO saison 4 (Fanfic)

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TEEGER59
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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par TEEGER59 » 20 sept. 2018, 19:29

Suite.

Sur la place de l'Astu, trois autres Thuléens débouchèrent de derrière un édifice. Le Gardien Oki avisa aussitôt la situation.
Natar, évaluant les données du combat, se rangea un pas derrière lui, prêt à l'épauler. Panikpa, le troisième, se rua sur sa gibecière.
La bête qui se faisait rosser par Taaq et Qau venait de s'effondrer. Restait un monstre, celui que Unnuaq avait étourdi d'un coup d'épée. De nouveau sur pied, la créature avait pris en ligne de mire Kii, qui rechargeait son arme, s'apprêtant à s'abattre sur lui d'un saut formidable.
Oki sauta les marches du perron. Il atterrit souplement et se rua au centre de la place en tonnant dans un hurlement impérieux:
Oki: Tuurngait! Tuurngait! Viens par ici, Démon!
La bête qui menaçait l'arbalétrier se retourna vers lui, comme happée par le cri de défi. D'apparence vaguement humaine, son esprit malfaisant ayant terrassé celui dont elle avait submergé la conscience, fit volte-face à toute vitesse et fusa dans sa direction, comblant l'écart en à peine trois bonds.
Natar n'eut pas le temps de le suivre car les événements s'enchaînèrent trop vite.
Bien campé sur ses jambes, ces dernières légèrement fléchies, Oki avait empoigné son épée à deux mains, la lame figée dans une ligne d'acier qui surplombait sa tête, pointant en avant.
Lancé de tout son poids, le démon décolla du sol, ses griffes brandies, prêtes à déchirer, sa gueule ouverte, ses crocs dégoulinants. Oki attendit le tout dernier moment pour réagir. Il se déporta sur le côté d'un pas glissé, sa lame tournoya, élevée puis rabaissée en une boucle parfaite, puis, finalement, remontée sèchement en diagonale. L'air s'embrasa d'un éclat de lumière lorsque l'épée percuta le torse de la goule. Attisée d'un feu blanc qui gagna en force jusqu'à devenir éclatante, l'arme consacrée se fora un passage inéluctable à travers la peau, la chair, les os, la "vie".
L'assaut du Gardien aurait semblé nonchalant à un novice. En vérité, une touche et une seule. Une économie d'effort remarquable. Une précision létale. Une frappe parfaite. Amarok et les autres en restèrent bouche bée.
Sectionnée en deux parties distinctes, ses segments agités de spasmes, la chose agonisait. Et, même au seuil de la mort, toute proche, ses griffes, aussi longues que des dagues, remuaient toujours par à-coups de plus en plus faibles.
Enfin, la bête trépassa.
Plusieurs des Thuléens encore en vie lâchèrent un soupir de soulagement. Aucun d'eux toutefois n'acclama Oki. Ce dernier ne l'aurait pas toléré.
D'ailleurs, ce soulagement ne dura pas. Profitant du fait que les Gardiens dans leur ensemble s'étaient tournés vers leur sauveur, le monstre encordé par Aarluk se redressa, bien vivant. Il tronçonna le lasso qui l'emprisonnait d'un coup de croc et s'élança sur Oki par le côté. Au passage, il renversa ses bourreaux de ses griffes, ouvrant la cuisse de Qau, taillant le torse de Taaq.
Mais au moment où il allait prendre son élan, gueule grande ouverte, la voix de Panikpa tonna:
Pan: Chaud devant!
Natar ne réfléchit pas. Il s'empressa de s'aplatir en travers des escaliers de l'édifice, les mains sur les oreilles, les yeux fermés.
Une explosion assourdie, un flamboiement de lumière que le Thuléen perçut même à travers ses paupières closes. Il n'en avait rien vu mais Panikpa avait tiré une sphère rougeâtre de son havresac, dont il avait allumé la courte mèche.
Le lancer de l'artificier se révéla parfait. Tant par la gestuelle, la rapidité, que la précision. La charge allumée vola directement dans la gueule démesurée du démon qui l'avala par réflexe.
Moins de trois secondes plus tard, il explosait de l'intérieur, arrosant les alentours de maints fragments fumants.
Panikpa fit un clin d'œil à Natar qui se redressait:
Pan: Plutôt chouettes, mes petits joujoux, non?
Peu de temps après, les cadavres des trois créatures se dissipèrent dans une brume délétère, ne laissant pour seul vestige qu'une espèce d'ichor aux reflets de rouille. Les démons occis retrouvaient leur plan d'origine, l'ailleurs auquel ils restaient liés. S'il en fallait, c'était là la preuve supplémentaire de leur nature.
Amarok, pour sa part, n'en savait pas assez sur les rouages du monde pour s'interroger sur leur présence. L'adrénaline électrisait toujours ses membres, peinant à se dissoudre. Son premier combat au sein des Gardiens, contre ces goules, sa première victoire. Bien que n'ayant pas donné de véritable coup de grâce, il estimait avoir fait preuve de talent et démontrer son courage.
La vie coulait dans ses veines, avivée par le danger qu'il venait d'affronter, la tête haute. Mais pour combien de temps encore?

☼☼☼

Le destin, toujours lui et l'un de ses ironiques coups de dés. Tenue à bout de doigts, oubliée presque, la rapière d'Isabella se mit à luire en une fraction de seconde, attirant les traits d'arbalète à elle pour mieux les engloutir dans un flamboiement de lumière. Lorsque l'éclat s'éteignit, Athanaos était toujours debout, indemne. Gavée de magie, l'arme avait maintenant une teinte uniformément pourpre. Les Olmèques se regardèrent, cherchant dans le regard des uns et des autres ce qui avait pu se produire.
Comme si la lame lui avait insufflé une part de son énergie, l'alchimiste se redressa, sans plus ressentir la moindre fatigue, et contempla ses adversaires, sa chevelure brune auréolée par l'éclat des gemmes.
La couleur noisette de ses iris perça la nuit comme brillant de l'intérieur. Une expression étira son visage, une sorte de sourire cruel et gourmand, exempt d'humanité.

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Ses traits à demi-éclairés se voilaient d'ombres, le rendant plus impressionnant encore. Ses lèvres laissèrent apparaître la blancheur de ses dents et on ne savait s'il allait rire, hurler ou mordre.
Les Olmèques reculèrent d'un même ensemble.
Oh que non! Athanaos n'était en définitive pas prêt à mourir. Car malgré ses tourments, pulsant au rythme de son cœur, l'instinct de survie, la soif de vivre, inextinguibles, s'alliaient pour le faire renaître.
:Athanaos: : Implacable! (Pensée).

☼☼☼

Le père d'Estéban lança d'un ton glacé à l'Olmèque qui l'avait défié:
:Athanaos: : Toi, qu'est-ce que tu as dit? Que tu rapporterais ma tête à Toutentèque, c'est ça?
Matador n'était pas rassuré. Il vérifia qu'il était bien entouré de ses acolytes.
Athanaos enchaîna:
:Athanaos: : Alors, tu mourras le premier.
D'un bond, il combla la distance, trop vif pour que quiconque puisse l'intercepter. Il se pencha puis se redressa et son attaque ne fut qu'un geste flou. La rapière remonta en oblique vers le ciel jusqu'à clouer la langue, le palais et la cervelle du guerrier, qui s'écroula, foudroyé. Avant que les autres ne réagissent, l'alchimiste poursuivit son élan et bondit sur eux.
Il aurait pu à nouveau tenter d'invoquer la transe bleutée, malgré sa dépense d'énergie. Il refusa.
:Athanaos: : Je suis l'Obscurité. Je danse et je tue! (Pensée).
Il n'en avait plus besoin.
Un coup de pied latéral pour briser le genou d'un adversaire, blessure handicapante, une parade de l'avant-bras, un coup de tête pour fracasser un nez, évanouissement temporaire; esquive, coup de coude dans une glotte, mort immédiate. La lame d'Isabella s'abattait, latéralement, en diagonale, en revers, en taille, en estoc, coupant, tranchant, lardant, épinglant ses proies sans leur laisser l'espoir d'échapper à sa morsure. L'arme étrange et rougeoyante paraissait luire de contentement. Elle avait absorbé leurs carreaux d'arbalète comme par magie. À présent, elle buvait leur sang sans en laisser la moindre trace.
Athanaos poussa un rire maudit, ressentant une extraordinaire alchimie avec la rapière.
D'habitude, c'était elle qui devenait une parfaite extension de l'aventurière, mais cette fois-ci, ce fut l'alchimiste qui devint le pendant de cette lame. Totalement devêtu de son manteau d'humanité, dépourvu de conscience et de moralité, enveloppé dans la froideur et le tranchant si net de l'acier étrange. Une seule chose en tête maintenant, il avait évacué tout le reste, même le deuil. Une seule chose: tuer, du mieux possible et le plus grand nombre.
La rapière pourpre frappa tant et plus, mutilante ou mortelle, et la mort reçut sa pleine moisson d'offrandes. Les Olmèques expirèrent dans leur totalité, massacrés par la férocité conjointe de la lame et de son porteur, qui abattait ses cibles en riant comme un dément. Certains furent même occis alors qu'ils tentaient de fuir le carnage.
Athanaos ne laissa d'eux qu'un amas de corps sanglants, de membres tranchés. Il avait du sang partout sur lui, partout sauf sur la lame. Tapie dans sa senestre, la rapière avait retrouvé son éclat normal.
Donner la mort ironiquement avait fait retrouver à Athanaos le désir de vivre. Il aspira une grange goulée d'air frais. Une pensée s'imposa:
:Athanaos: : Toutentèque! Il manque Toutentèque! Ainsi, ce lâche, qui se cache derrière ses troupes, n'a pas jugé utile de venir assister à l'affrontement.

☼☼☼

Z'avez pas vu Svarta?

Le calme était revenu sur la place. Dans son coin, Panikpa jurait en sourdine, faisant le décompte de ceux qui étaient tombés, massacrés par les créatures: Unnuatuinnay, Nirivik, Taima, Unga. Taaq et Qau étaient trop gravement atteints pour pouvoir rattraper les Olmèques et combattre, de même que le chaman. Ataata avait une vilaine blessure l'empêchant de se servir de son bras droit. Nanuq, quant à lui, s'était relevé péniblement avec une grosse bosse à l'arrière du crâne, mais sans autre blessure.
De ceux qui avait affronté les goules, seuls Kii et Aarluk étaient indemnes.
Animé d'une rage rentrée provoquée par cette nouvelle perte de Gardiens, Oki, désigné à l'unanimité guide spirituel par intérim après la mort du maître, rengaina son arme dans son fourreau d'épaule sans vérifier le fil de sa lame. Il le savait intact. Il inspecta les siens un à un puis lâcha une série d'ordres secs.
Tandis que les Thuléens s'affairaient, leur chef s'était installé à l'écart avec Aarluk.
Y avait-il un rapport entre la présence des goules et des Olmèques ou bien était-ce un pur hasard? Impossible de le confirmer mais la première hypothèse vers laquelle Oki penchait, se révélait particulièrement inquiétante. Du reste, comment ne pas songer que les créatures avaient été invoquées par le Myrcur à partir du corps des Gardiens torturés dans le mausolée?
Aarluk fit son rapport. Juste après l'attaque, le traqueur avait effectué une petite ronde pour explorer les alentours. Il venait de relever une série de traces qui s'éloignaient de la place vers l'ouest, avant de se perdre mystérieusement.
Il était catégorique: l'Ennemi devait avoir trouvé le moyen d'accéder à la Polis, et vraisemblablement, les créatures servaient le peuple caoutchouc. On pouvait le déduire par l'absence de cadavres dans le camp adverse.
Aar: Ces goules... Je ne crois pas qu'elles nous étaient familières, Oki. Tu le sais comme moi. Même ressuscités et transformés en monstres, nos frères auraient essayé de résister au maléfice. Ils auraient tenté de combattre l'envie de nous faire du mal. Non, c'était bien des créatures des Cercles Démoniaques que l'on a ainsi invoquées. À partir des hommes vivants à la surface, si tu veux mon avis.
Oki secoua la tête, troublé:
Oki: En théorie, les maléficieurs de tout bord sont capables d'invoquer des familiers mais certainement pas des démons de ce genre. Alors quoi, serait-ce un cas isolé ou les Olmèques ont-ils établi une véritable alliance avec cet elfe noir, venu des Cercles Démoniaques?
Le pisteur, balayant l'air de sa main, asséna:
Aar: Ce n'est pas possible, les démons ont été chassés de notre monde.
Oki: Je te l'accorde, Aarluk. Mais cela pourrait vouloir dire que quelqu'un a enfin trouvé un moyen d'y revenir.
Aar: Eh bien, il faut absolument prévenir les Espagnols. Et aussi l'anachorète. Une collusion entre les Olmèques et les Cercles Démoniaques? Je ne vois pas ce qui pourrait nous arriver de pire!
Oki: Je n'ai aucun compte à rendre à ce vieux fou. C'est lui le responsable de tous nos malheurs... Et pour l'heure nous avons mieux à faire.
Aarluk dévisagea son chef avant de lâcher dans un soupir:
Aar: Ne me dis pas que tu veux rattraper ces faces de craie!
Oki: Si. Car les pister pourrait nous amener à cet elfe démoniaque, ce Svartalfar. De plus, je pense qu'ils sont restés ici dans un but bien précis: faire le plus de victimes possibles parmi nos rangs.
Aar: Trouver les Olmèques et cet elfe, soit. Mais tu comptes faire quoi ensuite? Les attaquer? Nous venons d'essayer et nous avons échoué! N'oublie pas qu'ils possèdent le Myrcur. Tu as vu combien de valides nous sommes?
Oki rétorqua d'un ton sans appel:
Oki: On avisera sur place. Nous devons venger nos camarades.
Le traqueur haussa les épaules:
Aar: Après tout, c'est toi le chef.
Oki: Oui, merci de t'en souvenir. Alors maintenant cesse de jacasser, vieille fripouille, tu vas partir en avant et me retrouver leurs traces. Tu dis qu'ils sont partis en direction de la Polis. Mais la cité est immense, ils peuvent être n'importe où.
Les traits fendus d'une grimace, Aarluk opina.
Aar: Je vais voir ce que je peux faire.
Tous deux se redressèrent pour aller rejoindre les autres.

☼☼☼

La nuit s'achevait tranquillement à l'extérieur de la bibliothèque interdite. Miguel s'éveilla en sursaut, une grande main plaquée sur sa bouche. De l'autre côté de la salle, tournés contre le mur, ronflaient Tao et Estéban. L'hidalgo tenta de se débattre mais l'étreinte, bien que mesurée, se révélait impossible à défaire. Il reconnut enfin Athanaos, sa chevelure jais brillant doucement dans la pénombre de la pièce. Le prophète voyageur se contenta de placer un doigt sur ses lèvres pour lui intimer le silence, après quoi, d'un geste, il lui ordonna de le suivre. Ce n'est qu'une fois sur le palier, dans la lueur des lampes du couloir, que Mig' se rendit compte que le père d'Estéban était torse nu et couvert de sang. Une lueur sauvage, presque démente, couvait dans ses yeux noisettes.
MDR: Dis, Athanaos, ça va?
Sans rien expliquer de son état, ce dernier se contenta d'annoncer:
:Athanaos: : J'ai besoin de toi.
MDR: Prends le temps de te calmer. On va discuter.
:Athanaos: : Je suis très calme, au contraire, et je n'ai aucune envie de discuter. J'ai un compte à régler avec les Olmèques et je dois retrouver ce Svartalfar. Tu viens ou j'y vais seul? Peu m'importe, après tout!
MDR: Je viens, évidemment. J'ai appris à connaître le genre de dettes que tu règles, j'arriverai peut-être à te dissuader de commettre des folies.
:Athanaos: : N'y compte pas trop. Et pas de bruit, hein, je ne veux pas que les autres nous accompagnent, c'est une affaire personnelle.
MDR: Pas même mon frère?
:Athanaos: : Outre le fait que je le crois assez absorbé par l'état de sa femme, il n'a sûrement pas dû se reposer comme il aurait dû le faire. Et j'ai la certitude qu'il ne me laisserait pas agir à ma guise. Je n'ai aucun besoin que l'on me dicte mes actes. Ça vaut également pour toi, Miguel! Je t'emmène mais si tu essaies de me retenir en quoi que ce soit, tant pis pour toi, est-ce clair?
MDR: Limpide. Je m'habille et je te rejoins en bas. En attendant, tu ferais mieux de te débarbouiller.
Les sourcils hérissés, Athanaos asséna:
:Athanaos: : Je suis très bien comme je suis!
L'hidalgo plissa ses yeux et répondit:
MDR: Tu vas te laver ou tu te débrouilles tout seul! Voyons Ath', un peu de bon sens... Je vois bien que tu es prêt à affronter la terre entière mais se battre jusqu'à atteindre l'endroit où se terrent nos ennemis n'est pas le meilleur moyen de procéder, et tu le sais comme moi! Alors maintenant, tu vas arrêter de faire ta tête de mule et tu vas écouter le vieux briscard que je suis: va te nettoyer!
Avant de s'exécuter, l'alchimiste ironisa:
:Athanaos: : Oui, papy!
Mais à peine avait-il franchi le seuil que son visage retrouvait toute sa sécheresse.
:Athanaos: : Olmèques, je ne vous oublie pas. Car tant que je me focalise sur vous, je peux contenir le chagrin. Je n'ai pas besoin de plus. (Pensée).

☼☼☼

Un jour hésitant se levait sur Agartha, l'inondant d'une lumière grisâtre.
Faute d'aqua vitae, les blessés avaient été pansés, pour le moment, à l'aide de bandages rangés dans la sacoche du médicastre. Aarluk avait retrouvé le corps de Pakap, abattu par Labrador.
Enterrer les dépouilles s'était révélé une corvée lugubre.
Oki avait pris sa décision. Ataata, Taaq et Qau s'avéraient trop handicapés pour aller au combat. De surcroît, dans leur état, ils ne feraient rien d'autre que ralentir l'escouade. Leur chef, toutefois, les estima suffisamment valides pour retrouver les abords de la cité par leurs propres moyens, pour peu qu'ils se montrent prudents. À charge pour eux de se débrouiller pour regagner le mausolée sains et saufs.
En revanche, Nanuq, dont Panikpa avait pris soin de désinfecter les blessures avec un onguent trouvé dans la gibecière du médicastre, fut déclarer apte au service.
Tandis que les Thuléens, blessés et valides, se préparaient au départ, Oki se tourna enfin vers Amarok. Il ne lui avait pas accordé la moindre attention. Trop occupé à affronter la goule, il n'avait rien vu de la manière de combattre du jeune Gardien. Il le dévisagea avant d'ouvrir sa bouche au pli dur. Amarok sut ce que son supérieur allait dire. Il sut qu'il allait lui ordonner de rentrer avec les blessés.
Mais au moment où il allait laisser éclater une protestation, une autre voix que celle d'Oki s'éleva, coupant net la sentence que ce dernier aller proférer:
:?: : Je prends Amarok avec moi.
Aarluk avait parlé doucement mais le ton de sa voix n'annonçait aucune contestation possible.
Oki fut surpris, Amarok aussi et tous les Gardiens a portée d'oreille également.
Le chef et le traqueur s'affrontèrent du regard. D'une voix neutre, Oki demanda:
Oki: Tu sais ce que tu fais?
Aar: Tu en doutes? Ce serait bien la première fois!
Le chef marqua une brève hésitation avant de lâcher dans un souffle:
Oki: Non, je ne doute pas de toi... Fais comme tu l'entends.
Il marqua une courte pause, puis ajouta:
Oki: Fais attention à toi, vieux gredin.
Aar: Je fais toujours attention! Allez, on y va, petit.
Amarok s'empressa de suivre le pisteur, trop heureux de n'avoir pas été mis de côté.
Lorsque Ataata fut chargé de conduire le groupe d'estropiés, le chaman fut sur le point de se rebiffer, mais le regard glacial d'Oki étouffa toute protestation de sa part.
Juste avant de quitter l'esplanade, Amarok détourna la tête pour adresser un sourire triomphant à Panikpa. Ce dernier lui fit un clin d'œil.
Quant à Oki, il continuait de soupeser la silhouette d'Aarluk qui s'éloignait en compagnie de son nouveau protégé. Pensif plutôt qu'irrité, il ordonna aux autres:
Oki: Préparez-vous à suivre!
Les Thuléens se séparèrent d'un austère hochement de tête. L'effusion de sentiments entre Gardiens n'était pas leur genre. Le petit groupe des blessés partit vers le nord-est, en direction du mausolée. L'escouade des valides, sévèrement amputée, quitta la place pour suivre les pas d'Aarluk.
Amarok s'engagea hors de l'Astu, sur les talons du traqueur dont les longues foulées élastiques foulaient le sol de couleur or.
Jusqu'alors, il ne s'était pas intéressé au traqueur des Gardiens, ce vieux Thuléen hirsute à la bouche grimaçante de malice.
"Je prends Amarok avec moi". Le jeune homme lui devait beaucoup pour cette simple phrase. De là à l'en remercier, il pouvait toujours courir!
Il le voyait venir, celui-là. Encore un qui allait vouloir lui dicter ses quatre volontés. Eh bien, il allait voir...
Le jeune Gardien accéléra le pas pour le rejoindre et asséna sans ambages:
Ama: Bon, déjà, tu ne m'appelles plus "petit". Je suis Amarok, c'est compris?
Toujours concentré sur l'étude du sol, le pisteur dit en souriant:
Aar: Chut! Tu m'en dois une, et tu le sais. Or, tu n'aimes pas ça. Mais ce n'est pas le moment de discuter, nous devons retrouver les Olmèques. Suis-moi, maintenant, et en silence, je dois me concentrer.
Amarok mordilla sa lèvre inférieure. Que dire à de tels arguments? Rien. Aarluk avait raison, alors il ravala l'une des reparties bien senties dont il avait le secret.

☼☼☼

À suivre...
Dernière modification par TEEGER59 le 20 sept. 2018, 19:49, modifié 2 fois.
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!

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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par TEEGER59 » 20 sept. 2018, 19:31

Akaroizis a écrit :
20 sept. 2018, 19:17
"Les mille façons de ressusciter un Athanaos", le bouquin pour ceux qui veulent toujours revenir sur le devant de la scène ! :lol:
:x-): :x-): :x-):
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!

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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par Le Flamand » 20 sept. 2018, 20:02

Comme d'habitude, même si je ne laisse plus énormément de réponses/commentaires sous les fanfics, j'aime bien ta façon de narrer les scènes et de mettre en scène les dialogues. On voit aussi que tu effectues des recherches sur les sujets que tu traites et c'est ce que j'aime bien également, contrairement à certains auteurs dont j'ai pu lire les "œuvres" sur d'autres fofos traitant d'autres séries/films/livres.
En bref. J'adore. :-@
MCO1 : 19/20
MCO2 : 10/20
MCO3 : 14/20
"Tout ce que l'homme peut exploiter, il l'exploitera, même si c'est au péril de sa vie" - Gaël, septembre 2017 :x-):

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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par nonoko » 20 sept. 2018, 21:10

Athanaos est vraiment devenu Freddy! Et Miguel qui lui cause comme à un gamin qui s'est sali avec de la peinture :roll: En voilà au moins un qui Panikpa :x-):
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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par Akaroizis » 21 sept. 2018, 09:31

Ah bah la rapière lui sauve la mise, cette fois-ci. :x-):
J'attends de voir le déroulement de tout ça, mais ça s'annonce croustillant. ^^
Le présent, le plus important des temps. Profitons-en !

Saison 1 : 18.5/20
Saison 2 : 09/20
Saison 3 : 13.5/20


Ma présentation : viewtopic.php?f=7&t=80&p=75462#p75462

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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par TEEGER59 » 22 sept. 2018, 20:34

Suite.

Le répit offert par les goules avait permis au peuple précolombien d'atteindre l'immensité de la Polis et de s'y déployer par petits groupes.
Au moment où Toutentèque s'était demandé où les étrangers avaient pu se réfugier, l'elfe noir était réapparu brusquement devant son escouade, comme recraché du néant. Le chef des Olmèques posa ses poings sur ses hanches. Enfin, il ouvrit la bouche:
Tout: Eh bien, Svartalfar! Te revoilà enfin! Où étais-tu passé?
L'autre, nanti d'un statut très particulier, tout à la fois allié et prisonnier, hésitait à répondre.
Tout: Je te vois devant moi tout autant que je vois la rage couver dans tes yeux.
Svar: En effet, monseigneur, je suis contrarié.
Tout: Que se passe-t-il? La mission s'est-elle mal déroulée? J'ai peine à le croire.
Svar: L'objectif principal a été en partie accompli, éminence, l'Astu des Thuléens n'est plus qu'un tas de ruines.
Tout: Tu étais donc resté en retrait pour voir ce qu'il allait se passer.
Svar: Oui!
Tout: Alors?
Svar: Tous les Gardiens ne sont pas morts, mais mes trois mignons le sont, eux.
Tout: Rien ne nous assurait que ces créatures étaient invincibles. Avec le cristal de la terre, tu en engendreras d'autres.
Svar: C'est déjà fait! C'est pourquoi j'ai été si long à vous rejoindre. J'ai attendu que les survivants s'en aillent pour déterrer les corps de leurs camarades.
Tout: Ainsi nous décimerons ces Thuléens jusqu'au dernier. J'en ai l'intime conviction. Je vois dans cette entreprise un moyen d'éprouver notre patience, notre volonté et notre foi.
Svar: Ma volonté est sans faille, monseigneur. De même que ma foi. En ce qui concerne la patience...

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Plan de la Polis.
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Tout en quittant la place en direction du nord-ouest, vers le quartier au sol couleur or, Toutentèque se permit un petit rire amusé. Il était l'heure de louer faussement les mérites de l'elfe qu'il exécrait. Il reprit:
Tout: Je le sais pertinemment, Svartalfar. Tu as hâte de recouvrer la liberté que je t'ai promise. Mais cette détermination sans faille, remarquable, sinon légendaire, avec laquelle tu me sers fait de toi mon plus formidable héraut. Le plus précieux, également.
Svar: Votre éminence est trop bonne.
Son interlocuteur lâcha un rire distingué:
Tout: Je n'ai rien de bon et tu le sais très bien. La bonté est un luxe ridicule que nous méprisons tous deux, n'est-ce pas?
Svar: En effet, monseigneur.
Passées les pentes d'un lacis de ruelles tortueuses, ils apercevaient devant eux la pyramide de Cibola.
Tout: Je vois que ta rage s'est dissipée, à la bonne heure. Étant donné que depuis tout ce temps, tu furetais de-ci de-là dans la ville-basse, as-tu vu où se terraient les étrangers que nous recherchons?
Svar: Non. À part les Thuléens, il n'y a personne d'autre en bas. Je suis plus enclin à croire qu'ils se cachent ici pour je ne sais quelle raison. Mais il y a forcément une explication.
Tout: Tu as raison, Svartalfar, à nous de la trouver. Maintenant que nous sommes sur nos gardes, ils ne peuvent plus rien contre nous.
Svar: Sauf votre respect, il ne faut pas les sous-estimer pour autant. Du reste, les nouvelles créatures invoquées et les guerriers que vous avez mandatés sont sur leur piste, ils finiront par les trouver.
Sans savoir que deux de ses patrouilles étaient déjà tombées sous la fureur d'Athanaos, Toutentèque balaya l'air de sa main, signifiant ainsi qu'il laissait l'elfe gérer cette affaire à sa convenance. Ils arrivèrent en vue du pied de la pyramide.
Tout: Néanmoins, cela ne doit t'empêcher en rien de les chercher de ton côté.
Svar: J'en ai bien l'intention, votre éminence.
Tout: Va!
L'elfe noir salua bien bas son maître, lança un regard mauvais à Matador, qui s'était approché de son chef, et enfin repartit comme il était venu, tel un spectre conquérant.
En se tournant vers son nouveau second, Toutentèque déclara:
Tout: Tu es comme moi. Tu ne l'aimes pas, n'est-ce pas?
Mat: C'est un pleutre, un incapable, un arriviste. Il n'est pas digne de vous servir et encore moins de votre confiance, votre seigneurie.
Tout: Tu te trompes, Matador. Svartalfar n'est pas forgé dans le même acier que toi, il n'a ni ton expérience, ni ta force de caractère, ni ton intelligence, c'est un fait... et pourtant, il m'est indispensable. Il est le seul à maîtriser le Myrcur, cet artefact d'origine inconnu qu'il nous a fourni et, par voie de conséquence, pour le moment le seul capable d'ouvrir la Porte, dois-je te le rappeler?
Mat: Peut-être, monseigneur. Mais un jour, il vous fera défaut, j'en ai le pressentiment.
Tout: Et ce jour-là, tu seras là pour lui expliquer précisément ce que je pense de l'échec, n'est-ce pas?
Le visage de l'arbalétrier Olmèque s'étira d'un sourire mauvais:
Mat: Je m'en ferai une joie toute particulière.

☼☼☼

Labrador Pieds-Agiles, Labrador le bâtard pour certains, surnom qui n'avait aucun rapport avec sa filiation, était sans conteste le meilleur éclaireur des Olmèques. Évoluer en territoire hostile était pour lui aussi naturel que respirer. Il excellait dans la lecture des pistes, savait guider une patrouille, repérer l'Ennemi, le traquer, veiller en silence, durant de longues heures s'il le fallait.
En l'instant présent, il était dissimulé derrière un muret. Aussi sec qu'un échalas, comme la plupart de ses congénères, il avait une hache, question d'honneur. Une hache d'Olmèque. Solide, fiable, parfaitement tranchante et équilibrée. Il était également armé d'une arbalète de chasse à rechargement rapide, comme Madator, et contrairement aux Thuléens, il préférait l'usage de cette arme à celui de l'arc.
Tel un chien truffier, Labrador était en pleine chasse.
Une fois arrivé dans la Polis, il s'était dirigé vers le sud-est, se faufilant parmi les édifices de Kûmlar à l'instar de ses camarades éclaireurs qui exploraient d'autres quartiers. Leur mission était simple, repérer les traces du petit groupe d'étrangers.
Labrador et les autres n'avaient pour l'instant trouvé que des monuments vides, et pas une seule empreinte. Lesdites empreintes avaient été habilement effacées et tout laissait à penser que les Gardiens en étaient la cause.
Une nuit venait de s'écouler et l'exploration du pisteur restait infructueuse, n'engendrant que son dépit.
L'Ennemi n'était pas loin, il le sentait. Il se demanda si ses camarades ressentaient le même danger, où qu'ils se trouvent dans la cité-haute.
Assez loin devant lui, le sol commençait à monter en pente et celle-ci semblait remonter jusqu'à un plateau. En haut, l'ouverture représentait une seconde étape capitale. Une fois le périmètre sécurisé, Labrador permettrait aux siens de renforcer son avancée de conquête et de se répandre encore plus en avant sur le territoire des Gardiens.
Toutefois, le pisteur se trouvait trop loin pour en avoir une vision assez précise. Et avant de songer à étudier sérieusement les hauteurs, il avait encore toute une zone à explorer au milieu des bâtiments.
Labrador en devenait obsédé. Jusqu'ici, il n'avait rencontré aucun des étrangers. Et pourtant, il devait le trouver, cet Ennemi, avant que son groupe ne puisse aller de l'avant.
En effet, depuis leur entrée dans la région, les hommes du peuple caoutchouc avaient déjà subi de nombreuses attaques éclairs et le harcèlement n'avait jamais vraiment cessé. Les Olmèques étaient plongés en territoire ennemi, ils connaissaient mal le terrain et, dans ce genre de circonstances, ils devaient avancer avec la plus grande prudence.
Il en fallait plus, cependant, bien plus, pour les inquiéter. Son arbalète calée sur son épaule, en travers de sa hache, Labrador se glissa à terre et se mit à ramper, se servant des plis du terrain, longeant les bâtiments, tapi sous leurs arcades, parfaitement indétectable dans la pénombre.
Il effectua des pauses. Il écouta. Huma l'air. Fit jouer ses sens. Et lorsqu'il fut satisfait, il repartit, veillant bien à masquer sa progression.
Labrador avait ratissé le périmètre qu'il s'était défini, en pure perte. Il fit une halte, but un peu d'eau de sa gourde et repartit vers le sud-est. Il était temps d'explorer la pente. Il rebroussa donc chemin jusqu'à se retrouver en périphérie du quartier. Le silence qui régnait était absolu.
Lab: Étrange... (Pensée).
Aussitôt, Labrador s'aplatit au sol. Lentement, discrètement, il décrocha son arbalète et la fit passer devant lui. Il sonda l'espace tout autour de lui mais ne vit rien de nature à s'alarmer. Il se détendit. Un peu.
Sur les hauteurs, juste avant le plateau, il lui sembla voir un mouvement rapide mais diffus. Peut-être une files d'hommes ou de créatures qui terminait de disparaître derrière un alignement de statues. Labrador était toujours trop loin. Il devait se rapprocher, se rapprocher sans se faire repérer. Car selon son instinct, ce n'était pas des goules qui se trouvaient là-haut, sur le plateau, mais bel et bien autre chose.
Il lui fallait s'en assurer. Il n'était pas question d'expliquer à Toutentèque qu'il avait pris les mignons de Svartalfar pour une escouade ennemie. S'il commettait une telle erreur, il ne lui resterait plus qu'à se tailler les oreilles et subir les quolibets de ses congénères.
Du regard, l'éclaireur chercha le meilleur moyen de quitter sa cachette et de remonter à portée de vue du plateau, tout en restant à couvert.
Là, sur sa droite. Une tranchée creusée au milieu de la rue pavée était assez large pour qu'il s'y engage. Calées de chaque côté par de gros blocs d'orichalque, deux sculptures fendues, bloquées l'une contre l'autre, se croisaient au-dessus de la rigole d'écoulement des eaux, à peu près à la moitié de son parcours, formant une croix improbable.
Une fois dépassé le croisement des deux idoles, le goulet remontait sur trois cent mètres. Il se terminait par une zone de roche pure et labyrinthique, tout en haut de laquelle Labrador avait vu ce qui était soit des hommes, soit leurs alliés monstrueux.
S'il remontait la tranchée en restant baissé, caché par les hautes parois, le pisteur Olmèque pourrait progresser jusqu'aux rochers sans être débusqué. Une fois là-haut, il serait en mesure d'avoir une confirmation.
Il n'était question que d'en avoir le cœur net, pas de jouer au héros. Dès qu'il serait sûr, si son soupçon se confirmait, il filerait prévenir les autres.
Il replaça son arbalète, qu'il avait pris soin de recharger, en travers de son dos, vérifia que sa hache étaient bien accrochée et qu'elle ne le gênerait pas dans sa progression. Il quitta sa cachette et se mit à ramper en diagonale, jusqu'à atteindre l'entrée de la tranchée. Il s'immobilisa et laissa ses sens effectuer un balayage de ce qui l'entourait.
Aucun signe de danger.
S'accroupissant, Labrador entreprit de remonter le goulet. Il avança sans bruit jusqu'à se retrouver au niveau des cariatides croisées couronnant son passage. De là, en grimpant dessus, il pourrait peut-être étudier le contre-haut sans avoir à aller plus loin.
Une voix au timbre très grave se fit doucement entendre:
:?: : À ta place, je serais passé exactement par cet endroit.
Celle-ci venait du dessus. De la croix formée par les sculptures qui surplombaient l'Olmèque.
Un bras musclé se détendit comme un fouet entre les bras de l'une des statues, pour venir agripper l'éclaireur par le cou, et le crocheter au-dessus du sol.
Étrangler un Olmèque ou lui rompre les vertèbres n'était pas difficile mais ce n'était pas le moyen le plus rapide d'en venir à bout et celui qui l'agressait n'avait pas l'intention de perdre de temps.
Son autre main jaillit à son tour et poignarda Labrador à grands coups de dague sous l'aisselle. Une, deux, trois. Frappe, frappe, frappe. L'agresseur s'arrêta à six.
Il relâcha sa proie. Le cadavre du pisteur s'affaissa dans le caniveau.

☼☼☼

À suivre...
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!

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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par TEEGER59 » 24 sept. 2018, 20:24

Suite.


Aarluk, le traqueur des Gardiens, se laissa tomber de son perchoir, essuya sa dague sur l'Olmèque qu'il venait d'éliminer, avant de la rengainer. Il tira la dépouille du pisteur rival sous les colonnes, effaça toute trace de son agression, et se rabaissa dans la tranchée.
Il attendit trois bonnes minutes. Aucun signal pour l'avertir. Tout allait bien. Pas d'autre Ennemi dans les parages. Il se redressa et redescendit du goulet. Une fois bien visible, il effectua un certain geste de la main. Ses compagnons, cachés de part et d'autre de sa position, n'avaient pas besoin de plus pour réagir.
Il était temps pour lui de récupérer son arme et de se replier. D'aller patrouiller ailleurs. Se dirigeant en direction du nord-ouest, vers la statue d'Apollon, les Thuléens quittèrent le plateau à petites foulées et descendirent la pente.
Aar: Une bonne chose de faite!
Voilà la pensée qu'avait eu Aarluk. C'était le dernier des éclaireurs Olmèques dans le quartier de Kûmlar. Les Thuléens les traquaient depuis qu'ils s'étaient engagés dans la Polis. Qu'est-ce qu'ils croyaient, les faces de craie? Que les Gardiens allaient se laisser pister alors qu'ils étaient sur la terre de leurs ancêtres?
Cette élimination en règle offrait un répit appréciable. De quoi freiner la progression ennemie.
Le chef Oki aurait pu décider d'en finir une bonne fois pour toute. Il aurait pu décider de les piéger et de les écraser, comme ils le méritaient. Il avait assez de vétérans à ses côtés pour déclencher un bain de sang. Mais il n'était ni fou, ni ignorant.
Les éclaireurs Thuléens étaient bien supérieurs, globalement, à ceux des Olmèques. Ils faisaient des traqueurs renommés, mais leur corpulence était un handicap qui pouvait les rendre trop facilement repérables. En conséquence, le maître allait continuer de rester sur la défensive, obligé de n'employer que des tactiques de guérilla, efficaces, certes, mais insuffisantes pour véritablement enrayer l'avancée du peuple caoutchouc. Celui-ci continuait de grignoter du terrain. Il disposait d'une puissance militaire supérieure, était doté de plus de troupes, sans compter l'avantage du cristal en leur possession.
En songeant à ces données stratégiques qui ne le quittaient jamais vraiment tout à fait, le visage d'Oki s'étira en une grimace. Il attendait toujours l'occasion qui se refusait à lui, l'occasion de frapper un grand coup, de remporter une victoire incontestable sur l'Ennemi, et qui lui permettrait de renverser le cours des choses.
À son tour, il quitta les hauteurs de Kûmlar et dévala la pente. En arrivant au petit fortin provisoire, fait de petits cubes d'orichalque facilement transportables, il salua les sentinelles et enfin, regagna ses pénates. Essoufflé par sa course, il jeta son baudrier d'arme sur un fauteuil. Il saisit une cruche d'eau et la vida à grandes goulées.
Un Thuléen plus petit, plus mince, plus vieux que lui pénétra dans la pièce sans se faire annoncer.
C'était Tungajuak, son aide de camp. Un individu précieux. Un soutien constant. Un agréable partenaire aussi bien pour boire une chopine que pour discuter au coin d'un feu, dans la tourmente. Riche d'une expérience de la guerre égale à la sienne. Honnête. Franc. Courageux. D'une fidélité incontestable. Le second idéal.
Il affichait un toupet de cheveux d'un blanc de neige, mais son regard se révélait vif. Il portait un vieil uniforme de cuir aussi confortable qu'usé.
Tunga: Excellence.
Le vieux Gardien était chargé d'un plateau qu'il posa sur l'épaisse plaque de chêne.
Oki: Tungajuak, on ne va pas continuer ce petit jeu, non? Pas après toutes ces années? Une bonne fois pour toutes, quand nous sommes seuls, tu m'appelles Oki. Aarluk n'a pas cette peine, lui.
L'aide de camp ne releva pas et ôta la serviette qui masquait le contenu du plateau.
Tunga: Mon seigneur doit avoir grand faim, j'ai apporté des saucisses de lièvre arctique, une omelette aux œufs de lagopède et en dessert, de l'akutaq, ce sorbet dont vous raffolez tant.
Oki: Pas le temps.
Tungajuak haussa un sourcil:
Tunga: Le maître ne retournera pas à son poste sans avoir l'estomac plein. Vous avez déjà sauté le dîner de la veille.
Oki: Les Olmèques sont partout et je dois m'assurer que les Espagnols ne risquent rien. Je le répète, je n'ai pas le temps.
Tunga: Voyons, votre excellence, vous n'avez pas de temps à perdre, c'est évident. Tout comme il est évident que vous aurez beau batailler, tempêter, geindre, vous allez manger avant de repartir. J'ai pris mes dispositions, Aarluk vous fera prévenir au moindre changement de situation. Alors asseyez-vous et mangez, Oki.
Oki: Geindre? Moi, geindre? Je ne sais pas ce qui me retient de te congédier, Tungajuak.
Tunga: Et moi, je doute que vous gardiez quelqu'un d'autre que moi à votre service pendant... allez, je vais être bon prince, je lui laisse deux bonnes semaines avant qu'il ne démissionne. Personne, je dis bien personne d'autre que moi ne tiendrait auprès d'une tête de mule telle que vous, Oki. Et nous le savons tous les deux. Maintenant, taisez-vous et mangez!

☼☼☼

Conformément aux désirs de l'hidalgo, Athanaos s'était lavé et rhabillé. Il avait récupéré sa propre lame et les deux hommes se retrouvèrent dans la rue, du côté opposé au carnage survenu cette nuit, sans avoir réveillé quiconque dans la bibliothèque. Miguel s'était muni de sa fameuse arbalète.
MDR: Tu es bien certain de ce que tu veux, Ath'?
La physionomie de l'alchimiste parlait pour lui. Le frère de Mendoza grommela:
MDR: Oui, bien sûr!
:Athanaos: : Suis-moi! Je crois avoir une petite idée de l'endroit où nous pouvons les trouver.
MDR: Dis moi, qu'est-ce qui te pousses à faire ça? Ce n'est pas notre combat!
:Athanaos: : Oh que si! C'est le combat de chacun. Le Myrcur. Je dois le retrouver.
MDR: Toi? Le retrouver? Et pourquoi?
:Athanaos: : Parce que la mort rôde autour de lui. Il n'est pas d'ici-bas. Je me suis renseigné auprès d'Amarok quand il est revenu nous voir la deuxième fois. Il m'a raconté que d'après les dires de l'anachorète, le cristal de la terre serait la clef qui ouvre la Porte.
MDR: La Porte? La Porte de quoi?
:Athanaos: : Eh bien, nous nous trouvons dans la cité d'Agartha...
MDR: Merci, ça je le savais!
:Athanaos: : Laisse moi finir! Dans la cité d'Agartha, sous laquelle est creusé l'immense gouffre des Cercles Démoniaques.
MDR: Quoi?!? Tu veux dire le royaume d'Hadès? L'Enfer?!?
:Athanaos: : Exactement. Les Cercles Démoniaques sont neuf zones circulaires concentriques et superposées constituant l'Abîme imaginé par Dante Alighieri et décrit dans la première partie de la Divine Comédie. Cette subdivision en neuf zones se réfère aux pensées aristotélicienne et thomiste.
MDR: Mais enfin Ath'! La divine comédie est justement une comédie. Et tu ne peux pas prendre la poésie et la mythologie pour argent comptant!
:Athanaos: : Bien sûr que je le peux! Et tu le peux aussi! Tu l'as vu comme moi! C’est dans un autre plan que le nôtre que se situe la dimension des démons et elle s’organise autour de ces Cercles Démoniaques. C’est de cet endroit que les goules invoquées par Svartalfar sont arrivées. Malgré la séparation entre notre monde et le leur, elles parviennent parfois à trouver le chemin vers la surface. Tu trouves ces créatures repoussantes... Imagine qu'elles ne sont que les gardiennes du premier cercle, les Limbes. Chaque cercle abrite différents démons qui punissent ceux dont la vie fut entachée d'un type bien défini de péché. Les Olmèques ne doivent pas ouvrir cette porte car c'est comme ouvrir la boite de Pandore. Tu comprends maintenant pourquoi nous devons récupérer le cristal.
MDR: Oui...
Tel Démosthène, l'un des plus grands orateurs attiques, le bégaiement en moins, Athanaos avait su parler avec emphase. Loin d'haranguer les foules, son auditoire se limitant simplement à Miguel, son discours n'avait certes rien à voir avec les quatre Philippiques ni les trois Olynthiennes mais il avait su convaincre l'arbalétrier.
:Athanaos: : Allons-y!

☼☼☼

Lorsque le chef Oki eut terminé de se restaurer, il s'étira de tout son long. Intérieurement, il se demanda:
Oki: Que va-t-il se produire chez l'Ennemi, à présent?
Sans nouvelles de leur éclaireurs, les Olmèques avaient le choix: soit en envoyer d'autres, soit avancer en masse. Les connaissant, ils le feraient en formation regroupées, prêtes à en découdre, donc moins vulnérables.
C'est alors qu'un Gardien surgit dans la pièce.
Massif, armé de deux longues dagues dont les fourreaux étaient accrochés à ses hanches puissantes, il venait manifestement de courir.
Karnak le roc avait toute la confiance d'Oki. Celui-ci se redressa.
Oki: Que se passe-t-il, Karnak. Parle.
Kar: Maître, c'est Aarluk qui m'envoie. Il y a un important mouvement de troupes de l'autre côté de la cité.
Oki: Quel quartier?
Kar: Aux abords de Badalom.
Oki: Bon sang! Ils vont finir par débusquer les Espagnols! Tungajuak, mon baudrier!
Oki ajusta la bande de cuir qu'il portait en écharpe de l'épaule droite à la hanche gauche, servant à soutenir son épée.
Oki: Combien sont-ils?
Kar: Au moins une vingtaine d'hommes.
Oki: Et à part ces deux escouades, où sont les autres?
Kar: Ils doivent attendre des nouvelles de leurs éclaireurs. Ils sont toujours campés sur leurs positions, là où on les a repérés, dans l'enclave de Cibola, au nord-ouest.
Oki: Il faut les arrêter avant qu'ils ne repèrent Athanaos et ses amis. On va devoir s'en occuper, et sans tarder. Mène-moi, Karnak, je viens avec toi.
Kar: Euh... il y a autre chose.
Oki: Quoi donc?
Kar: Nos ennemis ont subi la perte de quelques hommes cette nuit. Or, nous n'y sommes pour rien. Les Olmèques ne sont pas encore au courant parce que nous nous sommes débarrassés des corps.
Oki: Je vois. Il semblerait que les étrangers n'aient pas pu s'empêcher de faire un peu de ménage.
Tungajuak proposa:
Tunga: Il serait prudent de prendre au moins une patrouille de renfort avec vous, excellence.
Oki: Non, je me débrouillerai avec le groupe de Karnak. Ne t'inquiète pas mon ami, la vieillesse ne me tutoie pas encore.
Tungajuak s'inclina devant l'argument:
Tunga: Alors bonne chasse, seigneur.
Une fois Oki au-dehors, il ajouta dans un murmure:
Tunga: Que Kaïla, le dieu du ciel, vous protège.

☼☼☼

Située dans un quartier différent de celle de la bibliothèque interdite, la pyramide de Cibola était protégée d'une enceinte flanquée d'un chemin de ronde. Elle semblait bâtie sur un modèle similaire à celle de la première cité au Mexique: une grande tour principale. Entouré par d'autres édifices, le long bâtiment de trois étages était bien évidemment fait d'orichalque et doté de deux ailes qui formaient une grande croix.
Tout au long du monument flottait une file d'étendards arborant le Soleil Flamboyant qui symbolisait la cité.
Les Olmèques, aisément reconnaissables à leurs tenues similaires, assuraient bonne garde à l'intérieur du périmètre. Mais leur vigilance s'avéra impuissante à déjouer l'assaut furtif de Miguel. C'était bien pour ça que l'alchimiste l'avait emmené avec lui. Les deux hommes se plaquèrent contre le mur et le longèrent. Dix minutes suffirent pour atteindre l'arrière du bâtiment. Athanaos aurait pu parvenir au même résultat tout seul mais pas aussi rapidement et certes pas aussi furtivement. De plus, il commençait à subir le contrecoup de tous ses efforts de la nuit passée. Il était temps de s'économiser. Il jugulait son impatience, sa rage.
:Athanaos: : Toutentèque, Svartalfar, je suis tout près. (Pensée).
Le père d'Estéban s'approcha à pas de loup de l'entrée. Il était tôt, fort tôt, et à cette heure matinale, les lieux se révélaient déserts. Pourtant, quelque chose n'allait pas et il se figea. Son instinct aiguisé par toutes ces années d'expérience, à bourlinguer sur toutes les mers, à voyager, à rouler sa bosse à travers le monde lui hurlait qu'une menace insidieuse planait soudain.
Sur ses gardes, l'alchimiste dégaina sa lame, se glissa souplement dans la cour et gagna l'abri d'une soupente, entraînant Miguel avec lui.
MDR: Qu'est-ce...
:Athanaos: : Chut!
Veillant à ne pas se faire voir, l'hidalgo imita son compagnon en s'accroupissant sous l'escalier. Tandis que le prophète voyageur réfléchissait, sa nuque le picota.
:Athanaos: : Magie néfaste. (Pensée).
Quelque chose attira son regard, sur sa gauche. Un mouvement à peine dessiné. Athanaos tourna la tête pour discerner l'esquisse voilée d'une silhouette fantomatique quasi transparente, entourée d'un faible, très faible halo rougeâtre, s'éloignant en direction du chemin de ronde. Mais le temps que l'alchimiste cligne des yeux, cette apparition disparut. Trois secondes plus tard, sa nuque cessa de le démanger. Il se demanda:
:Athanaos: : Ai-je rêvé?
Non, jusqu'ici, son instinct ne l'avait jamais trompé.
MDR: C'était quoi, ça?
Avant que le père de l'élu ne puisse répondre, un miroitement apparut dans l'air au-dessus des lignes de pouvoir, dans la cour, à cent pas de distance, faisant étinceler les runes tracées en circonvolutions complexes. Un arc de lumière verticale surplombé d'électricité statique se forma dans un violet chatoyant, avec en son centre un voile d'énergie opaque.
Athanaos n'avait jamais assisté à un tel phénomène. Puisant son énergie dans les runes ciselées, la magie en œuvre était en train de former un portail de transfert. Cela signifiait que quelque chose allait arriver par cette ouverture. Et ce ne pouvait être qu'une ou plusieurs créatures malfaisantes pour avoir le pouvoir de déchirer l'espace de cette manière.
Retenant leur souffle, les deux hommes restèrent dans leur cachette, en attente.

☼☼☼

Tout en s'élançant à la suite de Karnak, qu'il dominait d'une tête, avançant du même pas souple, Oki songea aux Olmèques. Si on ne les arrêtait pas, tôt ou tard, leur capacité à traquer une proie finirait par leur faire débusquer les Espagnols. Et si l'un des pisteurs parvenait à prévenir les siens, il n'aurait peut-être pas le temps de les faire évacuer.
Suivant Karnak, il arriva en vue de la grand-place, bien obligé d'en passer par là. Fort heureusement, elle était déserte. Ils pénétrèrent sans problème particulier dans Badalom. Se jouant de la patrouille ennemie en faisant un large détour, ils la dépassèrent jusqu'à retrouver le groupe des éclaireurs postés plus loin dans le quartier. Aarluk, l'un des Gardiens les plus compétents de sa troupe, quoiqu'un peu loufoque, le prit en charge jusqu'à l'endroit qu'il avait choisi.
Les Thuléens se hâtèrent de traverser l'enclave vers le nord, prenant soin de progresser le plus discrètement possible.
Aarluk finit par indiquer l'arrêt sur une petite butte plantée de panneaux gravés de symboles Mûens. Il fixa une corde tressée à son arc, sans se presser. Puis, il s'accroupit, tira trois flèches de son carquois et les planta à côté de lui. Sa tâche accomplie, de sa grande main, il désigna un détour de rue, en contrebas, les traits étirés d'un sourire béat:
Aar: Ils vont arriver par là.
Oki s'y connaissait en pistage, mais il n'avait jamais compris comment Aarluk se débrouillait. Ce dernier semblait se contenter de contempler le ciel, les bâtiments, avant d'énoncer ce qui sonnait comme une évidence et qui se révélerait exact à chaque fois.
Oki: Sommes-nous assez?
Le pisteur suça le bout de son index avant de jauger le sens du vent, presque inexistant. Il finit par répondre:
Aar: Oui. Il est temps de faire parler les lames.
Aarluk marqua une pause, se gratta l'oreille, puis se pencha vers son chef, avant d'ajouter d'un ton pénétrant:
Aar: Il te revient, Oki, d'ouvrir le bal.
Le maître hocha la tête, approbateur. Il ne doutait pas du jugement de son éclaireur favori et l'idée d'en découdre, d'en découdre vraiment, ne pouvait que le séduire.
Il disposa ses quelques hommes de chaque côté de la rue, donnant ses instructions. Celles-ci étaient sommaires: il passa son pouce en travers de sa gorge. Les Gardiens opinèrent avant de prendre leurs positions, leurs regards allumés d'une lueur fanatique. Fini le temps de la doctrine de la non-violence. Leur pacifisme leur avait trop coûté. Ils attendaient d'affronter les Olmèques depuis trop longtemps et chacun d'eux avait au moins un compte à régler avec l'Ennemi.
Une fois ses guerriers convenablement postés, Oki décrocha la grande épée de son baudrier d'épaule et descendit le contrebas. Arrivé au centre de la rue, il se rangea en plein milieu, planta la lame dans les interstices du sol pavé. Il posa ses mains sur le garde, fit jouer ses épaules pour les détendre et patienta.
Il les entendit avant de les voir. Un bruit sourd, étouffé, tout d'abord, puis s'affirmant au fil des secondes.
Comme annoncé par Aarluk, les Olmèques débouchèrent au détour du croisement, pile à l'endroit indiqué.
Armés de lances, ils avançaient sur deux files, leurs regards balayant l'artère qu'ils venaient d'emprunter. Un guerrier marchait en avant, à quelques dizaines de mètres d'écart de ses congénères. Il avait le crâne chauve, les oreilles en pointe, la carnation toujours aussi pâle, les traits marqués de coloris de guerre, comme le voulait la tradition. En guise de bijou, une série de bracelets de cuivre torsadé, mat et poli, finement travaillé.
Repérant le Gardien, l'homme de tête ordonna l'arrêt d'un geste. Les autres s'éparpillèrent autour de lui.
Oki contempla le restant des guerriers, tout aussi peinturlurés que le premier. Ils ne différaient que par la taille et la corpulence. L'un d'eux avait une arbalète, les autres empoignaient des lances et tous portaient un cimeterre au fourreau, entre leurs épaules.
À les voir ainsi, le Thuléen estima plus avoir affaire à un groupe de maraudeurs qu'à de véritables soldats. Il se demanda si ceux qui lui faisaient face n'était pas que de vulgaires civils. Des mercenaires, des vautours œuvrant en marge de l'armée régulière, décidés à piller les richesses de la cité avant que les véritables guerriers n'en prennent possession.
Peu importait.
Les Olmèques étudièrent le chef des Gardiens, dressé seul en travers de la rue. Le visage d'Oki avait pris une tonalité minérale. De son regard ne filtrait que la concentration.
Ce que les ennemis pensaient de lui, il s'en moquait. Ils allaient l'attaquer, et il allait les tuer. Ils se toisèrent. Il n'y avait pas besoin de mots, l'attitude du Gardien, planté en plein milieu de la chaussée, était sans équivoque, traduisant un défi qui ne pouvait qu'être relevé.
L'Olmèque de tête avait pris sa décision. Il pointa sa lance sur Oki. Sur son ordre, l'un de ses compatriotes s'ébranla à petites foulées, droit sur le Thuléen. Ce dernier ne bougea pas, laissant son adversaire venir à lui. Il connaissait tout de la guerre. Il avait déjà combattu, à plusieurs reprises, et il était toujours debout, en vie.
Le guerrier du peuple caoutchouc prit de la vitesse. Oki pivota légèrement, afin de se présenter de biais face à la charge. Le corps fléchi, le pied gauche en avant, l'épaule droite en arrière, son épée à deux mains, désormais maintenue au niveau de la tête, un peu en arrière. Il s'immobilisa à nouveau.
L'Olmèque arrivait à pleine allure, ses traits peinturlurés creusés d'une joie toute martiale.
Oki attendit le dernier instant. Au moment de l'impact, le Gardien, jusqu'ici granitique dans sa posture- à croire que jamais il ne pourrait réagir à temps, s'effaça d'un pas. Juste ce qu'il fallait et pas plus. Juste ce qu'il fallait pour éviter le plongeon de la lance destinée à l'empaler.
Ne touchant que le vide, le guerrier maquillé perdit le bénéfice de son élan et se retrouva déséquilibré. Oki frappa à pleine puissance, sa lourde épée brusquement rabattue en diagonale basse. Une frappe. Une seule. La lame trancha dans la chair, les muscles. Elle trancha également la vie.
Le torse fendu de part en part, l'Olmèque s'affaissa sur ses jambes, avant de glisser tout droit devant lui et de s'écrouler sur le côté, privé de tout espoir de se relever. De tout espoir de respirer.
Oki redressa son épée et reprit sa position d'attente. Désormais, un rictus de fauve parait ses traits.
Avant que les autres ne réagissent, les Gardiens sortirent de leur cachette et se lancèrent à l'assaut.

☼☼☼

Au même moment, dans l'enclave de Cibola, le portail se stabilisa enfin, crépitant dans l'air froid. Déchirant le rideau de mana, une demi-douzaine de silhouettes apparurent. Cinq monstres en position de défense, revêtus de guenilles, entouraient un homme, leurs longues serres rétractiles sorties, prêts à combattre. Le maintien austère, ils fouillèrent les alentours de leurs regards sévères. Constatant qu'aucun danger ne menaçait celui qui les accompagnait, ils rentrèrent leurs griffes. Tous les cinq appartenaient à la race des goules, cet hideux ramassis d’ossements desséchés.
L'homme. Un elfe noir, ou la laideur personnifiée.
:Athanaos: : Svartalfar!
Les traits d'Athanaos se creusèrent. Ils avaient recouvré leur aridité. Sans détour, il énonça:
:Athanaos: : Nous n'avons pas beaucoup de choix sur la conduite à tenir.
MDR: Hé, Ath', tu plaisantes ou quoi? Un simple arbalétrier et un petit alchimiste ne vont pas faire le poids face à un maléficieur et ses cinq monstres! Je ne sais pas pour toi, mais en ce qui me concerne, je n'ai pas envie de finir en pâtée pour charognard.
Le père d'Estéban protesta:
:Athanaos: : Nous n'avons pas fait tout ce chemin pour rien. Nous devons les attaquer!
MDR: Nous le ferons plus tard! Ce combat est perdu d'avance. Il nous condamnerait tous les deux. En quelle langue dois-je te le dire?
:Athanaos: : Mais...
MDR: Pas de mais! De toute façon, ils s'en vont. Regarde!
En effet, les arrivants s'éloignèrent en direction de l'entrée du bâtiment, l'elfe encadré par ses protecteurs. Ils semblaient parfaitement savoir où se rendre.
MDR: Ouf! Ils sont partis. Bon, je te propose de retourner d'où nous venons.
:Athanaos: : Impossible! Le jour s'est levé. On va se faire repérer. Il vaut mieux rester ici et attendre.
MDR: Au contraire, si nous restons là sans rien faire, on va finir par se faire prendre.
:Athanaos: : Et Toutentèque?
MDR: Écoute, même s'il est encore au lit à cette heure, la pièce où cette face de craie dort est sûrement gardée par au moins une sentinelle. Sans oublier que ton fils et mon frère vont sans doute s'inquiéter de ne plus nous voir. Allez! On s'en va!
C'est alors que Miguel se rendit compte que l'un des gardes sur le chemin de ronde venait de disparaître. Celui-ci, avait discerné un mouvement en contrebas, de l'autre côté de la muraille. On se battait dans le quartier voisin. Le cerbère fit quelques pas de plus et distingua un grand corps étendu sur le sol vert au milieu d'une flaque de sang qui allait en s'élargissant.
Avant que l'hidalgo ait pu décider la moindre action, la voix de canard de Mirador s'éleva pour donner l'alerte.
Athanaos tressaillit en reconnaissant le timbre particulier des guerriers du peuple caoutchouc.

☼☼☼

À suivre...
Dernière modification par TEEGER59 le 25 sept. 2018, 08:02, modifié 1 fois.
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!

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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par IsaGuerra » 25 sept. 2018, 00:13

Bilan des 3 derniers extraits : Plutôt pas mal du tout ! ^^

Face de craies : Mdrr j'adore :lol:
Maintenant, taisez-vous et mangez ! Tunga', le serviteur, qui donne un ordre a son seigneur mais c'est le monde à l'envers :lol:
Ath' : J'arrive pas à me faire à ce diminutif :roll:
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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par TEEGER59 » 25 sept. 2018, 21:47

Suite.

Du haut du lampadaire où il s'était hissé, Karnak le roc en sauta et se laissa tomber sur Lindor, l'arbalétrier. Le maintenant à terre grâce à ses cuisses puissantes, il leva haut ses deux bras, armés de ses longues dagues empoignées en prise inverse avant de les rabattre brusquement et de frapper l'Olmèque à un point précis, le long du cou, derrière les clavicules. Les lames de Karnak tranchèrent les poumons et la chair, allant même jusqu'à perforer son cœur.
Il se laissa ensuite glisser du cadavre et se chercha un nouvel adversaire, ses dagues à nouveau dans leurs fourreaux.
Il n'eut pas à attendre longtemps.
Tchador, un autre guerrier le chargea par le flanc droit. Averti par Aarluk, Karnak passa sous le coup de lance destiné à lui percer les reins, se remit sur pied et agrippa le lanceur par sa tunique. Se laissant emporter par son élan, le Thuléen agrippa le menton de son adversaire d'une main, lui tira la tête en arrière, dégaina l'une de ses lames et s'en servit pour l'égorger.
Le combat faisait rage dans un tonnerre d'acier et de cris. Oki avait dû quitter sa position. Il en profita pour abattre un opposant en lui balançant un coup d'épée en plein milieu du dos, un autre en lui tronçonnant le muscle fléchisseur de la hanche avant de lui sectionner le cou.
Autour de lui, s'épaulant les uns les autres, les Gardiens combattaient avec une ardeur nourrie de la même frustration qu'éprouvait leur maître à devoir toujours reculer.
Éclabousser du sang de ses adversaires, Oki regarda autour de lui. Un autre Olmèque venait d'assister à la mort de celui qu'il venait de tuer. Le visage étiré par la haine, Croquemor s'élança dans la direction du Thuléen, en hurlant un cri de défi, sa lance pointée en avant pour l'embrocher comme un vulgaire poulet.
Oki se plaça de biais. Là encore, il attendit le dernier moment pour réagir. De par sa posture, il savait où le guerrier allait le toucher de son arme. Il voulait cette frappe plongeante.
L'autre arriva sur lui, avança le buste et plongea sa pique en avant, vers le bas. Oki esquiva d'un bond latéral. Dans le même élan, il releva sa lame pour dévier la pointe de lance qui le menaçait. Puis, il se laissa tomber en appui sur un genou. Son épée retomba en biseau, renforcée d'une torsion des hanches, et fendit le muscle tibial antérieur. Le Gardien se redressa et avança tout droit. Son arme fusa dans une trajectoire horizontale, pénétrant le flanc du guerrier. Ouvert jusqu'à l'os, Croquemor mordit la poussière et roula au sol avant de s'immobiliser à jamais.
Un autre opposant se précipita sur Oki par le travers. Avant qu'il ne puisse réagir, Korédunor le heurta de toute sa masse.
Percuté ainsi, le Gardien fut projeté au sol, laissant tomber sa lame. L'Olmèque se rééquilibra et tenta de l'empaler à grand renfort de coups de lance. Oki roula, roula encore pour échapper à l'assaut. Une flèche siffla aux oreilles pointues du guerrier, l'obligeant à se détourner. Oki en profita pour se relever. Aussitôt debout, il se rua sur son antagoniste alors que ce dernier se retournait sur lui. Au moment où il arrivait à portée, le Gardien lui sauta dessus et les deux hommes roulèrent à terre. Prenant l'avantage, Oki lui brisa la mâchoire d'un crochet du gauche. D'un crochet du droit sur l'oreille, il lui fêla le tympan.
Après quoi, le Thuléen dégaina le cimeterre ornant les épaules de Korédunor, l'empoigna à deux mains et décapita son adversaire d'une irrésistible frappe coulée. Quant aux éclaireurs que menait Aarluk, ils se servaient de leurs arcs pour percer la chair au niveau du torse, la cible la plus évidente, et mieux les ralentir.
Les Gardiens ne montrèrent aucune pitié et les envahisseurs furent décimés jusqu'au dernier et sans déplorer le moindre blessé.
Nul cri cependant pour fêter la victoire. Il restait le plus gros des troupes dans le quartier voisin, peut-être même en train de se rapprocher. Pas question de les alerter.
Les Thuléens se congratulèrent tout de même à grand renfort de claques viriles. Oki fut salué avec tout autant de respect que de fierté et Aarluk bénéficia du même traitement. Ils avaient triomphé, de quoi chasser la grisaille des cœurs de ces vaillants guerriers qui défendaient leurs terres et leur liberté.
Tandis que les archers dépouillaient les cadavres, Oki s'exclama:
Oki: Bien joué, les garçons! Bon travail. Maintenant, on remonte à Kûmlar, il est temps de filer d'ici. Aarluk, au risque de me répéter, nous avons bien de la chance de t'avoir! La flèche, c'était toi, n'est-ce pas?
Le chef des pisteurs accepta l'hommage sincère d'un geste ample de la main et répondit à la question d'un entrechat malicieux.

☼☼☼

Une heure plus tard, l'azur du ciel resplendissait sous l'ardeur du soleil de minuit. La neige tapissait les pentes et les contreforts du Groenland. L'air frais et vivifiant était porté par le vent des montagnes noires.
Un lieu idéal pour s'abandonner à la beauté de la nature.
Un lieu parfait également pour se battre. Une journée tout aussi parfaite pour vivre que pour mourir.
Car sous le glacier, en Hyperborée, le royaume d'Agartha et la cité du même nom étaient violés par la folie des hommes. L'escarmouche à Badalom avait engendrée une véritable bataille rangée. Les Olmèques, décidés à une confrontation, avançaient à marche forcée à travers les rues en poursuivant le groupe de Gardiens.
Désormais, on s'affrontaient sur l'esplanade. D'autres hommes avaient grossi les rangs de chaque côté. Le fracas des armes, ses tintements féroces et chantant, le crépitement de la magie carnassière et ses flamboiements, le concert des imprécations, des plaintes, des cris, des gémissements et des ordres hurlés. Le son de la chair fendue, écrasée, lacérée, du métal martelé, du bois brisé. Les regards étincelants de fureur qui se voilaient brusquement, soufflés comme la flamme d'une chandelle. La buée s'échappait des lèvres crevassées et le sang s'écoulait, tout ce sang généreusement répandu, qui giclait, empourprait tant le sol que les combattants.
Commencé depuis peu, le conflit fauchait les corps et les âmes sans pour autant désigner son favori. L'affrontement avait à présent sombré dans une mêlée confuse, plusieurs fronts s'étaient ouverts sur la longueur de la grand-place, s'étaient déplacés, dissous, reformés, avec comme témoignage son cortège de cadavres.
Cet affreux tumulte qui se déchaînait dehors, réveilla presque tous les dormeurs.
Zia se redressa et devint blême...
:Zia: : Ce n'est pas possible! Pas ici... (Pensée).
Mendoza se leva et se précipita sur le balcon.
Du surplomb, la vision du capitaine portait suffisamment loin pour qu'il distingue, au-delà des édifices, le combat qui faisait rage.
:Mendoza: : Agartha. La ville du soleil "insaisissable à la violence, inaccessible à l'anarchie". Tu parles! (Pensée).
Plongée en pleine effervescence, le forum était échauffé de mouvements et de cris. Les rets de la Camarde étaient partout, aussi prodigues qu'impartiaux, leur influence sans cesse grandissante.
Ici, tête nue, sa longue chevelure chahutée par le vent, Oki tendait son corps pour asséner un formidable revers de son épée, broyant les côtes de l'adversaire qu'il affrontait, avant de lui défoncer le crâne d'une frappe verticale. Deux autres Olmèques se ruèrent sur lui, crachant des insultes, leurs grandes haches avides de venger leur frère. Le Thuléen invoqua aussitôt son bouclier divin qui nimba son corps d'un halo bleuté. Les haches rebondirent sur son écran protecteur sans lui causer le moindre mal. Et tandis que le Gardien se moquait des efforts vains des Olmèques, il releva sa senestre et scanda trois mots de pouvoir. De son poing jaillit un éclair d'argent qui brûla le visage du premier guerrier et aveugla le second. Dans un grand rire, Oki les abattit dans la foulée, défonçant le sternum de l'un d'une frappe retournée, pulvérisant l'épaule de l'autre puis, d'une ample volte de son arme, fracassant son crâne chauve. Son bouclier d'esprit temporairement assoupi, il s'élança à la recherche de nouvelles cibles.
Là, un cœur-de-braise Thuléen, au torse nu luisant de sueur en dépit de la froidure, frappait en diagonales basses, de droite à gauche et de gauche à droite, abattant les rangs des fantassins Olmèques dans lesquels il s'était enfoncé. Nanuq combattait sans aucun souci de sa sécurité, ne protégeant que son visage. Un élan irrésistible l'animait. Chaque coup qu'il recevait semblait le rendre plus vigoureux encore, plus fou, les plaies se refermant d'elles-mêmes sous l'effet de sa fureur. Tout autour de lui, les guerriers tombaient, leurs armes ne les protégeant en rien de la grande épée du cœur-de-braise.
Sur cette éminence, douze arbalétriers au crâne lisse et aux oreilles pointues décochaient leurs carreaux avec une fluidité parfaitement coordonnée. Aucune pose spéciale, aucune hésitation, ils bougeaient d'un même ensemble, épinglant tous les Gardiens qui avaient l'infortune de se trouver à leur portée. D'un calme aristocratique qui confinait au surnaturel, les viretons touchaient à tout coup, tuant ou mutilant, symphonie meurtrière d'une grâce incontestable.
Dévalant une pente, une horde de colosses Thuléens balayaient tout sur leur passage, renversant de leurs masses, à deux mains hommes et goules. Ils s'enfoncèrent dans le flanc gauche de l'armée Olmèque, écrasant, fracassant, défonçant.
À l'opposé, une escouade de "blanchis" stoppait à grands renforts de piques une charge, lardant sans discernement alliés ou ennemis, les piétinant pour mieux les immobiliser et les égorger.
En haut d'un escalier, penché en avant, Svartalfar, ses traits illuminés d'une joie divine, ses doigts bagués pointés devant lui, déchaînait son pouvoir élémentaire, arrosant d'un rideau de feu igné un groupe de Gardiens, tandis que de ses lèvres pleines, s'écoulait un flot d'invectives d'une crudité étonnante.
Un maléficieur Thuléen, disciple d'Ataata, lançait malédiction sur malédiction, inondant l'esprit de ceux qu'il visait de confusion et d'effroi, grignotant peu à peu leur raison, ralentissant leurs gestes, étouffant leurs capacités de survie. Son familier, pendant ce temps, sentinelle frénétique, massacrait de ses armes tout ceux qui prétendaient s'en prendre au chaman.
Le sang maculait la place de zébrures étirées, de serpentins ou de flaques, toujours prodigues, toujours renouvelé.
La violence et la mort s'enlaçaient, si complices, s'abandonnant totalement à ce bal frénétique dont elles se nourrissaient avec constance.
Les blessés les plus chanceux étaient tirés en arrière pour recevoir les soins qui, dans le meilleur des cas chez les Olmèques, leur permettaient de revenir combattre. Les autres agonisaient, le regard vide figé vers le "ciel", ou bien étaient achevés soit par un ennemi rageur, soit par une goule opportuniste.
Tandis que la bataille résonnait, le capitaine, les bras croisés, y assistait de loin en se demandant où son frère et l'alchimiste avaient-ils bien pu passer.

285.PNG

:Esteban: : Qu'est-ce qu'on fait, Mendoza?
:Mendoza: : On attend...
L'Espagnol marqua une pause, le temps de croiser le regard d'Estéban.
:Mendoza: : On attend le retour d'Athanaos et Mig'.
:Esteban: : Ils sont peut-être là-bas!
Ajoutant au désordre ambiant, sans que les deux absents y soient pour quelque chose, un brasier se déclencha soudainement. Touché par un éclair de goule, un Thuléen s'était transformé en torche humaine. Un autre arc de lumière noir et un second Gardien s'embrasa dans la foulée. Puis encore un autre. La cité s'empourpra un court instant sous la lueur des flammes.
Toutentèque et les siens se dressaient au centre de l'esplanade, face aux bâtiments, face aux Thuléens et la voix du chef Olmèque tonnait, pleine de défi.
Il avait plongé jusqu'à son âme dans le combat. Soumis à un élan de dévastation qu'il n'avait aucune envie de contrôler, il moissonnait des vies, il riait à gorge déployée, grondait de rage, balançait des assauts bouillonnant d'énergie, vicieux, se moquant de la douleur, d'être blessé, se moquant même de la mort. Maculé du sang de ses victimes, ses yeux jaunes et rouges brillant de folie meurtrière, désormais une arme dans chaque main, il frappait tellement fort qu'il tranchait les membres des Thuléens, faisant gicler le sang et la chair.
Dans la bibliothèque, assistant à la tuerie, l'élu demanda:
:Esteban: : Tu ne vas rien faire?
:Mendoza: : Non.
:Esteban: : As-tu oublié ce que tu as dit quand nous étions à l'air libre?
L'Espagnol haussa un sourcil.
:Mendoza: : L'air libre. Je compte bien le retrouver le plus tôt possible... (Pensée).
:Esteban: : Tu avais estimé que toute autre personne que nous à Agartha représenterait un danger et que tu agirais en conséquence.
:Mendoza: : Et je n'ai pas changé d'avis. Cependant, il y a d'autres facteurs en jeu, Estéban. Par exemple, je ne me vois par partir au combat en vous laissant seuls ici avec Isabella. C'est la raison pour laquelle je dois patienter.
Le combat fut bref. Il cessa quand l'objectif principal fut atteint. La base des Gardiens était maintenant sous contrôle et tous ses occupants tués jusqu'au dernier. Quant aux étrangers que cherchait le chef Olmèque, ils n'étaient manifestement pas dans Agartha, il les aurait trouvés, sinon.
De la bibliothèque, un silence inhumain succéda au massacre. Mendoza et les enfants apercevaient les restes du champ de bataille étiré sur les décombres de la cité. Une race venait de s'éteindre sur les ruines des ancêtres déchus de Tao et Zia. Un amas confus de cadavres brûlés ou mutilés, de membres tranchés, de têtes grimaçantes. En imaginant les ruisseaux de sang en train de sécher là-bas, les boucliers brisés, les cuirasses enfoncées, les lames abandonnées, tordues, ébréchées, les espérances à jamais taries, la bouche de l'inca se contracta de dégoût. Une boucherie de cette envergure la choquait.
La guerre, encore et toujours. Compagne éternelle, cruelle, excessive, souvent volage et intransigeante, elle dévorait vie après vie.
Mendoza se disait que les gens naissaient pour, un jour, exhaler leur pestilence.
:Mendoza: : Dieu, dans sa miséricorde, verse le sang des hommes pour les laver de leurs péchés. La mort frappera une dernière fois, ce soir.
Alors que Miguel et Athanaos rejoignirent enfin la bibliothèque interdite, sur la place, Toutentèque ôta ses gantelets souillés de sang Thuléen et les jeta dédaigneusement sur le sol.
Pour le servir dans ses basses œuvres, il lui restait une poignée d'hommes. Tout aussi dénués de scrupules, presque aussi implacables. Matador tendit au maître une cape propre. Le propriétaire l'enfila avant de la fermer à l'aide d'une broche figurant l'astre solaire.
Tout: Que Svartalfar me rejoigne.
Mat: Oui, Seigneur Toutentèque.
Et ce dernier quitta l'esplanade.

☼☼☼

Mendoza vit Athanaos et Miguel se matérialiser dans l'encadrement de la porte. La bouche tordue, le capitaine se dirigea droit sur eux d'un pas énergique et les contempla des pieds à la tête. Son regard était très particulier aujourd'hui. Unique. Et ses pupilles étaient plus noires que d'habitude, fendues. Une aura de tueur. Le pli amer qui marquait sa bouche s'accentua. Il ne semblait nullement apprécier ce qu'il voyait.
:Mendoza: : Où étiez-vous passés? C'est vous les instigateurs de ce carnage?
Loin de s'irriter du ton rogue employé par son frère, l'hidalgo répondit placidement:
MDR: Hé! Ne me regarde pas comme ça! Je n'y suis pour rien, moi!
Mendoza ne détournait pas les yeux de son frère qui marqua une pause avant d'ajouter:
MDR: Je suis courageux, mais pas fou! Je n'ai aucun intérêt à risquer ma peau pour quelque chose qui ne me concerne en rien.
:Mendoza: : Athanaos?
:Athanaos: : Oui, c'est moi qui ai déclenché les hostilités.
:Esteban: : Quoi? Toi, papa? C'est impossible!
:Athanaos: : Si, mon fils.
Juan s'exclama:
:Mendoza: : C'est donc vrai! Que s'est-il passé?
:Athanaos: : Cette nuit, alors que vous dormiez tous, un groupe d'Olmèques s'est approché d'un peu trop près. Comme c'était mon tour de garde, je suis sorti et me suis occupé d'eux.
:Mendoza: : Tu les as... neutralisé?
:Athanaos: : Oui.
:Mendoza: : Définitivement?
L'alchimiste hocha la tête de haut en bas.
:Mendoza: : Qu'as-tu fait des corps?
:Athanaos: : Je les ai laissé sur place.
Le capitaine afficha un regard réprobateur.
:Mendoza: : Pas bon, ça! (Pensée). Ensuite?
:Athanaos: : Ensuite, en revenant ici, j'ai demandé à Miguel...
MDR: Forcé la main, tu veux dire!
:Athanaos: : Je lui ai demandé de l'aide.
:Mendoza: : Que voulais-tu faire?
:Athanaos: : Me rendre à Cibola et récupérer l'artéfact. Sur place, nous n'avons rien pu faire. Les voies tortueuses du destin font que les plans d'action, si parfaits soient-ils, se déroulent bien rarement sans accrocs.
:Mendoza: : Continue!
:Athanaos: : Je pensais que Svartalfar était déjà sur place. Je n'avais pas prévu qu'il débarquerait de nulle part avec cinq nouveaux monstres. Miguel m'a empêché d'agir et je l'en remercie. À la réflexion, il avait raison. J'allais commettre une erreur. Puis, peut-être deux minutes plus tard, un Olmèque, sortit des latrines dressées le long du chemin de ronde à repérer la présence des Thuléens dans le quartier où nous sommes actuellement. Il a poussé aussitôt un cri d'alerte.
:Mendoza: : Les Gardiens étaient peut-être en train de faire disparaître les corps pour notre sécurité. (Pensée).
MDR: J'aurai bien voulu l'abattre d'un carreau en plein cœur et le renvoyer s'écraser au fond du lieu d'aisance d'où il sortait mais ce n'était pas vraiment la chose à faire sur le moment.
:Athanaos: : Nous avons attendu que les lieux soient déserts pour revenir ici.
:Mendoza: : Vraiment, Mig', tu aurais dû venir me voir avant de te lancer là-dedans!
MDR: Hé! C'était mon intention, mais il m'en a empêché.
:Esteban: : Que va-t-on faire maintenant?
La réponse d'Athanaos tomba comme un couperet:
:Athanaos: : Expédition punitive. Je ne laisserai pas cet elfe de malheur et les Olmèques s'en tirer à si bon compte. Il ont tué tous mes amis: Oki, Aarluk, Nanuq, karnak, Amarok, Tungajuak et bien d'autres... Ils doivent payer!
:Mendoza: : On va aller jusqu'au bout de cette mission que tu as initié, mais on fera selon ma méthode, Athanaos. Nous agirons ce soir.
L'alchimiste baissa les yeux, faussement soumis, accordant au moins cette maigre victoire à l'homme qui avait sauvé plus d'une fois la vie de son fils. Pour tout le reste, il avait triomphé, alors peu lui importait de devoir subir un sermon si cela lui permettait d'assouvir sa vengeance.

☼☼☼

À suivre...
:Laguerra: : AH! Comme on se retrouve!
:Mendoza: : Ma première leçon ne t'a pas SUFFIT?
:Laguerra: : Cette fois, tu ne t'en sortiras pas si FACILEMENT!

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Re: MCO saison 4 (Fanfic)

Message par nonoko » 26 sept. 2018, 21:49

'Une boucherie de cette envergure la choquait'.
Euuuuhhh. Là c'est carrément l'apocalypse, tout ce petit monde se trucide à tour de bras depuis un bon moment, et nos héros font preuve d'un sang froid remarquable. La mort ne les émeut plus. En tout cas on sent l'odeur du sang chaud: voilà un passage surréaliste traduisant bien l'ampleur de ce Mal qui est en train de se répandre. Il va falloir des tonnes de Myrkur'Ocrom pour nettoyer tout ça!
Manquerait plus que Mendoza et Athanaos en viennent aux mains: 'Laisse-moi régler ça!' 'Non, c'est à moi de le faire' 'Tu fais n'importe quoi, la vengeance t'aveugle!' 'J'ai soif de sang frais!' 'Esteban, attrape les jambes de ton père !' 'Lâche-moi, sale gosse!' 'Papaaaa, noooon!'
Mais je m'égare. Beau morceau en tout cas, saignant à souhait. Continue à nous secouer. Rassure-moi tout de même: dans la suite, Athanaos ne va pas se mettre à fumer le cigare pour imaginer un nouveau plan sans accrocs?
"On savoure mieux ce qu'on a désiré plus longtemps, n'est-ce pas Mendoza?"
Unagikami mon amour
"It was a skyfall, and a rebirth, a bloody honeymoon, for both of us"
Yokai Circus

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